Leçon de Mme Chocotoffva Auteurs








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date de publication09.07.2017
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La leçon de Mme Chocotoffvac:\documents and settings\maman\bureau\ dessin.jpeg

Auteurs :

Aurore Heeren ( 12 ans), Caroline Palm (12 ans), Viktoria Tortchinskaia (12 ans), Danaïe Burgeff (12 ans) et Maximillien Franssen (12 ans) accompagnés de leur professeur :

Véronique Roelandts.

Remerciements : nous remercions Mme Bernadette Magis, assistante sociale qui nous a

aidés par ses conseils.

Pièce de théâtre réalisée pour aider à faire comprendre aux jeunes les causes de pauvreté.

Synopsis :

Jour de grève pour les professeurs de l’école Père Damien.

La surveillance des rares élèves qui se présentent est censée être organisée, mais ceux-ci se retrouvent désœuvrés dans une classe.

Dans le couloir adjacent, une technicienne de surface nettoie et tend l’oreille aux propos des adolescents

Personnages : 11 personnes Durée 15 minutes

1) Élèves de l’école : Abigaëlle : 13 ans, sympa, sure d’elle, médiatrice avec un esprit critique

développé.

Paris : 13 ans, superficielle, coquette, sexy, glamour, accumule-les

copains, se prend pour le nombril du monde.

Amandine : 13 ans, la meilleure amie de Paris, naïve.

Barbara : 13 ans, intello à lunettes, rat de bibliothèque, sens social très

développé.

Jean-Edouard :13 ans, riche, prétentieux, gourmand et voleur, à ses

heures, pour le plaisir.

2) Invités : Huberte :13 ans, fille unique de père retraité et de mère au chômage.

Selma : jolie Tchétchène, 15 ans, réfugiée politique.

Ariane : 13 ans, l’ainée d’une famille de six enfants dont le père alcoolique a

quitté le foyer.

Céline : 14 ans, parents victimes de la société de consommation et en règlement

collectif de dettes.

Christopher : 14 ans, allemand, fils d’un garagiste qui a fait faillite, orphelin de

mère.

3) La technicienne de surface :

Mme Chocotoffva : médecin russe, réfugiée qui a fui la Mafia. Cultivée, elle travaille en tant que technicienne de surface à l’école et suit des formations à horaire décalé, car son diplôme russe n’est pas reconnu.

Décor :

Classe d’école, porte entreouverte donnant sur le couloir.



Acte 1

Jean-Edouard : Ce n’est pas vrai ! Ils ne foutent décidément rien, ces profs.

Non seulement ils nous donnent plein de devoirs, mais en plus,

ils se la coulent douce chez eux.

Paris : Oui, c’est vrai… si, nous, on arrive en retard ou que l’on sèche ... on se fait engueuler.

Par contre, eux, ils se permettent d’être absents, et sont quand même payés.

Amandine : Ouais, et en plus pas mal!

Abigaëlle : Mais non ce n’est pas vrai ! Dans les premiers temps, ils ne gagnent pas

beaucoup d’argent.

Barbara sort le nez de son gros livre.

Barbara : Oui, c’est vrai. J’ai lu que ce n’est pas un métier facile. Ils ne gagnent pas de l’or et

bien que tout le monde puisse être prof, il n’y a pas beaucoup de volontaires.

Abigaëlle, étonnée, descend du bureau sur lequel elle s’était assise.

Abigaëlle : Tout le monde peut être prof?

Barbara : Oui, bien sûr, réfléchis ! À partir du moment où il manque un prof, n’importe qui,

c’est mieux que personne.

Jean-Edouard : Même les ratés, les clodos, les pauvres?

Barbara : Qu’est-ce que t’en sais toi de la pauvreté, gosse de riches. Ce n’est pas parce

qu’on est pauvre qu’on est con!

Jean-Edouard : Je sais, en tout cas, que ce sont des profiteurs. Que ce soit des immigrés, des

endettés ou des cas sociaux, en tout cas, ce sont tous des parasites qui nous

volent notre fric.

Ils n’ont qu’à faire profs puisqu’il en manque tellement!

Dans le couloir, Mme Chocotoffva étrangle avec force et insistance son torchon.

Paris : T’as raison ! On leur offre tout ce qu’ils veulent et eux, ils n’essaient même pas de

travailler.

Amandine : Oui, vraiment, ce ne sont que des fainéants!

Mme Chocotoffva, furieuse, jette de toutes ses forces le torchon au sol et rumine tout bas :

Mme Chocotoffva : Bandes de sales gosses, ils auraient bien besoin d’une leçon! Ne savent-

ils pas ce qui se passe sur la Terre?

Elle pend son tablier à un crochet, lisse ses habits, remet en ordre sa coiffure et pénètre dans la classe en claquant la porte de toutes ses forces.

Mme Chokotoffva : On ne se lève plus à l’arrivée d’un professeur?

Les élèves, surpris, bondissent de leur banc sauf Jean-Edouard qui, ironique, s’adresse à l’interlocutrice.

Jean-Edouard : Madame Chocottte ! Avez-vous perdu votre tablier?

Mme Chocotoffva : Chokotoffva, petit impertinent!

Vu le manque de professeurs, la directrice m’a demandé d’assumer le

remplacement. Comme vous le savez sans doute, le décret 3747 b

permet à toute personne de remplacer les professeurs en période de

pénurie.

Donc, jeune homme, levez- vous immédiatement.

Jean-Edouard se lève lentement, à contrecœur.

Barbara : Vous êtes bien sûr du décret 3747 b? Je ne le connais pas!

Paris : Et que pourriez-vous nous apprendre, vous, une femme de ménage? Peut-être à

nettoyer le sol ? On n’a pas besoin d’apprendre cela …. On a des boniches pour le

faire.

Amandine (ironique) : Fais gaffe, Paris! Tu pourrais te casser un ongle.

Mme Chocotofffva  frappe un bon coup sur le bureau du professeur et hausse le ton.

Mme Chokotoffva : Silence! Vous avez le choix : m’écouter ou passer la journée à m’aider

à nettoyer. Cela aussi, c’est écrit dans le décret 3747 b.

Agigaëlle : Bon, ça va! Écoutez-la! Cela ne va pas nous tuer et puis cela risque fort d’être

rigolo.

Le GSM d’Amandine se met à sonner.

Mme Chocoffva : Amandine, l’utilisation du GSM en classe est interdite.

Donne-le-moi ! De toute façon, j’en ai besoin pour inviter des amis que je

désire vous présenter.

Amandine : Madame! C’est mon GSM! Vous n’avez pas le droit!

Mme Chocoffva : Si ! Aujourd’hui, le décret 3747b me donne tous les droits!

Jean-Edouard : Ce sont des copines à vous que vous désirez nous présenter?

( ironique ) De grandes spécialistes du nettoyage?

Mme Chocotoffva : Change de ton, Jean-Edouard! Tu penses que tu sais tout, que tu n’as

plus rien à apprendre?

Les autres élèves ricanent.

Paris : Si vous pouviez lui apprendre quelque chose sur l’hygiène, cela arrangerait toute

l’école!

Fou rire général. .Jean- Édouard gêné, vexé, va s’assoir seul au fond de la classe.

Mme Chocoffva  quitte les élèves un instant pour téléphoner dans le couloir.

Les élèves dans la classe se concertent.

Barbara : Cela me semble quand même un peu louche, cette histoire de décret.

Abigaëlle : Peut-être, qui sait? Mais, si on réclame à la direction, on risque d’être surveillés

par la directrice elle-même. Et, là je ne vous dis pas … on va moins rigoler!

Paris : Laissons-la parler ! Tant qu’elle ne nous demande pas de toucher une lavette!

Amandine : Tant qu’on ne doit pas décoller les chewing-gums qu’on a collés en dessous des

bancs.

Dégout général

Jean-Edouard : Je le dirai à mon père. Il est contrôleur des impôts. Je parie qu’elle travaille

au noir.

Barbara : Cela ne m’intéresse pas, je replonge dans mon livre!

Mme Chocotoffva  revient en classe, le sourire aux lèvres.

Mme Chocotoffva : Paris, que font tes parents?

Paris : Ma mère est styliste chez Christian Dior, mon père « manageur ».

Mme Chocotoffva : Et toi, Amandine?

Amandine : Je n’ai que ma mère. Elle avait épousé un millionnaire qui est mort l’année

passée. Bon débarras!

Mme Chocotoffva : Abigaëlle…et tes parents?

Abigaëlle : Mon père est chimiste et a inventé un moyen de craquer le pétrole.

Amandine : C’est quoi, craquer le pétrole?

Barbara : C’est une façon de transformer le pétrole en ses dérivés, cela rapporte beaucoup

d’argent.

Mme Chocotoffva : Et toi, Barbara?

Barbara : Mon père est écrivain.

Paris, d’un air taquin.

Paris : Cela rapporte, l’écriture?

Barbara : Tu sais Paris, la valeur des gens ne se mesure pas à l’argent qu’ils gagnent!

Paris : Cela dépend pour qui ! Pour moi, si ton père n’est pas riche, c’est que ses livres

sont de la merde.

Barbara : C’est la remarque d’une cervelle d’oiseau. Toi, tu ne sais même pas écrire sans

faire dix fautes par phrase.

Paris se rue sur Barbara et lui tire les cheveux.

Paris : Toi, la bigleuse, on t’a pas sonnée!

Retourne dans tes livres, tu risques de ne pas avoir le maximum au prochain test.

Amandine, ironique.

Amandine : Tu survivras?

Abigaëlle : Arrêtez ! Vous n’avez pas d’autres problèmes que ces conneries!

Mme Chocotoffva : T’as raison, Abigaëlle. Si on essayait de discuter gentiment?

Jean-Edouard, tu viens te joindre à nous ou tu rassembles un dossier

d’infos pour ton père?

Jean-Edouard, gêné qu’elle ait entendu sa remarque, rejoint le groupe d’élèves à l’avant de la classe.

Acte 2

On frappe à la porte.

Mme Chocotoffva : Entrez!

Une jolie jeune fille entre dans la classe.

Jean-Edouard : C’est la princesse des éboueuses?

Abigaëlle prend la voix prétentieuse de la mère de Jean-Edouard.

Abigaëlle : Jean-Edouard ! Tu me déçois, tu peux essayer un instant d’avoir l’air bien

éduqué? Je m’inquiète pour ta réputation!

Jean-Edouard : Ha Ha Ha!

Mme Chocotoffva invite Selma à rejoindre les élèves.

Mme Chocotoffva : Je vous présente Selma. Selma est tchétchène.

Paris : Qu’est-ce que tu fais chez nous?

Selma : J’ai dû quitter mon pays, car la vie était impossible et j’ai dû m’enfuir avec mes

parents et ma petite sœur de 4 ans.

Jean-Edouard : Ah oui, je comprends ! Et je suppose que tes parents n’ont pas trouvé de

travail chez nous. Tu es sur l’aide sociale?

Selma : Mon père aimerait bien travailler comme jardinier et ma mère pourrait faire des

ménages, mais s’ils travaillent avant d’avoir leurs papiers en ordre, ils feront quelque

chose d’illégal et risqueraient d’avoir de gros problèmes.

Abigaëlle : Bien sûr, s’ils travaillent, ils auront des problèmes avec ton père, Jean-Edouard.

Ton père va les accuser de travailler au noir. Donc, c’est à cause de ton père qu’ils

ne peuvent pas travailler!

Jean-Edouard : Mon père n’y peut rien, c’est la loi qui est mal foutue.

Jean-Edouard se console en déballant une sucette.

Barbara : Tu comptes retourner un jour dans ton pays?

Selma : Oui, absolument ! J’ai tout le reste de ma famille qui est encore là-bas : ma sœur de

19 ans, mes grands-parents, mes cousins, mes amis … Toutes ces personnes me

manquent!

Abigaëlle : Moi, je ne pourrais pas quitter tous ceux que j’aime.

Selma : Tu sais, dans ma famille, il y a déjà pas mal de personnes qui sont mortes : mon

grand-frère, mes deux oncles, ma petite cousine Emiranda …

On n’a pas eu vraiment le choix!

Toi, si t’avais le choix, tu préfèrerais quitter tes amis ou mourir?

Les élèves  répondent à l’unanimité :

Quitter mes amis!

Quelqu’un frappe à nouveau à la porte.

Mme Chocotoffva va accueillir ses invités.

Huberte et Ariane entrent timidement dans la classe.

Mme Chocotoffva : Entrez, n’ayez pas peur, ils ne sont pas vraiment méchants, seulement

ignorants!

Voici Huberte et Ariane.

Jean-Edouard : Huberte ! C’est pourri comme nom!

Huberte : Ce n’est pas moi qui l’ai choisi : mes parents sont très âgés, très vieux jeu.

Amandine : Depuis quand les vieux peuvent-il faire des gosses?

Huberte : Quand ils se sont rencontrés, mon père avait 65 ans et ma mère 40 ans.

La classe, en chœur, s’exclame. Les élèves sont dégoutés.

Amandine : Ils savent encore faire l’amour à cet âge-là? Tout ridés?

Paris : Même quand ils sont moches à crever?

Huberte : Tu sais, pour mon père, ma mère est toujours la plus belle femme de la Terre.

Barbara : Et ils font quoi comme boulots tes parents?

Huberte : C’est là le problème : mon père était charpentier, mais il est trop vieux pour

travailler et aujourd’hui, comme retraité, il ne reçoit que des noisettes.

Amandine : Et ta mère alors?

Huberte : Elle a été licenciée à cause de la crise économique.

Barbara : Au moins, elle, elle reçoit l’argent du chômage!

Huberte : Oui, mais ce n’est pas beaucoup. Elle était seulement vendeuse à mi-temps.

Elle a dû s’occuper de moi.

Jean-Edouard : Elle n’avait qu’à engager une nounou comme mon père l’a fait.

Abigaëlle : Tu sais ce que cela coute, une nounou?

Et t’as vu le résultat avec toi?

Jean-Edouard, vexé, remet sa sucette en bouche et retourne dans le fond de la classe où il ouvre une fenêtre.

Jean-Edouard : Oh, vous faites chier, foutez-moi la paix!

Amandine : Et ta copine, c’est qui?

Ariane : Je m’appelle Ariane, je suis l’ainée d’une famille de 6 enfants.

Paris : Ta mère doit être complètement déformée, usée.

Ariane : C’est peut-être pour cela que mon père nous a quittés ou… il a eu peur d’élever 6

enfants.

De toute façon, ce n’est pas une grande perte!

Il est alcoolique et passe son temps entre la prison et les hôpitaux.

Barbara : Pourquoi la prison?

Ariane : Parce que, quand il est soul, il tape sur tout ce qu’il trouve.

Avant, c’était nous et ma mère, maintenant il s’en prend à d’autres.

Amandine : Elle travaille ta mère  au moins?

Ariane : Quand veux-tu qu’elle travaille? Elle doit s’occuper de Benjamin qui a 1 an, de Lisa

qui a 4 ans, des devoirs des jumeaux qui ont 9 ans, de mon frère qui a 13 ans et qui

n’est vraiment pas un cadeau. Il ne fait qu’attirer les problèmes!

Barbara : Comment s’en sort-elle financièrement?

Ariane : La nuit, quand je suis là pour garder les plus jeunes, elle sort rencontrer des

hommes.

Jean-Edouard : C’est une pute, ta mère?

Ariane : Si, toi, tu n’avais pas l’argent pour soigner tes enfants, tu ne ferais pas n’importe

quoi?

Jean-Edouard : Moi, je préfèrerais crever!

Les filles en chœur contestent la remarque de Jean-Edouard.

Abigaëlle : Moi, je ferais n’importe quoi pour sauver mes enfants!

Mme Chocotoffva : Vous savez, en Afrique, il y a énormément de femmes qui attrapent le

SIDA parce qu’elles se prostituent pour pouvoir nourrir leurs enfants.

Abigaëlle : Pourquoi ne se protègent-elles pas?

Mme Chocotoffva : Parce que les hommes le demandent et que, de toute façon, elles ont le

choix entre mourir de faim aujourd’hui avec leurs enfants ou seule du

SIDA dans 10 ans.

Amandine : Je comprends mieux pourquoi il y a tant de malades du SIDA en Afrique!

Ce n’est pas seulement parce qu’ils sont ignorants … c’est parce qu’ils sont

pauvres.

Ils ne sont pas vraiment responsables de leur malheur.

La porte de la classe s’entrouvre et la tête de Céline apparait :

Céline : C’est ici que Choco donne cours?

Jean-Edouard : Oui, si on peut appeler cela un cours!

C’est plutôt une initiation à de mauvaises fréquentations!

Abigaëlle : C’est toi, la mauvaise fréquentation! Tu es égoïste, raciste, prétentieux, cruel et

en plus malhonnête. On sait tous que c’est toi qui as volé le sac de l’éducatrice!

Jean-Edouard : Oh ! Vous ne comprenez rien ; c’est pour rigoler ; c’est un sport comme un

autre.

Barbara : Et tu trouves cela marrant ? On a tous été en retenue à cause de toi.

T’as de la chance ! On ne t’a pas dénoncé ! On est vraiment trop bons!

Céline entre dans la classe.

Céline : Bonjour tout le monde.

Jean-Edouard : T’as l’air normale, toi.

Qu’est-ce qui ne va pas chez toi?

Céline : Pourquoi irais- je mal?

Paris : Tu es amie avec Mme Chocotoffva, donc tu dois être pauvre!

Céline : Choco, tu leur as dit quoi?

Mme Chocotoffva : Juste que j’allais leur présenter des amis.

Paris : As-tu de beaux habits, des parfums, un jacuzzi, un « home cinéma »,

des bijoux…?

Céline : Tout cela, je l’ai eu, mais maintenant, je n’ai plus rien!

Paris : Quelle horreur ! Cela ne pourrait quand même pas m’arriver?

Céline : Ben, cela dépend si tu achètes cash ou à crédit?

Paris : Cela veut dire quoi?

Mme Chocotoffva : Si tu payes avec de l’argent que tu as ou avec de l’argent que

tu empruntes.

Paris : Mais pourquoi tu as emprunté de l’argent?

Céline : Pourquoi n’aurais-je pas comme toi envie de parfums, de beaux habits, de vacances

à l’étranger… ? Et puis, puisqu’il y a des banques qui veulent bien me prêter

l’argent!

Paris : Ben, où est le problème alors?

Céline : C’est qu’elles t’en prêtent un temps, mais… pas indéfiniment!

Un jour, elles te réclament beaucoup plus que ce qu’elles t’ont prêté et si tu ne

peux pas leur rendre… elles viennent tout reprendre … et même, cela ne leur suffit

pas.

Maintenant, il y a un avocat qui gère notre argent et on ne reçoit plus que le

minimum vital.

Paris : Oh, la tuile ! J’espère que mes parents n’ont pas emprunté!

Un jeune homme entre énergiquement dans la pièce.

Christopher : Salut la compagnie!

C’est ici la fête?

Jean-Edouard : Enfin, un mec!

Entre. Plus on est de fous, plus on s’amuse!

Toi aussi, tu as des problèmes financiers?

Christopher : De quoi je me mêle?

Je te demande, toi, la couleur de ton string?

Mme Chocotoffva : Attends, Christopher! Faut que tu comprennes.

Je t’ai invité pour leur expliquer ce que c’est d’être pauvre en Belgique,

aujourd’hui.

Christopher se tourne vers Mme Chocotoffva.

Christopher : sympa, Choco ! T’aurais pu leur dire …je vais vous présenter le mec le plus

sympa du coin, le plus beau, le plus intelligent … Non, toi, tu me présentes

comme le gars le plus pauvre!

Jean-Edouard : Ne le prends pas mal!

C’est pour une bonne cause. J’ai appris plus en un cours avec Mme Chocotte

qu’en un an avec mon prof attitré.

Mme Chocotoffva : Chocotoffva!

Pour Jean-Edouard, c’est visiblement du pareil au même. Pas pour Mme Chocotoffva.

Christopher : Qu’est-ce que vous voulez savoir?

Comment suis-je devenu « pauvre »? (ironiquement) 

Jean-Edouard : Oui, explique-nous!

Christopher : Ben, c’est tout simple.

Mon père travaillait comme garagiste indépendant. Il vendait des voitures

de haute gamme. Avec la crise, il n’a plus rien vendu et a fait faillite.

Jean-Edouard : C’est con, ça!

Barbara : Que gagne un indépendant quand il a fait faillite?

Christopher : Le revenu d’intégration sociale, c'est-à-dire moins de 1000 euros par mois.

Paris : On ne peut pas vivre avec cela!

Jean-Edouard (qui rigole): C’est à peine mon argent de poche!

Paris : (ironique) Que ça?

Abigaëlle : Et tu as encore besoin de voler en plus?

Jean-Edouard : Je vous ai dit que je fais cela par sport! Pas par besoin!

Barbara : Comme sport, ce serait mieux pour ton corps de faire de la course à pied.

Et en plus, t’emmerderais moins les gens!

Jean-Edouard, à nouveau vexé, tire la tête et enfourne sa sucette.

Tout à coup, il se met à hurler.

Jean-Edouard : Au secours! Une guêpe m’a piqué la langue. À l’aide, j’étouffe!

Haletant, il gesticule dans tous les sens et porte ses mains à son cou. Mme Chocotoffva court rechercher la lame de rasoir qu’elle utilise pour décoller les chewing-gums dans le couloir. 

L’ensemble des élèves : Beurk! C’est dégueulasse! C’est quoi?

Barbara : C’est une lame de rasoir pour décoller les chewing-gums!

Mme Chocotoffva : Quelqu’un a un briquet?

Jean-Edouard, avec un dernier effort, sort son briquet de sa poche et le donne, sans bien comprendre pourquoi, à Mme Chocotoffva.

Celle-ci utilise le briquet pour désinfecter la lame et d’un geste précis, expérimenté, elle s’apprête à trancher la gorge de Jean-Edouard.

L’ensemble de la classe hurle de panique à la vue de cette boucherie puis entre dans un profond silence.

Un sifflement strident vient rompre le silence et, visiblement, Jean-Edouard arrive à respirer par le trou que Mme Chocotoffva a percé dans sa gorge.

Amandine : Ce n’est quand même pas la première fois que vous faites cela?

Mme Chocotoffva : En Russie, j’étais médecin. Ici on ne reconnait pas mon diplôme.

Abigaëlle : Pourquoi alors avez-vous quitté votre pays?

Mme Chocotoffva : Je me suis mis à dos la Mafia russe en luttant contre la drogue.

Et puis … j’avais quelque chose d’important à enseigner à des élèves

belges désœuvrés.

Fin


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