Programme d’Éducation préscolaire et enseignement primaire








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Université du Québec à Montréal

PROGRAMME D’ÉDUCATION PRÉSCOLAIRE ET ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

TP 3 : Texte argumentatif

Travail remis à

Monsieur Jean-robin April

Dans le cadre du cours

DDM-3551 groupe 01

Activité intégratrice de développement critique

PAR

Marie-Claude Marchand

MARM 0754 8106
Mardi, 10 février 2015

L’école québécoise se veut d’être un lieu où l’on forme les générations futures de citoyens responsables, actifs et démocratiques. Pour y arriver, le Programme de Formation de l’École Québécoise s’est doté de trois missions éducatives : instruire, socialiser et qualifier. Pour répondre à ce mandant, les enseignants ont recours à diverses pratiques pédagogiques1. L’une d’elles, les devoirs, fait cycliquement l’objet de remise en question11. Le présent texte a pour objectif de présenter les arguments en faveur et en désaccord avec la pratique des devoirs.

Tout d’abord, sous l’influence du courant béhavioriste, les enseignants ont commencé à donner des devoirs au début du XXe siècle parce qu’ils croyaient que la pratique répétitive améliorait l’apprentissage et favorisait la discipline. Depuis, trois cycles changeants du pour au contre et du contre au pour ont eu lieu dans l’histoire. Notamment, l’avancée technologique des Russes vers 1950 a très certainement contribué à rehausser la pratique des travaux à la maison tandis que le courant humaniste des années 1960 l’a réduite puisque les pédagogues de cette époque disaient qu’elle ne répondait pas aux réels besoins des enfants11. Au Québec, depuis l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail, le débat est relancé2. De plus, étant donné que la Loi sur l’Instruction Publique confère aux enseignants une autonomie professionnelle quant aux modalités pédagogiques à prendre, il n’est pas étonnant de voir autant de pratiques diverses en matière de devoirs3. Cette latitude ouvre, une fois de plus, la réflexion concernant la pratique des devoirs à la maison.

Ensuite, si l’on veut débattre de ce sujet, il est primordial d’utiliser les mêmes définitions. Premièrement, dans presque toutes les études, le mot devoir inclut autant le travail écrit (« Travaux que l’élève doit exécuter en dehors de l’horaire régulier de l’école dans le but d’approfondir et de consolider les apprentissages récents »4) que les leçons2 (« Matière donnée à apprendre aux élèves en vue d’une classe ou d’un cours ultérieur. »4). Selon l’enquête de Cameron et Bartel menée en 2008 en Ontario, il existe quatre types de devoirs : 1) ceux qui complètent le travail débuté en classe; 2) ceux qui offrent une répétition d’exercices; 3) ceux qui préparent à une leçon ou à un examen et; 4) ceux qui approfondissent la matière sous forme de projet17. Pour terminer, il est primordial de mentionner une fois de plus que les devoirs relèvent d’une pratique professionnelle personnelle et qu’ils peuvent par conséquent varier selon leur quantité, leur degré de difficulté, leur but ou leur degré de différenciation2.

D’un côté, les enseignants qui approuvent cette pratique, 99% des enseignants donnent des devoirs2, mettent en valeur une meilleure rétention, compréhension et conceptualisation des savoirs et des résultats scolaires supérieurs. De plus, des effets extrascolaires sont attendus tels qu’une plus grande capacité d’organisation et de discipline personnelle, un meilleur sens de l’autonomie et de la responsabilisation, un meilleur développement des habitudes de travail ainsi qu’une gestion efficace du temps2,8,9,19. Selon une recherche de Mme Rollande Deslandes, chercheuse émérite du Québec s’intéressant au lien école-famille, 81% des parents croient en la pertinence et en l’utilité des devoirs12. Doyon, pour sa part, indique que 67% des parents seraient en désaccord avec l’abolition des devoirs15. Ces travaux à la maison permettraient de renforcer le lien entre l’école et la famille. La question de l’engagement familial est essentielle en matière de réussite scolaire puisque Desforges et Abouchaar, entre autres, ont démontré que le prédicteur principal de cette réussite était la présence de discussion au sujet de l’école entre les parents et leurs enfants14. Roch Chouinard, professeur à l’UdeM se consacrant principalement à la motivation scolaire, rapporte dans une revue de littérature le constat de l’étude de Corno: « Les meilleurs enseignants donnent des devoirs régulièrement. La recherche indique que les bons enseignants ajustent leur pratique selon les besoins et les capacités de leurs élèves plutôt que de s’en remettre à un calendrier rigide. »13 On y révèle aussi que c’est l’effort et l’engagement métacognitif qui doivent être visés en matière de travail à la maison de même que la réorganisation des connaissances et leur réutilisation dans un nouveau contexte afin d’être efficace11,13. Ces faits appuient l’une des recommandations du CSÉ de même que l’une des conclusions de la métaanalyse de Cooper : les devoirs ont un effet positif sur l’apprentissage lorsqu’ils sont différenciés selon les besoins des élèves et que le temps de travail ne dépasse pas 10 minutes par tranche de scolarité (ex. : 20 minutes en 2e année)2,10.

D’un autre côté, le Conseil Canadien sur l’Apprentissage (CCA) démontre dans son enquête que 72% des parents trouvent que les devoirs sont une source de stress et de tension familiale18. Ceci peut se justifier par la faible proportion de parents (50%) se disant aptes à soutenir leur enfant dans leur tâche scolaire18, par la présence majoritaire des familles où les deux parents travaillent (76,5%)20, par l’augmentation des familles monoparentales20 et par la forte présence des activités parascolaires6,7,10. Ce manque d’aide se traduit par une iniquité des chances de réussite : ce que l’école se doit à tout prix d’éviter2,3,5. D’ailleurs, selon une étude de Goupil, Comeau et Doré de 1997, auprès des jeunes recevant des services d’orthopédagogie, 71,8% des enfants disaient que les devoirs leur faisaient moins aimer l’école16. Ce constat est aussi soutenu par une enquête menée auprès de décrocheurs qui indique que l’une des principales raisons d’abandon de l’école était la réalisation obligatoire des devoirs11. Les enseignants ayant aboli cette pratique se réfèrent non seulement à la famille, mais aussi à la conclusion de la méta-analyse de Cooper : il ne semble pas que les devoirs au primaire augmentent les résultats scolaires. Les hypothèses émises par Cooper pour soutenir ce résultat sont que les jeunes de 6 à 12 ans ont une capacité d’attention et de concentration moins grande et qu’ils ont des habitudes de travail moins efficaces10. L’autre argument majeur donné par les enseignants en faveur de l’abolition des devoirs est la libération de plusieurs minutes d’enseignement autrefois données à la planification, l’explication, la correction et la rétroaction des devoirs6,7. Il est finalement intéressant de noter que la France, dans une loi de 1956 réitérée en 1994, a interdit les devoirs écrits afin de ne pas alourdir les journées des enfants2.

En conclusion, en me basant sur mes lectures et mes expériences personnelles, je suis en faveur de l’abolition des travaux à la maison. Toutefois, j’appuie fermement la lecture en dehors des heures scolaires et la communication efficace et fréquente entre les parents et l’école. Le lien famille-école doit être au cœur de nos préoccupations d’enseignant, mais il peut certainement se créer autrement qu’autour d’une feuille polycopiée d’exercices répétitifs.

RÉFÉRENCES :

Documents ministériels

1. Ministère de l’Éducation. (2001). Programme de formation de l’école québécoise. Québec : Gouvernement du Québec.

2. Conseil Supérieur de l’Éducation. (Mars 2010). Pour soutenir une réflexion sur les devoirs. En ligne < http://www.cse.gouv.qc.ca/fichiers/documents/publications/Avis/50-0467.pdf >. Consulté le 8 février 2015.

3. Gouvernement du Québec. (Mise à jour le 1er février 2015). Loi sur l’Instruction Publique. En ligne < http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/I_13_3/I13_3.html >. Consulté le 6 février 2015.

Ouvrages de références

4. Legendre, Renald. (2005). Dictionnaire actuel de l’éducation. Montréal : 3e Éd. Guérin.

Monographies

5. Collectif d’auteurs. (2011). Manifeste pour une école compétente. Québec : Éd. Presses de l’Université du Québec.

Articles de journaux

6. Mario Asselin. (25 mai 2014). « Pourquoi faudrait-il renoncer aux devoirs et aux leçons? » Journal de Montréal. En ligne < http://www.journaldemontreal.com/2014/05/25/pourquoi-faudrait-il-renoncer-aux-devoirs-et-aux-lecons >. Consulté le 9 février 2015.

7. Daphnée Dion-Viens. (20 septembre 2014). « Abolir les devoirs pour mieux réussir ». La Presse. En ligne < http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/education/201409/20/01-4801957-abolir-les-devoirs-pour-mieux-reussir.php >. Consulté le 6 février 2015.

8. Daphnée Dion-Viens. (31 mai 2014). « Pas de devoirs? Pas question! ». La Presse. En ligne < http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/education/201405/30/01-4771504-pas-de-devoirs-pas-question.php >. Consulté le 4 février 2015.

9. Stéphane Laporte. (7 septembre 2014). « Les devoirs ». La Presse. En ligne < http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/education/201405/30/01-4771504-pas-de-devoirs-pas-question.php >. Consulté le 4 février 2015.

Articles scientifiques

10. Cooper, H., J. C. Robinson et E. A. Patall. « Does homework improve academic achievement? A synthesis of research, 1987–2003 », Review of Educational Research, vol. 76, no 1, 2006.

11. Roch Chouinard, Jean Archambault et Andréane Rheault. « Les devoirs, corvée inutile ou élément essentiel de la réussite scolaire ? », Revue des sciences de l'éducation, vol. 32, n° 2, 2006, p. 307-324. En ligne < http://www.erudit.org/revue/rse/2006/v32/n2/014410ar.pdf >. Consulté le 3 février 2015.

12. Rolande Deslandes. « Regard parental sur les devoirs et les leçons en fonction des caractéristiques familiales et du rendement de l’élève ». Canadian Journal of Education, 31, 4 (2008): 836‐860. En ligne < http://www.csse-scee.ca/CJE/Articles/FullText/CJE31-4/CJE31-4-DeslandesEtAl.pdf >. Consulté le 10 février 2015.

13. Corno, Lyn (1996). “Homework is a Complicated Thing”. Educational Researcher, vol. 25, no. 8, p. 27-30.

14. Desforges, Charles and Alberto Abouchaar (2003). The Impact of Parental Involvement, Parental upport and Family Education on Pupil Achievement and Adjustment: A Literature Review. Research report RR433. London, U.K.: Department for Education and Skills, 108 p. En ligne < http://bgfl.org/bgfl/custom/files_uploaded/uploaded_resources/18617/desforges.pdf >. Consulté le 5 février 2015.

15. Doyon, Marcel (1994). « Devoirs et leçons à la maison ». Dans Jean-Pierre Proulx. Opinéduq. Éd. 2006.

Montréal : Labriprof-CRIFPE, Université de Montréal.

16. Goupil, Georgette, Michelle Comeau et Catherine Doré (1997). « Les devoirs et les leçons : perceptions

d’élèves recevant les services orthopédagogiques ». Éducation et francophonie, vol. 25, no 2, automne-hiver.

17. Cameron, Linda and Lee Bartel (2008). Homework Realities: A Canadian Study of Parental Opinions

and Attitudes. Toronto: Cameron & Associates Inc., 65 p.

Sites web

18. Conseil Canadien sur l’Apprentissage. (mai 2009). Les devoirs contribuent à la réussite, la plupart du temps. < http://www.ccl-cca.ca/CCL/Reports/LessonsInLearning/LinL200900430Homework-2.html >. Consulté le 6 février 2015.

19. CRÉPAS. Les devoirs et les leçons : est-ce important? En ligne < http://www.crepas.qc.ca/chroniques/page/2/d-52-les_devoirs_et_le%E7on >. Consulté le 5 février 2015.

20. Institut de la statistique du Québec (2009). Le marché du travail et les parents. Québec : L’Institut, 59

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