RÉsumé Notre étude constitue un volet, ciblant les nouvelles mères, d’un projet plus extensif visant à implanter un réseau de services communautaires en santé mentale,








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Grossesse non planifiée et avortement en Haïti
Rappelons-le, la pratique de l’avortement est interdite en Haïti. C’est donc dans ce contexte que nos deux participantes aux entretiens individuels ont reçu comme conseil de la part de leur entourage de recourir à l’avortement clandestin comme solution à leur grossesse imprévue. Les dangers associés à ces pratiques « artisanales », l’amour porté à l’enfant à naître et le sentiment de responsabilité en lien avec la croyance en Dieu sont autant de raison de garder l’enfant, malgré la situation actuelle de précarité de ces jeunes femmes :

Les conseils que mes amis me donnaient… de boire un « remède »… pour le jeter… je disais non […] s’il fallait qu’un problème grave arrive […] je disais non, je ne vais pas le boire. Parce que je ne veux pas retirer l’enfant et j’aime l’enfant (Marika).
[…] je ne dois pas le retirer… je suis obligée de souffrir et d’endurer […] parce que l’enfant ne t’a pas demandé de la faire… c’est toi qui es allée la faire. Tu es obligée de répondre à toutes tes responsabilités. Comme le Bon Dieu me l’avait déjà donné et que je l’avais déjà pris, je ne pouvais pas m’en débarrasser, j’étais obligée de le garder […] demain, si Dieu veut, je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve (Mirlyn).

Considérant le fait que la grossesse précoce en Haïti s’inscrive dans un contexte d’absence de planification, voire même, d’une certaine fatalité, on peut questionner comment l’expérience de la maternité est vécue par ces jeunes femmes.
Grossesse et isolement : le prix à payer pour des jeunes mères en situation de vulnérabilité

Selon l’expérience de nos 2 participantes aux entretiens individuels, la grossesse précoce constitue un facteur d’isolement important chez les mères haïtiennes. En effet, cette situation représente une entrave à la poursuite de leurs études en plus d’engendrer une rupture dans leurs relations amicales. En fait, la mise en contexte par les intervenants locaux nous a appris que ces jeunes femmes seront délibérément retirées de l’école, afin d’éviter de projeter un mauvais exemple à leurs pairs :

Avant que je ne tombe enceinte j’allais à l’école… j’avais quelques amis… on allait à l’école ensemble, tout ça… et une fois que je suis tombée enceinte je ne suis plus allée à l’école (Mirlyn).

Mes amis… on ne se voit plus…(Marika)

En plus d’être marginalisées, plusieurs jeunes mères haïtiennes se retrouvent en situation de monoparentalité, et ce, dès l’annonce de l’arrivée de l’enfant :

Je voyais un garçon… il est venu prendre ce qu’il voulait et quand je suis tombée enceinte il est parti (focus group).
Dans le cas de certaines, bien que le père de l’enfant soit physiquement présent, celui-ci démontre un comportement de fuite ou de désinvestissement de son rôle parental:

Le père est là sans être là… il est là mais c’est comme s’il n’était pas là (Marika).
Une mère de famille est toujours active. Parce que le père lui n’est pas toujours là. La mère est obligée de rester là comme une restavek (escalve) (Focus Group).

Par ailleurs, lorsque nous nous trouvions au domicile de Marika, nous avons pu observer le père de l’enfant entrer dans la maison de celle-ci pour y ressortir aussitôt, avec une attention minimale accordée tant à la mère qu’à l’enfant.
En plus de l’abandon (parfois relatif) par le père de son enfant, la jeune mère haïtienne vit souvent du rejet de la part de sa famille, rejet s’exprimant par de la violence physique et psychologique ainsi que par des menaces d’abandon :

Elle me parlait très très mal. Elle en est même venue à me dire de mourir avec l’enfant… (Mirlyn)

La réaction que ma mère a eue… elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas, elle me donnait de gros coups (Marika).

Elle me donnait des coups, me maltraitait… me disait qu’elle allait me mettre dehors… me parlait mal en public… jetait ma mallette remplie de vêtements dehors devant les gens (Mirlyn).

Parfois aussi, ils avaient l’habitude de m’enfermer dans la maison pour pouvoir me battre sans que personne ne puisse venir me sauver (Mirlyn).
C’est ainsi que, si les jeunes femmes ne sont pas d’emblée éloignées ou retirées (afin de cacher leur situation) de leur milieu social et familial habituel, la réalité de leur cellule familiale rejetante et maltraitante pousse la plupart d’entre-elles à quitter la maison pour aller loger ailleurs, chez d’autres membres de la famille ou encore, chez des amis.

De cette situation découle, plus souvent qu’autrement, une absence de soutien pour élever leur enfant, la mère étant considérée comme la responsable principale des soins et de l’éducation octroyés à celui-ci:

Moi, mes parents ne m’ont donné aucune information sur les enfants (Focus Group).

Faire l’éducation c’est lourd… une mère doit veiller à tout. Tout le travail revient à la mère (Focus Group).
Il est à noter que bien que certaines de nos participantes n’aient pas repris contact avec leur famille suite aux conflits engendrés par la grossesse, d’autres ont témoigné, au contraire, d’une acceptation a posteriori de leur grossesse :

Quand elle [ma mère] a réalisé que j’étais vraiment enceinte, elle s’est résignée. […] Quand elle a vu que mon ventre commençait à grossir elle a arrêté de m’insulter (Marika).

Compte tenu de la situation de grande précarité dans laquelle elles se trouvent, ces jeunes mères haïtiennes ont pour la majorité de la difficulté à répondre seules à leurs besoins économiques ainsi qu’à ceux de leur enfant. Ainsi, un sentiment de dépendance peut être vécu par les jeunes mères envers leur propre famille (après réconciliation), envers des amis proches, ou encore envers le père de leur enfant qui remplit alors uniquement le rôle de pourvoyeur économique :

Depuis que je lave, ça m’aide quand même… mais quand je ne vais pas laver… je reste comme ça sans rien avec l’enfant. Quand ma mère en a… si elle en a elle m’en donne, si elle n’en a pas je reste comme ça sans rien avec l’enfant (Marika).

Si j’ai besoin de quelque chose, j’appelle un ami. Je lui dis que j’ai besoin de telle chose… s’il l’a il me l’envoie, s’il ne l’a pas il me dit qu’il ne l’a pas (Mirlyn).

Ça ne me fait rien sentir. Le fait qu’il soit là sans être là, ça ne me fait rien sentir… […] Parce que quand il [le père de l’enfant] travaille il me donne toujours un petit quelque chose. Même si ce n’est pas grand-chose, même si ce n’est pas beaucoup, il me donne toujours (Marika).
Lorsque le père de leur enfant n’est pas à même de remplir ce rôle, certaines jeunes femmes vont considérer le soutien financier d’un nouvel homme :

Je ne dis pas que je ne le ferais jamais [me remettre en couple]… mais il faudrait qu’il s’agisse d’une situation extrême… si mon enfant ou moi venions à avoir un problème, je pourrais me mettre avec quelqu’un… mais à part ça… (Mirlyn)
Paradoxalement, cette option de se remettre en ménage pour diminuer leur situation de précarité apparaît exposer ces jeunes mères à une éventuelle répétition de la maternité, de l’isolement et de la situation de dépendance financière, facteurs risquant en fait d’augmenter leur situation de précarité.

Néanmoins, c’est à contrecœur que ces nouvelles mères se retrouvent dans de telles situations de dépendance financière. Marika exprime d’ailleurs à un moment son désir de ne plus avoir à dépendre constamment de sa mère, sans pour autant vraiment savoir comment y arriver par elle-même :

La question que j’aimerais aborder avec toi, c’est que j’aimerais que l’on fasse quelque chose pour moi. Pour moi et l’enfant… pour que je n’aie plus à demander aux gens… si ma mère n’en a pas… pour que j’arrête de tout le temps l’emmerder.

Un soutien en dernier recours : du matériel au spirituel, en passant par une éventuelle répétition

Du reste, malgré les ruptures avec la famille immédiate, le père de l’enfant et certains amis que sont susceptibles de vivre ces jeunes mères, il semble que ces dernières puissent compter sur le soutien (affectif, financier, hébergement) de certains membres de leur entourage, qu’il s’agisse de leur voisinage ou de certains de leurs amis :

Mes amis me disaient : « lorsque tu souffres, il peut y avoir un problème qui te tracasse… mais n’oublie pas que tout le temps que tu vis il y a de l’espoir…» (Mirlyn).
Comme le laisse entrevoir la citation précédente, en plus de cette forme de soutien ancré dans la réalité matérielle, au niveau psychique, la figure de Dieu peut représenter pour ces femmes une présence positive pouvant combler un manque relationnel :

Il y a plein de dangers au cours d’un accouchement […] S’il m’arrivait de mourir, tout ça… je priais Dieu beaucoup… pour que ce genre de choses ne m’arrivent pas (Mirlyn).

Cela dit, il semble que ce soutien spirituel sur lequel s’appuient nombre de jeunes femmes haïtiennes ne puisse pas totalement se substituer à l’occupation de leur esprit par des pensées négatives.

Effet, lors des entretiens individuels, nos deux participantes nous ont confié avoir fait l’expérience de telles pensées durant leur grossesse en raison des circonstances ayant entouré cette dernière, en particulier en ce qui a trait aux conflits familiaux (teintés de violence) :

J’avais l’habitude de penser… de penser tellement que j’en avais des maux de tête [pleurs] (Marika).
Je me dis que c’est à cause de ce qu’ils m’ont fait que je continue à souffrir. Je pense souvent à ce que j’ai enduré (Mirlyn).

Dans le cas de Mirlyn, ces pensées ont évoluées jusqu’à lui donner le désir de mourir :

Je pensais à plein de choses dans ma tête (voix tremblante) et parfois… je me disais que j’avais envie de me suicider…

Malgré toute l’ampleur de leur souffrance, nos participantes nous ont confié avoir choisi de garder celle-ci pour elles, d’une part afin d’éviter de revivre du rejet de la part de leur famille et d’autre part par peur de l’indiscrétion du voisinage propre aux petites communautés :

Je ne voulais pas que les gens soient au courant de mes affaires. Je le gardais pour moi. Il y a des fois où je n’avais rien et où je restais là à souffrir… mais je ne le disais pas c’était personnel à moi. Parce que je sais qu’une fois que je l’aurais dit, ils auraient été le vendre dehors…(Mirlyn)
Je ne voulais pas en parler à qui que ce soit, pas même à mes propres gens. Parce que… si je leur avais dit, ils m’auraient insultée (Mirlyn).

La maternité en situation de précarité: une expérience singulière

Même si elle s’inscrit dans un contexte similaire de précarité, l’expérience de la maternité se vit de manière singulière (et parfois paradoxale) chez les jeunes mères haïtiennes que nous avons rencontrées, tout en donnant lieu à des liens d’attachement fort différents d’une dyade mère-enfant à une autre.

Ainsi, nous avons pu constater, à travers nos entretiens de groupes ainsi que par l’observation à domicile effectuée chez Marika, que certaines nouvelles mères, bien que leur grossesse ne fût pas planifiée, témoignaient d’un important investissement de leur enfant. Chez Marika en particulier, nous avons relevé des indicateurs de cet investissement, soit une réponse adéquate par celle-ci aux besoins de son enfant, notamment sur les plans affectifs, de la nourriture, de la communication ainsi que de l’intérêt du jeu. Nous avons également noté chez cette nouvelle mère la présence d’un sentiment de fierté par rapport à son nouveau rôle. Paradoxalement, cet investissement affectif évident était associé à un certain désinvestissement physique : l’enfant présentait des signes de négligence au niveau des soins physiques.

À l’inverse, selon nos entretiens de groupes et par l’observation à domicile effectuée cette fois chez Mirlyn, nous avons pu constater que certaines mères vivaient beaucoup d’ambivalence dans le lien affectif avec leur enfant :

On dirait que je l’aime beaucoup… je la trouve très intéressante. Je l’aime beaucoup. Mais parfois… il m’arrive de dire que je vais la donner (Mirlyn).
Chez Mirlyn, ce sentiment ambivalent envers son enfant apparaît à relier à sa propre ambivalence relative au statut de mère : elle-même se mettant en posture d’enfant nécessitant d’être prise en charge – ce qui nous semble cohérent avec la grande dépendance de ces jeunes mères évoquées ci-dessus :

Si une personne prend ma fille, elle va me prendre en même temps!

Pour cette nouvelle mère, la grossesse est d’ailleurs évoquée avec une connotation particulièrement négative, en tant que «malheur», (terme utilisé à plusieurs reprises) ou en tant qu’«erreur» :

Comme les adultes disent : « lè malè a rive li pa gen klakson » (un malheur ne nous prévient pas avant d’arriver).

Cette erreur ne pourra jamais être réparée (Mirlyn).

Ça m’a donné encore plus de problèmes… parce que je n’ai personne pour m’appuyer ça me donne plus de problèmes (Mirlyn).
De fait, l’enfant est alors associé à une augmentation de la souffrance et des difficultés, en plus de représenter un obstacle à la réalisation du rêve de terminer les études. Ici se rejoignent les idéaux des jeunes mères et ceux de leurs parents, chez qui l’ont peut déceler la valeur importante accordée aux études en tant que voie d’accès vers un avenir meilleur – d’où la réaction importante (violence, rejet) associée à l’annonce de la grossesse, telle que décrite ci-dessus.

Au plan psychique, nous avons d’ailleurs noté chez Mirlyn un profond désinvestissement par rapport à sa progéniture. En effet, cette nouvelle mère démontrait une attitude détachée en présence de ce dernier ainsi qu’une absence de réponse à ses besoins primaires, d’ordres affectifs, nutritifs et même de sécurité (la mère tenant entre autres l’enfant de manière non sécuritaire). Son enfant, quant à lui, avait un regard absent et ne semblait pas réagir aux interactions.

Paradoxalement, Mirlyn, dévoilait par moments une représentation positive de sa maternité. Par exemple, elle a mentionné que son enfant suscitait sa curiosité, qu’il constituait pour elle une motivation à rester en vie (particulièrement par peur d’une répétition), et qu’il lui arrivait de ressentir une forme d’apaisement lorsqu’elle se trouvait en sa présence, en plus d’éprouver un sentiment de fierté par rapport à son rôle de mère :

Je dis toujours au Bon Dieu : « ne me laisse pas mourir maintenant parce que je ne veux pas laisser l’enfant ». Parce qu’avec toute la misère que j’ai passée… je n’ai pas envie qu’elle vive cela. […] S’il m’arrivait de mourir… quelle que soit la souffrance qu’elle pourrait vivre, je viendrais la chercher aussi.
Ici, nous pouvons penser que cet intérêt paradoxal qu’a la mère pour son enfant a pu être développé (ou augmenté) par l’intervention offerte par GROSAME, ce qui constitue un apport considérable de l’organisme.

Les services de GROSAME : une expérience signifiante pour les nouvelles mères

Pour les nouvelles mères, les formations offertes par GROSAME représentent d’abord un lieu d’apprentissage et de compréhension par rapport à l’éducation et la santé de leur enfant leur permettant de bien pouvoir élever ce dernier, une représentation qui concorde par ailleurs avec les objectifs explicites du programme :

Qu’est-ce qui m’a décidée à suivre les formations? Parce que j’ai un enfant. Je voulais pouvoir bien élever mon enfant (Marika).

Ainsi, les formations de compétences parentales représentent, pour ces utilisatrices, une alternative à l’éducation «archaïque» qu’elles disent avoir reçue de la part de leurs propres parents :

La formation que je reçois ici est nettement différente de ce que j’ai reçu comme éducation de la part de mes parents (Focus Group).

Pour moi GROSAME est utile. Avant, les familles avaient l’habitude d’entretenir une série de pratiques archaïques lorsqu’elles avaient leur premier enfant. Comment réagir avec l’enfant, quoi lui donner… une série de choses qui n’étaient pas bonnes. Et par rapport aux formations, on a appris que ces choses-là n’étaient pas bonnes du tout, pas bonnes pour la santé de l’enfant (Focus Group).

S’ils [mes parents] m’avaient donné des conseils pour l’éducation de mon enfant, son éducation aurait été pire qu’elle ne l’est. Parce qu’à mon avis ils ne savent pas comment éduquer un enfant, ils n’ont pas d’éducation eux-mêmes (Focus Group).
Par leur discours, nous pouvons relever chez les nouvelles mères la présence d’une opposition entre des parents décriés et des aidants idéalisés. De fait, les formations dispensées par GROSAME représentent, pour ces jeunes mères, l’occasion de répondre au désir d’une coupure avec les anciennes méthodes éducatives et sanitaires et de soutenir la confiance envers les professionnels de la santé :

Je ne laisse même pas l’enfant aller chez eux. Ce n’est pas bon (Focus Group).

Je ne suis aucun conseil des vieux. Il ne faut pas écouter ce que les anciens parents disent (Focus Group).

On sait qu’il faut amener l’enfant à l’hôpital lorsque quelque chose ne va pas pour comprendre ce qu’il a (Focus Group).

En tant que lieu de médiation et d’aide à la résolution de conflits, GROSAME représente également, pour les nouvelles mères, un espace valorisant l’harmonie on sein de la famille :

Ce qui m’intéresse le plus dans les formations, c’est d’apprendre à gérer une famille pour ne pas qu’elle se dégrade (Focus Group).

Il y avait des gens qui allaient divorcer… ils sont venus à GROSAME… on les a pris à part pour parler avec eux et on a fait de la médiation (Focus Group).

Depuis que j’ai suivi la formation j’écoute ce que la personne a à me dire… si la personne est en colère, j’attends qu’elle finisse de parler. Je lui parle ensuite et puis ça s’arrange (Focus Group).

À travers les apprentissages sur la résolution des conflits familiaux se discerne une insistance particulière sur le rôle essentiel des femmes dans la cohésion familiale, et ce, malgré le poids que peut constituer la situation économique précaire. S’il s’agit ici de protéger les enfants de l’exposition aux conflits (parfois violents) conjugaux, reste que cette place prépondérante accordée aux mères peut s’avérer contraignante, et difficilement compatible avec la visée d’émancipation de ces mères que nous avons vues être particulièrement susceptibles de se retrouver en situation de grande dépendance, notamment envers leurs conjoints :

En tant que femme tu es obligée d’être tempérée. Si… alors qu’il s’énerve, tu t’énerves aussi… cela va mener à une bagarre… et par respect pour les enfants… tu n’es pas sensée lui répondre lorsqu’il y a un enfant dans la maison (Focus Group).

Tu dois te rappeler que c’est par amour que tu t’es mariée avec lui. Tu n’es pas sensée laisser l’argent dégrader une famille (Focus Group).

Du reste, GROSAME représente une ressource d’aide et de support pour la mère en situation de monoparentalité. Non seulement les intervenants sont-ils alors considérés comme des soutiens importants, mais également, le fait d’y rencontrer d’autres jeunes mères primipares ayant des parcours semblables donne l’occasion à celles-ci de réaliser qu’elles ne sont pas seules à vivre cette situation ce qui contribue à la diminution de leur sentiment d’isolement et de marginalité:

Ça veut dire qu’il y a quelqu’un [l’intervenante] pour t’aider à t’occuper de l’enfant, à veiller sur l’enfant (Focus Group).
De plus, les services aux nouvelles mères auraient un impact non négligeable sur la santé mentale des utilisatrices. Ainsi, depuis qu’elles fréquentent GROSAME, les nouvelles mères ont remarqué chez elles plusieurs changements positifs dont une atténuation des pensées négatives, l’acquisition de connaissances sur la santé mentale ainsi qu’une meilleure compréhension d’elles-mêmes :

Avec la formation… les choses auxquelles j’avais l’habitude de penser se sont un peu écartées, tout ça (Mirlyn).

J’avais l’intention de me faire du mal… c’est grâce à ce que j’ai appris à GROSAME que ces intentions-là ne sont plus dans ma tête (Mirlyn).

GROSAME fait en sorte que je me comprenne mieux aussi (Marika).

On en apprend sur notre vie, sur notre santé aussi… (Focus Group)

Lorsqu’on se laisse submerger par nos problèmes on ne peut pas jouir de notre enfant (Focus Group).

GROSAME nous aide à apprendre à nous occuper de nous-mêmes, pour pouvoir nous occuper de l’enfant (Focus Group).
En plus de ces changements observés chez les mères, les formations offertes par GROSAME ont mené, de façon générale, à l’établissement, l’amélioration ou la consolidation du lien affectif mère-enfant. En effet, les informations reçues par les nouvelles mères lors des formations de compétences parentales ont d’abord amené ces dernières à avoir une meilleure compréhension de leur enfant et des besoins de celui-ci :

Il faut que tu donnes à l’enfant son espace… je ne savais pas ça… depuis que je suis la formation, je le laisse respirer (Focus Group).

GROSAME a fait en sorte que je comprenne mieux les enfants. J’apprends à demander : « qu’est-ce que tu as? » (Focus Group).

On a appris plein de choses… l’enfant a besoin d’aller à l’école… d’être amené à l’hôpital… d’un logement… de nourriture. […] il ne faut pas laisser l’enfant à lui-même. […] Il faut veiller à sa propreté et à son éducation (Focus Group).

Des fois… lorsque l’enfant fait quelque chose de mauvais, c’est parce qu’il n’a pas le soutien de ses parents. Qu’il ne reçoit pas d’affection de la part de ses parents ou qu’il se sent seul (Focus Group).

Il ne faut pas que les parents se disputent tout le temps… pour ne pas que l’enfant ait à entendre de mauvais mots (Focus Group).

Les enfants ne sont pas des esclaves ils méritent d’être traités comme des enfants (Focus Group).

Lorsqu’on parle avec lui il se peut qu’il ne nous comprenne pas bien… il se peut qu’il ait un problème au cerveau… (Focus Group).

De plus, les formations dispensées par GROSAME ont mené à une diminution de la violence physique et verbale perpétrée auparavant par les mères envers leur enfant et à envisager d’autres méthodes éducatives :

Avant je lui donnais un coup et il tombait. Maintenant je lui donne des punitions… je peux le mettre à genoux à la place ou l’asseoir dans un coin (Focus Group).

Avant ma mère avait l’habitude de m’insulter… depuis que nous avons suivi les formations avec Miss Livrance elle ne m’insulte plus. Les formations nous ont fait mieux nous comprendre (Focus Group).

En parallèle, on relève une augmentation des réponses affectives de la part des nouvelles mères envers leur enfant depuis le début de leur participation aux formations :

J’avais l’habitude de lui donner de gros coups. Mais depuis je suis la formation… s’il pleure, je le prends et je le caresse (Focus Group).

J’ai plus de souplesse, de patience et de tolérance (Focus Group)
Ces nouvelles attitudes maternelles moduleraient et consolideraient le lien mère-enfant, tel qu’en témoignent les observations par les mères des conduites infantiles.

Lorsqu’il a faim, c’est vers moi qu’il vient. Même lorsque son père est là, c’est vers moi qu’il vient (Focus Group).

Après que tu aies suivi les formations, tu vois que ton enfant s’améliore. Il ne te cause plus autant de problèmes (Focus Group).

Il semble qu’un apport fondamental des formations offertes par GROSAME consiste en la valorisation de la maternité : « GROSAME me fait sentir fière » dira Marika. Cette valorisation pourrait être liée non seulement au soutien des intervenants, mais aussi à celui des pairs, et surtout, à l’encadrement offert en termes de soins et d’éducation à apporter à l’enfant. Les formations semblent, en outre, proposer à ces mères un nouveau regard à jeter sur leur progéniture, par une compréhension des besoins, et plus généralement, de cet être à part entière que constitue leur enfant. De fait, les services de GROSAME auraient contribué, chez la presque totalité des nouvelles mères (à l’exception d’une dont l’enfant n’était pas encore né et que le conjoint (père de l’enfant à venir) venait de quitter), au développement de sentiments positifs envers leur enfant :

J’en suis venue à aimer mon enfant plus (Focus Group).

Ce sont les formations qui m’ont amenée à être plus attachée à lui. Je suis devenue plus habituée à lui aussi (Focus Group).

Il est très intéressant... il rit il est très intéressant… (Focus Group).

Il est à noter que cet apport essentiel demeure pourtant en filigrane de l’intervention offerte. De fait, celui-ci constitue un effet bénéfique de l’intervention n’ayant pas été annoncé comme tel, ni par le descriptif de l’intervention offerte ni par le témoignage à distance des intervenants.

Parallèlement à la valorisation de la maternité, l’on retrouve au sein des formations offertes par GROSAME un aspect se rapportant à la prévention de nouvelles grossesses :

Les services de GROSAME informent plein de jeunes mamans pour les aider à développer leurs esprits […] même si elles voulaient avoir un deuxième enfant, pour ne pas qu’elles le fassent trop vite (Focus Group).

Au plus proche de l’objectif général de l’organisme, les jeunes mères ont su confirmer combien l’ensemble des services dispensés par GROSAME ont un rôle important à jouer dans la promotion, l’intervention, et la prévention au plan de la santé mentale. Comme l’explique Mirlyn,

Si une personne a des problèmes de santé mentale, GROSAME est là pour ça. Parce qu’il faut de l’argent pour aller voir un psychologue… ici ils le font gratuitement. Quand tu vois que tes problèmes viennent envahir ton esprit, tu viens ici.

Avant je pensais que quelqu’un qui avait des problèmes de santé mentale était fou. Mais ils m’ont dit que plusieurs choses pouvaient faire en sorte qu’on ait un problème de santé mentale. Par exemple le fait de ne pas avoir de travail… ton foyer… ton mari aussi… ton enfant… (Focus Group)

Ce ne sont pas toutes les personnes qui ont les mêmes capacités (Mirlyn).

Bien que les techniques d’intervention, de promotion et de prévention utilisées auprès des nouvelles mères aient une importance considérable en ce qui concerne l’atteinte des objectifs du projet, plus importante encore est la qualité de la relation thérapeutique entre les intervenants et les nouvelles mères.
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