L’idéologie du genre : l’ultime subversion








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L’idéologie du genre : l’ultime subversion
Texte intégral de la conférence d’Yves Daoudal à l’université d’été du Centre Charlier, le 8 août 2009
Je vais vous parler de l’idéologie dite du « genre ». Jusqu’à récemment, on disait plutôt l’idéologie du « gender », et cela se dit encore. Car la chose vient d’outre-Atlantique, et le mot français « genre » ne traduit ni exactement ni clairement le mot anglais « gender ». Je vais y revenir très vite. Mais qu’il soit bien clair d’emblée que lorsque je dis « genre », puisque le mot fait désormais partie du vocabulaire officiel, j’utilise ce mot comme étant la traduction de « gender ».

L’idéologie du genre, donc, a été élaborée par les féministes les plus radicales, aux Etats-Unis, vers la fin des années 60, à partir des travaux de psychanalystes américains sur les transsexuels. Ces psychanalystes constataient qu’il y avait dans le psychisme de ces personnes une scission entre la réalité de leur corps et la représentation qu’elles se faisaient d’elles-mêmes. Il y avait conflit entre leur identité sexuelle, donnée par la nature, et leur « orientation sexuelle ». Orientation sexuelle : voilà déjà une des grandes expressions de l’idéologie du genre. A partir de ce constat, qui est cliniquement celui d’un trouble de l’identité sexuelle, certains ont conclu qu’il s’agissait là en réalité du lot commun de tous les hommes et toutes les femmes : tout le monde vit un décalage entre son identité sexuelle et son orientation sexuelle, de façon plus ou moins refoulée. Il ne s’agit donc pas de traiter une pathologie, mais de reconnaître un fait normal, et d’en tirer les conclusions qui s’imposent. C’est–à-dire libérer les orientations sexuelles, en les reconnaissant toutes comme légitimes et normales, quel que soit le sexe de la personne.
Le « féminisme du genre »
Les féministes les plus radicales, à la recherche d’une idéologie, se sont emparées de ce délire.

On les a appelées les « féministes du genre ». A l’époque, les féministes du « gender », car les rares personnes qui connaissaient ces élucubrations en France ne traduisaient pas le mot. Ils ne le traduisaient pas parce qu’ils ne voyaient pas comment le traduire. Le traduire par « genre » n’est pas clair du tout, car le mot français genre a de nombreuses significations. En anglais, gender est un mot de la grammaire, pour désigner le fait qu’un nom est masculin, féminin ou neutre. Or c’est de cela précisément que parle l’idéologie du gender. Un nom peut-être du genre féminin, mais ce qu’il désigne n’est pas forcément féminin. La table, la chaise, la porte, n’ont rien de spécifiquement féminin. Et si en français on dit la lune, en allemand on dit der Mond. Le mot est masculin. Et le soleil se dit die Sonne. Féminin. Ce qui est d’ailleurs curieux sur le plan symbolique…

Bref, tout cela est affaire de convention. Et en matière de sexe, nous dit-on, c’est la même chose. Ce n’est pas parce qu’une personne a un corps de femme qu’elle est du genre féminin. Son sexe biologique, donné par la nature, n’a pas de rapport avec le gender, le genre, qu’elle peut se donner.

Le genre féminin et le genre masculin sont des constructions historiques, culturelles et sociales, et il faut les déconstruire, comme il faut déconstruire la société, la politique, la morale, l’éducation, la famille, etc. L’idéologie du genre rencontre ici les thèses de Michel Foucault sur la déconstruction, qui ont été reprises par les idéologues de l’homosexualité et du genre. (Cela a été remarquablement analysé par Thibaut Collin dans son livre Le mariage gay.)

Les individus ne doivent pas être considérés selon leur sexe biologique. Si on déconstruit les stéréotypes qui ont été fabriqués par les religions et les cultures, les individus sont indifférenciés, et c’est à eux de choisir leur « orientation sexuelle », selon l’expression désormais courante, et qui fait partie intégrante de l’idéologie du genre. Alors que dans la nature humaine biologique il n’y a que deux genres : l’homme et la femme, dans la société il y a toute une gamme de genres : l’hétérosexuel mâle, l’hétérosexuel femelle, l’homosexuel, la lesbienne, le bi-sexuel mâle et le bi-sexuel femelle, le transgenre dans un sens et le transgenre dans l’autre, et aussi le neutre, ou l’indécis. On reconnaît là l’intitulé des lobbies homosexuels, LGTB, lesbiennes gay, trans, bi. Qui sont des lobbies qui se battent en réalité contre la reconnaissance de la sexualité humaine naturelle, qu’ils appellent « hétérosexualité », pour bien montrer qu’il s’agit d’un genre particulier de sexualité parmi d’autres. Et l’on voit désormais LGTBI : on ajoute le i du « genre » indécis…

Mais il ne s’agit pas seulement des lobbies homosexuels. L’idéologie du genre a envahi le domaine des organisations internationales et la législation des Etats, elle a des applications dans tous les domaines. J’en parlerai tout à l’heure. Pour le moment voici une application anecdotique mais significative : il y a quelques mois, le bureau du Parlement européen a distribué une brochure aux députés pour leur expliquer qu’ils ne devaient plus utiliser de noms de métiers qui indiquent un sexe (comme sage-femme en français, ou fireman en anglais) et qu’ils ne devaient plus dire Madame ou Mademoiselle en s’adressant à leurs collègues de sexe féminin, car rien a priori ne leur permet de penser que la personne de sexe féminin qu’ils ont devant eux se considère comme une dame ou une demoiselle. Hélas, ce n’est pas une blague.

Ce qui est paradoxal est que ce féminisme du genre, qui promeut l’égalité de genre pour détruire la « société patriarcale » qui « oppresse la femme », finit par détruire le féminisme. Ceci dit en passant, car ce n’est pas notre problème.
1995 : la Conférence de l’ONU sur les femmes à Pékin
Mais c’est bien ce féminisme du genre qui est apparu au grand jour en 1995 à la Conférence mondiale de l’ONU sur les femmes à Pékin. Pour la première fois, une conférence internationale s’occupant du droit des femmes, de la défense et de la promotion des femmes, invoquait le gender.

A l’époque, et je m’en souviens bien puisque c’est à cette occasion que j’ai découvert la chose, comme beaucoup d’autres, on disait uniquement gender. Personne ne traduisait le mot. Et de fait il n’a pas été traduit dans les documents mêmes de la conférence. Si bien que le mot n’existe pas dans la version française de ces textes. Ni comme gender, puisque c’est un mot anglais, ni comme genre, car on n’avait pas encore décidé de le traduire ainsi. De ce fait, si on lit le rapport final de la conférence de Pékin en français, on a l’impression que toute l’affaire a été inventée après coup, puisqu’on n’y voit nulle part le mot gender, ou le mot genre dans le sens de gender. Dans le texte français, « gender equality » est traduit par « égalité entre les sexes », la « gender discrimination » devient « discriminations fondées sur le sexe », les « gender-sensitive policies » deviennent des « politiques égalitaires », entre les sexes étant sous-entendu. On voit partout dans le texte l’expression « gender sensitive ». Sensible au genre. Ces gens-là sont de grands sensibles…

Dans le texte anglais le mot gender apparaît 216 fois, et clairement dans son sens idéologique, car on nous parle des « stéréotypes » du gender, qui sont « socialement construits ».

Cette différence entre le texte anglais et le texte français donne lieu à un phénomène surréaliste.
Mary-Ann Glendon
Quiconque a suivi cette affaire se souvient de l’opposition résolue de la représentante du Saint-Siège, Mary-Ann Glendon, à l’emploi du mot gender et à l’idéologie qu’il sous-tend.

Avant de poursuivre, il faut dire un mot de Mary-Ann Glendon, qui est quelqu’un de tout à fait remarquable, et qui a encore donné tout récemment une preuve de son courage et de sa fidélité à la morale catholique.

Elle a d’abord enseigné à l’université de Boston, puis à Harvard à partir de 1993, les droits de l’homme, le droit comparé, le droit constitutionnel et la théorie du droit. En 1994 Jean-Paul II a créé l’Académie pontificale des sciences sociales, et l’a nommée membre fondateur de cette Académie, dont elle est devenue présidente en 2004. C’est également en 1994 que Jean-Paul II lui a demandé de conduire la délégation du Saint-Siège à la Conférence de Pékin, qui allait se tenir l’année suivante. Fin 2007, elle a été nommée par George Bush ambassadeur des Etats-Unis au Vatican, fonctions qu’elle a remplies jusqu’à l’élection d’Obama. Elle est membre également du Conseil pontifical pour les laïcs.

Le 17 mai dernier, elle devait recevoir la Lætare Medal, la plus prestigieuse distinction que puisse recevoir un laïc catholique aux Etats-Unis, décernée par l’Université Notre-Dame, dans l’Indiana, université dont elle a été faite docteur honoris causa en 1996. Ce devait être lors de la cérémonie de fin d’études curieusement dite « de commencement », dont le discours serait prononcé par Barack Obama, lequel serait fait à cette occasion docteur honoris causa de l’université. L’évêque du diocèse, Mgr John d’Arcy, s’est élevé contre ce scandale de l’invitation faite par le recteur d’une université catholique à un président ouvertement favorable à l’avortement. 85 autres évêques, dont 6 cardinaux, ont à leur tout dénoncé ce scandale. Et la conférence épiscopale a officiellement apporté son soutien à Mgr d’Arcy et désavoué le recteur. Entre temps, Mary-Ann Glendon avait fait savoir au recteur qu’il n’était pas question pour elle de recevoir la Laetare Medal dans une cérémonie où l’on honorerait Obama. D’autant que son propre discours était présenté comme devant contrebalancer celui d’Obama, et elle n’acceptait pas d’être instrumentalisée de la sorte. Inutile de vous dire que cela a fait grand bruit aux Etats-Unis.
La Déclaration du Saint-Siège sur le terme gender
Revenons à la Conférence de Pékin, où sa forte déclaration n’était pas non plus passée inaperçue. Cette déclaration fait partie des annexes officielles de la Conférence. En anglais, c’est « Statement of interpretation of the term "gender" ».

En français, cela devient : « Déclaration interprétative du terme "sexe" ».

Et voici donc ce texte tel qu’il est officiellement traduit (je ne reprends que les deux paragraphes qui se rapportent immédiatement au sujet) :

« En acceptant que le terme "sexe" s’entende dans le présent document au sens qui lui est ordinairement donné dans le contexte des Nations Unies, le Saint-Siège fait sien le sens couramment donné à ce terme dans les langues où il existe.

« Le terme "sexe", tel que l’entend le Saint-Siège, procède de la distinction biologique entre l’homme et la femme. Le Programme d’action lui-même utilise d’ailleurs les termes "les deux sexes". » Fin de citation.

Mary-Ann Glendon paraît enfoncer les portes ouvertes et dire ce qui est évident pour tout le monde. Y compris pour les partisans de l’idéologie du genre. Car eux aussi reconnaissent que le terme sexe procède de la distinction biologique entre l’homme et la femme. On a l’impression qu’elle parle pour ne rien dire. Mais ce n’est pas cela qu’elle a dit. Elle n’a pas employé le mot sex, mais le mot gender. Elle a dit littéralement : « Le terme gender est compris par le Saint-Siège comme fondé sur l’identité sexuelle biologique, mâle ou femelle. » Et alors, et alors seulement, on comprend le paragraphe suivant :

« Le Saint-Siège exclut donc les interprétations douteuses fondées sur des vues répandues dans le monde selon lesquelles l’identité sexuelle peut être adaptée indéfiniment à des fins nouvelles et différentes. »

Ainsi, alors que l’idéologie du gender a été officialisée sur la scène internationale à la Conférence de Pékin, le mot gender n’apparaît nulle part dans le texte français, et n’apparaît pas davantage dans la protestation spécifique du Saint-Siège sur cette question.

Le plus fort, le plus surréaliste, est que les textes officiels de la Conférence se terminent par une annexe, qui est, en français, une « déclaration de la présidente de la Conférence concernant le sens général du terme gender », alors que ce terme ne figure nulle part dans les 244 pages qui précèdent.

Voici le texte intégral de cette déclaration :

« À la 19e séance de la Commission de la condition de la femme, siégeant en sa qualité d’organe préparatoire de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, la question du sens que l’on donnait au terme "gender" dans le contexte du Programme d’action de la Conférence a été posée. Afin d’examiner cette question, la Commission a décidé de créer un groupe de contact informel à New York, qui serait présidé par le Rapporteur de la Commission, Mme Selma Ashipala, représentante de la Namibie. La Commission a demandé au groupe de contact de s’entendre sur le sens général du terme "gender" dans le contexte du Programme d’action et de faire rapport directement à la Conférence, à Pékin.

« Après un examen approfondi, le groupe de contact a noté : 1) que le terme "gender" était couramment employé dans son sens ordinaire, conformément à l’usage généralement admis dans de nombreuses autres instances et conférences des Nations Unies ; 2) qu’il n’y avait aucune raison de supposer que le terme "gender" ait un sens ou une connotation s’écartant de cet usage dans le Programme d’action.

« En conséquence, le groupe de contact a réaffirmé que le terme "gender", tel qu’il était employé dans le Programme d’action, devait être entendu et interprété dans son sens ordinaire, conformément à l’usage généralement admis. Il a également convenu que la Présidente de la Conférence devrait donner lecture du présent rapport en tant que déclaration de la Présidente, et que cette déclaration serait incorporée au rapport final de la Conférence. »
Les définitions du « genre »
En bref, c’est : circulez, il n’y a rien à voir. On prétend que le terme gender est utilisé dans son sens ordinaire, ce qui est évidemment faux, comme on peut le voir tout au long du texte final de la Conférence, et comme le montre, si besoin était, la protestation du Saint-Siège.

Mais si l’on prétend que le terme gender est utilisé dans son sens ordinaire, c’est pour ne pas avoir à lui donner sa nouvelle définition, afin de pouvoir continuer à propager cette idéologie sans trop attirer l’attention.

Cela n’a pas empêché que la Conférence de Pékin soit considérée comme la réunion internationale qui consacrait le gender, et le point de départ de la propagation de cette idéologie dans toutes les instances internationales, puis dans les législations nationales.

Puisque la Conférence de Pékin a refusé d’en donner une définition, il nous faut y suppléer.

Sans quitter pour autant la Conférence de Pékin. En effet, si cela ne se retrouve pas dans les textes officiels, le comité directeur de la Conférence avait bel et bien proposé une définition, qui sema d’emblée le trouble chez les participants : « Le genre se réfère aux relations entre hommes et femmes basées sur des rôles socialement définis que l’on assigne à l’un ou l’autre sexe. » Cette définition ambiguë fut rejetée par les délégués des pays catholiques et du Saint-Siège, mais aussi par les partisans acharnés de l’idéologie du genre, qui proposèrent cette autre définition : « Le sens du terme genre a évolué, se différenciant du mot sexe pour exprimer la réalité selon laquelle la situation et les rôles de la femme et de l’homme sont des constructions sociales sujettes à changements. »

Une autre définition avait circulé lors de la réunion du comité préparatoire : « Par genre on entend les rôles et responsabilités socialement déterminés de la femme et de l’homme. Le genre dépend de la manière dont nous nous percevons et croyons penser et agir comme femmes et hommes, en vertu de la structure sociale et non de nos différences biologiques. »

Il était impossible d’accepter l’une ou l’autre de ces définitions, qui suscitaient un tollé parmi les délégués des pays catholiques et des pays musulmans, mais le terme de
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