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veto impertinent suffirait à arrêter le développement logique de ce mouvement et à le pousser dans l’illogisme. Or il est absurde et inexact de prétendre que le mouvement syndical est, par sa nature même, destructeur de l’idée de patrie. Bien au contraire. Si l’activité syndicale se donne comme but d’élever le niveau social d’une classe qui est un des piliers de la nation, non seulement elle n’agit pas contre la patrie et l’État, mais encore son action est nationale au meilleur sens de ce mot. Contribuant à créer les conditions sociales hors desquelles on ne saurait songer à une éducation nationale commune, elle mérite bien de la patrie. De même, lorsque s’attaquant aux causes physiques et morales de la misère du peuple, elle le guérit de ses plaies sociales et le ramène à la santé.

Il est donc superflu de se demander si l’activité syndicale est indispensable.

Tant qu’il y aura des employeurs dénués de compréhension sociale ou n’ayant pas le sentiment du droit et de la justice, leurs employés, partie intégrante de notre peuple, auront le droit et le devoir de défendre les intérêts de la communauté contre l’avidité ou la déraison d’un seul ; car sauvegarder la fidélité et la confiance chez le peuple, c’est agir dans l’intérêt de la nation, tout comme sauvegarder sa santé.

Lorsque d’indignes entrepreneurs se sentent étrangers à la communauté nationale et menacent la santé physique et morale d’une classe, leur avidité ou leur insouciance ont une action néfaste sur l’avenir du pays.

Éliminer les causes d’une telle évolution, c’est certainement bien mériter de la nation.

Que l’on ne dise pas à ce propos que chacun est libre de tirer les conséquences des injustices réelles ou imaginaires dont il se croit victime. Non : il n’y a là qu’une ruse de guerre pour détourner l’attention. Est-il, oui ou non, d’intérêt national de détruire tout ce qui vient se mettre en travers de la vie sociale ? Si c’est oui, il faut combattre avec les armes qui assureront le succès. Or, un ouvrier isolé n’est jamais en mesure de faire obstacle à la puissance d’un gros employeur ; la question n’est pas, en effet, de faire triompher le bon droit, car si celui-ci était reconnu, il n’y aurait ni causes de conflit, ni conflit : le sentiment du droit y aurait déjà loyalement mis un terme, ou mieux encore, le conflit n’aurait jamais pris naissance. Alors il n’y a plus qu’à être le plus fort. Lorsque des hommes sont traités indignement, ou en méconnaissance des lois sociales, et que la résistance apparaît de ce fait nécessaire, tant que des lois et des juges n’auront pas été institués pour mettre un terme aux injustices, la force seule décidera des conflits. Mais il est évident qu’une multitude d’employés doit se grouper et se donner comme représentant un individu déterminé, pour conserver quelques chances de succès contre l’individu qui incarne à lui seul la puissance de l’entreprise.

Ainsi l’organisation syndicale peut introduire dans la vie courante un surcroît de sens social avec toutes ses conséquences pratiques. Elle peut, par suite, supprimer les points de friction qui provoquent des sujets de mécontentement et des plaintes, toujours les mêmes.

S’il n’en est pas ainsi, il faut en attribuer en grande partie la responsabilité à ceux qui savent barrer la route aux lois de réforme sociale, ou qui les rendent inopérantes grâce à leur influence politique.

Et, plus la bourgeoisie politique ignorait ou voulait ignorer l’importance de l’organisation syndicale, plus elle se raidissait dans sa résistance, plus la Social-Démocratie fit sien le mouvement combattu.

Avec prévoyance, elle s’en fit une plateforme solide qui la soutint bien souvent aux heures critiques.

Toutefois, le but profond du mouvement disparut peu à peu pour faire place à de nouveaux objectifs. Car la Social-Démocratie ne s’attacha jamais à conserver le programme initial du mouvement corporatif qu’elle avait absorbé.

On peut même affirmer que ce fut toujours le moindre de ses soucis.

En quelques dizaines d’années, toutes les forces créées en vue de la défense de droits sociaux furent appliquées, dès qu’elles tombèrent entre les mains expertes de la Social-Démocratie, à consommer la ruine de l’économie nationale. Les intérêts des ouvriers, on ne s’en embarrassait plus : car l’emploi de moyens de coercition d’ordre économique permet toutes les exactions, même d’ordre politique, pourvu seulement qu’il y ait autant d’ignorance d’un côté, que de stupide résignation grégaire de l’autre.

Et c’était justement le cas.

* * *

C’est vers la fin du siècle dernier que le mouvement syndical a commencé à se détourner de ses buts primitifs. D’année en année, il s’était de plus en plus engagé dans le cercle maudit de la politique social-démocratique, pour ne plus servir, finalement, que de moyen de pression dans la lutte des classes. Une fois qu’il aurait ruiné, par ses coups répétés, tout l’édifice économique péniblement constitué, il deviendrait facile de réserver le même sort à l’édifice de l’État, désormais privé de ses fondations économiques. Le parti s’intéressait de moins en moins aux besoins réels de la classe ouvrière, lorsqu’un jour il lui apparut que, pour sa politique, il n’était en somme nullement souhaitable que les misères de la masse du peuple fussent soulagées : car, une fois ses désirs satisfaits, il se pourrait fort bien que cette masse cessât d’être une troupe de combat éternellement et aveuglément dévouée.

Cette perspective, qu’ils pressentaient lourde d’orages, inspira aux dirigeants de la lutte des classes une telle frayeur qu’ils en arrivaient à repousser en sous-main des améliorations sociales vraiment fécondes et même à prendre délibérément position contre elles.

Ils ne se mettaient d’ailleurs pas en peine de justifier une attitude aussi incompréhensible.

Plus le flot des revendications montait, plus leur chance d’être satisfaites devenait insignifiante, mais on pouvait du moins expliquer à la classe ouvrière qu’en ne donnant satisfaction que d’une manière ridicule à ses droits les plus sacrés, on ne visait diaboliquement qu’à affaiblir sa puissance de combat et, si possible, à la paralyser. On ne s’étonnera pas du succès de ces allégations sur une masse incapable de toute sérieuse réflexion.

Le camp bourgeois s’indignait de la mauvaise foi manifeste de cette tactique social-démocratique, mais n’en déduisait pour lui-même aucune ligne de conduite. La peur même qu’avait la Social-Démocratie de soulager effectivement la classe ouvrière de sa misère profonde, aurait dû précisément décider la bourgeoisie aux efforts les plus énergiques dans ce sens, afin d’arracher aux partisans de la lutte des classes l’arme dont ils se servaient.

Mais elle n’en fit rien.

Au lieu d’attaquer les positions adverses, elle se laissa elle-même presser et enserrer ; elle appela ensuite à son aide des moyens si tardifs et si insignifiants qu’ils demeurèrent complètement inefficaces et purent être mis facilement hors de cause. Tout demeura comme avant ; seul le mécontentement avait augmenté.

Le « syndicat libre » pesa désormais ainsi qu’une menace d’orage sur l’horizon politique comme sur la vie de chacun.

Il devint un des plus redoutables instruments de terreur contre la sécurité et l’indépendance de l’économie nationale, contre la solidité de l’État et contre la liberté individuelle.

C’était surtout le « syndicat libre » qui résumait la notion de démocratie en une phrase ridicule et odieuse, qui insultait à la liberté et stigmatisait la fraternité de cette inoubliable façon : « Si tu n’es pas un camarade, on te brisera le crâne. »

C’est ainsi que je fis alors la connaissance de cette amie de l’humanité. Dans les années qui suivirent, ma conception s’amplifia et s’approfondit, mais je n’eus rien à y changer.

* * *

Mieux j’arrivais à discerner les dehors de la Social-Démocratie, plus je souhaitais découvrir le fond de cette doctrine.

La littérature officielle du parti ne pouvait m’être à cet égard d’une grande utilité. Quand elle s’occupe de questions économiques, ses affirmations et les preuves qu’elle en donne sont fausses ; quand elle traite de buts politiques, elle manque de sincérité. En outre, son esprit de chicane, revêtu d’une forme moderne, et la façon dont les arguments étaient présentés m’inspiraient une profonde répugnance. Ses phrases d’un style bégayant, cousues de termes obscurs ou incompréhensibles, ont la prétention de renfermer des pensées profondes, mais n’en contiennent aucune. Il faut être un de ces bohêmes décadents de nos grandes villes pour se sentir à l’aise et comme chez soi dans ce labyrinthe où se perd la raison et pêcher dans ce fumier de dadaïsme littéraire des impressions intimes ; ces écrivains spéculent manifestement sur l’humilité proverbiale d’une partie de notre peuple, qui croit toujours découvrir dans ce qu’elle comprend le moins des vérités d’autant plus rares.

En confrontant la fausseté et l’absurdité de cette doctrine au point de vue théorique, et la réalité de ses manifestations, je me fis peu à peu une idée claire du but caché où elle tendait.

Alors des pressentiments inquiétants et une crainte pénible s’emparèrent de moi. Je me trouvais en présence d’une doctrine inspirée par l’égoïsme et la haine, calculée pour remporter mathématiquement la victoire, mais dont le triomphe devait porter à l’humanité un coup mortel.

J’avais entre temps découvert les rapports existant entre cette doctrine destructrice et le caractère spécifique d’un peuple qui m’était resté jusqu’alors pour ainsi dire inconnu.

Seule, la connaissance de ce que sont les Juifs donne la clef des buts dissimulés, donc réellement poursuivis par la Social-Démocratie.

Connaître ce peuple, c’est ôter le bandeau d’idées fausses qui nous aveugle sur les buts et les intentions de ce parti ; à travers ses déclamations nébuleuses et embrouillées sur la question sociale, on voit poindre la figure grotesque et grimaçante du marxisme.

* * *

Il me serait difficile aujourd’hui, sinon impossible, de dire à quelle époque le nom de Juif éveilla pour la première fois en moi des idées particulières. Je ne me souviens pas d’avoir entendu prononcer ce mot dans la maison paternelle du vivant de mon père. Je crois que ce digne homme aurait considéré comme arriérés des gens qui auraient prononcé ce nom sur un certain ton. Il avait, au cours de sa vie, fini par incliner à un cosmopolitisme plus ou moins déclaré qui, non seulement avait pu s’imposer à son esprit malgré ses convictions nationales très fermes, mais avait déteint sur moi.

À l’école, rien ne me conduisit à modifier les idées prises à la maison.

À la Realschule je fis bien la connaissance d’un jeune Juif avec lequel nous nous tenions tous sur nos gardes, mais simplement parce que différents incidents nous avaient amenés à n’avoir dans sa discrétion qu’une confiance très limitée. D’ailleurs, ni mes camarades, ni moi, nous ne tirâmes de ce fait des conclusions particulières.

Ce fut seulement quand j’eus quatorze ou quinze ans que je tombai fréquemment sur le mot de Juif, surtout quand on causait politique. Ces propos m’inspiraient une légère aversion et je ne pouvais m’empêcher d’éprouver le sentiment désagréable qu’éveillaient chez moi, lorsque j’en étais témoin, les querelles au sujet des confessions religieuses.

À cette époque, je ne voyais pas la question sous un autre aspect.

Il n’y avait que très peu de Juifs à Linz. Au cours des siècles ils s’étaient européanisés extérieurement et ils ressemblaient aux autres hommes ; je les tenais même pour des Allemands. Je n’apercevais pas l’absurdité de cette illusion, parce que leur religion étrangère me semblait la seule différence qui existât entre eux et nous. Persuadé qu’ils avaient été persécutés pour leurs croyances, les propos défavorables tenus sur leur compte m’inspiraient une antipathie qui, parfois, allait presque jusqu’à l’horreur.

Je ne soupçonnais pas encore qu’il pût y avoir des adversaires systématiques des Juifs.

J’arrivai ainsi à Vienne.

Tout saisi par l’abondance de mes sensations dans le domaine de l’architecture, pliant sous le fardeau de mon propre sort, je n’eus pas dans les premiers temps le moindre coup d’œil sur les différentes couches composant la population de cette énorme ville. Bien qu’alors Vienne comptât près de deux cent mille Juifs sur deux millions d’âmes, je ne les remarquais pas. Mes yeux et mon esprit ne furent pas pendant les premières semaines de taille à supporter l’assaut que leur livraient tant de valeurs et d’idées nouvelles. Ce n’est que lorsque peu à peu le calme se rétablit en moi et que ces images fiévreuses commencèrent à se clarifier que je songeai à regarder plus attentivement le monde nouveau qui m’entourait et qu’entre autres je me heurtai à la question juive.

Je ne veux pas prétendre que la façon dont je fis sa connaissance m’ait paru particulièrement agréable. Je ne voyais encore dans le Juif qu’un homme d’une confession différente et je continuais à réprouver, au nom de la tolérance et de l’humanité, toute hostilité issue de considérations religieuses. En particulier, le ton de la presse antisémite de Vienne me paraissait indigne des traditions d’un grand peuple civilisé. J’étais obsédé par le souvenir de certains événements remontant au moyen âge et que je n’aurais pas voulu voir se répéter. Les journaux dont je viens de parler n’étaient pas tenus pour des organes de premier ordre. Pourquoi ? Je ne le savais pas alors au juste moi-même. Aussi les considérais-je plutôt comme les fruits de la colère et de l’envie, que comme les résultats d’une position de principe arrêtée, fût-elle fausse.

Cette idée fut renforcée en moi par la forme infiniment plus convenable, à mon avis, sous laquelle la véritable grande presse répondait à ces attaques, ou bien, ce qui me paraissait encore plus méritoire, se contentait de les tuer par le silence, n’en faisant pas la moindre mention.

Je lus assidûment ce qu’on appelait la presse mondiale (la Neue Freie Presse, le Wiener Tagblatt, etc.) ; je fus stupéfait de voir avec quelle abondance elle renseignait ses lecteurs et avec quelle impartialité elle traitait toutes les questions. J’appréciais son ton distingué ; seul, son style redondant ne me satisfaisait pas toujours ou même m’affectait désagréablement. Mais enfin ce travers pouvait être l’effet de la vie trépidante qui animait toute cette grande ville cosmopolite.

Comme je tenais alors Vienne pour une cité de ce genre, je pensais que l’explication que je me donnais à moi-même pouvait servir d’excuse.

Mais ce qui me choquait fréquemment, c’était la façon indécente dont cette presse faisait sa cour au gouvernement. Il ne se passait pas à la Hofburg le moindre événement qui ne fût rapporté aux lecteurs dans des termes manifestant soit un enthousiasme délirant, soit l’affliction et la consternation. C’était un chiqué qui, surtout lorsqu’il était question du « plus sage monarque » de tous les temps, rappelait presque la danse qu’exécute le coq de bruyère au temps du rut pour séduire sa femelle.

Il me parut que tout cela n’était que parade.

Cette constatation jeta quelques ombres sur l’idée que je me faisais de la démocratie libérale.

Rechercher la faveur de la cour, et sous une forme aussi indécente, c’était faire trop bon marché de la dignité de la nation.

Ce fut le premier nuage qui obscurcit mes relations morales avec la grande presse viennoise.

Comme je l’avais toujours fait auparavant, je suivais aussi à Vienne, et avec la plus grande passion, tout ce qui se passait en Allemagne, aussi bien en politique qu’en ce qui concernait la vie sociale. Avec fierté et admiration, je comparais l’ascension du Reich avec la maladie de langueur dont était atteint l’État autrichien. Mais, si les succès de la politique étrangère du Reich me causaient une joie la plupart du temps sans mélange, la vie politique à l’intérieur était moins réjouissante et me causait souvent de graves soucis. Je n’approuvais pas, à cette époque, la lutte menée contre Guillaume II. Je voyais en lui non seulement l’empereur d’Allemagne, mais surtout le créateur de la flotte allemande. L’interdiction que le Reichstag avait signifiée à l’empereur de prononcer des discours politiques, me révoltait au dernier degré comme émanant d’une assemblée qui, à mes yeux, n’était nullement qualifiée pour cela. En une seule session, ces oies mâles caquetaient dans leur Parlement plus d’absurdités que n’aurait pu le faire, pendant des siècles, toute une dynastie d’empereurs, y compris les numéros les plus faibles d’esprit de la série.

J’étais indigné de voir que, dans un État où tout demi-fou prétendait prendre la parole pour faire entendre ses commentaires et même avait la bride sur le cou au sein du Reichstag pour perdre la nation en qualité de « législateur », celui qui portait la couronne impériale pût recevoir une « réprimande » de la plus misérable assemblée de bavards de tous les temps.

Ce qui me mettait encore plus hors de moi, c’était de constater que cette même presse de Vienne, qui saluait avec la plus grande humilité le moindre cheval des équipages de la cour et tombait en extase si l’animal remuait la queue en réponse, se permettait d’exprimer avec une malignité qui se dissimulait mal sous des airs soucieux, ses inquiétudes touchant l’empereur d’Allemagne.

À l’entendre, elle était bien loin de vouloir se mêler des affaires de l’empire d’Allemagne – non, Dieu l’en garde ! – mais, en mettant d’une façon aussi amicale le doigt sur la plaie, elle remplissait le devoir que lui imposait l’alliance établie entre les deux empires et satisfaisait en même temps à l’obligation qu’ont les journaux de dire la vérité, etc. Et d’enfoncer à cœur joie son doigt dans la plaie !

Le sang m’en montait au cerveau. J’en vins à me méfier de plus en plus de la grande presse.

Il me fallut reconnaître qu’un des journaux antisémites, le Deutsches Volksblatt, avait beaucoup plus de tenue dans de pareilles occasions.

Ce qui, de plus, me donnait sur les nerfs, c’était le culte répugnant que la grande presse avait alors pour la France. On avait honte d’être allemand quand on lisait les hymnes douçâtres qu’elle entonnait à la louange de la « grande nation civilisée ». Cette misérable gallomanie me fit plus d’une fois lâcher quelqu’un de ces « journaux mondiaux ». Je me rejetais souvent sur le Volksblatt qui était d’un format beaucoup plus petit, mais qui traitait bien plus congrûment de pareils sujets. Je n’approuvais pas son antisémitisme agressif, mais j’y trouvais parfois des arguments qui me donnaient à réfléchir.

En tous cas, c’est en de pareilles occasions que je fis la connaissance de l’homme et du parti qui décidaient alors du sort de Vienne : le Dr Karl Lueger et le parti chrétien-social.

Je leur étais très hostile lorsque j’arrivai à Vienne. L’homme et le parti étaient à mes yeux réactionnaires.

Mais un sentiment de justice élémentaire devait modifier ce jugement, lorsque j’eus l’occasion de connaître l’homme et son œuvre et mon appréciation mieux fondée devint une admiration déclarée. Aujourd’hui plus encore qu’autrefois je tiens le Dr Lueger pour le plus éminent bourgmestre allemand de tous les temps.

Combien de mes préjugés furent balayés par un tel revirement d’opinion vis-à-vis du mouvement chrétien-social !

Mais si, de même, mon jugement sur l’antisémitisme se modifia avec le temps, ce fut bien là ma plus pénible conversion.

Elle m’a coûté les plus durs combats intérieurs et ce ne fut qu’après des mois de lutte où s’affrontaient la raison et le sentiment que la victoire commença à se déclarer en faveur de la première. Deux ans plus tard, le sentiment se rallia à la raison pour en devenir le fidèle gardien et conseiller.

Pendant cette lutte acharnée entre l’éducation qu’avait reçue mon esprit et la froide raison, les leçons de choses que donnait la rue à Vienne m’avaient rendu d’inappréciables services. Il vint un temps où je n’allais plus, comme pendant les premiers jours, en aveugle à travers les rues de l’énorme ville, mais où mes yeux s’ouvrirent pour voir, non plus seulement les édifices, mais aussi les hommes.

Un jour où je traversais la vieille ville, je rencontrai tout à coup un personnage en long kaftan avec des boucles de cheveux noirs.

Est-ce là aussi un Juif ? Telle fut ma première pensée.

À Linz, ils n’avaient pas cet aspect-là. J’examinai l’homme à la dérobée et prudemment, mais plus j’observais ce visage étranger et scrutais chacun de ses traits, plus la première question que je m’étais posée prenait dans mon cerveau une autre forme :

Est-ce là aussi un Allemand ?

Comme toujours en pareil cas, je cherchai dans les livres un moyen de lever mes doutes. J’achetai pour quelques hellers les premières brochures antisémites de ma vie. Elles partaient malheureusement toutes de l’hypothèse que leurs lecteurs connaissaient ou comprenaient déjà dans une certaine mesure la question juive, du moins en son principe. Enfin leur ton m’inspirait de nouveaux doutes, car les arguments qu’elles produisaient à l’appui de leurs affirmations étaient souvent superficiels et manquaient complètement de base scientifique.

Je retombai alors dans mes anciens préjugés. Cela dura des semaines et même des mois.

L’affaire me paraissait si monstrueuse, les accusations étaient si démesurées, que, torturé par la crainte de commettre une injustice, je recommençai à m’inquiéter et à hésiter.

Il est vrai que sur un point, celui de savoir qu’il ne pouvait pas être question d’Allemands appartenant à une confession particulière, mais bien d’un peuple à part, je ne pouvais plus avoir de doutes ; car, depuis que j’avais commencé à m’occuper de cette question, et que mon attention avait été appelée sur le Juif, je voyais Vienne sous un autre aspect. Partout où j’allais, je voyais des Juifs, et plus j’en voyais, plus mes yeux apprenaient à les distinguer nettement des autres hommes. Le centre de la ville et les quartiers situés au nord du canal du Danube fourmillaient notamment d’une population dont l’extérieur n’avait déjà plus aucun trait de ressemblance avec celui des Allemands.

Mais, si j’avais encore eu le moindre doute sur ce point, toute hésitation aurait été définitivement levée par l’attitude d’une partie des Juifs eux-mêmes.

Un grand mouvement qui s’était dessiné parmi eux et qui avait pris à Vienne une certaine ampleur, mettait en relief d’une façon particulièrement frappante le caractère ethnique de la juiverie : je veux dire le sionisme.

Il semblait bien, en vérité, qu’une minorité seulement de Juifs approuvait la position ainsi prise, tandis que la majorité la condamnait et en rejetait le principe. Mais, en y regardant de plus près, cette apparence s’évanouissait et n’était plus qu’un brouillard de mauvaises raisons inventées pour les besoins de la cause, pour ne pas dire des mensonges. Ceux qu’on appelait Juifs libéraux ne désavouaient pas, en effet, les Juifs sionistes comme n’étant pas leurs frères de race, mais seulement parce qu’ils confessaient publiquement leur judaïsme, avec un manque de sens pratique qui pouvait même être dangereux.

Cela ne changeait rien à la solidarité qui les unissait tous.

Ce combat fictif entre Juifs sionistes et Juifs libéraux me dégoûta bientôt ; il ne répondait à rien de réel, était donc un pur mensonge et cette supercherie était indigne de la noblesse et de la propreté morales dont se targuait sans cesse ce peuple.

D’ailleurs la propreté, morale ou autre, de ce peuple était quelque chose de bien particulier. Qu’ils n’eussent pour l’eau que très peu de goût, c’est ce dont on pouvait se rendre compte en les regardant et même, malheureusement, très souvent en fermant les yeux. Il m’arriva plus tard d’avoir des hauts-le-cœur en sentant l’odeur de ces porteurs de kaftans. En outre, leurs vêtements étaient malpropres et leur extérieur fort peu héroïque.

Tous ces détails n’étaient déjà guère attrayants ; mais c’était de la répugnance quand on découvrait subitement sous leur crasse la saleté morale du peuple élu.

Ce qui me donna bientôt le plus à réfléchir, ce fut le genre d’activité des Juifs dans certains domaines, dont j’arrivai peu à peu à pénétrer le mystère.

Car, était-il une saleté quelconque, une infamie sous quelque forme que ce fût, surtout dans la vie sociale, à laquelle un Juif au moins n’avait pas participé ?

Sitôt qu’on portait le scalpel dans un abcès de cette sorte, on découvrait, comme un ver dans un corps en putréfaction, un petit youtre tout ébloui par cette lumière subite.

Les faits à la charge de la juiverie s’accumulèrent à mes yeux quand j’observai son activité dans la presse, en art, en littérature et au théâtre. Les propos pleins d’onction et les serments ne servirent plus alors à grand-chose ; ils n’eurent même plus d’effet. Il suffisait déjà de regarder une colonne de spectacles, d’étudier les noms des auteurs de ces épouvantables fabrications pour le cinéma et le théâtre en faveur desquelles les affiches faisaient de la réclame, et l’on se sentait devenir pour longtemps l’adversaire impitoyable des Juifs. C’était une peste, une peste morale, pire que la peste noire de jadis, qui, en ces endroits, infectait le peuple. Et en quelles doses massives ce poison était-il fabriqué et répandu ! Naturellement, plus le niveau moral et intellectuel des fabricants de ces œuvres artistiques est bas, plus inépuisable est leur fécondité, jusqu’à ce qu’un de ces gaillards arrive à lancer, comme le ferait une machine de jet, ses ordures au visage de l’humanité.

Que l’on considère encore que leur nombre est sans limite ; que l’on considère que, pour un seul Goethe, la nature infeste facilement leurs contemporains de dix mille de ces barbouilleurs, qui dès lors agissent comme les pires des bacilles et empoisonnent les âmes.

Il était épouvantable de penser, mais on ne pouvait se faire d’illusion sur ce point, que le Juif semblait avoir été spécialement destiné par la nature à jouer ce rôle honteux.

Était-ce en cela qu’il était le peuple élu ?

J’entrepris alors d’examiner soigneusement les noms de tous les fabricants des productions malpropres que révélait la vie artistique. Le résultat de cette enquête fut de plus en plus défavorable à l’attitude que j’avais observée jusqu’alors à l’égard des Juifs. Le sentiment avait beau se cabrer, la raison n’en tirait pas moins ses conclusions.

Le fait est que les neuf dixièmes de toutes les ordures littéraires, du chiqué dans les arts, des stupidités théâtrales doivent être portés au débit d’un peuple qui représente à peine le centième de la population du pays. Il n’y a pas à le nier ; c’est ainsi.

Je me mis à examiner au même point de vue ma chère « presse mondiale ».

Plus je lançais la sonde profondément, plus diminuait le prestige qu’avait eu à mes yeux l’objet de mon ancienne admiration. Le style était toujours plus insupportable ; et il me fallait rejeter les idées, aussi superficielles que plates ; l’impartialité des exposés me paraissait maintenant plutôt mensonge que vérité : les collaborateurs étaient des Juifs.

Mille détails, que j’avais auparavant à peine remarqués, attirèrent mon attention et me parurent dignes d’être notés ; par contre, je commençai à saisir et à comprendre la portée de certains autres qui m’avaient déjà donné à penser autrefois.

Je voyais maintenant sous un autre aspect les opinions libérales de cette presse ; la distinction de son ton quand elle répondait aux attaques de ses adversaires ou son silence de mort à leur endroit se révélaient à moi comme des trucs aussi malins que méprisables ; ses critiques théâtrales élogieuses n’étaient jamais que pour les Juifs et jamais elle ne dénigrait d’autres que des Allemands. Les coups d’épingle sournois qu’elle portait à Guillaume II étaient si répétés qu’ils trahissaient un système ; de même les éloges prodigués à la culture et à la civilisation françaises ; le poncif des feuilletons dégénérait en pornographie et la langue de ces journaux avait, à mon oreille, un accent d’étranger ; mais l’inspiration générale des articles était si visiblement défavorable aux Allemands qu’il fallait que cela fût voulu.

Qui avait donc intérêt à cette façon de faire ?

Était-ce seulement l’effet du hasard ? Je devins peu à peu perplexe.

Mais mon évolution fut hâtée par l’observation de toute une série d’autres phénomènes. Je veux parler de la conception qu’une grande partie des Juifs se fait des mœurs et de la morale et qu’elle met ouvertement en pratique.

À ce point de vue, la rue me donna des leçons de choses qui me furent souvent pénibles.

Le rôle que jouent les Juifs dans la prostitution et surtout dans la traite des blanches pouvait être étudié à Vienne plus aisément que dans toute autre ville de l’Europe occidentale, exception faite peut-être pour les ports du sud de la France. Quand on parcourait le soir les rues et ruelles de la Leopoldstadt, on était à chaque pas, qu’on le voulût ou non, témoin de scènes qui restèrent ignorées de la majorité du peuple allemand jusqu’à ce que la guerre eût fourni aux soldats combattant sur le front oriental l’occasion d’en voir ou plus exactement d’être forcés d’en voir de pareilles.

La première fois que je constatais que c’était le Juif impassible et sans vergogne qui dirigeait de la sorte, avec une expérience consommée, cette exploitation révoltante du vice dans la lie de la grande ville, un léger frisson me courut dans le dos.

Puis la fureur s’empara de moi.

Maintenant, je n’avais plus peur d’élucider la question juive. Oui, je me donnerais cette tâche ! Mais tandis que j’apprenais à traquer le Juif dans toutes les manifestations de la vie civilisée et dans la pratique des différents arts, je me heurtai tout d’un coup à lui en un lieu où je ne m’attendais pas à le rencontrer.

Lorsque je découvris que le Juif était le chef de la Social-Démocratie, les écailles commencèrent à me tomber des yeux. Ce fut la fin du long combat intérieur que j’avais eu à soutenir.

Dans mon commerce journalier avec mes camarades travailleurs, j’avais déjà remarqué avec quelle étonnante facilité ils changeaient d’opinion sur la même question, parfois en quelques jours, souvent même en quelques heures. Il m’était difficile de comprendre comment des hommes qui avaient toujours des idées raisonnables, quand on leur parlait en tête-à-tête, les perdaient d’un coup sitôt qu’ils retombaient sous la domination de la masse. Cela me mettait souvent au désespoir. Quand j’étais persuadé, après les avoir chapitrés pendant des heures, que cette fois j’avais brisé la glace ou les avais éclairés sur l’absurdité d’un préjugé, et que je me réjouissais de mon succès, je m’apercevais le lendemain avec douleur qu’il me fallait recommencer par le commencement ; tous mes efforts avaient été vains. Comme un pendule en son perpétuel balancement, leurs opinions absurdes étaient encore revenues au point de départ.

Je pouvais comprendre bien des choses. Quand ils n’étaient pas satisfaits de leur sort, quand ils maudissaient le destin qui les frappait souvent si durement, quand ils haïssaient les patrons qui leur semblaient les exécuteurs brutaux de leur cruelle destinée, ou bien quand ils couvraient d’injures les autorités qui, à leur avis, n’avaient aucune compassion pour leur situation ; quand ils manifestaient contre les prix des vivres et défilaient dans la rue pour défendre leurs revendications, tout cela je pouvais encore le comprendre sans mettre leur raison en cause. Mais ce qui restait pour moi incompréhensible, c’était la haine sans limites qu’ils manifestaient à l’égard de leur propre peuple, avec laquelle ils dénigraient tout ce qui faisait sa grandeur, salissaient son histoire et traînaient ses grands hommes dans la boue.

Cette hostilité contre leur propre espèce, leur propre nid, leur propre pays natal était aussi absurde qu’incompréhensible. Elle était contraire à la nature.

On pouvait guérir passagèrement ces gens dévoyés, mais seulement pour quelques jours, tout au plus pour quelques semaines. Et quand on rencontrait ensuite celui qu’on pensait avoir converti, il était redevenu tel qu’autrefois.

Il était retombé dans son état contre nature.

* * *

Je m’aperçus peu à peu que la presse social-démocrate était surtout dirigée par des Juifs ; mais je n’attribuai aucune signification particulière à ce fait, puisqu’il en était de même pour les autres journaux. Une seule chose pouvait peut-être attirer l’attention ; il n’y avait pas une seule feuille comptant des Juifs parmi ses rédacteurs qu’on pût considérer comme vraiment nationale au sens que mon éducation et mes convictions me faisaient donner à ce mot.

Je fis un effort sur moi-même et tentai de lire les productions de la presse marxiste, mais la répulsion qu’elles m’inspiraient finit par devenir si forte que je cherchai à mieux connaître ceux qui fabriquaient cette collection de canailleries.

C’étaient tous sans exception, à commencer par les éditeurs, des Juifs.

Je pris en main toutes les brochures social-démocrates que je pus me procurer et cherchai les signataires : des Juifs. Je notai le nom de presque tous les chefs : c’étaient également en énorme majorité des membres du « peuple élu », qu’il fût question de députés au Reichsrat ou de secrétaires des syndicats, de présidents des organismes du parti ou des agitateurs de la rue. C’était toujours le même tableau peu rassurant. Je n’oublierai jamais les noms des Austerlitz, David, Adler, Ellenbogen, etc.

Il devint alors clair pour moi que le parti, dont les simples comparses étaient mes adversaires depuis des mois du plus violent combat, se trouvait presque exclusivement, par ses chefs, dans les mains d’un peuple étranger ; car un Juif n’est pas un Allemand, je le savais définitivement pour le repos de mon esprit.

Je connaissais enfin le mauvais génie de notre peuple.

Une seule année à Vienne m’avait convaincu qu’il n’y a pas d’ouvrier si enraciné dans ses préjugés, qui ne rende les armes devant des connaissances plus justes et des explications plus claires. Je m’étais peu à peu mis au fait de leur propre doctrine et elle était devenue mon arme dans le combat que je menais pour mes convictions.

Presque toujours la victoire me restait.

Il fallait sauver la grande masse, même au prix des plus lourds sacrifices de temps et de patience.

Mais jamais je ne pus délivrer un Juif de sa façon de voir.

J’étais alors encore assez naïf pour vouloir les éclairer sur l’absurdité de leur doctrine ; dans mon petit cercle, je parlais à en avoir la langue écorchée et la gorge enrouée, et je m’imaginais que je parviendrais à les convaincre du danger des folies marxistes. J’obtenais le résultat opposé. Il semblait que les effets désastreux, fruit évident des théories social-démocrates et de leur application, ne servaient qu’à renforcer leur détermination.

Plus je discutais avec eux, mieux j’apprenais à connaître leur dialectique. Ils comptaient d’abord sur la sottise de leur adversaire et, quand ils ne trouvaient plus d’échappatoire, ils se donnaient à eux-mêmes l’air d’être des sots. Était-ce sans effet, ils ne comprenaient plus ou, mis au pied du mur, ils passaient d’un bond sur un autre terrain ; ils mettaient en ligne des truismes dont, sitôt admis, ils tiraient argument pour des questions entièrement différentes ; les acculait-on encore, ils vous glissaient des mains et on ne pouvait leur arracher de réponse précise. Quand on voulait saisir un de ces apôtres, la main ne prenait qu’une matière visqueuse et gluante qui vous filait entre les doigts pour se reformer le moment d’après. Si l’on portait à l’un d’entre eux un coup si décisif qu’il ne pouvait, en présence des assistants, que se ranger à votre avis et quand on croyait avoir au moins fait un pas en avant, on se trouvait bien étonné le jour suivant. Le Juif ne savait plus du tout ce qui s’était passé la veille ; il recommençait à divaguer comme auparavant, comme si de rien n’était, et lorsque, indigné, on le sommait de s’expliquer, il feignait l’étonnement, ne se souvenait absolument de rien, sinon qu’il avait déjà prouvé la veille le bien-fondé de ses dires.

J’en demeurai souvent pétrifié.

On ne savait pas ce qu’on devait le plus admirer : l’abondance de leur verbiage ou leur art du mensonge.

Je finis par les haïr.

Tout cela avait son bon côté : à mesure que je connaissais mieux les chefs, ou du moins les propagandistes de la social-démocratie, mon peuple me devenait plus cher. Qui aurait pu, en présence de l’habileté diabolique de ces séducteurs, maudire les malheureux qui en étaient victimes ? Quelle peine n’avais-je pas moi-même à triompher de la dialectique perfide de cette race ! Et combien vaine était une pareille victoire avec des hommes dont la bouche déforme la vérité, niant carrément le mot qu’elle vient de prononcer, pour s’en prévaloir dans la minute suivante.

Non, plus j’apprenais à connaître les Juifs, et plus j’étais porté à excuser les ouvriers.

Les plus coupables à mes yeux ce n’étaient pas eux, mais bien tous ceux qui estimaient que ce n’était pas la peine de s’apitoyer sur le peuple, de lui assurer son dû par des lois rigoureusement équitables, de clouer enfin au mur le séducteur et corrupteur.

Les expériences que je faisais chaque jour me portèrent à rechercher les sources de la doctrine marxiste. Son action m’était maintenant clairement connue dans tous ses détails ; mon œil attentif découvrait chaque jour la trace de ses progrès ; il suffisait d’avoir un peu d’imagination pour se figurer les conséquences qu’elle devait avoir. La question était maintenant de savoir si ses fondateurs avaient prévu ce que devait produire leur œuvre parvenue à sa dernière forme, ou s’ils avaient été eux-mêmes les victimes d’une erreur.

À mon sens, l’un et l’autre était possible.

Dans l’un des cas, c’était le devoir de tout homme capable de pensée de faire front à ce mouvement funeste, pour essayer d’empêcher le pire ; dans l’autre cas, il fallait admettre que les auteurs responsables de cette maladie qui avait infecté les peuples, avaient été de vrais démons : car seul le cerveau d’un monstre, non celui d’un homme, pouvait concevoir le plan d’une organisation dont l’action devait avoir pour résultat dernier l’effondrement de la civilisation et par suite la transformation du monde en un désert.

Dans ce cas, la seule ressource était la lutte, la lutte avec toutes les armes que peuvent fournir l’esprit humain, l’intelligence et la volonté, quel que dût être d’ailleurs celui des adversaires en faveur duquel le sort ferait pencher la balance.

Je commençai donc à étudier à fond les fondateurs de cette doctrine, afin de connaître les principes du mouvement. Je dus uniquement à ma connaissance de la question juive, bien qu’encore peu approfondie, de parvenir au but plus rapidement que je n’avais osé l’espérer. Elle seule me permit de comparer pratiquement la réalité avec les blagues contenues dans les théories des apôtres et fondateurs de la Social-Démocratie. J’avais appris, en effet, ce que parler veut dire chez le Juif : ce n’est jamais que pour dissimuler ou voiler sa pensée. Et il ne faut pas chercher à découvrir son véritable dessein dans le texte, mais entre les lignes où il est soigneusement caché.

Ce fut l’époque où se fit en moi la révolution la plus profonde que j’aie jamais eu à mener à son terme.

Le cosmopolite sans énergie que j’avais été jusqu’alors devint un antisémite fanatique.

Une fois encore – mais c’était la dernière – une angoisse pénible me serra le cœur.

Tandis que j’étudiais l’influence exercée par le peuple juif à travers de longues périodes de l’histoire, je me demandai soudain avec anxiété si le destin, dont les vues sont insondables, ne voulait pas, pour des raisons inconnues de nous autres pauvres hommes, et en vertu d’une décision immuable, la victoire finale de ce petit peuple ?

Est-ce qu’à ce peuple, qui n’a toujours vécu que pour la terre, cette terre aurait été promise comme récompense ?

Le droit que nous estimons avoir de lutter pour notre conservation est-il réellement fondé, ou n’existe-t-il que dans notre esprit ?

Le destin me donna lui-même la réponse pendant que je m’absorbais dans l’étude de la doctrine marxiste et que j’observais impartialement et à loisir l’action du peuple juif.

La doctrine juive du marxisme rejette le principe aristocratique observé par la nature, et met à la place du privilège éternel de la force et de l’énergie, la prédominance du nombre et son poids mort. Elle nie la valeur individuelle de l’homme, conteste l’importance de l’entité ethnique et de la race, et prive ainsi l’humanité de la condition préalable mise à son existence et à sa civilisation. Admise comme base de la vie universelle, elle entraînerait la fin de tout ordre humainement concevable. Et de même qu’une pareille loi ne pourrait qu’aboutir au chaos dans cet univers au-delà duquel s’arrêtent nos conceptions, de même elle signifierait ici-bas la disparition des habitants de notre planète.

Si le Juif, à l’aide de sa profession de foi marxiste, remporte la victoire sur les peuples de ce monde, son diadème sera la couronne mortuaire de l’humanité. Alors notre planète recommencera à parcourir l’éther comme elle l’a fait il y a des millions d’années : il n’y aura plus d’hommes à sa surface.

La nature éternelle se venge impitoyablement quand on transgresse ses commandements.

C’est pourquoi je crois agir selon l’esprit du Tout-Puissant, notre créateur, car :

En me défendant contre le Juif, je combats pour défendre l’œuvre du Seigneur.

Chapitre III



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