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24 mai 1942

Ma chère petite Maman,

Merci à Cécile de son beau colis, la remercierai dans prochaine lettre. Séance de cabaret parfaite (Blanche Neige adaptée à la situation), plein de sous-entendus et d’esprit français. À la suite de l’évasion Giraud et de quelques camarades d’ici, restriction sur correspondance, fréquents appels, suppression des lampes électriques ! Merci du phosphate, en ai suffisamment pour 1 long moment. Fait connaissance d’amis connaissant Robert Desaubliaux. Vais toujours bien, temps assez beau. Êtes-vous à Senlis pour la Pentecôte ? Ici triste fête pluvieuse ; et toi, ma chère Maman, comment vas-tu ? Ta santé ? Ton moral. Quelle joie quand nous nous reverrons tous, peut-être est-ce plus près que nous le pensons. Où en est votre ravitaillement ? Il faut vous nourrir, quitte à payer cher, c’est 1 question de santé. Je lis toujours et dessine, cela m’occupe. Je penserai bien à toi, le jour des fêtes des mères, le 31. Avez-vous de bonnes nouvelles de Jean ? Le 19 juin, cela fera 2 ans de captivité, en tout 3 ans de totalement perdus ! Nous recevons maintenant Le Petit Parisien ; c’est, je crois, votre journal. Je t’embrasse de tout cœur ainsi que Papa et les sœurs.



8 juin 1942

Ma chère petite Maman,

Ta dernière lettre du 21 reflète 1 moral assez bas ; je te comprends très bien, votre vie est si dure et si dépourvue de joie, je m’y joins de tout cœur. Je t’écris pour passer quelques instants avec toi et essayer de te remonter 1 peu, bien que ce soit le tour de Papa à recevoir cette lettre ; je pense qu’il ne m’en voudra pas. J’ai reçu le colis contenant le citron de Geneviève et bien d’autres bonnes choses. J’en t’en remercie. La Croix-Rouge française a acheté à la Croix-Rouge des Etats-Unis des colis de vivres qui nous ont été distribués cette semaine (3 kgs pour 5). Sont bien composés de choses dont depuis 2 ans nous avions perdu le goût. Le 2, j’ai assisté à la messe dite pour Raymond et Pierre Dupuy. Nous devons être photographiés incessamment, mais tu sais ce que c’est. J’aurai grand plaisir à t’envoyer 1 épreuve. Très chaud ici depuis quelques jours, je me promène en short et chemise, jambes nues, ça économise les chaussettes. Ce temps est bien agréable, mais pas 1 arbre, nous sommes en plein champs, comme qui dirait les lisières de la forêt d’Halatte près du poteau d’Halatte par rapport à Senlis ville, donc loin de Soest. Nous avons mangé nos premiers radis (15 par tête de pipe), excellent, on mange même les feuilles au vinaigre. Nous en semons tous les 8 jours. Tous les samedis soirs, M° Bertin vient jouer au bridge dans la chambre, très gentil, simple et bon camarade. Je t’envoie ma carte colis au crayon, tu l’enverras à AM où tu la garderas, mais en envoyant le paquet, retrace à l’encre mon nom. J’attends de pied ferme le colis d’AM dont tu as déjà envoyé l’étiquette. Remercie-la de ma part. Pour le tabac, je préfère le paquet de tabac aux cigarettes. Entendu naturellement pour le prélèvement dont tu me parles pour troc. Ici je me débrouille, on touche en principe 2 paquets de cigarettes par semaine. On m’a fait faire, ici, il y a 15 jours, le certificat de délégation de solde dont tu me parles, il doit vous parvenir par voie Scapini ; tu n’auras qu’à l’adresser à Amiens. Tu me parles de pain noir, est-il tout à fait brun ? Ici, nous avons un mélange seigle-son qui, au début, m’avait donné de l’urticaire, mais auquel je suis parfaitement adapté maintenant. Pour le journal, n’êtes-vous pas abonnés ? Fauteuils effarants de prix ! Ne pas insister. Cette pauvre Mimi dort mal chaque nuit depuis le beau temps. Patrice vient la voir. Heureusement pour moi, je dors parfaitement sans me réveiller, la campagne est si calme autour de nous, les très loin horizon seul la menace. Je vois que Papa travaille beaucoup au jardin, cela vous aide-t-il 1 peu ? Quand irez-vous vous installer à Senlis ? Il fait si beau. Odile a-t-elle reprise son poste de secrétaire ? Nouveau bombardement de Paris ! Cette pauvre banlieue. Qu’en disent les petits ? Rien à faire avec le docteur maintenant, il faut être très souffrant. Geneviève a-t-elle trouvé villa près de Vichy ? Mes amitiés à Bernard. Ma santé, fort bonne, bon appétit, foie parfait. Et vos santés respectives, as-tu repris ta vie normale ? Tes misères sont-elles finies ? Chaque matin, je prie pour votre santé et votre moral. Du courage, ma petite Maman, tu verras que bientôt, nous nous reverrons, la Providence ne peut se désintéresser de notre sort. Je sais quels sont tes soucis, tes préoccupations,. Ci-joint, 1 petite pensée du camp, que tu pourras mettre dans ton livre de messe, elle te dira toutes celles qui me sont chères et que je sais tiennes. N’ai fait aucun envoi fin juin (de Marks). Hier Fête Dieu, je pense à la procession de Senlis, avec les draps et les fleurs aux fenêtres par 1 aussi beau temps. Bonne fête et bon anniversaire à Papa. Peut-il m’acheter dans la collection « Sites et monuments », B.Arthaud-Grenoble, livre sur Senlis et Chantilly (à ne pas m’envoyer naturellement). Dans quelle région se trouve Roger ? Les Russes continuent à défiler aux douches. Cela en fait 1 nombre énorme. Je pense bien à toi, ma chère petite Maman, ne te fais pas de bile, et surtout ménage-toi autant que possible.
14 juin 1942

Mon cher Papa,

Reçu ta lettre du 31 ainsi que colis avec les 6 œufs Corbie (veux-tu les remercier), très beau colis, copieux, merci à Bt de ses chocolats. Votre séjour à Rouvray n’a pas dû être très ensoleillé ; vous y êtes-vous reposés tous les 2 ? Je voulais savoir quelle était le genre de carte d’alimentation pour voir vos rations, sans aucune importance. Merci pour actions. Peu d’espoir pour envoi de mon colis, suspendu jusqu’à nouvel ordre ; j’aurais eu plaisir à le faire. Pluie, froid, triste ici. Qui est le parrain de Dominique ? Heureux du laissez-passer de Bernard. Quel sera le (illisible) de Maman ? Très beau cette marche jusqu’à Fleurines. Avons appris que certains officiers supérieurs, libérés comme malades, ont des emplois civils importants en France, sommes écoeurés, car sont incapables. Vais bien, toujours le même poids. Est-ce la belle-sœur de G. Fleury qu’épouse Jean Chapellier ? Félicitations à Hélène. Pense bien à Odile ; courage, confiance en la Providence. Content que tes travaux de jardin produisent. Jean a-t-il eu la Croix de guerre ? Le 19, 2 ans de captivité ! Quelle chaleur il faisait. Vous embrasse tous de tout cœur.
6 juillet 1942

Mon cher Papa,

Vie sans histoire ici ; beau temps chaud depuis quelques jours, mais ce n’est pas le climat de France. Assez inquiet pour Guy. Que vont faire les Anglais de notre escadre d’Alexandrie ? Hier, j’ai adressé une carte colis à l’oncle André. Je vous enverrai la 2ème dès qu’elle nous aura été distribuée. Veux-tu m’envoyer 1 brosse à dent très dure si possible ? La mienne est morte. L’ordinaire est des plus réduits ; depuis 2 mois, plus d’envoi de la Croix-Rouge, heureusement que vos colis sont là, et ça peut encore aller, bien que en 1 mois, le poids moyen ait baissé de 1 kg. Je me maintiens toujours à 65 kg (à poil). Notre petit jardin nous donne radis et salades, environ 20 beaux radis chacun par semaine, ce qui est très beau. Avez-vous reçu mon étiquette colis au crayon ? J’ai l’impression que la répartition des vivres est encore inégale et que vous êtes parmi les plus réduits ; j’ai gaspillé 1 carte pour écrire à Mlle Chabaud, qui n’a pas daigné me répondre ; ce sont des choses que nous, prisonniers, ne pardonneront jamais. Avez-vous des nouvelles de G. Corbie ? Où est-il ? Votre vie s’améliore-t-elle 1 peu ? Quid des vêtements, chaussures, linges ? Que devient Mgr Rivière ? Et sa santé ? Je prends quelques leçons de dessin avec Delobel, professeur aux Beaux-Arts de Lille, cela me distrait. Quand vous installez-vous à Senlis ? Parle- moi de votre séjour à Rouvray. Vous êtes-vous 1 peu remplumés tous les 2, et reposés. Donne-moi 1 bulletin de santé fidèle de vous tous. Je me suis abonné à la Semaine ; dans le dernier numéro, il y avait quelques vues de Paris. Bien changé le pauvre ! Cécile a-t-elle 1 uniforme ? Pour ce qui est du docteur, comme je vous le disais, rien à faire, à moins d’être pistonné, gradé supérieur, âgé ou très malade. Nous allons tous passer à la radio prochainement, je parlerai au docteur, mais sans résultat sans doute. Ma santé est très bonne, bien que cette vie soit bien déprimante. J’envoie fin juillet 100 Marks à mon compte. Je suis désolé de ne pouvoir des photos à Maman, comme elle le désire, mais on se heurte à 1 passivité souriante. J’aurais eu plaisir à vous en envoyer pour vous montrer que je suis en bonne forme. La femme de Marcel Auguste-Dormeuil n’attend-elle pas 1 bébé ? As-tu pu dessiner 1 peu à Rouvray, malgré le mauvais temps que vous avez dû avoir. Si tu savais le plaisir que j’aurais à me retrouver seul dans ma chambre, à être libre malgré les difficultés certaines de la vie en France. Le temps ici ne représente qu’une succession de jours longs à passer, tous pareils, incolores, et les mois se succèdent quand même rapidement et l’on s’aperçoit que l’on vieillit d’autant ! Avez-vous des bonnes nouvelles de Jean ? Je suis en train de lire Mazarin de A. Bailly, très bien. Ce qu’il y a de pénible, c’est que plus le temps passe, plus les souvenirs s’estompent, plus la France ma paraît lointaine. Nous touchons en ce moment 1 nouveauté un peu déconcertante, de la confiture de rutabagas ! À ne pas essayer. L’oncle Jacques se remet-il 1 peu de la mort de tante Marie ; j’aurais voulu lui écrire mais ma demande de carte supplémentaire est restée sans réponse. Et les petits ? Ne souffrent-ils pas des restrictions alimentaires ? Dominique pousse-t-il bien ? Geneviève ne se fatigue-t-elle pas à le nourrir ? Les Anglais se sont encore faits enfoncer sur le seul front qu’ils aient à défendre, ils ne sont bons qu’à bombarder les villes. As-tu assez de tabac ? Les puces recommencent, mais moins nombreuses que l’an dernier, et j’ai encore de la poudre. Je pense bien souvent à vous tous, me demandant ce que vous faîtes, tâchant de m’imaginer votre vie. Avez-vous toujours femme de ménage ? Et à Senlis, comment vous organisez-vous ? Mes hommages à Mme Corbie. T’embrasse ainsi que tous.
19 juillet 1942

Ma chère petite Maman,

Bonne fête et bon anniversaire, l’une 1 peu tardive, l’autre 1 peu tôt. Tu sais quels vœux je formule pour toi, je les demanderai dans 1 prochaine communion. Cette image pieuse, jointe à ma lettre, est l’œuvre d’1 capitaine de mes amis qui était passé à Gomelange ; c’est 1 rescapé de Dunkerque. Il fait ses dessins sur linoléum et les tire à l’encre d’imprimerie. J’ai pu enfin obtenir 1 lettre supplémentaire que j’ai écrite à l’oncle Jacques. Une lettre est longue à écrire dans ces circonstances ; je n’avais d’ailleurs demandé qu’1 carte. Si vous pouviez lui suggérer de vous donner la lettre réponse, vous pourriez l’employer : j’ai écrit le 16. As-tu remarqué que le 4 août est aussi la fête du petit Dominique ? À l’occasion du 14 juillet, le général a obtenu que La Marseillaise soit jouée par l’orchestre du camp au rassemblement sur la grande place, pendant que nous saluions en direction de la France. Nous avons eu aussi une cérémonie à l’occasion de la mort du maréchal Franchet d’Esperey. Temps toujours épouvantable, froid, gris, pluie ; nous n’avons pour ainsi dire pas quitter nos capotes. Avez-vous beau temps ? Je vous suis à Senlis : dans le jardin, en forêt, en ville. As-tu trouvé 1 petite bonne pour te soulager, c’est la bonne formule. Très content que votre séjour à Rouvray vous ait profité à tous les 2. Tâchez de ne pas perdre ce que vous avez gagné. Bien reçu carte de Papa du 5 et celle de Geneviève du 8. J’attends la lettre de Gilles. Sont-ils tout à fait remis, s’amusent-ils à Senlis ? Ont-ils des amis ? Et le Kid ? Hier, nous sommes tous passés à la radio ; j’ai attiré l’attention du médecin sur mon cas ; il m’a examiné, a vu la cicatrice, mais tout est parfaitement en ordre, et rien ne subsiste, ce qui est parfait et me fait plaisir ; aussi peu de chose à espérer de ce côté, ce qui vaut peut-être mieux. Je tâcherai d’aller le voir de temps à autre. Vous ai-je dit que j’avais eu des nouvelles du fils de Nounou de Fourchabault, par 1 lieutenant (Laurent) qui est dans la même usine. Avez-vous des étoiles jaunes ? Y en a t-t-il à Senlis ? Les envois Pétain reprennent, nous avons reçu 2 paquets de cigarettes, des biscuits, de la confiture, du singe. Cela aide bien. Quel plaisir de se raser avec de bonnes lames ! C’est toujours différent. Je me suis confectionné avec des chutes de drap des chaussons pour mettre dans les sabots, très réussis. Vais toujours très bien ; notre moral fluctue au gré des événements. Nous n’avons guère d’espoir en cette fameuse relève. Donne-moi le détail d’1 de tes journées ? Comment les Martin viennent-ils à Senlis ? On ne parle plus de photos, c’en est désespérant, évidemment le temps ne s’y prête pas. Pourquoi appelez-vous Croix du Sud la décoration de Jean Auguste-Dormeuil ? Où vont les Auguste-Dormeuil en vacances ? Il y a eu quelques mises en congé ces temps-ci. Hier, dimanche pluvieux, nous en avons profité pour faire 1 tournoi de bridge par équipes. Je t’avoue que le fais peu d’allemand, il n’y a pas de cours de débutants. J’ai essayé d’en faire avec la méthode Assimil, mais mes connaissances ne vont pas plus loin. Les petits couchent-ils dans ma chambre à Senlis ? Ce doit être pratique pour Geneviève de les avoir dans 1 chambre séparée. Mes amitiés à Bernard quand tu le verras. Papa peut-il continuer à me faire des achats ? L’empoignade est très rude en Russie où les Allemands semblent avancer ; les terres à blé étant en leur possession, les Russes devraient avoir bientôt la famine. Bertin, toujours très sympathique, vient souvent nous voir. On attend le départ des malades pour bientôt. À quand notre départ à nous !! Avons trié des lentilles pleines de terre, quel boulot ! Je t’embrasse, ma petite Maman, de tout cœur, ainsi que tous.
27 juillet 1942

Ma petite Odile,

Reçu ta carte du 14. Voici enfin le beau temps, ça réjouit 1 peu le cœur. Je suis genre « maigre », le  genre « soufflé » ne se fait pas trop beaucoup ici. Au sujet bicyclette, je te déconseille d’entreprendre 1 voyage avec 1 bicyclette d’homme, cela te gênerait beaucoup. Mais qu’est devenue la tienne ? Veux-tu m’envoyer 1 paire de sabots, de préférence pieds en cuir avec semelle de bois, où à défaut, tout en bois avec échancrure coup de pied en cuir. Ma pointure de chaussure est de 43, prévoir large à cause des chaussons. Vous les feriez clouter : ceci, hélas ! en prévision d’1 nouvel hiver. Pouvez-vous me mettre plus souvent des biscuits dans mes colis ? Plusieurs camarades ont fait des demandes pour travailler en Allemagne, cela permet de quitter le camp et de mener 1 vie un peu plus libre. Je ne sais ce que je pourrais faire ; j’attends pour avoir des nouvelles de ceux déjà partis, il ne faut pas se presser et voir venir. Avez-vous des bonnes nouvelles de Jean ? Senlis a-t-il retrouvé son aspect d’avant guerre ? Je croyais René Chapellier (*) prisonnier ? Sur quel bateau est Guy ? Ne nous crois pas des Saints, loin de là ! Mais on a moins d’occupations que vous et plus le temps d’y penser. Vous embrasse tous.

8 août 1942

Ma chère Cécile,

Reçu lettre de Papa du 25. Dis-lui d’écrire sur les lignes, la censure me l’a rappelé. Reçu le très beau colis de Senlis : 1 œuf était cassé, les 5 autres parfaits, nous avons fait 1 omelette au lard succulente. Il y avait beaucoup de tabac. Papa peut en prélever plus d’1 paquet par mois. Peut-être serait-il bien que je fasse 1 offrande à la Croix-Rouge de Senlis, mais combien ? Non, je ne peux pas avoir d’étiquette colis supplémentaire, mais vous pouvez forcer 1 peu le poids, aller jusqu’à 6 à 7 kgs, l’essentiel c’est qu’il soit accepté à la gare de départ, ensuite ça va. J’avais vu, dans La Vie industrielle, la cession de l’oncle Chapellier (*) . Que va-t-il faire au Maroc ? Nous n’avons plus de douches chaudes, faute de charbon ; le mauvais temps continue. Dimanche dernier, kermesse parisienne troublée par 1 orage intempestif. Avons touché sardines et confitures Pétain. Nous ne croyons pas à la Relève ici. Le poulet envoyé par Maman était délicieux avec des petits pois frais ; nous en avons même mangé les cosses cuites, mais ce n’est pas fameux. Le clergé du camp préparer une grande fête pour le 15 août, consécration du camp à la Sainte Vierge. Le 5, ai communié à l’intention de Maman. Pouvez-vous m’envoyer 1 chemise kaki solide, col tenant, encolure 40 ? L’électricité nous est rendue jusqu’à 10h du soir. Pourquoi ton oncle a-t-il vendu ses meubles ? Que Papa ne fasse rien pour Chabaud, ça n’en vaut pas la peine. Roger est à 40km d’ici. Patrice passe ses journées de beau temps chez Mimi, il lui tient bien compagnie. Papa n’a pas d’occupation très gaie, je veux parler de la concession au cimetière. Très bien pour l’ abricotier qui a enfin compris son devoir en ces temps de restrictions, de même pour les produits du jardin. On a l’impression ici que le règne du piston n’a jamais connu d’aussi beaux jours. Il est impossible que la Providence se désintéresse de notre sort, alors que d’autres continuent leur vie heureuse ! Il y a quelques phonos dans le camp et on est content d’entendre des airs d’avant la guerre. Ne vous inquiétez pas s’il y a des retards dans mes lettres, on nous les distribue irrégulièrement, comme celle d’aujourd’hui. Si par hasard, tu as un peu de glucocalcium ou d’huile de foie de morue en pilules, ce sera le bienvenu. 1 petite lettre à Gilles : « Mon cher petit Gilles, ton oncle Zitt (*) a été très content de recevoir ta longue lettre, très bien écrite. C’est gentil de ne pas l’oublier, car voici longtemps que tu ne l’as pas vu. Te souviens-tu de lui ? T’amuses-tu bien avec Jean-Michel ? L’oncle Zitt aimerait bien vous revoir et ne vous oublie pas. Demande à ta Maman de t’acheter ainsi qu’à Jean-Michel quelque chose qui vous fasse plaisir, bonbons ou jouets ? Dis-lui de prendre ce qu’il faut dans la tirelire de l’oncle Zitt. Je t’embrasse ainsi que tes 2 petits frères. Onlce Zitt ». Y a-t-il des amis à voir à Senlis ? Les Herbet, Lefèvre ? 2 officiers de la Standard ont été libérés. Vais toujours bien, m’occupe bien, mais c’est bien long. As-tu de bonnes nouvelles de Jean ? Je ne crois pas beaucoup à la libération des forestiers. Profite bien de tes vacances, tu dois rendre bien des services à Senlis avec les petits. Et tes acquisitions de bois ? Ai envoyé fin août 50 Marks à mon compte. T’embrasse ainsi que tous.
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