Littérature québécoise








titreLittérature québécoise
page4/13
date de publication09.10.2017
taille0.5 Mb.
typeLittérature
l.21-bal.com > documents > Littérature
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   13

Livre neuvième



Chapitre premier



Guerre de Sept Ans

1755-1756


Quelle était alors la situation de la France ? Les principaux ministres dans le moment étaient le comte d’Argenson, pour la guerre ; Machault d’Arnouville, pour la marine et les colonies ; Antoine Rouillé, pour les Affaires étrangères ; mais c’était Mme de Pompadour qui gouvernait. [Amie des philosophes, ennemie des Jésuites, ayant fait nommer Voltaire historiographe du roi, cette roturière audacieuse et toute-puissante devenue le vrai maître de la politique étrangère, allait, par son emprise sur l’indolent Louis XV et par son action néfaste, ajouter encore au scandale du règne et contribuer à l’abaissement de la France. Le renversement des alliances qui ruinait deux siècles de diplomatie française, doit à la lumière des faits lui être imputé avec raison. Aussi bien durant vingt ans], elle changea les généraux et les ministres au gré de ses caprices. Vingt-cinq ministres au moins furent appelés au Conseil d’État et renvoyés tour à tour de 1756 à 1763. La nation, du reste, était plus occupée de vaines disputes religieuses que des apprêts du combat, [alors que ceux-ci avaient une importance capitale pour la grande colonie française d’outremer]. Tout était en mouvement dans les idées morales comme dans les idées politiques. Les opinions n’avaient plus d’harmonie, et le gouvernement lui-même, honteux de suivre d’anciennes traditions, marchait au hasard dans une route nouvelle.

Ce fut ainsi que, par le fatal traité de Versailles, plus exactement de Jouy, signé le 1er mai 1756, il s’allia avec l’Autriche, qu’il avait toujours combattue. Et il se laissa entraîner dans une guerre continentale par Marie-Thérèse, qui, voulant reprendre la Silésie à la Prusse, flattait adroitement Mme de Pompadour, avec qui elle entretenait un commerce de lettres. La France eut à combattre à la fois sur terre et sur mer. Pourtant l’expérience lui enseignait depuis longtemps avec quel soin elle devait éviter cette double lutte, et Machault s’efforçait [contre l’avis de d’Argenson] de le faire comprendre à Louis XV. Mais la favorite tenait à l’alliance de l’impératrice-reine ; le ministre de la guerre et les courtisans, étrangers au service de mer, tenaient à la gloire qui s’offrait à eux dans les armées de terre. Le gouvernement oubliera la guerre contre l’Angleterre, la seule importante, la seule où la France ait été provoquée, et il dirigera ses principales forces vers le nord de l’Europe, abandonnant à peu près à elles-mêmes ses vastes possessions de l’Amérique septentrionale ; [cependant que, par le traité de Jouy, il promettait 24 000 hommes à l’Autriche et par le traité de Versailles (1er mai 1757), il devait, en outre lui en fournir 105 000 et verser à Marie-Thérèse la somme de douze millions de florins par année. (Duc de Broglie, L’Alliance autrichienne, Paris 1897)].

De l’autre côté de la Manche, les choses n’étaient point, comme en France, dans cette situation qui annonce de loin une révolution politique et sociale. La Grande-Bretagne était dans l’état le plus prospère où elle fût encore parvenue. Ses colonies américaines faisaient d’immenses progrès en toutes choses ; et là, comme en Angleterre, le peuple paraissait unanime et satisfait. Le gouvernement appuyé sur les larges bases de la liberté, obéissait à l’opinion publique, et assurait de la sorte, pour ainsi dire, le succès de ses entreprises. Aucune guerre n’avait été plus populaire chez les Anglais que celle qui allait commencer. Le Parlement, après avoir voté un million sterling pour augmenter les forces de terre et de mer (1754), [accordait aux colonies 115 000 livres sterling pour défrayer leurs dépenses (1756).] Le gouvernement traita (16 janvier 1756) avec le roi de Prusse, Frédéric II, donnant des subsides à la Pologne et à la Bavière, en vue de s’en faire des alliés, et de contre-peser la puissance française sur le continent. L’enrôlement des matelots dans les îles Britanniques fut poussé avec une vigueur extrême. Tel était l’enthousiasme, que presque toutes les villes un peu importantes se cotisèrent pour accroître la prime à donner aux soldats et aux matelots qui venaient offrir leurs services volontairement ; et qu’au lieu du million de livres, que le gouvernement voulait lever par le moyen d’une loterie, [3 800 000 livres sterling] furent souscrits sur-le-champ.

Il y eut la même ardeur dans les colonies. La population des provinces anglaises de l’Amérique septentrionale s’élevait en 1755 à un million six cent mille âmes, et celle du Canada proprement dite, des Pays d’en Haut, du Cap-Breton, de l’île Saint-Jean, de la Louisiane était à peine de soixante-quinze à quatre-vingt mille âmes. La disproportion était aussi considérable dans leur commerce, et, par conséquent, dans leurs richesses. Les exportations des provinces anglaises étaient évaluées en 1753 à 1 486 000 livres sterling, et leurs importations à 983 000 tandis que les exportations du Canada étaient d’environ deux millions et demi de francs, et que ses importations allaient peut-être à huit millions, dont une grande partie, étant pour le gouvernement, ne passaient point par les mains des marchands du pays. Il n’est donc pas étonnant que les colonies anglaises poussassent leur métropole à la guerre. Franklin, aussi habile politique que savant physicien, était leur principal organe. Celui que Paris, vingt-cinq ans après, vit appliqué à soulever l’opinion en France et dans toute l’Europe contre l’Angleterre ; celui que le Canada vit venir pour révolutionner ses habitants en 1776, fut, dès 1754, le principal promoteur des entreprises contre les possessions françaises dans le nord du Nouveau-Monde. « Point de repos, disait-il, point de repos à espérer pour nos treize colonies, tant que les Français seront maîtres du Canada ! »

Les forces des deux nations belligérantes présentèrent en Amérique une inégalité non moins grande pendant toute la guerre. Mais, par une sage prévoyance, la France, donnant encore des signes de son ancienne supériorité dans la conduite des affaires militaires, avait porté loin du centre du Canada sa ligne défensive, de manière à obliger l’ennemi à disperser ses troupes. L’isthme étroit de l’Acadie, la vallée inconnue et sauvage de l’Ohio, les gorges montagneuses du lac Saint-Sacrement (lac George), tels furent les théâtres épars qu’elle choisit pour les opérations de ses soldats, les champs de bataille, séparés par de grandes distances, où elle retint les nombreuses armées de l’ennemi durant cinq ans sans pouvoir être forcée, et où elle leur fit essuyer les plus sanglantes défaites dont l’Amérique eût encore été témoin. C’est donc à tort que certains historiens ont blâmé ce plan défensif du Canada dans la guerre de Sept Ans.

Les troupes réglées du Canada, qui se montaient, en [1756, à mille neuf cent cinquante hommes,] furent portées à [trois mille six cent deux soldats] par l’arrivée des quatre bataillons d’infanterie sous le baron Dieskau. Les milices [qui comptaient 14 000 hommes, dont 4000 seulement, sauf à la fin de la guerre, portaient les armes], avaient été armées, et on en plaça de gros détachements dans les postes sur les frontières ; en sorte qu’on eut bientôt, tant en campagne que dans les garnisons, [sept mille six cents] combattants, outre environ huit cents hommes employés aux transports. Ces forces étaient bien insuffisantes pour faire face à l’ennemi, qui avait déjà quinze mille soldats sur pied, dont trois mille devaient marcher contre Beauséjour ; deux mille deux cents, contre le fort Duquesne ; quinze cents, contre Niagara, et cinq à six mille, contre le fort Saint-Frédéric : quatre attaques que les Anglais voulaient exécuter simultanément.

Si le travail secret qui se faisait dans la société en France énervait l’énergie de la nation et du gouvernement ; si les défauts de l’organisation politique et sociale y rendaient l’esprit des classes éclairées indifférent et sceptique jusqu’à détruire la force du pouvoir ; en Canada, les habitants conservaient la confiance d’autrefois et l’ardeur nécessaire pour faire de vigoureux soldats. Privés de toute participation à l’administration publique, ils s’occupaient à exploiter leurs terres, ou à faire dans leurs forêts la chasse aux animaux sauvages, dont les riches fourrures formaient la principale branche de leur commerce. D’ailleurs, peu nombreux, ils ne pouvaient se flatter que leurs conseils eussent beaucoup de poids dans la métropole. Ils lui représentèrent, néanmoins, les dangers de la lutte qui allait s’engager, et prirent les armes avec la ferme résolution de combattre comme si la France eût fait les plus grands sacrifices pour les soustraire au sort qui les menaçait. Ils ne chancelèrent jamais. Ils montrèrent jusqu’à la fin une constance et un dévouement que les historiens français n’ont pas toujours su apprécier, mais que la vérité historique, appuyée sur des pièces officielles irrécusables, ne permet plus aujourd’hui de mettre en doute. [On ne saurait oublier cependant que des historiens et des économistes de premier rang, depuis Henri Martin, Gabriel Hanotaux, Richard Waddington, Henri Lorin, Georges Goyau, André Siegfried, Firmin Roz ont aussi parlé avec beaucoup d’éloge et souvent d’émotion des luttes soutenues par les Canadiens d’autrefois et d’aujourd’hui pour garder la langue, les croyances et les traditions de leurs ancêtres français. Il faut y joindre les noms de Rameau de Saint-Père et d’Émile Lauvrière dont les livres sont un juste hommage au dévouement et à la fidélité admirable de nos frères acadiens et à notre cause commune].

En 1755, la guerre n’était pas encore déclarée dans les formes ; on ne laissa pas, des deux côtés, d’entrer en campagne. Vaudreuil, ignorant les projets de l’ennemi, fit partir des troupes, suivant les instructions de la Cour, pour attaquer le fort important d’Oswégo. Le général Dieskau devait exécuter cette expédition, avec quatre mille trois cents hommes et douze bouches à feu. Le succès lui semblait assuré. Deux mille hommes étaient déjà en route de Montréal, et commençaient à arriver à Frontenac, lorsque l’apparition du colonel Johnson sur le lac Saint-Sacrement, avec trois mille miliciens, fit rappeler une partie des troupes françaises. Le corps anglais qui s’avançait était celui qui devait agir contre Saint-Frédéric. L’attaque d’Oswégo fut différée, et Dieskau, que ce contre-ordre avait extrêmement contrarié, alla s’opposer aux progrès de Johnson. Le 1er septembre, il se plaça à la tête du lac Champlain, avec quinze cents Canadiens, mille soldats et six cents Abénaquis, Hurons et Nipissings. C’était assez pour arrêter Johnson. On continua à envoyer des troupes sur le lac Ontario ; un bataillon monta à Niagara et releva le fort en ruine, qui consistait en une maison palissadée, avec un fossé alentour ; un autre bataillon se campa sous les murs de Frontenac. À l’automne, ces trois positions importantes, Saint-Frédéric, Niagara et Frontenac, paraissaient suffisamment protégées. (Vaudreuil à Machault, 15 juillet, 25 septembre 1755).

Sur l’Ohio, le fort Duquesne, ouvrage plein de défauts, mais commandé par Pécaudy de Contrecœur, officier capable et très brave, n’avait qu’une garnison de deux cents hommes ; seulement il pouvait être secouru par un certain nombre de voyageurs canadiens, ou coureurs de bois, et par quelques sauvages. Les autres postes de ces contrées lointaines n’avaient pas des garnisons plus nombreuses. Les forêts et la distance faisaient leur principale protection.

Vers l’Acadie, les forts à Beauséjour et à Gaspareaux avaient pour commandants, le premier, Duchambon de Vergor, favori de l’intendant Bigot, et le second, Villeray. Ces officiers avaient [au plus cent cinquante soldats avec eux ;] en cas d’attaque, ils devaient, suivant leurs instructions, compter sur les sept ou huit cents Acadiens fixés autour d’eux ou qui erraient dans leur voisinage, comme si ces pauvres gens, que l’Angleterre regardait comme ses sujets, eussent été bien libres d’agir.

Des quatre entreprises projetées par les Anglo-Américains, la première effectuée fut l’assaut de ces derniers postes. Les troupes pour cette expédition avaient été levées dans la Nouvelle-Angleterre et comptaient deux mille hommes ; elles étaient commandées par le colonel Robert Monckton, officier expérimenté, et par le lieutenant-colonel John Winslow, personnage influent du pays. Parties de Boston, le 22 mai 1755, sur trois frégates et trente-cinq petits bâtiments, elles arrivèrent le 2 juin devant le fort Lawrence, dans la baie de Chignecto, où elles débarquèrent et furent augmentées encore de trois cents soldats. Elles marchèrent, le 4, avec leur artillerie contre Beauséjour. Arrêtées un instant, au passage de la rivière Missaguash [les Français la regardaient comme la limite de la Nouvelle-Écosse,] par une poignée de Français, qui y avaient élevé un blockhaus, elles parvinrent à Beauséjour, en repoussant devant elles une garde avancée composée d’Acadiens et de sauvages que Vergor avait chargé de défendre une hauteur à quelque distance de son poste. À leur approche, Vergor fit brûler l’église et les maisons sous place.

Le fort de Beauséjour, [bâti dans la baie de Chignecto, à trois milles du fort Lawrence,] avait alors pour garnison [cent vingt à cent trente soldats, et en outre deux cents] Acadiens, qu’il avait fallu requérir d’autorité, la plupart étant d’ailleurs sans demeure assurée. Rien n’y était à l’épreuve de la bombe, ni la poudrière, ni les casemates. Les assiégeants ouvrirent la tranchée le 12 juin ; et, le 16, Vergor, [malgré les protestations de quelques officiers,] se rendit par capitulation après une faible résistance. Il fut stipulé que les troupes sortiraient avec les honneurs de la guerre, qu’elles seraient transportées à Louisbourg, et que les Acadiens, qui avaient combattu avec elles, ne seraient pas inquiétés. Le fort de Gaspareaux [un simple magasin situé sur la baie Verte, à douze milles de distance,] était défendu par une vingtaine de soldats et quelques habitants ; il se rendit aux mêmes conditions (17 juin 1755). Le fort de Beauséjour prit le nom de fort Cumberland, et le major Scott y fut laissé pour commandant. Cet officier désarma les habitants, et voulut leur faire prêter le serment d’allégeance sans condition, ce qu’ils refusèrent. Alors Scott arrêta tous ceux qu’il put atteindre, conformément aux ordres du lieutenant-gouverneur d’Acadie le colonel Charles Lawrence. [Il convient de noter que pendant la durée du siège les Français furent trahis par Thomas Pichon qui en avait prévenu leurs ennemis et qui continuait de correspondre avec eux. (Voir son Journal cité par Murdock, History of Nova Scotia, vol. II. – Villeray au ministre, 20 septembre 1755)].

Après cette conquête, [le capitaine Rous, avec] trois frégates alla enlever dans la rivière Saint-Jean le petit fort que les Français y possédaient. Son commandant, Deschamps de Boishébert, n’ayant pas assez de monde pour le défendre, y mit le feu et se retira. Mais, ayant été informé de ce qui se passait à Beauséjour, au lieu de faire sa retraite sur Québec, il alla rejoindre les Acadiens au fond de la baie de Fundy. Il les arma et battit avec eux les Anglais en différentes rencontres. Cependant, il ne put empêcher ces derniers de brûler à la fin tous les établissements ; de contraindre les habitants à se réfugier dans les bois, et plus tard à émigrer au Cap-Breton, à l’île Saint-Jean, Shédiac, Miramichi, à la baie des Chaleurs et à Québec, ces malheureux offrant partout où ils allaient le spectacle d’un dévouement sans bornes et d’une misère profonde (Journal de Boishébert, 20 septembre, 1755).

Tel fut le succès des ennemis en Canada, du côté de l’Acadie, au début de leur campagne. À la vérité, sous le rapport militaire, plus nominal que réel, puisque les Anglais ne purent pas s’avancer plus loin sur cette frontière, où les bandes armées les continrent. Il causa néanmoins un vif mécontentement à Paris, surtout lorsqu’on y apprit les terribles conséquences qu’il avait eues, quelques mois après, pour les Acadiens, si dignes d’un meilleur sort. Le roi écrivit lui-même à M. de Vaudreuil de faire juger rigoureusement, par un conseil de guerre qu’il présiderait en personne, Vergor et Villeray, ainsi que les garnisons qui servaient sous leurs ordres. Le procès eut lieu l’année suivante au château Saint-Louis, à Québec ; mais tous les accusés furent acquittés à l’unanimité (20 février 1756). L’évacuation de l’Acadie laissa à la merci des Anglais les habitants qui portaient le nom de « neutres », et qui n’avaient pu se résoudre ni à abandonner leur terre natale, ni à oublier la France.

[Le nombre total des Acadiens dans la péninsule pouvait être, en 1755, de 16 000 âmes ; le pays de Beaubassin en comptait, là-dessus, environ 7000].

La guerre de 1744 avait commencé les malheurs de ce peuple ; celle de Sept Ans consomma sa ruine. Depuis quelque temps, les agents anglais affectaient la plus grande rigueur. Les tribunaux, par des violations flagrantes de la loi, par des dénis systématiques de justice, étaient devenus pour les habitants un objet à la fois de haine et de terreur. Le moindre employé voulait que sa volonté fût obéie. « Si vous ne fournissez pas de bois à mes troupes, disait le capitaine Murray, je démolirai vos maisons pour en faire du feu. » « Si vous ne voulez prêter le serment de fidélité sans réserve, (les Acadiens prétendaient, d’après les traités, être exempts de porter les armes contre la France, en cas de guerre), déclarait le gouverneur Hopson, je vais faire pointer mes canons sur votre village. » Rien ne pouvait engager ces hommes honorables à faire un acte qui répugnait à leur conscience, et que, selon bien des écrivains américains et anglais, l’Angleterre n’avait pas le droit d’exiger d’eux. Ainsi nous lisons dans Haliburton : « Les Acadiens n’étaient point des sujets britanniques, puisqu’ils n’avaient point prêté le serment de fidélité
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   13

similaire:

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com