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Conférence de DSE – Paroisse de Font-Romeu – 06/12/2007

LES GRANDS PRINCIPES DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L’EGLISE :
DEFENSE DE LA DIGNITE DE LA PERSONNE HUMAINE

ET

RECHERCHE DU BIEN COMMUN
Préliminaire 

Il est habituel de citer ses sources à la fin de ses travaux ou en note de bas de page, mais je voudrais commencer par cela. En effet, dans le cadre de ces conférences, je n’expose pas ici ma propre doctrine sociale mais bien celle de l’Eglise. Ce texte est donc une sorte de grand « copier coller » des diverses sources autorisées auxquelles je me suis référée :

  • les textes du magistère bien entendu, et en particulier la constitution pastorale Gaudium et spes du concile Vatican II, le Catéchisme de l’Eglise catholique et le Compendium de doctrine sociale de l’Eglise

  • également le Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques du Conseil pontifical pour la famille, publié par Téqui en 2005, et en particulier l’article « Morale ou éthique ? » de Mgr Jean-Louis Bruguès et l’article « Nouveaux droit de l’homme » d’Abelardo Lobato Casado, o.p.

  • du précieux ouvrage de Marcel Clément, Du Bien commun, Editions Paroisse.com, 2005

  • d’une conférence de carême faite le 26 mars 2006 à ND de Pentecôte par le père Philippe Bordeyne, « La dignité de la personne humaine, la personne et la communauté »

J’ai très largement puisé dans ces textes, en reprenant parfois les mots mêmes des auteurs, en me contentant de l’indiquer en début de paragraphe, sans toujours les citer précisément, pour faciliter la compréhension de la conférence. J’espère leur avoir rendu justice sans les trahir.


Pourquoi aborder ces deux thèmes ensemble ce soir ? Parce qu’ils sont indissociablement liés, que personne et communauté ne peuvent être étudiés qu’ensemble.

« Les principes permanents de la DSE constituent les véritables fondements de l’enseignement social catholique : à savoir le principe de la dignité de la personne humaine (…) sur lequel reposent tous les autres principes et contenus de la doctrine sociale, ceux du bien commun, de la subsidiarité et de la solidarité. » (Compendium, §160) Nous verrons les deux derniers dans le cadre de la prochaine conférence sur la politique. Ces principes, nous rappelle le Compendium, sont connus par la raison et par la foi, et jaillissent de la rencontre du message évangélique et de ses exigences (résumés dans le commandement de l’amour de Dieu et du prochain) avec des problèmes émanant de la vie en société. « Au cours de l’histoire et à la lumière de l’Esprit, l’Eglise, réfléchissant sagement au sein de sa tradition de foi, a pu donner à ces principes une base et une configuration toujours plus soignées, les élucidant progressivement, dans l’effort de répondre de façon cohérente aux exigences des temps et aux développements incessants de la vie sociale » (Compendium, §160).

Ces principes ont un caractère général et fondamental, ils concernent la vie sociale dans son ensemble : les relations entre les personnes dans le cadre familial, économique ou politique, les relations entre les différents groupes ou communautés et jusqu’au rapports entre les peuples et les nations. Du fait de leur universalité de sens et de leur durée dans le temps, l’Eglise les a désignés comme des références incontournables pour l’interprétation et l’évaluation des phénomènes sociaux, dans lesquels puiser les critères de discernement et de conduite de l’action sociale en tout domaine. Dans le cadre de la méthode « voir/juger/agir » que nous évoquions la dernière fois, on peut dire que ces principes sont les critères de jugement les plus importants nous permettant d’agir à bon escient.

Nous ne devons pas oublier en étudiant ces principes qu’ils doivent être appréciés dans leur caractère unitaire : nous devons certes étudier leurs spécificités propres, mais également leurs connexions. L’attention accordée à chaque principe dans sa spécificité ne doit pas conduire à son utilisation partiale et erronée, qui survient lorsqu’on l’utilise comme s’il était désarticulé et séparé de tous les autres. Dès que l’on approfondit l’un de ces principes de façon théorique ou que l’on observe son application, on constate clairement les liens qui existent avec les autres principes. C’est ce qui nous amènera à approfondir aujourd’hui des choses que nous avons vues la dernière fois, tout en préparant ce qui sera dit à la prochaine conférence !


La dignité de la personne humaine est l’un des principes de la DSE, et LE principe sur lequel reposent tous les autres. On peut commencer à comprendre cette articulation qui existe entre les deux principes de la dignité de la personne humaine et du bien commun en étudiant les sommaires de ces deux outils majeurs pour la connaissance et la compréhension de la DSE que sont le Catéchisme de l’Eglise catholique et le Compendium de doctrine sociale.
CATECHISME
Troisième partie : La vie dans le Christ

Section 1 : La vocation de l’homme : la vie dans l’Esprit

Chapitre 1 : La dignité de la personne humaine

8 articles : l’homme image de Dieu, notre vocation à la béatitude, la liberté de l’homme, la moralité des actes humains, le moralité des passions, la conscience morale, les vertus, le péché

Chapitre 2 : La communauté humaine

3 articles : la personne et la société, la participation à la vie sociale (autorité, bien commun, responsabilité et participation), la justice sociale (respect de la personne humaine, égalité et différences entre les hommes, solidarité humaine)
Section 2 : Les 10 commandements
COMPENDIUM
Première partie

Chapitre 1 : Dessein d’amour de Dieu pour l’humanité

Chapitre 2 : Mission de l’Eglise et Doctrine sociale

Chapitre 3 : La personne humaine et ses droits

I Doctrine sociale et principe personnaliste

II La personne humaine « imago Dei »

III La personne humaine et ses multiples profils

IV Les droits de l’homme

Chapitre 4 : Les principes de la Doctrine sociale de l’Eglise

I Signification et unité

II Le principe du Bien commun

[III à VIII autres principes]
Dans les deux cas, la dignité de la personne humaine est première et mise à part des autres principes. C’est une expression que nous entendons souvent, ne serait-ce que dans l’actualité. En effet le principe de la dignité de la personne humaine est reconnu universellement et a été solennellement proclamé par les Nations Unies au lendemain de la seconde guerre mondiale. Mais nous verrons qu’il faut bien définir ce qu’on entend par là, et qu’il y a des risques de dérives dans la défense de la dignité de la personne humaine si on ne l’entend pas dans sa juste acceptation (première partie).

Nous verrons ensuite que cet homme créé à l’image de Dieu, et de ce fait doté d’une inaliénable dignité, est un être social. Et il se doit de rechercher, au sein des différentes communautés auxquelles il appartient, le bien commun. Cette notion apparaît aujourd’hui comme beaucoup plus « démodée » et ne renvoie pas à grand-chose en droit français ou international. Mais en étudiant ce que nous en dit l’Eglise nous découvrirons sa force et le grand intérêt qu’elle a pour nous aider à agir au sein des différents groupes dont nous faisons partie (deuxième partie).

Nous terminerons comme la dernière fois par une partie un peu plus pratique, encore qu’elle comportera elle aussi son lot de précisions terminologiques. En effet la redécouverte de ce qu’est la recherche du Bien commun nous montre à nouveau la nécessité, le devoir impérieux qu’a chaque chrétien d’agir, et de participer à son élaboration. Droits de l’homme et action en société nous amènerons à réfléchir sur les notions de morale et d’éthique, pour approfondir la méthode que nous avons commencé à envisager lors de la dernière conférence (troisième partie).

I La dignité de la personne humaine, premier pilier de la DSE

« La dignité de la personne humaine s’enracine dans sa création à l’image et à la ressemblance de Dieu » (CEC 1700).

Cette dignité de la personne humaine ne se présente pas sous la forme d’un principe évident par soi et pour tous. Depuis les origines l’homme s’interroge sur ce qu’il est, sur son origine et sur sa fin ultime. Pour tenter de définir ce que nous entendons par dignité, il est bon de se pencher sur l’histoire de la notion d’homme et de celle de personne humaine


  • Homme ou animal ? L’homme, image de Dieu1

Les mœurs les plus archaïques, dans la mesure où elles nous sont connues, suggèrent souvent que ce que l’homme voyait surtout de lui est ce qu’il avait de commun avec les animaux. La mise à mort des vaincus, l’anthropophagie, la réduction en esclavage ou autres conduites semblables témoignent d’une conception où l’homme se comprend à l’image des instincts animaux. Il suit les rites et les lois de son groupe, son clan ou sa tribu, mais les membres des autres groupes, rivaux ou ennemis sont traités selon les mêmes usages que les animaux : tués ou instrumentalisés.

Il y a eu des progrès de civilisation incontestables, mais on ne peut pas dire hélas que notre société contemporaine ait totalement supprimé les horreurs de la traite des hommes et des femmes, des viols, des crimes, du massacre des prisonniers, etc. Et, sur un tout autre plan, il y a des scientifiques ou des groupements idéologiques qui affirment aujourd’hui que l’homme n’est qu’un animal parmi les autres, une sorte de singe, un peu plus évolué seulement.

Parallèlement et depuis des millénaires, l’homme a compris qu’il existait en lui un principe de connaissance et d’action qui le constitue plus ou moins radicalement supérieur aux animaux. Il y a des codes juridiques en Mésopotamie déjà trois mille ans avant notre ère chrétienne, et les égyptiens croient en l’immortalité de l’âme. Et surtout, entre ces deux pays, en Palestine, la Révélation faite au peuple juif vient s’opposer radicalement à la vision de l’homme comme animal supérieur pour mettre en avant son origine divine. Les sept premiers chapitres de la Genèse sont bien antérieurs à Platon et Aristote. Et leur affirmation centrale est limpide : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. Dieu les bénit et leur dit : ‘soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez la’ » (Gn I 27-28). Il y a donc une opposition radicale avec la thèse de l’animalité de l’homme. L’homme est invité à se comprendre non par rapport à ce qu’il a au dessous de lui mais par rapport à ce qu’il peut concevoir de plus élevé au dessus de lui. Cela sans que soit laissé de côté le réalisme : l’homme est un être de chair, fidèle à la division naturelle entre mâle et femelle. Les deux sexes sont complémentaires pour faire croître et se multiplier la race humaine.

  • l’homme est une personne2

Alors que jusqu’à lui on avait défini l’homme tantôt comme un être simplement biologique, tantôt comme un composé qui n’était intelligible que selon la Révélation divine, Aristote parvient à donner une première définition philosophique de l’homme. Par son genre l’homme est certes un animal et c’est un animal politique. Il n’est pas le seul de sa catégorie, ainsi sont également les abeilles ou encore les fourmis, qui vivent en troupe avec ou sans chef. Ce qui différencie l’homme radicalement est d’essence philosophique et non biologique : l’homme est le seul animal doué de raison et de volonté, moralement libre. Seul l’homme perçoit le juste et l’injuste et aspire fondamentalement au bonheur. L’homme d’Aristote tend vers le bien commun, qui se définit ici comme une vie heureuse. L’on voit ici déjà que la définition de l’homme ne peut se dissocier de celle de bien commun, mais la limite du raisonnement d’Aristote est justement dans cette notion de bien commun. Il s’agit non d’un bien commun universel, auquel tout homme pourrait participer, mais simplement civique, pour les seuls citoyens. Il ne dépasse pas le cadre de la cité. En sont exclus les étrangers et surtout les esclaves, dépourvus de droits civiques. L’esclave certes a une nature humaine, Aristote le reconnaît, mais cela ne suffit pas à le doter de droits. Il n’est qu’un objet. La seule raison naturelle ne parvient donc pas ici à établir un lien causal entre la qualité d’homme, doué de raison et de volonté, et sa dignité morale et sociale, et donc juridique, qui lui confère des droits inaliénables.

C’est le commandement nouveau prêché par le Christ dans les Evangiles, l’amour du prochain, qui va permettre de restaurer la dignité de l’homme créé à l’image de Dieu, et d’intégrer cette dignité comme élément fondateur de toute vie sociale. L’homme est défini non pas selon la raison naturelle mais comme fils adoptif de Dieu et frère du Christ. C’est par l’efficacité du baptême que l’esclavage sera aboli progressivement en Occident et que la nation de personne humaine et de sa dignité sera formulée et mise en lumière. Saint Paul dans l’épître aux Galates avait déjà posé que « dans le Christ, il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ». Il approfondit cela dans son épître à Philémon : celui-ci est un riche habitant de Colosse, converti et propriétaire d’un esclave, Onésime, qui s’est enfui et réfugié à Rome. Il se lie là-bas à Paul et se convertit à son tour. Paul le renvoie alors auprès de Philémon, « pour l’éternité, non plus comme un esclave, mais, bien mieux qu’un esclave, comme un frère bien aimé et cela selon la chair et selon le Seigneur », parce qu’il est homme et parce qu’il est fils de Dieu. Peut-on demeurer maître absolu d’un frère, d’un fils de Dieu ? Paul n’oblige pas, mais incite à la réforme des mœurs, et tout au long des premiers siècles on assiste en Occident à la perte de force de l’esclavage comme institution. Au huitième siècle l’esclavage est aboli à peu près partout chez les baptisés.

Parallèlement à l’évolution des mœurs se poursuit l’évolution de la définition philosophique. C’est Saint Thomas qui complète le mieux Aristote, et établit que tout homme est sujet de droit en tant que personne humaine. « Parce qu’il est à l’image de Dieu l’individu humain a la dignité de personne : il n’est pas seulement quelque chose mais quelqu’un. » (CEC 357). Toute créature raisonnable, de nature humaine, a reçu la capacité juridique de son créateur. Elle est dotée de droits et assujettie à certains devoirs, indissociables. Cette notion va être laïcisée progressivement, et l’expression « dignité de la personne humaine » fait partie aujourd’hui de ce que l’on appelle la « conscience universelle ».


  • Difficile définition3

La notion de dignité de la personne humaine n’a jamais été aussi employée, que ce soit en droit international ou en droit français, ou bien dans l’enseignement de l’Eglise. Force est de constater néanmoins que sa définition est de plus en plus problématique. L’unanimité est réelle quant à sa défense, mais il y a de grandes divergences sur les implications concrètes.
D’un côté les textes internationaux affirment :
Charte des Nations Unies - 26 juin 1945 « Nous, peuples des nations unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites, à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international, à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande »
Déclaration Universelle des Droits de l’Homme - 10 décembre 1948 « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde »
Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques - 16 décembre 1966, « Considérant que, conformément aux principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde, Reconnaissant que ces droits découlent de la dignité inhérente à la personne humaine, [...] »
La France est signataire de ces traités et reconnaît cette notion dans son droit interne :

Code civil, article 16 : « La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie. »
Code pénal :

CHAPITRE V Des atteintes à la dignité de la personne

Section 1 : Des discriminations

Section 1 bis : De la traite des êtres humains

Section 2 : Du proxénétisme et des infractions qui en résultent

Section 2 bis : Du recours à la prostitution de mineurs ou de personnes particulièrement vulnérables

Section 2 ter : De l’exploitation de la mendicité

Section 3 : Des conditions de travail et d’hébergement contraires à la dignité de la personne

Section 3 bis : Du bizutage

Section 4 : Des atteintes au respect dû aux morts

Mais paradoxalement il n’y a pas de définition précise de ce qu’est cette dignité, pas même en jurisprudence.

Conseil constitutionnel

Décision n° 94-343/344 DC du 27 juillet 1994 : « Considérant que le Préambule de la Constitution de 1946 a réaffirmé et proclamé des droits, libertés et principes constitutionnels en soulignant d’emblée que : "Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés" ; qu’il en ressort que la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme d’asservissement et de dégradation est un principe à valeur constitutionnelle »

Décision n° 2001-446 DC - 27 juin 2001 - Loi relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception : « Considérant qu’en portant de dix à douze semaines le délai pendant lequel peut être pratiquée une interruption volontaire de grossesse lorsque la femme enceinte se trouve, du fait de son état, dans une situation de détresse, la loi n’a pas, en l’état des connaissances et des techniques, rompu l’équilibre que le respect de la Constitution impose entre, d’une part, la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme de dégradation et, d’autre part, la liberté de la femme qui découle de l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen »

L’on peut s’interroger d’ores et déjà sur la contradiction entre cette jurisprudence et l’article 16 du code civil.

Conseil d’Etat

27 octobre 1995 - Commune de Morsang-sur-Orge – « Considérant qu’aux termes de l’article L. 131-2 du code des communes : "La police municipale a pour objet d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique" ; Considérant qu’il appartient à l’autorité investie du pouvoir de police municipale de prendre toute mesure pour prévenir une atteinte à l’ordre public ; que le respect de la dignité de la personne humaine est une des composantes de l’ordre public ; que l’autorité investie du pouvoir de police municipale peut, même en l’absence de circonstances locales particulières, interdire une attraction qui porte atteinte au respect de la dignité de la personne humaine ; Considérant que l’attraction de "lancer de nain" consistant à faire lancer un nain par des spectateurs conduit à utiliser comme un projectile une personne affectée d’un handicap physique et présentée comme telle ; que, par son objet même, une telle attraction porte atteinte à la dignité de la personne humaine ; que l’autorité investie du pouvoir de police municipale pouvait, dès lors, l’interdire même en l’absence de circonstances locales particulières et alors même que des mesures de protection avaient été prises pour assurer la sécurité de la personne en cause et que celle-ci se prêtait librement à cette exhibition, contre rémunération »
Cour de cassation

Civ. 20 déc. 2000, préfet Erignac : « Et attendu qu’ayant retenu que la photographie publiée représentait distinctement le corps et le visage du préfet assassiné, gisant sur la chaussée d’une rue d’Ajaccio, la cour d’appel a pu juger, dès lors que cette image était attentatoire à la dignité de la personne humaine » Civ. 4 nov. 2004 : « Le principe de la liberté de la presse implique le libre choix des illustrations d’un débat général de phénomène de société sous la seule réserve du respect de la dignité de la personne humaine »
On le voit, très diverses sont les questions par le biais desquelles on recourt à la notion de dignité de la personne humaine. Aujourd’hui de plus en plus de questions éthiques sont liées à cette notion de dignité : porte-t-on atteinte à la dignité des personnes de même sexe lorsque l’on refuse qu’elles se marient ? Y a-t-il un droit à mourir « dans la dignité » ? L’Eglise répond non à ces deux questions, sur quelle définition de la dignité se fonde-t-elle ?
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