2. Le voyage et mon séjour








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160.000 F CFA / mois, soit 243,20 € / mois (cela fait beaucoup). Il me montre le dépliant d’Isocèle qui le confirme (mais ce prix est la fourchette haute).

Il me parle d’acheter un marécage (qu’il appelle un « bas-fond ») où l’on pourrait y cultiver du riz et du taro.
Le soir Daniel m’offre un jus de bissap, le fruit d’un ibiscus, au goût de bonbon anglais, puis m’amène de nouveau chez Madame Zanvo. Quand il fait très chaud l’après midi, Daniel m’offrira régulièrement du jus de bissap bien frais, apporté souvent par un jeune.
Jocelyn me dit que Daniel a beaucoup d’ambition pour ABJED.

Il me dit que les Béninois veulent avoir une maison, un 4x4 et de beaux vêtements.
Entre eux, les personnes du quartier parlent la langue majoritaire du Bénin, le Fon (parlée par 80% des Béninois).

On m’explique que tout le monde, au Bénin, parle des langues vernaculaires (locales), telles que le Fon, le Goun, le Nago, le Yoruba, le Cueda, le Seto, l’Adja. Le Français, quant à lui, est parlé à la télévision et dans les administrations.
Durant mon séjour, je regarderais souvent la télévision béninoise, car je n’aurais souvent que cela à faire.
La chaîne de télévision nationale publique béninoise, l'ORTB35, semble être aux ordres du pouvoir36. Un aucun esprit critique se semble apparaître dans ses émissions, que cela soit envers le pouvoir et le président de la république actuelle, le docteur Thomas Boni Yayi37. Sur cette chaîne, il toujours présenté comme un « bon père de famille », bon pour son peuple, tel un président paternel. On le voit souvent porter un chapeau de paille. Il ne porterait pas de chaussettes.
On y montre le président, par ci, par là, inaugurant telle réalisation, présidant tel meeting etc. Les déclarations des ministres ou des hommes du parti du président (qu’on appelle, ici, les « mouvanciers ») sont aussi diffusés, ainsi que beaucoup de communiqués gouvernementaux. Je note que chaque jour, vers 19h, sur cette chaîne nationale de TV béninois, des avis de décès _ la notice nécrologique_ sont présentés.
Actuellement, beaucoup de « palabres » à l’ORTB, en particulier en relation avec la commémoration de la Journée de la Femme, du 8 mars. Ces commémorations dureront pendant plus d’une semaine, sur cette chaîne.

On y présente aussi la campagne de lutte contre le ver de Guinée, causant la dracunculose.

On y informe que toutes les chaînes de télévisions béninoises devraient passer à la TNT en 2015.

Je constate que beaucoup de musique passe sur les 3 chaînes que j’arrive à capter (comme à Madagascar).

J’y apprends qu’une zone franche industrielle38 (ZFI) de 230 ha a été installée, en 2005, à Sémè-Podji, à l’Est de Cotonou, à 5 km de la frontière nigériane. Dans le reportage, on voit que certaines parties sont encore en friche.
Une publicité, pour Fort Yam, un complément alimentaire, vente ses vertus « aphrodisiaques » sur la sexualité masculine.
Je suis frappé par le fait que Daniel passe beaucoup de temps sur Internet39 _ plusieurs heures par jour _ et qu’il se débrouille remarquablement bien en informatique. Il me dit qu’il avoir son équipe d’informaticien (j’en rencontrerais un, ultérieurement, M. Mahafous SAKA).
Le soir, parlant avec véhémence, Daniel me dit être dégouté par les palabres politiques. Il se dit être admirateur de Vladimir Poutine, selon lui le modèle de l’homme fort [qui supprime les palabres politiques].

J’ai du mal à le comprendre, alors que les Béninois se sont battus pour renverser le régime despotique de Matthieu Kérékou. Je suis déçu par ses déclarations, d’autant que, pour moi, il est évident que Poutine est un homme dangereux40 pour la paix dans le monde. Daniel serait-il antidémocrate, cédant aux chants des sirènes populistes ? Comment Daniel, s’affichant comme chrétien, peut-il admirer cette personnalité aussi dure, sans état d’âme ?
Vers 2h du matin, éclate un violent orage, qui a le mérite de rafraichir l’air. Le bruit de la pluie sur la tôle ondulée est assourdissant41.
Jeudi 6 mars 2014
Il me fait visiter un local, totalement clos et comportant une porte en fer [donc protégé contre les vols, contrairement au local ouvert qu’il utilise actuellement], qu’il voudrait utiliser comme le futur local des cours.

Je trouve ce local, mesurant 4 m x 4 m, soit 6 m2, très petit. Juste à côté, se situe un local jumeau.

Chaque local serait loué 10.000 F CFA / mois, soit 15,2 € / mois (ou 30,4 €, si l’on loue les deux locaux).

Il m’affirme pouvoir « caser » jusqu’à 20 personnes par local.

Il me dit de me presser pour l’aider à les louer, sinon ces locaux risquent d’être loués à d’autres personnes. Sinon, il me propose d’aller chercher un autre local. Je ne suis pas très enthousiaste [pour sponsoriser cette location etc.].
Il me parle que j’achète 2 ordinateurs complets et 3 écrans plats qu’il a vu dans un petit magasin à Togoudo, le long du grand boulevard à 4 voies. Ainsi, il aurait enfin à sa disposition une vraie salle informatique, suffisante pour monter son cybercafé. Il m’affirme que les 3 écrans plats coûteraient entre 20.000 et 30.000 CFA42.
Il ne s’arrête pas et continue de plus belle.

Il m’affirme aussi qu’il existe un abonnement Internet pour le cybercafé moins cher à 150.000 F CFA soit 229 €.

Puis, il me parle de la trésorière d’ABJED, Edwige A., qu’il me fera rencontrer la semaine prochaine. Cette dernière apportera l’une des deux signatures nécessaires pour l’ouverture du compte bancaire à la Diamond Bank.
Daniel me dit s’être renseigné sur le prix des écrans plats et des ordinateurs ont il m’a parlé. Et voici les chiffres :

Chaque écran plat coûte 45.000 F CFA (soit 68,40 €). Les trois écrans coûtent au total 135.000 F CFA (soit 205,20 €).

Un des deux ordinateur complet coûte : 110.000 € (167,20 €), l’autre : 135.000 € (soit 205,20 €).

Daniel voudrait bien que j’achète pour ABJED tout l’ensemble (soit 410,40 €).

Je trouve qu’il exagère et je le lui dis et lui dit d’apprendre à rester respectueux de mes faibles moyens financiers.
Comme je m’en apercevrais durant mon séjour, Daniel, encore et toujours, me sollicitera, sans fin, pour obtenir toujours plus l’argent de moi. Il ne s’arrête jamais43.

Comme je n’ai de nouveau rien à faire, je regarde une nouvelle brochure, de sensibilisation des jeunes à la reforestation « Felix et amis, arbres après arbres », de l’ONG « Plant for the planet », prêté par Daniel.
L’après-midi
Nous devons assister à 14h20, à la soutenance d’une thèse sur les conditions sanitaires de la filière de la transformation de l’arachide, d’un de ses cousins, à l’Université d’Abomey-Calavi. Nous y rendons avec 30 mn de retard. Ce que je comprends de son exposé est qu’il faut faire attention aux conditions d’humidité durant son stockage, pour éviter les moisissures et bactéries.

A la fin de son exposé, le jury constitué de professeur met le doctorant endimanché sur le grill. Mais les questions posées portent plutôt sur la forme (les fautes d’orthographes, les problèmes de présentation … dans la version polycopiée du mémoire) que sur le fond. Daniel me dit que ces questions critiques ne sont que pour la forme et que son cousin obtiendra bien son diplôme (doctorat).

Le doctorat, intimidé, dont on sent le tract, effectue son exposé à l’aide d’un vidéoprojecteur. A un moment donné, suite à une panne de courant. Il est obligé de continuer sa démonstration, sans cette aide précieuse.
Je note, durant sa présentation, que l’arachide serait un « produit à forte identité géoculturelle ». On peut en faire de la pâte ou du tourteau. Son tourteau pourrait nourrir les pays en voie de développement. Il faudrait des moyens de conservation à long terme, mais qu’il y a le problème de contamination. Or les normes sont très strictes, dans l’Union Européenne.

Je suis étonné que cette thèse ne comporte aucune étude microbiologique [au microscope] des pathologies touchant les graines d’arachides. Il cite juste une revue de microbiologie.
A la sortie de la salle servant aux soutenances de thèses, Daniel me présente un arbre, le campêche44, qu’il propose comme choix possible pour les haies épineuses de sa future ferme-école.
En fait, l’université est en grève depuis 2 à 3 mois, les enseignants réclamant une revalorisation de leurs salaires. Et durant de temps, les étudiants ne vont plus en cours. Ils sont désœuvrés.
Puis nous allons visiter « le grand chef du quartier », qu’il appelle « papa », selon ses termes. Ce dernier nous reçoit en boubou traditionnel. Il me dit avoir travaillé 7 ans en Suisse, en tant qu’ingénieur électricien électronicien à Lausanne. C’est lui qui loue à Daniel la grande salle ouverte où Daniel donne ses cours. Cette salle ainsi que celle d’à côté sont les restes d’une école d’électronique et d’informatique que ce Monsieur « papa » avait voulu lancé, à son retour de Suisse. Aventure entrepreneuriale s’étant soldée par un échec financier.
Le soir, Daniel et moi nous dinons dans un restaurant proche d’un repas à base de poissons frits et d’une pate de maïs fade qui a la consistance d’une gelée blanche dure. Il est accompagné d’un jus de baobab, un jus fort mais bon.
Jocelyn, que nous retrouvons, dans notre cours en terre battu, en train de discuter avec les étudiants voisins de Daniel, justifie le désamour des béninois pour les produits locaux, par le fait que les élites béninoises ont été formés en France et on adopté le mode de vie des Français ou des Européens45.
Note : Je pense aussi que ce qui entre en jeux est la qualité et la présentation des produits béninois ou Africains.

J’imagine que les Africains devraient inventer un marché commun (ou OUA) pour les producteurs agriculteurs africains afin de pouvoir mieux résister à la concurrence déloyale des subventions agricoles européennes ou américaines.
Pour lui, les béninois ne réfléchissent pas46, il n’y a pour eux que l’argent facile.

Jocelyn ne veut pas d’enfants. Car selon lui, les enfants coûtent chers.

Selon lui, il faut payer :

  • 500.000 F CFA / an (soit 760 € / an) pour les études (secondaires ?) des enfants.

  • 650.000 F CFA / an (soit 988 € / an) pour un BTS.

  • 1.600.000 F CFA / an (soit 2432 € / an) pour un master.


Les Béninois devraient bénéficier de la RAMU, régime d’assurance maladie universelle.

Seulement 1% des Béninois cotisent à l’assurance maladie.

A l’hôpital, on ne devrait pas payer, mais, en fait, on doit payer pour tout.
La main d’œuvre de base est souvent payé 600 F CFA / jour (soit 0,91 €). Il faut vraiment aimer son travail à ce prix là. Le SMIC béninois est fixé à 35.000 F CFA (~ 53,2 €).
Dans un documentaire sur l’école INPHB (Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny) d'Abidjan, passé sur l’ORTB (je crois), son directeur général indique que les frais de scolarité, de repas, d’hébergement des étudiants, s’élèvent à 2.400.000 F CFA / an (soit 3 648,00 € / an). Ce n’est pas donné pour un Africain.
Il y a beaucoup de fraudes et d’évasion fiscale au Bénin, en particulier à cause de la porosité de ses frontières (en particulier avec le Nigéria). Il y a des circuits informels, par exemple, pour l’essence de contrebande venant du Nigéria, pour le fer à béton (impossible de faire des recoupements fiscaux).
Effectivement, on voit partout, de l’essence de contrebande venu du Nigéria voisin, vendu en bord de route et partout en ville, dans des bidons, bouteilles en verre ou dame-jeanne (pour 550 F CFA le litre, soit 0,84 € le litre).

Selon Daniel, il y aussi le trafic du bois avec les chinois.

Daniel pense qu’il faudrait couper le Nigéria en deux, car trop grand.
Daniel déclare, en nous disant être l’auteur de cette citation, que l’Afrique souffre des trois « P » : Politique, dans mes Poches, avec mes Proches. Selon lui, ce sont elles qui tue le Bénin.

Jocelyn dit qu’on gagne beaucoup d’argent avec le commerce de la pollution, des déchets toxiques venant des pays riches, importés illégalement en Afrique.
Daniel me dit craindre que le gouvernement béninois, en aidant à développer l’ONG Songhaï au Bénin, en particulier par de nouvelles implantations dans le Nord du Bénin, récupère l’ONG Songhaï à son profit.
Vendredi 7 mars 2014
Le soleil est de retour.

On entend beaucoup de chants d’oiseaux dans le quartier. Je vois surtout des sortes de merles, des tisserins jaunes, construisant leur nid surtout sur les palmiers à huiles du quartier, et des tourterelles dont on entend le roucoulement « KhouKhouKhou », même au milieu de la nuit.
Je constate que la ville subit beaucoup de coupures de courant, déjà hier lors de la soutenance de thèse, hier soir, ce matin entre 8h et 9h30 … Cela sera une constante pendant toute la durée de mon séjour.

Je ne parle même pas du problème de ses multiprises chinoises de mauvaise qualité (dangereuses) _ il n’y a que ça au Bénin _ provoquant souvent des coupures de courant intempestives, à la maison, à cause de faux contacts.
Daniel me montre un terrain de 500 m2, à vendre, clos d’un mur d’environ 1,5 m de haut. Il serait en vente pour 8.000.000 F CFA, soit 12.160 €.
Il me montre la page Facebook de l’ONG GHA de Florence. Et me montre, qu’elle l’a mise à jour avec les photos qu’elle a prises lors de son dernier voyage au Kenya en décembre dernier47.
Selon Daniel, nous nous devons d’être très prudent face aux autres ONG et d’une manière générale.

Selon lui, il faut estampiller nos photos (dont celle de son ONG) par un copyright, sinon des escrocs vont réutiliser ces photos pour des pseudo-projets humanitaires (il ponctue sa déclaration d’un « je sais de quoi je parle »).
Dans un terrain vague bordant le local de Daniel, le ricin48, identifiable par ses boules hérissées de pointes, poussant à l’état sauvage.
Vers midi, nous passons à la banque ECOBANK, où je retire 100.000 CFA (152 €) et je change 300 €.

Une publicité, affichée sur un mur de la banque, indique qu’on peut payer directement avec son téléphone portable avec « NTM Mobile money ».
Daniel me pousse fortement à acheter les deux ordinateurs complets, je résiste à ses incitations _ d’autant que je constate que tout ce matériel est d’occasion (un des écrans et le boîtier de l’UC ont reçu un coup) _, mais j’achète, malgré tout, le tout pour Daniel, c’est à dire :


  • 3 écrans plats x 45.000 F CFA (68,40 €) = 135.000 F CFA (soit 205,20 €).

  • 1 ordinateur complet DELL x 110.000 FCA = 110.00 F CFA (167,20 €).

  • Soit au total : 245.000 F CFA (372,40 €).


Avec tout ce que j’ai retiré 196.000 F CFA (300 €) + 100.000 F CFA et ce que j’ai dépensé 245.000 F CFA, il me reste un solde de 51.500 F CFA (78,28 €) (que je remettrais à Daniel).
Avec toutes ces dépenses passées49 (avant ma venue) et avec cette nouvelle dépense, toutes ces sorties vont me mettre dans le rouge, au niveau de mon compte bancaire.
Je me sens faible. Pendant toute la durée du séjour, je me sentirais faible.
Ultérieurement, je découvrirais par le documentaire "La tragédie électronique", de Cosima Dannoritzer, passé sur ARTE, le 20 Mai 2014, que tout ce matériel d’occasion _ souvent en fin de vie _, est revendu par les sociétés de recyclage (en Europe) à des sociétés de Hong Kong 5 €, puis revendu 10 € en Afrique, par ces sociétés de Hong Kong. Et qu’il est revendu par les magasins en Afrique 25 €, en moyenne. Bref Daniel et surtout moi nous nous sommes fait avoir. Et de plus, ce matériel est peut-être déjà en fin de vie, donc risquant de tomber en panne rapidement. La belle affaire qu’a cru faire Daniel n’est peut-être pas une si bonne affaire ( !). Daniel avait acheté un ordinateur dont l’écran est vite tombé en panne. Il a aussi acheté un régulateur (onduleur) qui est tombé en panne au bout de 3 ans.

Arrivé chez Daniel, j’ai constaté que le lecteur de DVD de l’UC de l’ordinateur DELL que je viens d’acheter ne fonctionnait pas (heureusement, l’UC fonctionnera…. Mais pour combien de temps).

L’impatience permanente de Daniel nous a fait nous décider trop rapidement, sans suffisamment réfléchir50.
Daniel me montre une plante aromatique, qu’il appelle Oxymum, qui semble pousser à l’état sauvage ici (en fait, il parle du basilic, dont le nom latin d’espèce est l’Ocimum basilicum, parfois écrit Oxymum basilicum).
J’essaye de me renseigner sur le prix de l’énergie : Une bouteille de gaz (Primogaz) de 6 Kg coûte 4600 F CFA (6,99 €). Et celle de 12,5 kg, 9500 F CFA (14,44 €).
Les « provenderies51 » sont les lieux où sont préparés et/ou sont vendus la nourriture pour animaux (la « provende »).

Ici au Bénin, un petit restaurant est appelé « maquis52 ».
A la télévision pour la journée de la femme, une émission demande aux femmes et hommes Béninois comment ils voient la femme. Un homme affirme que « la femme doit être bien habillé … mais avec décence ».

Une émission culinaire, sur BB24, présente la sauce Asrokouin préparé par le restaurant le Pithiviers (voir en annexe la recette de cette sauce).
Samedi 8 mars 2014
Daniel et moi avons une grande explication, assez dure, cette nuit (je crois que c’était lié à ses demandes incessantes d’argent). Daniel est tellement convaincu (presque fanatique) et épuisant, que je commence la journée avec de forts maux de tête. Durant mon séjour, à plusieurs reprises, Daniel me « prendra la tête ».

Daniel souvent m’appelle « B ». Or je n’aime pas cette interjection, donnant l’impression d’être un n°, et le lui ait plus ou moins fait comprendre. Une autre de ses habitudes est de dire « Du tout pas » à la place de « pas du tout ».

Une de ses phrases fétiches est « La fin de toute chose vaut mieux que son commencement »53. Ce qui compte ce n’est pas de lancer un projet mais de le faire aboutir.
Comme je n’ai de nouveau rien à faire, je lis une autre revue, que possède Daniel, « Consomm’acteurs, n°1, oct 2012 », la revue togolaise d’une ONG togolaise.

On y lit qu’au Togo, une personne sur deux n’arrive toujours pas à manger à sa faim. La malnutrition touche 14,3% des enfants du Togo (le double de celle du Bénin et du Ghana, deux pays proches). 97% des enfants du Togo aurait une mauvaise nutrition.

Je pense que le salut de l’Afrique passera par l’agriculture.
Ce matin, sur la chaîne de télévision BB24, le dirigeant d’une société de fabrication de noix de cajou54 lance un appel au secours, auprès du gouvernement, pour un meilleur accès l’électricité et pour l’amélioration de l’état des routes.
Je découvre que la majorité des produits vendus dans la petite boutique de « Maman Zanvo » sont importés : concentré de tomate de Chine, savons occidentaux, sucre de Betterave Saint-Louis venant de France (au lieu de sucre de canne local). Un seul produit, un savon, est béninois.
Sur un énorme terrain situé à proximité, dont une partie est consacré à des activités agricoles, l’organisme PADER dispense des formations agricole et en élevage (cuniculture, transformation d’ananas, beurre de karité …).

Je me demande si les activités d’ABJED ne font pas double emploi avec celle de PADER. Mais selon Daniel, le prix des formations de PADER seraient bien plus élevés.
Daniel me montre un stock de bois illégal, qui serait géré par les Chinois selon lui, dans le quartier de Togoudo, dont je note les coordonnées GPS : N °6°24.481’, E 002°19.753’55.

Les troncs sont déjà débités sous la forme d’avivés. De loin, on dirait un dépôt de traverses de chemin de fer.

J’ai essayé, à plusieurs reprises, de prendre discrètement ce dépôt, en photo. Mais des béninois sont toujours présents et s’activant dans le dépôt, jours et nuits, y compris les WE (même le dimanche).

Une nuit, je découvre un camion semi-remorque (qu’on appelle un « titan » au Bénin), ainsi que deux plus petits camions, dans le dépôt, autour desquels s’activent des personnes.
Aujourd’hui, Maman Zanvo  et Joséphine prépare de la salade de grande et petite morelles (solanacées)56.
La chaleur est caniculaire.

Je regarde de nouveau la télévision. C’est la chaîne BB24 qui présente le plus de documentaires, souvent sur l’agriculture et l’élevage.

On y présente un documentaire sur Abomey, la cité historique des rois du royaume du Dahomey et cité de l’artisanat. Abomey se trouve à une centaine de km au nord d’Abomey-Calavi.
Un autre documentaire indique qu’on peut trouver les semences certifiées (de riz …) auprès de l’INRAB57, CERFA et

D’AGRI / FIDA. Les boutures (tiges) de manioc auprès de la SCFA (selon l’association nationale des semenciers du Bénin).
Selon un autre, le Service des Volontaires de l'Université d’Abomey-Calavi apprendrait aux jeunes la responsabilité, la rigueur, la ponctualité, l’exactitude, l’amour du travail bien fait, selon la déclaration des Nations Unies qui stipule que « Nous, les peuples, nous avons le pouvoir de changer le monde ». Il contribuerait au renforcement des capacités des nouveaux diplômés de l’Université d’Abomey-Calavi. Il les accompagnerait, pour mettre en valeur leur potentiel scientifique et social, à partir de l’Université pour après l’Université. Il serait un incubateur d’entreprise.

Je me pose alors cette question : « et si cet organisme n’offrirait pas des services proches de ceux d’ABJED ? ».
Dimanche 9 mars 2014
Ce matin, Daniel m’amène, sur sa moto, à l’office du temple universitaire de l’église apostolique (une église protestante plutôt charismatique). L’office est particulièrement long, se déroulant de 9h à 12h.

L’église qui doit accueillir plus de 200 fidèles est bondée. Il fait excessivement chaud, sous le toit en tôle de l’édifice.

Je n’arrive à tenir que parce qu’un voisin me prête son éventail58 et à cause des chants rythmés. Toutes les femmes de la chorale portent la même robe bariolée. Certaines dansent sur la scène.

« Quand la musique est bonne » dit la chanson de Jean-Jacques Goldman.

L’office est dirigé par une femme pasteur béninoise.
Au retour, nous nous arrêtons pour visiter un élevage de poules, dont le propriétaire aurait été conseillé par Daniel (au niveau prophylaxie et soins sanitaires). Les poules pondeuses toutes rousses se portent bien, mais les poulets de chair [à viande], aux plumes blanches, sont déplumés, peut-être à cause de la trop grande densité de ces poulets dans leur enclos grillagé.

Selon Daniel, une poule pondeuse peut consommer 50 kg de provende avant de pondre.
A 15h, Daniel commence ses cours d’aviculture, dans le cadre de son association ABJED. Il y a 14 élèves garçons, et aucune fille.

La formation qu’il dispense dure 3 mois. Daniel m’explique que souvent à la fin de la formation, il ne reste que 6 élèves, à cause du manque d’argent des apprenants. Au début du cours, il insiste auprès des élèves qui le l’ont pas encore payé. Le prix de la formation de 3 mois coûte, pour chaque élève : 13.000 F CFA (soit 19,76 €), ce qui n’est pas très élevé (son prix se base sur le fait d’avoir 30 élèves au départ de chacune de ses « vagues » de cours).

Il demande à ses élèves d’aller eux-mêmes photocopier chacun des cours (prêté pour l’occasion), chaque document photocopié coûtant ~ 600 F CFA (soit ~0,91 €).

Selon Daniel, les stages concurrents coûtent de 15.000 F CFA (22,80 €) à 30.000 F CFA (45,60 €), par jour. Ses cours sont donc les moins chers.
Je note que c’est un très bon enseignant. Il est précis, rigoureux. Ses cours d’aviculture sont très complets.

Daniel donne l’impression d’un vrai professeur reconnu par l’éducation béninoise (ce qu’il n’est pas).
Il me dit qu’il est contre les cours théoriques (ce dont il a souffert à l’université) et qu’il veut un retour à la pratique.

Il m’affirme qu’il ne peut y voir de développement [en Afrique], sans les femmes.

Dans son cours, il montre les divers avantages de l’élevage des poules. Par exemple, l’engrais obtenu à partir du fumier de poule est moins cher que les engrais chimiques et a moins d’incidence sur les cultures.
A la fin du cours, alors que je veux discuter avec les élèves, Daniel me met en garde « si tu fais ami-ami avec tout le monde, tu auras beaucoup d’ennuis » [en raison de ma couleur de peau, le blanc étant perçu comme riche].

Sur BB24, j’apprends que l’état béninois est souvent un mauvais payeur, payant souvent ses fournisseurs à plus de 2 ans.

Dans une émission sur la journée de la femme, il est dit que les mariages précoces, forcés et la polygamie existent toujours au Bénin.
Lundi 10 mars 2014
Il a fixé l’heure de démarrage de ses cours à 8h. Ses élèves ne sont pas toujours ponctuels. A 8 heures, il y avait 12 élèves, à 9h, 14 élèves.

Je note quelques conseils dispensés durant ses cours. Il préconise :


  • de répandre de l’huile de moteur, sur le sol autour du poulailler, pour empêcher l’attaque des fourmis (une solution pas très écologique, de mon point de vue).

  • d’utiliser un pédiluve, pour désinfecter les mains et les pieds, avant d’entrer dans le poulailler.

  • De donner, comme provende aux poules, du paddy (du riz non décortiqué), des graines germées, du tourteau de graines de cotons _ seulement si les graines sont issues de cotons bio59 _, des drêches60, du Leucaena glauca61 ( ?) …

  • De renverser de la bouse de vache mélangée à de la paille, sur les sols argilo-sableux, pour attirer les termites (les termites étant consommées par les poules).

  • De donner régulièrement des vitamines aux poules _ des sachets de 100 gr (à 200 F CFA, 0,30 €) de Tetracolivit62 63, mais aussi des compléments minéraux vitaminés (CMV) …

  • Les margouillats (lézards) peuvent être utiles pour lutter contre certains insectes sources de parasites.


Il aborde ensuite les maladies des poules : coccidioses, tuberculoses aviaires (qu’on peut traiter durant 6 mois) etc.
L’après-midi
Sur mon insistance, Daniel me transporte en moto jusqu’à au
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