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Un séjour au Bénin
Du 4 au 25 mars 2014.

Par Benjamin LISAN, fait à Paris, le 31/03/2014. Mise à jour le : 21 mai 2014 à 21h40
« Dans ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire », Georges Orwell.

1. Introduction



Depuis l’enfance, j’ai toujours été sensible à l’injustice et à la malhonnêteté. Et toujours rêvé de contribuer à un monde plus juste et plus honnête. Mais toutes mes expériences m’ont convaincu que je suis terriblement un profond naïf et que cet idéal est un objectif inaccessible, comme ce voyage à vocation humanitaire le démontrera.
Cette fois-ci, mon Voyage au Bénin avait pour but de soutenir moralement, financièrement et matériellement, une association environnementaliste béninoise _ l’ABJED, Association des béninois jeunes pour un environnement durable1 et son fondateur_ Daniel ... Et de leur apporter deux ordinateurs (2 UC), un équipement réseau2 et 11 tablettes tactiles. Je devais réaliser, sur place, un voyage exploratoire, afin d’y effecteur une étude pour l’installation d’une salle informatique, pouvant se transformer en cybercafé, le soir et le WE3.
Dans ce compte-rendu, j’ai voulu aussi raconté l’histoire d’une arnaque, la mienne, afin de mettre en garde d’autres personnes bien intentionnées, dont les acteurs humanitaires, afin d’éviter que ce genre d’aventure leur arrive4.

Mais j’en profiterai aussi, pour décrire certaines choses distrayantes survenues durant mon séjour, et les spécificités et l’atmosphère du Bénin et montrer que ce voyage n’a pas eu que des aspects négatifs.

Par ce récit, je veux transformer cette expérience négative, en expérience positive. Qu’il vous soit utile.

Le lecteur pourra reprocher à mon récit de ne pas être synthétique. Mais il sera aussi très riche en informations.

2. Le voyage et mon séjour



Pour la première fois, je choisis une compagnie aérienne, Brussel Airline5, dont j’ai été satisfait. Je ne la connaissais pas, je savais juste qu’elle desservait fréquemment le Bénin.

Avec cette compagnie, j’avais le droit à 2 bagages de 24 kg, en soute, et un bagage, en cabine, de 8 kg. Et donc, je partais avec 56 kg d’affaires personnelles et de matériel informatique6. Une charge assez lourde.
Dans l’avion, je suis assis à proximité de deux sœurs catholiques, toutes de blanc vêtues, Evelyne et Monique, qui se rendent à Abidjan et à côté d’un Français, travaillant dans l’hôtellerie et ayant sa famille à Cotonou.

L’une des sœurs me parle du caïlcédrat7, un grand arbre miracle, ne perdant pas beaucoup ses feuilles en saison sèche. Elle me parle aussi d’une plante médicinale, la centenaria ou centella8, aux feuilles rondes, qu’elle utile pour cicatriser et soigner les yeux et aussi en salade.
J’étais plutôt préoccupé au départ de ce voyage, en raison de divers soucis en relation avec Daniel et une autre personne, Florence, directrice d’une ONG, que l’appellerait ici sous le sigle GHA et me faisant maintenant douter de la pertinence d’avoir maintenu, contre vent et marée, mon voyage au Bénin.

A cause de ces soucis, qui m’avait faire perdre beaucoup de temps, je n’étais pas arrivé à préparer, à temps, toutes les tablettes numériques destinées à l’Association ABJED. Et à cause de toutes ces pertes de temps, je n’avais pas eu le temps de renseigner, avant mon départ, sur la situation intérieure du Bénin9, contrairement à mon habitude.

Je ne connaissais même pas le nom du président de la république actuelle du Bénin10.
Accessoirement, j’étais aussi inquiet à cause de la situation en Ukraine, rappelant étrangement la crise des Sudètes11 et qui pouvait avoir des répercutions aussi graves que de déboucher sur une 3ème guerre mondiale.
Un bref retour en arrière dans le passé
Pour comprendre ces soucis et à ce qui m’avait amené dans cet avion vers le Bénin, effectuons un petit retour dans un passé récent.
J’ai connu Daniel, il y a environ 4 ans.

Au départ, pendant 2 ans, j’ai été relativement prudent, car souvent Daniel était bizarre, fantasque, ne disait jamais ce qu’il cherchait auprès de moi. Il n’était jamais clair sur ses intentions à mon égard, tout en se réclamant, en permanence, de mon amitié, et tout en m’affirmant sa grande estime pour moi, pour le fait d’avoir mis en lignes des documents importants, sur mes deux sites Web, l’un pour aider aux projets de reforestations, l’autre pour le développement durable, tous les deux pour les pays en voie de développement12.
Au départ, il donnait plutôt l’impression d’être un « simple d’esprit ». Le nom, de départ, de son association « Opération bénédiction » et les affirmations appuyées et incessantes de ses convictions chrétiennes, ne m’inspiraient guère confiance. Mais j’essayais d’être toujours correct avec lui et de jamais lui opposé une fin de non-recevoir, parce que justement il paraissait « simple d’esprit ».
Puis au bout de 2 ans, il a changé le nom de son ONG et il lui a donné un nom me semblant plus sérieux « Association des Jeunes Environnementalistes pour un Développement Durable ». Progressivement, il est apparu remarquablement intelligent, très fin, très sérieux. J’avais l’impression d’assister à un miracle inexplicable13.
Ensuite, il m’a envoyé régulièrement des photos des jardins scolaires et de mini-élevages qu’il avait créés pour des élèves et les associations de femmes, qu’il avait ensuite accompagnés. Sinon, il m’avait envoyé des textes avec photos sur des jeunes qu’il avait accompagnés dans l’installation de leur élevage (lapins, poulets de chair …) ou de leur jardin maraicher.

Ensuite, encore, il m’envoya aussi la déclaration en préfecture, au Bénin, de son association et le scan recto verso de sa carte d’identité. Tout cela, à la longue, m’a paru sérieux et plutôt sympathique et m’inspirait confiance.
Apparaissait bien plus intelligent, qu’il y a deux ans, il montrait de vraies connaissances d’expert en agronomie et écologie, même si ses nombreux écrits restaient constellés de fautes d’orthographes. Je ne comprenais pas que, durant 2 ans, il n’avait pas eu l’intelligence de me montrer ses vrais ses talents, ses réalisations, et de se faire passer pour un quasi « simplet ». Daniel apparaissait toujours bizarre, incernable, mais toujours bourré d’idées14.
Par moment, j’avais maintenant l’impression que nous étions régulièrement sur la même longueur d’onde et qu’on s’entendait bien. Il semblait se rapprocher tous mes points de vue sur le développement durable de l’Afrique.
La centaine de photos qu’il m’avait envoyée par Internet _ me démontrant ainsi l’utilité de son association et ses actions pour les jeunes _ m’avait, finalement, convaincu de venir l’aider sur place au Bénin, en mars 201315.

D’autant que l’idée de ferme-école était vraiment l’idée que je voulais promouvoir en Afrique, depuis 2008, à cause de la dégradation écologique rapide de ce continent (en particulier pour lutter contre sa déforestation rapide etc.).

Donc, durant 1 ou 2 ans, je me suis vraiment battu et ai passé un « temps fou » pour Daniel pour préparer des dossiers pour lui, pour ses projets, afin de tenter de trouver des mécènes pour les financer16.
La survenue de Florence dans nos projets :
Au moment, où je recherchais une personne dans la recherche de mécène, un ami en qui j’avais confiance, Patrick, responsable, avec son frère Olivier, de l’ONG l’Homme et l’environnement, agissant à Madagascar, m’a mis en relation avec Florence, président de l’association humanitaire GHA. Cette dernière agissant surtout au Kenya, était présentée comme une experte de la recherche des financements humanitaires.
Finalement, cette dernière me contacte par mail, puis par téléphone, le jeudi 19 septembre 2013, se recommandant de Patrick et se présente comme la spécialiste de la recherche de financements.

Son arrivée semblait miraculeuse et tomber à point nommée, comme celle du chevalier blanc.
Au départ, Florence nous affirmé que, suite au rallye automobile qu’elle avait effectuée en Afrique, Volkswagen, son sponsor, lui avait offert 10.000 € pour faciliter la fondation de son ONG. Florence nous a promis de s’occuper de tout et d’obtenir de grandes rentrées d’argent. Au départ, elle nous promettait monts et merveilles17 18.
Florence semblait apparaître comme dynamique et très compétente. Et elle semblait donner des conseils avisés, sur tout. A départ, son association donnait l’impression d’avoir une certaine puissance financière. Par exemple, elle avait payé, rubis sur l’ongle, une somme de plus de 300 € pour le paiement de la publication au journal officiel de l’Association ABJED (ce qui n’avait jamais pu être fait jusqu’à maintenant par Daniel, par manque d’argent) et l’abonnement Internet 3G de Daniel.

Ainsi, par ses déclarations fermes et ses gestes financiers, elle a très vite pris de l’ascendant sur nous.

Un jour, elle m'a même bombardé, à mon étonnement, "responsable Bénin" pour son association, sans me consulter, ni consulter les membres du bureau de son association19.

C’était presque la « lune de miel » entre nous.
Mais en moins de 2 mois, à partir de janvier, sans que je comprenne ce qui m’arrivait, sur différents prétextes concernant ma communication20, elle avait réussi à m’évincer du projet que j’avais initié, avec Daniel, pour le développement du Bénin, depuis 2 ans.

Ce que je ne comprenais pas est que Daniel systématiquement semblait prendre sa défense. Je croyais que Daniel était naïf et qu’il était tombé sous son emprise mentale. Comme Florence avait employés des moyens que je sentais malhonnêtes21, je n’étais pas disposé à me faire déposséder de mon propre projet.

Et c’est pourquoi, j’avais décidé de tirer les choses, au clair, avec Daniel, afin de comprendre ce qu’il se passait22 et faire en sorte, en tenant mon engagement de venir avec le matériel informatique promis à Daniel, que Florence ne « mette pas le grappin » sur le projet.
Par ailleurs, je m’étais démené pour faire parvenir _ via un béninois prénommé Charles _ un ordinateur portable à Daniel, afin fin décembre, afin qu’il puisse assurer ses cours à temps23 _ action pour laquelle Daniel m’avait d’abord félicité, le 25 décembre. Or maintenant, dans un mail du 3 janvier, Daniel m’en faisait désormais le reproche, m’affirmant que Charles lui avait conseillé de se méfier de moi, suite à mon action charitable.

Mais en même temps, il faisait tout pour me pousser à maintenir mon voyage au Bénin, après que je lui avais annoncé l’annulation de mon voyage.

Continuellement, son comportement me paraissait complètement déroutant, incompréhensible.

Ce sont ces contradictions que je ne comprenais pas.
Mardi 4 mars 2014
Tels étaient les sujets de préoccupation précédents, occupant fortement mon esprit dans l’avion. Je me disais que décidemment, la vie n’est pas un long fleuve tranquille et que cette aventure serait certainement plus dure que je le prévoyais. Mais je n’imaginais pas à quel point elle serait dure et imprévisible.
Pour me changer les idées, je lisais, dans la revue de la compagnie aérienne, qu’un organisme WAMU24 avait réussi à lancer la culture d’exportation d’haricots verts fins, au Kenya, en suivant des règles de qualité stricte. Et qu’en Côte d’Ivoire, la culture d’exportation des ananas suit les mêmes règles strictes, grâce à un système de traçabilité25.

Puis j’ai regarde le film « Tout est perdu », avec Robert Redford, un excellent film26.
Mon arrivée à Cotonou au Bénin
J’arrive dans la nuit à l’aéroport de Cotonou. Aucune affiche touristique dans le hall d’arrivée. Visiblement, le Bénin n’a pas misé sur le tourisme. Malgré mon encombrant matériel informatique, je passe le contrôle douanier comme une lettre à la poste. Dehors, il fait chaud, une chaleur moite et humide. L’avion a annoncé 28°C à Cotonou.
Daniel m’attend avec Julien et Gabriel, deux membres d’ABJED. Nous nous saluons.

La moto de Daniel porte, derrière, une grosse plaque sur laquelle est peinte l’inscription « Opération bénédiction ».

Il me dit que sa moto, qui est vieille, ayant 5 ans, et dont j’ai financé la réparation, est maintenant réparée, grâce au changement d’un pneu et d’une roue dentée.
Je suis à l’arrière de sa moto, en train de porter l’une des deux UC d’ordinateur entre mes bras. J’ai en même temps mon lourd sac à dos, sur le dos. Julien, sur son scooter, serre, entre ses jambes, l’autre UC. Gabriel, assis sur le porte-bagage du scooter, tient le reste. Nous sommes lourdement chargés. Personne ne porte de casque.

A un rond-point important, Julien est heurté par une moto. Celle-ci ne s’arrête pas. L’UC tombe. Je crains que ce choc n’ait endommagé l’UC.
Il y a beaucoup de motos partout. Plus de 80% des motocyclistes ne portent pas le casque. La conduite est dangereuse, les motocyclistes roulant, le plus souvent, très près les uns des autres, ne respectant aucune distance de sécurité.
Après avoir roulés environ 15 km sur une voie parallèle à un très long boulevard autoroutier à 4 voies _ voie remplie densément de deux roues motorisées _, nous arrivons à la ville d’Abomey-Calavi, puis, par des chemins en terre, jusqu’au quartier de Togoudo, où réside Daniel. Togoudo est un vrai village africain disposant d’électricité.

Les communes de Cotonou, d’Abomey-Calavi et de Godomey semblent former une grande conurbation.
Pendant toute la durée de mon séjour au Bénin, je dormirais au domicile de Daniel, une pièce de 12 m2, encombrée, couverte d’un toit en tôle (sans aucune isolation). Il y fera souvent plus de 40°C. La douche est un sceau d’eau froide, puisée dans un puits chez un voisin. Il loue son local. Daniel semble vivre seul, dans la précarité.

Daniel m’explique qu’il a acheté spécialement un ventilateur, afin de me servir d’anti-moustique. Ce ventilateur me servira surtout à supporter l’intense chaleur régnant en permanence, jour et nuit, dans le local.

J’aurais d’ailleurs un mal fou à supporter cette forte chaleur. Elle me rendra la plupart du temps amorphe ou mal en point, durant tout mon séjour.
Dans notre chambre, nous recevons régulièrement la visite des lézards margouillats et des geckos, d’excellents anti-moustiques. Ce sont de vrais acrobates capables de courir très rapidement sur des surfaces verticales (tels que murs …). On entend régulièrement le boucan des margouillats évoluant sur le toit en tôle. Je suis émerveillé par le mystère des margouillats grimpant sur les murs verticaux en parpaing.
Chaque nuit, pour éviter les vols, il range sa grosse moto, dans son local, où déjà il n’y a pas beaucoup de place.
Durant mon séjour, je ne lui connaîtrais aucune relation féminine27. Fait qui m’a étonné étant donné qu’il est plutôt musclé, beau garçon et qu’il a un réel charisme et ascendant sur tout le monde.
Daniel n’explique qu’il est très pauvre et qu’il n’a pas les moyens de financer mon hébergement. Il me demande donc de l’argent pour cela. Finalement, durant le sujet, je lui donnerais au total plus de 500 €, pour financer mon hébergement. Je sais que le coût de ma présence pour Daniel (en frais de nourriture et d’essence pour la moto) sera nettement moindre que cette somme. Mais je ferme les yeux en raison du fait que je sais qu’il en conservera une partie pour lui. Car je pense que cet argent pourra lui être utile, ainsi qu’ABJED.

Je ne pouvais donner plus, ayant déjà dépensé plus de 2500 € (peut-être 3500 €) entre les différents matériels informatiques, les diverses aides28, offertes depuis 2 ans et souvent réclamées par Daniel, et le voyage en avion (571 €). Et de plus, mon compte bancaire est déjà négatif29.
Ensuite, je reste, durant de longs jours, bloqué dans la chambre de Daniel (à cause du manque d’argent). J’y passerais beaucoup de temps à regarder la télévision béninoise30 _ en particulier la chaîne BB24, du moins, quand il n’y a pas de coupures de courant, fréquentes dans ce quartier _ ou à lire la rare littérature disponible chez Daniel.
Daniel me démontre régulièrement sa foi de chrétien évangéliste. Sur un mur de son local, est apposé un grand poster présentant la hiérarchie diocésaine des responsables de son église évangéliste béninoise.

Souvent en ma présence, dans le local, il prie ostensiblement et bruyamment. Ce qui créé une atmosphère étrange.

Comme c’est le cas ce soir. Daniel me dit être très remué par les derniers évènements, raison de ses prières.
Il me dit être contre le pragmatisme utilitariste, sans idéaux. Mais il se dit aussi juste pour l’efficacité concrète ( ?).
A mon arrivée, il m’a fait un exposé dur sur la colonisation française. J’ai répondu à ses arguments, d’une façon humoristique (prétendant que la France est venue coloniser les Africains pour leur « bien », pour apporter la « civilisation » à des peuples « sauvages » etc.).
Daniel me met en garde contre les Béninois, et les habitants du quartier, à cause de ma couleur de peau. En tout cas, ne jamais me promener la nuit dans le quartier. Car il y a tout les risques que je risque de me faire voler. Et effectivement, je ne sortirais jamais la nuit, sans la présence de Daniel. Et quand je sortirais dans le quartier, en journée, je ne le ferais finalement que rarement et avec rien dans les poches31.

Dans ce quartier, les animaux divaguent en toute liberté, tels de petites chèvres courtes sur patte, des poulets, des cochons (d’une race naine ( ?)) …

Les hommes souvent pissent partout, sans beaucoup de pudeur, dans le quartier, comme partout au Bénin.

On sent souvent une odeur de brûlé dans le quartier, en fait l’odeur de la cuisson au charbon de bois, dans les cuisines des ménagères.
Mercredi 5 mars 2014
Le local de Daniel fait parti d’un ensemble de quatre locaux loués, occupés chacun par un jeune étudiant, mitoyens d’une cours en terre battue, clôturée d’une haie vive. Ces petites maisonnettes ont été construites par Madame Zanvo, pour ces étudiants.

Les deux jeunes, encore étudiants, occupant le local d’à côté, semblent convertis à ABJED. De temps en temps, je discute avec ces jeunes, Koffi et Théophile, quand nous sommes assis tous ensembles sur des chaises, dans la cours.

Nous réfugions souvent sous un arbre, au feuillage semblable à celui du mimosa et aux feuilles se fermant la nuit32.

Koffi, qui d’après ses déclarations serait en année de maîtrise d’Allemand, passe son temps à lire un livre de cours d’Allemand.

Théophile a une désagréable habitude, celui de laisser sonner la sonnerie de son portable, chaque matin, à 4h, 4h15, 4h30 …
L’un de ces jeunes a posé, en avant du moteur de sa moto, une plaque en acier servant de pare-cailloux.

Un exemple de l’inventivité bricoleuse des Africains.
L’un deux m’indique qu’au mois de janvier, le vent chaud l’harmattan est arrivé jusqu’à Cotonou, ce qui n’était jamais arrivé dans le passé. Pour lui, c’est le signe d’un changement climatique, d’autant que la saison des pluies arrive progressivement de plus en plus tard, au fil des années.

Je m’étonne de la densité des motos à Cotonou. On m’indique que c’est parce qu’il y a quelques années, la taxe de douane sur les motos (presque toutes importées d’Asie, en particulier de Chine) est passé de 150% à 60%.
Julien, qui habite loin et qui est revenu nous voir, nous parle de la corruption dans le port de Cotonou (où il a fait un stage). Selon lui, les corrompus ne doutent pas qu’ils sont corrompus. Et que dans tous les cas, ces derniers refuseront de diminuer leur train de vie.

Julien pense que le « capitalisme sauvage » _ qui ignore la pauvreté _, et l’individualisme, qui règnent actuellement au Bénin, sont venus des USA.

Selon lui, la sécurité alimentaire n’est pas atteinte au Bénin.

Je lui dis que l’avenir du Bénin est l’agriculture, d’autant qu’il n’y a pas de pétrole, d’or, de diamant, de coltan au Bénin, autant de malédictions qui ne toucheront pas son pays.

Pour réduire l’insécurité alimentaire, je suggère qu’il faudrait peut-être contacter, pour cela, Monsieur Lionel Zinsou [l’homme d’affaire le plus riche du Bénin], qui aurait créé un écolodge au Nord du Bénin. On me répond « que dans tous les cas, il prendre sa plus grande part » (sous entendu, [en finale] « il n’est pas un philanthrope »).
Je rencontre Madame Zanvo, la logeuse de Daniel et de ces jeunes (celle qui leur loue ces locaux), une dame respectable, qui me paraît sympathique, et qui a le même âge que moi (58 ans). Elle est en train d’éplucher de la corète potagère _ plante alimentaire, utilisée comme les épinards, appelée ici au Bénin « crincrin » _, avec sa belle-fille Joséphine. Madame Zanvo est souvent appelée « Maman Zanvo ».

Elle m’indique que Daniel est un vrai chercheur.
Jocelyn, le fils de Madame Zanvo, a un pied plus court que l’autre, ce qui l’oblige à se déplacer en permanence avec une béquille. Son handicap l’oblige à se déplacer avec son quad, pour aller par exemple à son travail, dans le ministère de l’économie. Il désigne souvent sa mère, en l’appelant « la vieille ». Les appellations « le vieux » ou « la vielle » sont un signe de respect au Bénin. Elles n’ont pas la connotation péjorative donnée en France. On ne l’appelle pas par son prénom (ce qui trop familier), on préfère l’appeler par un surnom, tel « jolie maman ».
Je hume les odeurs de cuisine au feu de bois, partout dans le quartier. Aucun cuiseur à bois économe (CBE) ici. Le charbon de bois, utilisée pour la cuisine, contribue, ici aussi, à la déforestation du Bénin.
Je teste les deux UC (le matériel offert par David et Véronique). Elles se révèleront bien fonctionner, malgré le choc de l’une. Quand aux tablettes numériques, je ne m’apercevrais que, seulement presqu’à la fin du séjour, que 2 sur les 11 sont cassées33.
A partir de mon disque dur externe, je transferts enfin, sur l’ordinateur portable de Daniel, la base de données documentaires pour le développement durable des pays en voie de développement, qui occupe maintenant 38,8 Go et est constituée de 20278 fichiers déclinés en plus de 1000 répertoires et/ou thèmes. Il attendait cette nouvelle version avec impatience. Il me dit que beaucoup d’Africain ne comprennent pas l’importance de cette documentation (sous-entendant que lui l’a comprise).
Aujourd’hui, Daniel donne des cours à des « apprenants », dans une salle ouverte, qu’il loue auprès d’un retraité, situé à 50 mètre de son habitation. Il me dit avoir été aidé, pour le contenu de ses cours, par l’ONG « Elevages sans Frontière ».

Au niveau de ses cours de maraichage, il prône une agriculture écologique, exempte de pesticide.
L’après-midi
L’après-midi, je passe mon temps à lire une plaquette, que m’a prêté Daniel sur « les produits locaux togolais dans votre assiettes », 2ème édition, 2010. Ce fascicule tente d’inciter les Togolais, qui ont tendance à acheter les produits occidentaux, à acheter plutôt les produits locaux togolais34.
Ce document aurait été rédigé avec l’aide du Service de Coopération et d’Action culturelle de l’Ambassade de France et de l’ONG « Pain pour le Monde » (Brot für die welt), en relation avec des ONG locales OADEL, IFDC et VECOWA.
On y lit que :

« Au Togo, une personne sur deux ne mange pas à sa faim, dont 80% de ruraux.

Le taux de malnutrition y est de 16,7%. La moyenne des dépenses alimentaires dans le budget du consommateur est de 63,7% en ville et 78% en milieu rural ».
Dans l’annexe que j’ai placé à la fin de ce récit, sont indiqués tous les produits locaux recommandés par ce guide (et pouvant remplacer les produits importés occidentaux).
Je m’amuse à noter les coordonnées GPS du domicile de Daniel :

N 06° 24 553’, E 002° 19 861’, Elévation 27 m
Le soir, il m’indique qu’il a besoin de moi (et de mon argent) pour créer un compte bancaire pour son association auprès de la Diamond Bank. Il a besoin de 50.00 F CFA, soit 76 €.

Pour pouvoir créer le cybercafé prévu, il m’indique que le prix de l’abonnement, pour sa connexion Internet, pris auprès de l’opérateur Isocèle coûtera
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