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Adolf Hitler
Mein Kampf

(Mon combat)



BeQ

Adolf Hitler
Mein Kampf

(Mon combat)

traduction intégrale

par J. Gaudefroy-Demombynes et A. Calmettes

(Paris : Nouvelles éditions latines, 192_?)

Tome premier

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Polémique et propagande

Volume 1 : version 1.2

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La présente édition de « Mein Kampf » est une édition intégrale ne comportant ni choix ni coupures pouvant masquer certains aspects de l’œuvre de Hitler et en altérer la portée ou la signification.

« Mein Kampf », qui constitue assurément un document indispensable pour la connaissance de l’histoire contemporaine, est aussi une œuvre de polémique et de propagande dont l’esprit de violence n’est pas étranger à l’époque actuelle et qui par là-même peut encore, malgré l’inanité de ses théories, contribuer à une renaissance de la haine raciale ou à l’exaspération de la xénophobie.

À ce titre, « Mein Kampf » n’a pas cessé de tomber sous le coup de la loi du 29 juillet 1881 modifiée par la loi du 3 juillet 1972 qui dispose :

Article 23. – « Seront punis comme complice d’une action qualifiée crime ou délit ceux qui, soit par des discours, cris ou menaces proférés dans des lieux ou réunions publics soit par des écrits, des imprimés vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou affiches, exposés au regard du public, auront directement provoqué l’auteur ou les auteurs à commettre ladite action, si la provocation a été suivie d’effet...

Cette disposition sera également applicable lorsque la provocation n’aura été suivie que d’une tentative de crime prévue par l’article 2 du Code pénal. »

Article 24, alinéa 5. – « Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 2000 à 300 000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement. »

Article 32, alinéa 2. – « La diffamation commise par les mêmes moyens envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sera punie d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 300 francs à 300 000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement. »

Article 33, alinéa 3. – « Le maximum de la peine d’emprisonnement sera de six mois et celui de l’amende de 150 000 francs si l’injure a été commise dans les conditions prévues à l’alinéa précédent, envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non- appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »

* * *

La publication de « Mein Kampf » peut heurter la sensibilité de ceux qui, directement ou à travers leurs proches, ont souffert des persécutions et des crimes commis, à une époque encore récente, au nom de la doctrine hitlérienne. Pourtant les victimes du plus atroce crime contre l’humanité ne peuvent être vouées à l’oubli. Il importe que les hommes se souviennent du crime et s’en détournent avec horreur dans les temps à venir.

Il est donc nécessaire de rappeler ici au lecteur ce à quoi l’ouvrage qu’il a entre les mains, a conduit.

Hitler ne révélait dans son ouvrage écrit en 1924, qu’une partie de ses desseins en vue de l’établissement d’un « État racial », assurant la prépondérance des Allemands censés appartenir à la race supérieure des « Aryens », sur les autres populations européennes. Ces desseins ont abouti en 1939 au déchaînement de la 2e Guerre mondiale, au cours de laquelle d’innombrables crimes furent perpétrés, au nom de la doctrine raciale, contre les populations civiles désarmées, contre des femmes et des enfants.

Cette doctrine elle-même telle qu’elle se trouve ouvertement exposée dans « Mein Kampf », avec son partage des populations humaines en « Aryens » civilisateurs et dominateurs en peuples de catégories inférieures et en juifs ou « sémites » malfaisants et destructeurs, constitue un discours délirant et criminel.

Les anthropologues sont en effet unanimes à constater qu’il n’existe pas de hiérarchie d’ordre mental ou moral entre les ethnies ou races humaines. Cette constatation a été formulée en 1950 par une commission internationale de savants, réunie par l’UNESCO.

Mais comme l’indiquait lors du procès de Nuremberg le général des S.S. Von Dem Bach Zelewsky :

« ... Si vous prêchez pendant dix longues années que les peuples slaves constituent une race inférieure et que les Juifs sont des sous-hommes, il s’ensuivra logiquement qu’on acceptera comme un phénomène naturel le fait de tuer des millions de ces êtres humains. De “Mein Kampf” le chemin conduit directement aux fournaises d’Auschwitz et aux chambres à gaz de Maï Danek. »

* * *

Dès l’invasion de la Pologne, en automne 1939, Hitler commença à faire appliquer son programme d’État ou Empire racial, destiné à assurer à tout jamais la prepondérance mondiale du IIIe Reich. À cette fin, il était prévu de limiter la fécondité des Polonais, des Tchèques, des Russes et des autres peuples slaves ; de se livrer à des transferts de population pour mettre des terres à la disposition des colons allemands ; de passer au crible des enfants afin de déceler, sur la foi de leur aspect extérieur, ceux d’entre eux qui paraissaient « germanisables » ; enfin et surtout, il était prévu de détruire les cultures slaves, en supprimant les établissements d’enseignement secondaire et supérieur et en éliminant physiquement les porteurs vivants de ces cultures, intellectuels et autres membres des élites. Un nombre mal connu, mais qui se chiffrait par millions d’hommes et de femmes désarmés fut exterminé en conséquence, sur place ou dans les camps de concentration allemands. Quant à la masse des populations slaves, elle était destinée à servir de réservoir de main-d’œuvre agricole et industrielle à la « race des seigneurs » allemands.

Une politique « raciale » devait également être appliquée dans les territoires occupés de l’Europe de l’Ouest. Un ordre daté du 7 août 1942 cité dans le jugement du Tribunal International de Nuremberg, prescrivait pour ce qui est de l’Alsace :

« Le problème de la race sera envisagé le premier, à seule fin que les gens qui ont une valeur raciale soient déportés en Allemagne et que tous les gens inférieurs du point de vue de la race soient déportés en France. »

D’autres catégories d’être humains, considérés comme des bouches inutiles, ou comme parasites malfaisants, furent voués dans le IIIe Reich à l’extermination totale.

Les premières dispositions en ce sens furent édictées à l’encontre des malades mentaux et faibles d’esprit allemands. Au lendemain de la déclaration de la guerre, en septembre 1939, Hitler signait un ordre secret relatif à la « suppression des vies indignes d’être vécues ». Le concept était aussi vague que large. En pratique, les pensionnaires des asiles devaient être exterminés par des psychiatres pro-nazis, l’examen de chaque dossier ne durait que quelques minutes ; les malades qui paraissaient inguérissables aux examinateurs étaient dirigés sur l’une des six « stations d’euthanasie » créées en Allemagne à cette fin. À l’arrivée, les victimes étaient introduites, par petits groupes dans une pièce camouflée en salle de douches, dans laquelle elles étaient asphyxiées par l’oxyde de carbone insufflé par une tuyauterie. Les familles étaient mises au courant par des lettres stéréotypées, les avisant d’un décès dû à une crise cardiaque, ou à quelque autre maladie. De la sorte, un nombre estimé à cent mille êtres humains furent assassinés, entre septembre 1939 et août 1941.

Mais ce genre de duperie ne pouvait pas se poursuivre indéfiniment. D’une part, ces décès subits paraissaient souvent suspects aux familles, d’autre part, le transfert des malades donnait l’éveil, puisqu’on les voyait quotidiennement arriver aux « stations d’euthanasie », mais jamais repartir, et qu’on voyait aussi la fumée s’élever des crématoires. La vérité ne tarda donc pas à filtrer ; des prélats, tant protestants que catholiques, élevèrent des protestations publiques, et c’est dans ces conditions que Hitler estima préférable de suspendre, pour la durée de la guerre, l’extermination des malades mentaux allemands.

* * *

C’est en leur qualité d’« asociaux » que les Tziganes furent voués à la mort dans le IIIe Reich. Une circulaire de 1938 énuméra les griefs à leur égard :

« Pour des raisons de santé publique, et en particulier, parce que les Tziganes ont une hérédité notoirement chargée, que ce sont des criminels invétérés qui constituent des parasites au sein de notre peuple et qu’ils ne sauraient qu’y produire des dommages immenses... il convient en premier lieu de veiller à les empêcher de se reproduire et de les contraindre au travail forcé dans les camps de travail. »

Mais ce n’est qu’en décembre 1942 que Himmler ordonna leur arrestation et leur transfert au camp d’Auschwitz. Un camp « familial » fut créé pour eux, où ils bénéficièrent de quelques privilèges. Cependant, en août 1944, Himmler donnait l’ordre de les expédier dans les chambres à gaz.

En Europe, la majeure partie des Tziganes habitaient la Hongrie et l’Union Soviétique. Dans ce dernier pays, ils étaient fusillés au fur et à mesure de l’avance allemande, en même temps que les Juifs et les membres du parti communiste. Le chiffre total des victimes tziganes est évalué (avec une grande marge d’approximation) à deux cent mille.

* * *

L’antisémitisme forcené de « Mein Kampf » fut appliqué dès l’arrivée au pouvoir d’Hitler.

Les Juifs furent éloignés de la fonction publique et de l’enseignement. La population fut conviée à boycotter les commerces appartenant à des juifs. En 1935, ils furent collectivement déchus de la nationalité allemande et les mariages ou relations sexuelles avec des partenaires aryens furent interdits sous peine de prison. Une vague d’émigration s’ensuivit tandis que le Gouvernement nazi multipliait les mesures humiliantes et spoliatrices. En novembre 1938, des centaines de synagogues et de maisons juives furent incendiées par des groupements paramilitaires nazis (S.A. et S.S.) et des dizaines de milliers de Juifs, incarcérés dans des camps de concentration.

Accusés de conspirer contre l’Allemagne, de vouloir fomenter une guerre et d’être les dirigeants occultes, tant de la révolution communiste que des régimes capitalistes, les Juifs furent ouvertement menacés de mort par Hitler, quelques mois avant l’agression de la Pologne : « Si la juiverie internationale réussissait, en Europe ou ailleurs, à précipiter les peuples dans une guerre mondiale, le résultat n’en serait point une bolchevisation de l’Europe et une victoire du judaïsme, mais l’extermination de la race juive en Europe. »

À la fin de « Mein Kampf », Hitler écrivait : Si l’on avait, au début et au cours de la guerre tenu une seule fois douze ou quinze mille de ces Hébreux corrupteurs du peuple sous les gaz empoisonnés que des centaines de milliers de nos meilleurs travailleurs allemands de toute origine et de toutes professions ont endurés sur le front, le sacrifice de millions d’hommes n’eût pas été vain. Au contraire, si l’on s’était débarrassé à temps de ces quelque douze mille coquins, on aurait peut-être sauvé l’existence d’un million de bons et braves allemands pleins d’avenir.

Dès l’invasion de la Pologne, en automne 1939, les détachements policiers allemands y multipliaient les sévices de tout ordre à l’encontre des Juifs qui furent isolés du reste de la population. Compte tenu de leurs conditions de vie, et notamment du rationnement draconien, ils paraissaient voués à mourir lentement de famine. Mais en attaquant en juin 1941 la Russie, Hitler fit accélérer le processus. Des détachements de S.S. furent chargés par lui de fusiller « tous les représentants de l’idéologie ennemie », c’est-à-dire au premier chef, les Juifs. Pour que l’opération se poursuive, autant que possible sans encombre, les victimes étaient avisées, localité par localité, qu’elles allaient être transférées dans un « territoire autonome juif » ; elles étaient ensuite conduites dans un bois ou dans un ravin à proximité, et abattues à la mitraillette.

Le jugement du Tribunal International de Nuremberg cite, à ce propos, le témoignage d’un ingénieur allemand, Hermann Graebe, que la firme qui l’employait avait envoyé en Ukraine :

« Nous entendîmes ensuite une succession rapide de coups de fusil, tirés de derrière une des buttes de terre. Les personnes qui étaient descendues des camions, hommes, femmes et enfants de tous âges durent se déshabiller sur l’ordre des S.S., munis de cravaches ou de fouets à chien... À ce moment, le premier S.S. cria quelque chose à son camarade. Ce dernier compta une vingtaine de personnes, les mit à part et leur dit de se placer derrière le tertre... Moi-même je fis le tour du tertre, et me trouvai en face d’une fosse commune effroyable. Des corps étroitement serrés étaient empilés les uns sur les autres, de sorte que seules les têtes étaient visibles. La plupart étaient blessés à la tête, et le sang leur coulait sur les épaules. Quelques-uns parmi les fusillés bougeaient encore. D’autres levaient les mains et tournaient la tête pour montrer qu’ils étaient encore vivants. La fosse était remplie aux deux tiers. J’évalue à un millier le nombre de corps qu’elle contenait. Je cherchai des yeux l’homme qui avait procédé à l’exécution. C’était un soldat S.S. ; il était assis, les jambes ballantes, au bord étroit de la fosse. Un fusil mitrailleur était posé sur ses genoux et il fumait une cigarette. »

Au moins un million de juifs furent fusillés de cette manière en Union soviétique.

* * *

Mais ces massacres, perpétrés en plein jour, sous les yeux de civils allemands et de l’armée régulière, ne pouvaient pas ne pas s’ébruiter en Allemagne et ailleurs, suscitant l’effroi et l’indignation.

C’est pourquoi ailleurs qu’en Union soviétique, l’extermination des Juifs fut poursuivie par de tout autres procédés, dans le secret des camps de la mort. Au cours de l’hiver 1941-1942, cinq camps furent installés à cette fin en Pologne, le pays dans lequel le peuple juif était le plus dense. Ils fonctionnait conformément aux méthodes mises au point dans les « stations d’euthanasie » allemandes, mais à une échelle autrement vaste : on évalue à deux millions le nombre des victimes ; le stratagème du « territoire autonome juif » qu’on leur faisait miroiter, assurait, au début du moins, leur docilité.

Par la suite, la vérité finit par filtrer, mais elle y mit du temps. Le principe même d’une « industrie de la mort » était tellement nouveau, tellement insolite qu’à l’étranger, notamment dans les pays belligérants ou les pays neutres, on refusait d’y ajouter foi.

Dans les autres pays européens, les opérations étaient plus complexes puisque les Juifs n’y avaient pas été isolés au préalable du reste de la population, dont en règle générale, ils ne se distinguaient d’aucune manière. Il fallait donc, pour pouvoir les arrêter, les dépister auparavant et les recenser, pays par pays, parfois avec le concours des polices locales. Une vaste organisation, dirigée par le colonel S.S. Adolf Eichmann fut créée à cette fin. De tous les pays occupés, de France, de Norvège ou de Grèce, les Juifs étaient ensuite déportés au camp d’Auschwitz (Pologne occidentale), le plus vaste des camps de la mort. Ce camps était aussi un camp de travail dans lequel les déportés valides devaient d’abord travailler, en des conditions inhumaines et jusqu’à ce que la mort s’ensuive.

Dans son jugement, le Tribunal international de Nuremberg a donné une description circonstanciée du camp d’Auschwitz :

« En ce qui concerne Auschwitz, le Tribunal a entendu le témoignage de Hoess, qui en fut le Commandant, du 1er mai 1940 au 1er décembre 1943. À son avis, dans ce seul camp et pendant cette période, deux millions cinq cent mille personnes furent exterminées et cinq cent mille autres périrent de maladie ou de faim. Hoess a décrit la manière dont étaient choisis ceux qui allaient être exterminés :

« Nous avions à Auschwitz deux médecins S.S. de service, dont la mission consistait à procéder à l’examen physique des prisonniers dès l’arrivée des convois. Les prisonniers devaient défiler devant l’un des médecins qui prenait sa décision immédiatement, à mesure qu’ils passaient. Ceux qui étaient capables de travailler étaient envoyés au camp. Les autres étaient immédiatement envoyés aux installations d’extermination. Dans tous les cas, les enfants en bas âge étaient tués, car leur âge les rendait inaptes au travail (...). Très souvent, des femmes cachaient leurs enfants sous leur vêtement mais évidemment, lorsque nous les trouvions, ils étaient expédiés vers les lieux d’extermination. »

Quant aux exterminations mêmes, Hoess les décrivait en ces termes :

« Il nous fallait de trois à quinze minutes pour tuer les victimes dans la chambre de mort, le délai variant suivant les conditions atmosphériques. Nous savions qu’elles étaient mortes quand elles cessaient de crier. En général, nous attendions une demi-heure avant d’ouvrir les portes et d’enlever les cadavres que nos commandos spéciaux dépouillaient alors de leurs bagues et de leurs dents en or. »

Les coups, le régime de famine, les tortures et les exécutions étaient la règle. Les détenus étaient soumis à des expériences cruelles. Dans le camp de Dachau, en août 1942, certains furent immergés dans l’eau froide jusqu’à ce que la température de leur corps s’abaissât à 28° et que la mort survint. On effectuait également différentes expériences concernant les hautes altitudes, la durée pendant laquelle des êtres humains peuvent vivre dans l’eau glacée, l’effet des balles empoisonnées et de certaines maladies contagieuses. Enfin, on expérimenta la stérilisation d’hommes et de femmes par les rayons X et par d’autres méthodes.

Des documents et des dépositions ont montré au Tribunal quel était le traitement des internés avant leur exécution et ensuite quel était le sort réservé à leurs corps. On coupait leurs cheveux pour les envoyer en Allemagne et les utiliser à la fabrication de matelas. On récupérait également les vêtements, l’argent et les objets de valeur appartenant aux victimes et on les envoyait à des services qualifiés pour en disposer. Après l’extermination, les dents et appareils dentaires en or étaient prélevés sur les cadavres et envoyés à la Reichsbank qui les faisait fondre en lingots. Les cendres provenant de l’incinération étaient utilisées comme engrais et, dans certains cas, on fit des essais en vue de se servir de la graisse des victimes pour la production industrielle de savon. Des groupes spéciaux parcouraient l’Europe à la recherche des Juifs pour les soumettre à la « solution finale ». Des missions allemandes furent envoyées dans les pays satellites, tels que la Hongrie ou la Bulgarie, afin d’organiser le transfert vers les camps d’extermination et on sait que, à la fin de l’année 1944, 400 000 Juifs de Hongrie avaient été assassinés à Auschwitz. On a aussi la preuve que 110 000 Juifs ont été évacués d’une partie de la Roumanie pour être exterminés. Adolf Eichmann, que Hitler avait chargé de ce programme, a estimé que cette politique avait causé la mort de six millions de Juifs, dont quatre millions périrent dans les camps d’extermination.

* * *

L’actualité révèle une certaine renaissance de l’idéologie et des pratiques nazies :

Certains « historiens » nient l’évidence des génocides perpétrés par les nazis afin de rendre à nouveau présentable cette doctrine.

Des monuments de la résistance sont attaqués et profanés de même que des synagogues ou des cimetières Juifs.

Des attentats racistes et antisémites se multiplient et s’aggravent.

* * *

Le lecteur de « Mein Kampf » doit donc se souvenir des crimes contre l’humanité qui ont été commis en application de cet ouvrage, et réaliser que les manifestations actuelles de haine raciale participent de son esprit.

Mon combat

(Mein Kampf)

I

Tout Français doit lire ce livre.

Maréchal Lyautey.

Avertissement des éditeurs


De nombreux articles de presse et quelques ouvrages récemment publiés ont déjà permis au public français de se rendre compte des principaux caractères du mouvement hitlérien.

Il lui était cependant impossible d’aller puiser aux sources mêmes de la nouvelle doctrine, soit une explication complète de la vague puissante qui soulève si violemment nos voisins, soit un pronostic bien fondé sur les dangers qui en résultent pour la France.

Cela parce que Hitler a jusqu’ici obstinément refusé de laisser publier en français : Mein Kampf (Mon combat), le livre qui, répandu en Allemagne à plus d’un million d’exemplaires, a eu sur l’orientation soudaine de tout un peuple une influence telle, qu’il faut, pour en trouver l’analogue, remonter au Coran.

Nous avons pensé qu’il était d’intérêt national de passer outre à ce refus, quelles que puissent être pour nous-mêmes et pour la jeune maison que nous avons fondée les conséquences de notre initiative.

Nous publions donc, sous notre entière responsabilité, la traduction complète de l’ouvrage doctrinal de Hitler.

* * *

Que l’on comprenne bien notre geste : nous ne faisons pas œuvre de haine ni même d’hostilité ; nous donnons simplement au public français un document que, contrairement à l’opinion du Führer, nous jugeons indispensable qu’il possède.

Pour lui laisser toute sa valeur documentaire, nous n’avons pratiqué aucune coupure dans le texte ; nous y avons maintenu des chapitres qui sont d’un moindre intérêt pour les Français et aussi des longueurs, des redites et de lourdes démonstrations qui étonnent notre esprit latin clair et prompt.

Pour la même raison, nous nous sommes strictement abstenus d’ajouter au texte une annotation ou un commentaire quelconques. Les passages mis en italique sont ceux de l’édition allemande. Celle dont nous nous sommes servis a paru chez Franz Eher, à Munich, en 1933. Nous fournissons l’étoffe : chacun s’y taillera l’habit qui lui plaira.

* * *

Nous prévoyons l’objection grossière que certains pourront faire sur l’opportunité de la publication de Mein Kampf en France et sur la valeur de ce document : « Les idées exprimées par le chef d’un parti d’opposition, diront-ils, sont périmées et n’ont plus d’authenticité lorsque leur auteur est devenu chef du gouvernement. »

Nous rétorquerons que la dernière liste de livres recommandés, publiée en décembre 1933 par le Ministre prussien de l’instruction publique, comprenait Mein Kampf ; nous invoquerons les déclarations réitérées de Goebbel et de Goering, sur la valeur essentielle et actuelle du livre du « Führer », et renverrons aux notes officielles parues dans le Voikischer Beobachter du 19 juillet, où il est dit ceci :

« Les autorités supérieures devront faciliter largement à chaque fonctionnaire la connaissance des textes essentiels du national-socialisme, je leur indique tout particulièrement le livre du Führer Mein Kampf. »

Et dans le même journal du 11 décembre 1933, nous lisons encore :

« Le livre de notre Führer contient pour le présent et pour l’avenir les principes définitifs des conceptions national-socialistes ; il est indispensable à tout Allemand et à quiconque veut pénétrer les arcanes de notre doctrine ; il constitue l’essence même du national-socialisme et il doit devenir désormais la Bible du peuple allemand. »

Il est donc essentiel de faire connaître intégralement ce livre, dont treize millions d’Allemands avaient, bien avant le plébiscite, adopté les promesses et les prédictions. Voici l’une d’elles ; ayant indiqué que la France est le principal obstacle aux visées allemandes, Hitler conclut : « Ces résultats ne seront atteints ni par des prières au Seigneur, ni par des discours, ni par des négociations à Genève. Ils doivent l’être par une guerre sanglante. »

Tous les Français doivent en être instruits.

* * *

D’autres objections viseront certainement la liberté que nous prenons de publier un ouvrage sans l’agrément de son auteur. Pour ceci, il nous a semblé que le cas d’espèce planait bien au-dessus des conventions commerciales ordinaires et que Mein Kampf, en raison de son objet très spécial, en raison de la large diffusion gratuite qui en a été faite dans le Reich, avait beaucoup plus le caractère d’un manifeste électoral que celui d’une production littéraire.

Les paroles et les écrits publics d’un homme public appartiennent au public.

Et quand on a jeté à la face d’un peuple des menaces aussi précises, on n’a plus moralement le droit de l’empêcher de les connaître.

Au surplus – et c’est à son honneur – Hitler n’est pas un homme d’argent ; il n’a pas écrit son livre pour battre monnaie. S’il s’oppose à sa diffusion en France, c’est parce qu’il y voit des inconvénients pour sa politique. Et c’est justement pourquoi nous y voyons des avantages. Il nous excusera de nous les assurer à l’aide d’un petit coup de force – qui est bien, au surplus, dans la manière allemande : il se rappellera une phrase de son Ministre de l’intérieur, M. Frick, qui, ouvrant à Leipzig, le 3 octobre 1933, le congrès des juristes allemands, leur disait ceci : « Pour les nationaux-socialistes, le droit c’est ce qui sert le peuple allemand. L’injustice, c’est ce qui lui porte dommage. »

Nous avons simplement pris à notre compte cette vigoureuse définition.

Les N. E. L.

Préface


Le 1er avril 1924, le Tribunal populaire de Munich ordonnait mon incarcération à Landsberg-am-Lech.

Pour la première fois, après des années de travail incessant, j’avais ainsi la possibilité de m’adonner à un ouvrage que beaucoup me pressaient d’écrire et que je sentais moi-même opportun pour notre cause. Je me suis donc décidé dans ces deux volumes1, à exposer non seulement les buts de notre mouvement, mais encore sa genèse. Un tel ouvrage sera plus fécond qu’un traité purement doctrinaire.

De plus, j’avais ainsi l’occasion de montrer ma propre formation, pour autant que cela est nécessaire à la compréhension du livre, et que cela peut servir à la destruction de la légende bâtie autour de ma personne par la presse juive.

Je ne m’adresse pas ici à des étrangers, mais à ces partisans du mouvement, qui lui sont acquis de cœur et dont l’esprit cherche maintenant une explication plus approfondie.

Je n’ignore point que c’est par la parole beaucoup plus que par des livres que l’on gagne les hommes : tous les grands mouvements que l’histoire a enregistrés ont dû beaucoup plus aux orateurs qu’aux écrivains.

Il n’en est pas moins vrai qu’une doctrine ne peut sauvegarder son unité et son uniformité que si elle a été fixée par écrit, une fois pour toutes. Ces deux volumes seront les pierres que j’apporte à l’édifice commun.

L’Auteur.

Landsberg-am-Lech.

Maison d’arrêt.

Le 9 novembre 1923, à midi et demi, devant la Feldherrnhalle et dans la cour de l’ancien Ministère de la Guerre, les hommes dont les noms suivent tombèrent pour leur fidèle croyance en la résurrection de leur peuple :

Alfarth Félix, commerçant, né le 5 juillet 1901.

Bauriedl Andreas, chapelier, né le 4 mai 1879.

Casella Theodor, employé de banque, né le 8 août 1900.

Ehrlich Wilhelm, employé de banque, né le 10 août 1894.

Faust Martin, employé de banque, né le 27 janvier 1901.

Hechenberger Ant., serrurier, né le 28 septembre 1902.

Körner Oskar, commerçant, né le 4 janvier 1875.

Kuhn Karl, sommelier, né le 26 juillet 1897.

Laforre Karl, élève ingénieur, né le 28 octobre 1904.

Neubauer Kurt, domestique, né le 27 mars 1899.

Pape Claus (von), commerçant, né le 16 août 1904.

Pfordten Theodor (von der), conseiller au Tribunal régional supérieur, né le 14 mai 1873.

Rickmers Joh., capitaine de cavalerie, né le 7 mai 1881.

Scheubner-Richter Max-Erwin (von), Dr, ingénieur, né le 9 janvier 1884.

Stransky Lorenz-Ritter (von), ingénieur, né le 14 mars 1899.

Wolf Wilhelm, commerçant, né le 19 octobre 1898.

Les autorités nationales refusèrent, après leur mort, une sépulture commune à ces héros.

À leur mémoire commune je dédie le premier volume de cet ouvrage, afin que leur martyre rayonne constamment sur nos partisans.

Landsberg-a.-L., Maison d’arrêt, le 16 octobre 1924.

Adolf Hitler.

Tome premier



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