Surtout ‘’La nouvelle Héloïse’’, ‘’Émile’’ et ‘’Les confessions’’








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André Durand présente
Jean-Jacques ROUSSEAU
(Suisse-France)
(1712-1778)

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées

(surtout ‘’La nouvelle Héloïse’’, ‘’Émile’’ et ‘’Les confessions’’

qui sont étudiés dans des dossiers à part).

Bonne lecture !

D’une famille protestante d’origine française qui s'était réfugiée en Suisse dès 1549 et établie à Genève, il naquit le 28 juin 1712, au 40, Grand-Rue dans la vieille-ville. Sa mère, atteinte d’une fièvre puerpérale, mourut dix après. Il fut soumis donc, avec son frère aîné, à l’humeur et à l’éducation fantasques de son père, Isaac, qui regrettait de ne pouvoir remplacer son épouse perdue, mais qui fut assisté par sa sœur cadette, « tante Suzon » qui s’installa à la maison. Livré à lui-même, Jean-Jacques put puiser sans discernement dans les romans d'amours laissés par sa mère, et ‘’L’astrée’’ éveilla de bonne heure son esprit romanesque. Mais il lut aussi Plutarque (qui lui donna le goût de la vertu), Ovide, Bossuet, La Bruyère, Fontenelle. En 1721, son frère aîné, voué au vagabondage, disparut.

En 1722, le père, obligé de s’expatrier à la suite d’une rixe, le mit en pension chez le pasteur Jean-Jacques Lambercier, à la campagne, à Bossey. Lui, qui était un écorché vif, vécut alors trois années heureuses (entre 1722 et 1724), abandonné à sa paresse et à ses rêves. En 1726, revenu à Genève, après un séjour chez son oncle Bernard, il fit un apprentissage indolent et sans plaisir, tour à tour chez un greffier et chez le graveur Ducommun qui le traitait brutalement : victime de l'injustice, il parvint à supporter les mauvais traitements, mais devint dissimulé, menteur, fainéant et chapardeur.

Le soir d’un dimanche, le 14 mars 1728, rentrant trop tard d’une promenade, il trouva les portes de la ville fermées. Par crainte d’être battu, rien ne le retenant vraiment dans cette patrie qui lui avait légué une position intermédiaire entre les aspirations politiques et humaines des «gens du bas» et celles des «citoyens» patriciens détenant le pouvoir, il décida de partir, à pied, comme il le fera si souvent par la suite, sur les routes de Savoie, entrant ainsi dans une existence picaresque avec ses seize ans et ses rêves. Mais il fut vite accueilli par un prêtre qui l’envoya à Annecy auprès de Mme de Warens, jeune femme qui était toujours lancée dans des entreprises hasardeuses, vivait surtout d’expédients ; ainsi, elle-même récemment convertie au catholicisme, elle était étrangement rétribué «à la pièce» par le roi de Sardaigne pour chacun des nouveaux convertis qu’elle amenait (la conversion de Rousseau lui valut donc quelques louis !). La rencontre, le 21 mars, de «la belle convertisseuse» laissa une impression inoubliable au jeune homme. Elle le fit aller à Turin dans un hospice de catéchumènes où, le 21 août, il abjura le protestantisme. Il fut un temps laquais d’une Mme de Vercellis. Puis, à la suite d’un vol, il fut chassé et, en décembre, entra au service du comte de Gouvon en tant que secrétaire, ce qui était pour lui une occasion de s’instruire. Mais, humilié par ces maîtres orgueilleux, il préféra partir sur les routes avec un vaurien genevois pour mener alors une vie misérable et insouciante, dormant à la belle étoile. Revenu en 1729 auprès de Mme de Warens, qu’il appelait désormais « Maman », qui était de six ans plus âgée et pour laquelle, semble-t-il, il n'éprouvait alors que des sentiments filiaux. Elle le fit entrer au séminaire, mais quelques mois suffirent pour révéler ses médiocres dispositions pour la prêtrise. Il s’enthousiasma alors pour la musique, à laquelle il allait consacrer une part décisive de son activité de créateur, et entra pour six mois à la maîtrise de la cathédrale d’Annecy. Au cours de l’année 1730, il alla à Lyon avec un maître de chapelle, Venture. Mais il l’abandonna aussitôt pour retourner, toujours à pied, à Annecy. Par malheur, Mme de Warens était absente. Il reprit donc sa vie errante, passant par Nyon où vivait son père, par Fribourg, par Lausanne où il tenta sa chance comme maître de musique, faisant même jouer, sans presque rien y connaître, une cantate de sa composition. Il passa l’hiver 1730-1731 à Neuchâtel où il vécut de leçons. Au printemps, il était de nouveau sur la route, interprète d’un soi-disant archimandrite, archevêque de Jérusalem qui quêtait pour le Saint-Sépulcre. Il passa par Berne et Soleure et se rendit à Paris où, en 1731, il comptait devenir précepteur du neveu d’un certain colonel Godard : on lui offrit une place de laquais ! Aussi, à la fin de l’année, revint-il, pour la troisième fois, auprès de Mme de Warens qui, désormais, vivait à Chambéry : ce fut son dernier grand voyage à pied. Elle lui trouva une situation stable au cadastre qu’il quitta cependant en 1732 pour donner des leçons de musique. Il connut alors une vie agréable : table mise, petits concerts qu’il dirigeait, composition de cantates, lecture de livres nouveaux qui lui permirent de combler méthodiquement les lacunes d’une éducation longtemps négligée : histoire, géographie, latin, astronomie, physique et chimie, écriture d’une comédie, ‘’Narcisse’’. Souvent malade, il passait les beaux jours à la campagne. Il rêvait de finir ses jours auprès de sa « Maman » qui, en 1734, fit de lui son amant, même si elle était déjà la maîtresse de son valet de chambre, les deux hommes s'entendant d'ailleurs fort bien. Et ce fut le comble du bonheur quand, en 1735, elle acheta, tout près de Chambéry, une maison de campagne, ‘’Les Charmettes’’. Mais, en 1737, souffrant de malaises persistants, il alla chercher un diagnostic à la faculté de médecine de Montpellier, occasion d'une autre idylle, passagère. À son retour, il se trouva supplanté par un jeune rival, Wintzenried. Pendant des mois, la maison connut une atmosphère orageuse. En août 1738, il fut installé aux Charmettes, mais seul et ulcéré, livré à la solitude et à ses rêves, vivant cependant enfin en accord avec lui-même, libre et sans contrainte.

En 1740, il fut, à Lyon, précepteur des deux enfants du grand-prévôt Jean Bonnot de Mably. Il rédigea alors un ‘’Projet pour l’éducation de M. de Sainte-Marie’’, l’aîné « de huit à neuf ans » qui « était d'une jolie figure, l'esprit assez ouvert, assez vif, étourdi, badin, malin, mais d'une malignité gaie. Le cadet, appelé Condillac, paraissait presque stupide, musard, têtu comme une mule, et ne pouvait rien apprendre. » (‘’Confessions’’, VI). Ce fut un échec, et Rousseau dut retourner aux Charmettes, pour un dernier séjour lui aussi plein d’orages.

En 1742, lui qui était bon mathématicien vint tenter fortune à Paris avec un nouveau système de notation musicale, présentant sur ce sujet, à l’Académie des sciences, un mémoire qui fut refusé. Et il ne reçut que des encouragements. Il dut se résigner à vivre de leçons de musique. Il chercha l’appui de grandes dames, devint secrétaire de Mme Dupin, femme d'un conseiller du roi, se lia d’amitié avec Diderot et Grimm. Puis Mme de Broglie lui procura une place à Venise, chez l’ambassadeur de France, M. de Montaigu. Devenu un personnage, il voyagea en chaise, distribua des pourboires. Mais, par malheur, M. de Montaigu était un incapable plein de morgue. Rousseau, d’autant plus pointilleux qu’il ne voulait pas retomber au rang de valet, exigeait des égards, disputait la préséance aux gentilshommes. La brouille éclata, si vive qu’il fut chassé de Venise, n’emportant que la révélation de la musique italienne et sa rancune de roturier contre l’inégalité sociale. Ses loisirs lui avaient permis de publier une “Dissertation sur la musique moderne”, mais pas de se montrer sensible à cette ville exceptionnelle, comme l’ont remarqué les Goncourt («Rousseau le descriptif a passé à Venise sans être plus touché de la féerie du décor et de la poésie du milieu que s’il avait été secrétaire d’ambassade à Pontoise»).

De retour à Paris, il vécut pauvrement dans un galetas, mais joua pourtant au bel esprit et à l’homme de société. Il compléta sa culture, ébaucha une farce, écrivit une comédie, ‘’L’engagement téméraire’’, se remit à la musique. En 1745, il écrivit avec Rameau un ballet, ‘’Les muses galantes’’ qui le signala à M. de Richelieu qui le chargea de réduire en un seul acte la comédie-ballet de Rameau, sur un livret de Voltaire, “La princesse de Navarre” que le roi avait souhaité revoir après ce remaniement dont les deux auteurs s'étaient poliment déchargés sur ce débutant plein d'avenir. Il écrivit donc à Voltaire une lettre fort déférente, lui demandant la permission d'apporter des changements à son texte. Voltaire répondit assez légèrement qu'il pouvait bien en faire ce qu'il voulait. Rousseau s'exécuta, coupa, réécrivit, changea le nom de l’opéra qui devint “Les fêtes de Ramire” et fut représenté à Versailles, le 22 décembre. Mais son nom ne fut pas même cité et il fut blessé du fait que ni Voltaire ni Rameau ne prirent la peine de savoir ce qu'il était advenu de leur œuvre. Lui, qui avait seize ans de moins, qui n'avait pas encore commencé à écrire, avait beaucoup d’admiration pour l’oeuvre de la star internationale qu’était Voltaire, mais allait, toute sa vie, souffrir de ce que l'autre ne le considère pas comme un interlocuteur sérieux : «Je vous hais... en homme digne de vous aimer si vous l'aviez voulu !».

En 1746, il fut secrétaire puis hôte de Mme Dupin, l’épouse d’un financier richissime, et de son beau-fils, M. de Francueil (le grand-père de George Sand) avec qui il fit des études en chimie, alla avec eux en été à leur château de Chenonceaux où il écrivit un poème, “L’allée de Sylvie”, nom d'une allée du parc qui bordait le Cher. Il composa :

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‘’Les institutions chimiques’’

(1746)
Premier livre
Il est est consacré aux problèmes de la nature des premiers éléments et de la composition des corps.
Deuxième livre
Il est consacré à l’examen des instruments naturels par lesquels les corps se conservent, s’altèrent et peuvent être connus (le feu, l’air, l’eau et la terre).
Troisième livre
Il est consacré aux instruments artificiels de la chimie (fourneaux, dissolvants, etc.).
Quatrième livre
Il est consacré aux opérations chimiques nécessaires pour utiliser ces instruments et connaître les corps (distillation, fusion, fermentation, etc.).
Commentaire
C’est un gros ouvrage sur les rudiments de cette science dont l’essentiel consiste en une synthèse, une vulgarisation et une mise à jour de l’ensemble des connaissances en chimie de l’époque : Rousseau explique les grandes thèses des chimistes les plus illustres, relève différentes expériences et études (lumière, pression atmosphérique, etc.) et signale les instruments à utiliser dans chaque cas, les propriétés de ces instruments et l’utilisation qu’on doit en faire. De par son caractère général et simple, cet ouvrage aurait pu être utile en son temps et contribuer à l’avancement des connaissances en chimie. Aujourd’hui, cependant, son contenu proprement scientifique est quelque peu dépassé et n’a guère plus d’intérêt que pour l’histoire des sciences. Néanmoins, cet ouvrage éclaire la pensée et l’oeuvre de Jean-Jacques Rousseau, puisqu’il offre une perspective originale sur son rapport avec les sciences et avec la philosophie et qu’il montre les germes de son génie littéraire. Cette preuve tangible de l’intérêt qu’il avait pour les sciences étonne en raison de ses propos critiques envers les sciences dans le ‘’Discours sur les sciences et les arts’’ et dans le ‘’Discours sur l’inégalité parmi les hommes’’, dans lesquels il allait les rendre responsables de la majorité des vices et des maux qui affectent l’humanité. On a donc souvent pensé qu’il en était un pur et simple détracteur. ‘’Les institutions chimiques’’ viennent donc faire contrepoids à cette opinion, en montrant un Rousseau qui maîtrisait les sciences, s’y appliquait et partageait, dans une certaine mesure, l’optimisme de son siècle pour leurs bienfaits et leur progression : « La connaissance de nous-mêmes, c’est-à-dire celle de notre corps et celle des corps qui nous environnent sont d’une extrême utilité pour notre conservation, pour notre commodité, et même pour nos plaisirs. […] Cependant, c’est peut-être par elle [la chimie] seule que l’on peut se flatter de parvenir à la connaissance la plus exacte que nous puissions acquérir de tout ce qu’on appelle matière. »

En outre, les premières pages de chacun des livres des ‘’Institutions chimiques’’ nous montrent l’affinité de Rousseau avec la méthode scientifique expérimentale de l’époque. Non seulement récusa-t-il à de nombreuses reprises la philosophie naturelle traditionnelle pour être trop spéculative et détachée du réel (il faut, pour connaître la nature, « congédier les philosophes et leurs belles hypothèses » et entrer « dans le laboratoire d’un chimiste »), mais il inscrivit également sa démarche dans la voie tracée par Descartes dans son ‘’Discours de la méthode’’ : «Tâchons donc dans nos recherches […] de n’admettre aucune hypothèse ; effaçons de notre esprit toutes les idées que nous pouvons en avoir conçues par habitude ou par préjugé, et suivant en ceci la méthode des géomètres appliquons-nous à considérer [l’élément naturel] comme un être parfaitement inconnu et dont nous ne pourrons jamais déterminer autrement la nature qu’en la déduisant de celles de ses propriétés qui nous sont les plus évidentes.» Toutefois, Rousseau ne réduisait pas la science à l’expérimentation, puisqu’il se montra soucieux « de l’harmonie générale et du jeu de toute la machine », c’est-à-dire de la compréhension des phénomènes dans leur généralité. Il reconnut ainsi une certaine valeur aux théories en ce qu’elles permettent d’englober et de dépasser les observations particulières : pour lui, les explications mécanistes sont insuffisantes à elles seules pour expliquer la nature des choses et il importe que tout scientifique soit conscient de son ignorance au sujet des premiers principes et qu’il exerce son jugement sur les différentes théories en place, ce qu’il fit d’ailleurs dans cet ouvrage.

D’autre part, on trouve dans ‘’Les institutions chimiques’’ quelques effets littéraires remarquables, tels une comparaison entre le théâtre d’opéra et le théâtre de la nature ainsi qu’un rapprochement entre l’être humain et le verre. On perçoit à travers des descriptions scientifiques parfois fastidieuses qu’il était déjà un écrivain exceptionnel dont le talent ne demandait que de mûrir encore un peu pour se déployer dans toute sa puissance.

Somme toute, ‘’Les institutions chimiques’’ sont donc un ouvrage dont le contenu scientifique est de peu d’intérêt, mais dont la réflexion sur la science est digne de considération et gagne à être mise en relief dans l’ensemble de l’oeuvre de Rousseau.
Pour une raison que nous ignorons, ni Rousseau ni Paul Moultou, à qui il avait légué l’ouvrage avant sa mort, ne le publièrent ; il fut ainsi oublié et perdu. Ce n’est qu’au début du XXe siècle qu’on y prêta attention et qu’il fut finalement publié, dans les tomes XII et XIII des ‘’Annales J.-J. Rousseau’’ (1918-1920). L’éditeur y a joint trois articles inachevés sur l’utilité du plomb, du cuivre et de l’arsenic, qui devaient vraisemblablement faire partie d’un cinquième livre des Institutions chimiques.

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En 1746, Rousseau qui était accueilli dans les salons mais était timide, maladroit, un parleur médiocre qui n’osait faire la cour aux grandes dames, s’attacha à une jeune servante d’auberge douce, affectueuse mais ignorante et vulgaire («une femme imprésentable» selon Montherlant), Thérèse Levasseur dont il eut, à la fin de l’automne, un premier enfant qu’il mit à l’hospice des Enfants-Trouvés, puis un second, en 1748, qui y fut placé aussi, et trois autres allaient se succéder. Peu à peu, par habitude, par goût de la simplicité, par aspiration au repos, par besoin d’être soigné, Rousseau se laissa enchaîner à Thérèse, à « la tribu » des Levasseur. Mais il se trouvait ainsi dans une situation fausse qui contribuait à l’écarter de la vie mondaine, à se sentir « peuple » dans des milieux encore marqués par l'idéal aristocratique.

Le 9 mai 1747 était mort son père.

Devenu l’ami de Grimm et de Diderot, il allait collaborer de façon importante à “L’encyclopédie”, étant sous contrat pour des articles de musique qui allaient être nombreux et savants

Au début d’octobre 1749, il allait voir Diderot, qui était emprisonné au château de Vincennes pour sa “Lettre sur les aveugles”, quand il tomba, dans ”Le Mercure de France” sur la question mise en concours par l’académie de Dijon pour son prix annuel : «Si le progrès des sciences et des arts a contribué à corrompre ou à épurer les moeurs». « À l'instant de cette lecture, allait-il raconter dans ‘’Les confessions’’, je vis un autre univers et je devins un autre homme... En arrivant à Vincennes, j'étais dans une agitation qui tenait du délire. Diderot l'aperçut : je lui en dis la cause, et je lui lus la ‘’Prosopopée de Fabricius’’, écrite en crayon sous un chêne. II m'exhorta de donner l'essor à mes idées, et de concourir au prix. Je le fis et dès cet instant je fus perdu. Tout le reste de ma vie et de mes malheurs fut l'effet inévitable de cet instant d'égarement» (‘’Livre deuxième’’, chapitre 8). Il découvrit l’idée qui allait faire l'unité de toute sa pensée : l'être humain est bon et heureux par nature ; c'est la civilisation qui l'a corrompu et qui a ruiné son bonheur primitif. Et il prit soudain conscience d'une éloquence dont il ne soupçonnait pas encore qu’elle allait le condamner à une tâche d’écrivain qu'il abhorrait et adorait à la fois. Par goût du paradoxe Diderot l’incita à défendre son idée, mais ce fut du fond du coeur, et non par jeu, que Rousseau le fit, ayant l'impression de découvrir sa vérité, de devenir « un autre homme » en prenant ainsi le contre-pied de son siècle : contre la vie mondaine, le luxe et les agréments d'une société policée si profondément loués par Voltaire. En réalité, cette idée était l'aboutissement de tout son passé, l'expression profonde de son tempérament. Sa formation genevoise, les leçons des prédicateurs, les lectures stoïciennes lui avaient donné le sens de la liberté et de la justice, le goût de la vertu, le mépris des richesses. Sans doute les douceurs de la société semblaient l'avoir pris tout entier ; mais le sujet du concours réveilla soudain les vieux sentiments et lui fit ressentir comme une blessure le désaccord entre son fond vertueux, sa vie simple et la société corrompue qu'il fréquentait. De là venait la gêne qu'il éprouvait dans ces milieux et qui était un obstacle à son succès ; n'était-ce pas un reste de simplicité plébéienne qui l'attachait, au mépris du scandale, à Thérèse Levasseur, humble servante d'auberge? Tout s'expliquait maintenant : son malheur datait de son entrée dans une société pervertie par le luxe et la civilisation. Telle était l'histoire de l'humanité tout entière : bonheur des êtres primitifs, corruption et malheur des peuples civilisés.

Il composa :

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