Grand Paris et Aix-Marseille-Provence








télécharger 153.86 Kb.
titreGrand Paris et Aix-Marseille-Provence
page1/5
date de publication03.12.2016
taille153.86 Kb.
typeDocumentos
l.21-bal.com > économie > Documentos
  1   2   3   4   5




Grand Paris et Aix-Marseille-Provence :

pour des métropoles

performantes et citoyennes


Par le pôle Ville de Terra Nova1
Le XX mai 2015


Le 1er janvier 2016, deux nouvelles grandes métropoles verront le jour : la Métropole du Grand Paris et la Métropole Aix-Marseille-Provence. Elles complèteront la carte des métropoles françaises créées en 2015 pour répondre aux nombreux défis auxquels font face les plus grandes villes. L’enjeu pour les agglomérations de Paris et d’Aix-Marseille est de gagner en performance économique, mais pas seulement : elles doivent aussi conduire des politiques fortes pour lutter contre les nombreuses inégalités qui maillent leurs territoires et pour s’engager dans une véritable transition écologique. L’émergence de la métropole doit s’inscrire dans un processus collectif d’innovation et d’expérimentation qui couvre tous les domaines de la production urbaine à des échelles géographiques élargies. Aménagement, mobilité, logement, développement économique, culture : les défis sont nombreux.
Un bon fonctionnement démocratique est une condition de la réussite du projet métropolitain. Or les territoires de l’Ile-de-France et des Bouches-du-Rhône souffrent aujourd'hui d’un fractionnement de la décision qui nuit tant à l’activité économique qu’aux services publics et donc aux habitants. Même si la loi Modernisation de l’Action Publique Territoriale et d’Affirmation des Métropoles (MAPTAM) de 2014 a permis d’avancer vers une rationalisation de l’intercommunalité dans ces deux territoires, le fonctionnement institutionnel reste encore obscur pour le citoyen. Quant au projet de loi Nouvelle organisation territoriale (NOTRe), censé justement pallier les manquements de la loi MAPTAM, il n’a pas encore apporté les éclaircissements souhaités. Au contraire, il a même introduit de nouvelles sources de complexité, en particulier pour la Métropole du Grand Paris.
Pour réussir le pari métropolitain, il est donc indispensable de faire émerger un véritable leadership au sein de ces deux métropoles. Nous préconisons des conseils métropolitains plus resserrés dès 2016. Le choix d’un scrutin sur le modèle des élections régionales permettrait également d'assurer une représentation paritaire de tous les territoires ainsi qu’une meilleure représentation de la diversité des populations.
Une révision du périmètre étendu à la région Ile-de-France pour la métropole parisienne et au département des Bouches-du-Rhône pour la métropole marseillaise, est vraisemblablement la meilleure solution à terme pour réduire efficacement la fragmentation institutionnelle dont souffrent ces territoires. Cette solution confierait aux métropoles un ensemble de compétences permettant ainsi d’intégrer de manière efficace les politiques d’aménagement avec des objectifs sociaux, économiques et environnementaux définis à une échelle élargie. Une organisation institutionnelle efficace peut tout à fait combiner une gouvernance métropolitaine à grande échelle et des maires et conseillers municipaux de proximité. En Ile-de-France, les compétences fonctionnelles des départements devraient ainsi être confiées à la région métropolitaine. Dans le même temps, il nous paraît aussi souhaitable de conforter les « territoires » qui ont été créés par la loi MAPTAM et qui pourraient devenir à terme des collectivités à part entière avec des périmètres comparables à celui de la ville de Paris.
Aujourd’hui, alors que les débats parlementaires vont se poursuivre sur les compétences à confier aux métropoles, nous insistons sur la nécessité de maintenir des orientations ambitieuses pour l’intégration à une échelle élargie des politiques de planification, d’aménagement et de transport. Le pouvoir de véto des maires sur les plans locaux d’urbanisme intercommunal (PLUI) doit être par conséquent évité. Nous proposons également de renforcer les compétences de planification et d’aménagement à l’échelle des Bouches-du-Rhône et de l’Ile-de-France. Par ailleurs, pour réaliser des politiques de mobilité cohérentes, toutes les compétences associées (voirie, stationnement) pourront être remontées au niveau d’une seule et unique autorité organisatrice de mobilité durable. Plus d’ambition pour la péréquation fiscale est aussi nécessaire dans chaque métropole.
Il faut enfin s’assurer que la construction d’une stratégie métropolitaine, associant tous les acteurs et impliquant au mieux les citoyens, ne soit pas bloquée par des guerres de clochers. De nombreux investissements sont en effet essentiels et à réaliser au plus vite pour les deux métropoles, que ce soit dans les transports collectifs, la transition écologique, le logement ou encore l’aménagement urbain. Un fonds d’investissement métropolitain renforcé pourra contribuer à les accélérer tout en participant à réduire les disparités territoriales sur les deux métropoles. Les clivages locaux doivent être dépassés au profit de débats plus constructifs pour accélérer les investissements les plus pertinents et donner sens au projet métropolitain pour le citoyen.
Ce que le citoyen est en droit d’attendre des nouvelles métropoles




Parmi les trois premières villes de France, seule Lyon a acquis depuis le 1er janvier 2015 le statut de Métropole. Les deux autres, Paris et Marseille, attendent 2016 : la loi Modernisation de l’Action Publique Territoriale et d’Affirmation des Métropoles (loi MAPTAM) prévoit au 1er janvier prochain la création de deux nouvelles intercommunalités : le Grand Paris et Aix-Marseille-Provence (voir encadré 1).

L’enjeu de la construction métropolitaine a déjà été mis en exergue par Terra Nova dans son étude de septembre 2014 sur la nouvelle organisation territoriale2. Pour répondre à de multiples défis contemporains, il est devenu essentiel que les grandes villes et leurs périphéries s’appuient sur une architecture institutionnelle resserrée et efficiente d’un point de vue fonctionnel tout en étant large sur le plan territorial. Cependant, cela ne constitue pas une condition suffisante pour assurer leur dynamisme : le projet métropolitain doit aller au-delà de la réforme institutionnelle. Comme le suggèrent Christian Lefèvre, Nathalie Roseau et Tommaso Vitale, la fabrique de la métropole doit s’entendre « comme un processus collectif qui, dans un contexte de plus en plus marqué par l’incertitude et la complexité, capte les mutations et saisi les opportunités, innove et expérimente, s’impose comme vecteur de configuration des échelles, des pouvoirs et des instruments de la production urbaine »3. La métropole est ainsi un changement d’échelle rendu nécessaire par les dynamiques à l’œuvre au sein et autour des plus grandes villes : concentration démographique, ségrégation socio-spatiale, polarisation économique, diffusion des flux de communications, émergences de centralités périphériques, frottements entre ville et nature, hyperconsommation de ressources, d’énergie, de sols. L’élargissement du périmètre démultiplie le nombre d’acteurs qui y interviennent et engendre une complexité toujours plus grande qui révèle aussi les failles de la gouvernance métropolitaine. Face à la crise des pouvoirs et des territoires, l’échelle métropolitaine est certainement une réponse nécessaire aux enjeux de démocratie et d’efficacité des politiques urbaines, que ce soit en termes économique, social ou environnemental.

Les performances des deux futures métropoles Grand Paris et Aix-Marseille-Provence présentent sur certains plans des retards manifestes, comparées à celles des métropoles de Lyon, Toulouse, Nice, Bordeaux ou Nantes, ainsi que de plusieurs métropoles internationales. Il est donc urgent de cerner toute l’ampleur attendue dans cette réforme ambitieuse sur le plan territorial et de dépasser les conservatismes classiques de la politique française. Le pôle urbain parisien continue certes à voir sa contribution au PIB augmenter mais n’attire plus les habitants : tout comme pour l’ensemble de la Région Ile-de-France, le solde migratoire, c’est-à-dire la différence entre les arrivées et les départs sur le territoire, y est négatif. Quant au territoire d’Aix-Marseille, il est resté jusqu’à récemment attractif en termes résidentiel et en création d’emplois mais sa contribution au PIB national se détériore : il ne parvient pas à profiter de toutes les synergies que représentent ses atouts naturels et compétitifs. Les deux métropoles présentent par ailleurs des niveaux d’inégalités particulièrement importants : les inégalités de revenus sont élevées, les disparités entre territoires sont aussi très fortes4. Les aires urbaines d’Aix-Marseille et de Paris figurent ainsi parmi les trois métropoles les plus inégales de France lorsque l’on considère le rapport des revenus des 10 % les plus riches sur les 10 % les plus pauvres5. Ces inégalités se lisent à travers de nombreux indicateurs comme l’accès à l’emploi, le décrochage scolaire ou encore la disparité territoriale de l’offre de soins.
Les territoires de l’Ile-de-France et des Bouches-du-Rhône souffrent enfin d’un fractionnement de la décision qui nuit tant à l’activité économique qu’aux services publics et à leur lisibilité pour les citoyens.
La métropole doit se concevoir en priorité comme un projet au service des habitants. Or pour le moment, la communication et les débats autour de ce projet sont monopolisés par deux tendances. La première vante une technostructure permettant de simplifier les échelons du « millefeuille », cet assemblage de structures administratives, mais avec un calendrier de mise en œuvre qui maintient tous les niveaux existants pendant une longue période, voire en crée de nouveaux. La seconde tendance, portée en général par les maires des villes les plus riches, dénonce une captation des ressources locales, un éloignement des pouvoirs de décisions et une destruction du service public. La crainte manifestée ici est celle de voir disparaître une partie des ressources financières qu’ils disent gérer correctement.
L’objectif du projet métropolitain vis-à-vis du citoyen est double : d’une part, améliorer les services aux habitants et s’adapter à des modes de vie qui, n’en déplaise à certains élus communaux, sont rarement limités par les frontières communales. Le lieu de travail, le domicile, ou encore les différents endroits pour faire ses courses, effectuer des activités de loisirs, rendre visite régulièrement à un proche, ne peuvent épouser parfaitement les contours d’une carte administrative. D’autre part, le projet métropolitain a un objectif d’efficacité et d’économie pour les services publics qui sont mutualisés. Aujourd’hui, lorsqu’elle est mise en œuvre à la bonne échelle, l’intercommunalité fait la preuve de sa pertinence notamment dans les transports ou la gestion des déchets pour assurer des services adaptés au territoire et aux différentes formes de mobilité. L’accès de tous les habitants d’un territoire intercommunal à la même tarification pour de nombreux services (piscines, bibliothèques, conservatoires de musique, etc.) constitue une avancée concrète pour nombre de citoyens qui gagnent un accès élargi aux équipements publics ainsi qu’une amélioration et une diversification de l’offre. La mutualisation de services à une plus grande échelle permet également de parvenir à des tailles économiquement viables pour disposer d’une expertise plus élevée, à la hauteur des enjeux métropolitains. C’est le cas notamment pour la transition énergétique qui passera dans les territoires les plus densément peuplés par des réseaux de chauffage et de froid urbain renforcés et faisant appel aux meilleures technologies de production renouvelable.
Les métropoles ont aussi vocation à être les lieux privilégiés de l’innovation et de sa traduction en activités et en emplois compétitifs6. Elles sont devenues de fait au cours des dernières décennies, et partout dans le monde, des forces d’entraînement de l’économie et de la croissance. Les enjeux sont avant tout de réduire la fragmentation institutionnelle pour décloisonner de nombreuses politiques sectorielles de libérer la dynamique économique potentielle de ces ensembles.
Pour Aix-Marseille-Provence, l’OCDE cite ainsi le développement portuaire et logistique, la filière aéronautique (Airbus Helicopters notamment) ou encore le tourisme et la culture comme des secteurs à fort potentiel mais fragilisés par une gouvernance illisible et inefficiente. L’échelle métropolitaine apparaît ainsi pour l’OCDE comme le périmètre le plus pertinent pour conduire une stratégie intégrée de développement économique.
En Ile-de-France, la question est aussi de réagir au bouleversement récent du tissu économique. Comme l’a souligné Frédéric Gilli7, la région reste dominée par les grands groupes qui y concentrent leurs fonctions stratégiques, mais l’intégration internationale et la recomposition des chaînes d’approvisionnement à l’échelle planétaire ont conduit depuis les années 2000 à rompre les relations privilégiées de ces groupes avec leurs sous-traitants de proximité. Les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) franciliennes doivent se réorganiser pour conquérir directement des clients et des marchés internationaux. Or les acteurs de taille moyenne restent en large partie invisibles en Ile-de-France et leurs liens avec leurs territoires, avec les habitants comme avec les décideurs politiques, restent insuffisants pour participer effectivement au développement territorial.

La construction métropolitaine est par ailleurs un levier majeur pour la réussite de la transition écologique. La lutte contre le changement climatique doit ainsi s’appuyer sur des villes qui maîtrisent leur développement urbain. Comme le recommandent les auteurs du « New Climate Report »8, les villes doivent poursuivre trois objectifs majeurs pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Elles doivent être compactes, en favorisant le développement de quartiers plus denses, mixtes socialement mais aussi en termes d’activités, avec un environnement urbain à échelle humaine, c’est-à-dire qui permet de circuler à pied. Elles doivent disposer d’infrastructures connectées, en particulier par des systèmes de transports multimodaux (incluant des transports en site propre, tramway et bus à haut niveau de service, des voies rapides pour vélo, des systèmes d’auto/vélo-partage, des infrastructures pour les véhicules électriques) et également des services publics urbains plus efficients et plus intelligents pour la production d’énergie, la gestion de l’eau et des déchets ou encore pour l’éclairage public. Enfin, leur gouvernance doit être mieux coordonnée : il faut des institutions efficaces et redevables vis-à-vis du citoyen pour réussir une planification qui associe secteur public et privé mais aussi la société civile.
Les communes de Paris ou de Marseille ne peuvent seules répondre à ces enjeux pour réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre associées à leur territoire et à leur développement périphérique. Une gouvernance métropolitaine doit assurer une densification du tissu urbain actuel, en y incluant le territoire périurbain, à travers des projets d’aménagements qui répondent au mieux aux aspirations des habitants présents et à venir. Des métropoles élargies aux espaces naturels et agricoles autour ou à l’intérieur des aires urbaines peuvent par ailleurs contribuer à stopper l’artificialisation des sols et en même temps le mécanisme de paraurbanisation, c’est-à-dire l’urbanisation de territoires d’abord ruraux9. Cela permettra d’éviter les effets de concurrence territoriale aux franges notamment, parfaitement néfastes aux espaces agricoles et naturels. Avec un appui fort de l’Etat, il faut des institutions plus fortes pour bloquer l’ouverture à l’urbanisation de terrains naturels. Dans le même temps, l’enjeu est de mobiliser du foncier au cœur des pôles urbains, d’accélérer le renouvellement des friches urbaines, et de mettre ainsi un accent très fort sur leur recyclage urbain pour encourager une économie d’espace.
L’enjeu général de la métropole pour la transition écologique est de renforcer la productivité de l’ensemble de ses ressources : il faut lutter contre tous les gaspillages (eau, énergie, sols, matières…) et générer des bénéfices économiques et sociaux grâce à une organisation urbaine plus efficace et un environnement plus sain.
  1   2   3   4   5

similaire:

Grand Paris et Aix-Marseille-Provence iconArticle 2 : annonce du jeu et participation
«Les Vignes de Marius» Bât 2, 13090 aix en provence et immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Aix en Provence sous...

Grand Paris et Aix-Marseille-Provence iconColloque Institut de Gérontologie Sociale et Master Action Gérontologique...
«Réflexions sur les aidants : philosophie et humanité», Professeur, émérite, Humaniste, Université Aix-Marseille

Grand Paris et Aix-Marseille-Provence iconCommune d’aix en provence

Grand Paris et Aix-Marseille-Provence iconUniversité Paul Cézanne Aix-Marseille III

Grand Paris et Aix-Marseille-Provence iconUniversite aix marseille III – paul cezanne

Grand Paris et Aix-Marseille-Provence iconUniversite de droit, D’economie et des sciences d’aix marseille

Grand Paris et Aix-Marseille-Provence iconEditions Kerygma, Aix-en-Provence, 1989, isbn 2-905464-17-8

Grand Paris et Aix-Marseille-Provence iconCommuniqué de Bertrand Delanoë au sujet du Grand Paris
«Grand Paris, 4 ans après». Le bilan présidentiel se résume finalement à peu de choses et beaucoup de temps perdu

Grand Paris et Aix-Marseille-Provence iconBibliographie Réseau diabaix aix en Provence
...

Grand Paris et Aix-Marseille-Provence iconI- le Grand Paris, un projet qui tend vers une mutation ville-monde
«Grand Paris Express» s’étendra sur 200 km de voies et disposera de 72 gares. Le parcours de ce métro automatique sera articulé en...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com