Ouverture de la conférence








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Jacques Baratier : « Ultra libéralisme contre développement responsable »



Après cet émouvant témoignage, Jacques Baratier, Président du Réseau Agrisud International, propose de donner son opinion sur le sujet « Ultra libéralisme contre développement responsable ». Comment nous situer aujourd’hui, entre le libéralisme débridé et l’économie solidaire ? 

Jacques Baratier fut dirigeant du groupe Gascogne. Il a permis la restructuration concertée des Papeteries de Gascogne avec Cellulose du Pin sans catastrophe sociale. Dans sa deuxième vie, il a mis son expérience de dirigeant au service des populations démunies en Afrique et au Cambodge. Il y a organisé un réseau d’exploitations agricoles permettant la création de plus de 50 000 emplois pérennes. Il nous livre ici le récit de ses « différentes vies ».
Une première « vie » : la Résistance pendant la guerre

Trois grandes choses ont marqué la vie de Jacques Baratier.

- A 17 ans, il est appelé comme réserviste pour la seconde guerre mondiale. Hitler envahit la Ruhr et les puissances européennes se couchent. Les puissances européennes auraient dû intervenir dès 1937 pour éviter tous les massacres de cette guerre.

- Le miracle de la relation humaine : nous faisons tous des rencontres charismatiques dans la vie et cela change tout.

- La libération d’un camp de concentration en 1945, sa dernière mission de guerre. Avec cette expérience, il a vu ce que l’idéologie peut produire de barbarie.
Une deuxième vie, une longue expérience en entreprise

Il fait une découverte amoureuse de l’entreprise en entrant dans le groupe Gascogne où il grimpe rapidement les échelons et devient directeur commercial.

D’après lui, une entreprise est un outil crée par l’homme pour créer des richesses ET des relations humaines. Jacques Baratier a vécu son entreprise avec passion. Il a vu ce qu’est la reconstruction d’une économie lors de la période vertueuse des Trente Glorieuses et a participé à la construction de la sécurité ouvrière.

Il dénonce l’ultralibéralisme. Pour lui, c’est la négation du libéralisme. Pour être capable d’envisager l’avenir, il faut surtout distinguer ce qu’est l’entreprise. Ce n’est ni le capitalisme, ni le libéralisme. L’entreprise est née bien avant le capitalisme et avant le libéralisme.

Jacques Baratier est contre l’idée selon laquelle c’est l’hyper compétitivité qui fait prospérer l’économie. Tout indique le contraire dans l’analyse qu’il fait de ses quarante années d’activité professionnelle.

Il dénonce la venue dans le champ politique de personnalités comme Thatcher, Reagan ou encore Bush. Selon lui, ces dirigeants ont marqué la fin de la place de l’homme au centre de l’économie. L’économie a perdu son âme. Il n’y a plus de dialogue entre l’offre et la demande, il n’y a plus de marché, plus d’économie. La publicité est devenue l’organe totalitaire de la rencontre entre l’acheteur et le vendeur.
Une troisième vie : une expérience formidable en Afrique

Jacques Baratier s’est ensuite rendu en Afrique pour comprendre pourquoi l’économie ne fonctionnait pas. Il a remarqué que dans ces pays, il y a une entreprise pour quatre à cinq mille personnes en moyenne, alors qu’en France, il y a une entreprise pour quatre cents personnes. Le problème flagrant était donc le manque d’entreprises. Il n’y avait que l’économie informelle, de subsistance préfère-t-il dire qui fonctionnait. Son activité permettait la survie de nombreuses personnes. C’est donc en observant le fonctionnement de cette économie souterraine qu’il fallait tirer les enseignements pour construire un véritable réseau économique de base, créer des richesse permettant de se nourrir, et de lutter contre la violence et la misère. Il fallait construire une culture entreprenariale.

Jacques Baratier a ainsi crée sa première entreprise de culture vivrière à Brazzaville. Ce fut un grand succès, les salaires y étaient élevés, les employés accomplis. Aujourd’hui 15 000 entreprises (PME) ont été créées, ce qui a généré 60 000 emplois.
En conclusion

Il faut changer de modèle économique. Nous vivons encore aujourd’hui sur les enseignements d’un modèle économique définitivement révolu. Après la guerre, il a fallu reconstruire l’Europe. L’impératif était de retrouver la prospérité, l’abondance. Mais dans les années 70-75, il y a eu une crise pétrolière. A cette époque, 6 millions de barils étaient consommés chaque jour alors que la prospection pétrolière conduite par les 7 majors permettait d’en découvrir chaque jour 32 millions. Aujourd’hui, nous consommons 36 millions de barils, là où on n’en découvre plus que 4 millions.

« Nous ne pouvons plus décliner notre croissance sur le verbe avoir. Il faut le faire avec le verbe être, même mieux être. »

Aujourd’hui, il nous faut réinventer l’économie, pour changer la donne. C’est à la portée de tous les chefs d’entreprise. Il faut réorienter tous nos projets vers le mieux être.

Débat : l’économie est-elle asociale ?
Après ce témoignage enrichissant, un débat s’ouvre : l’économie est-elle asociale ?

Les protagonistes : Jacques Baratier, Jean-Marc Ewald (remplaçant Maria Nowak, fondatrice et Présidente de l’ADIE, Association pour le Droit à l’Initiative Economique), Emeric d’Arcimoles (Président-directeur Général de Turbomeca), Alain Claus (Président de Ford Aquitaine Industries), Philippe Marcel (Président Directeur Général d’Adecco), Agnès Paillard (Directrice générale adjointe, Pôle Développement économique et Emploi, Conseil Régional d’Aquitaine).

Débat animé par : Jean-Marc Guillembet (Directeur des Relations extérieures de Cofinoga).
Le système de la libre entreprise et de l’économie de marché est-il la bonne chose pour l’avenir ? A cette question, les Français répondent non à 50%, les Anglais à 27%, les Indiens à 17% et les Nigérians à 29%. Ce sondage donne le pas à la première question :
L’aversion des Français pour l’économie de marché est-elle une spécialité française ?

Alain Claus répond par l’affirmative. Souvent, dit-il, on parle de l’entreprise en des termes abstraits. C’est dommage, car l’entreprise est un ensemble d’hommes et de femmes qui essaient de faire des choses concrètes. Ce qui le touche, c’est de voir tant d’égoïsme chez les individus, alors que l’entreprise est un tout, qu’elle essaie d’avoir une cohérence et de commercer avec le plus de personnes possibles.
Pensez-vous que la financiarisation de l’économie provoque une dégradation encore plus importante de l’entreprise ?

La financiarisation de l’économie est telle qu’elle entraîne un profond changement. La responsabilité ne devient plus que juridique.

L’entreprise d’Alain Claus, Ford, est un mastodonte. Les impacts financiers sur ce type d’entreprise sont énormes. Sur le marché américain, les associations financières demandent de prendre des décisions très rapides quand les affaires vont mal. Cela nuit un peu à l’entreprise, mais ce phénomène est contrebalancé par une multitude de satellites qui essaient de rendre l’entreprise la plus sociale possible. Il ajoute que « c’est une guerre de tous les jours qui use les dirigeants».
Emeric d’Arcimoles ajoute qu’il est d’accord avec Alain Claus sur l’exception française. Il fait souvent le tour du monde et ne manque pas de constater dans ses relations que la position des Français s’avère choquante pour les étrangers.

Sur la deuxième question, il pense qu’une page est en train de se tourner. Selon lui, les hommes d’affaires veulent de moins en moins parler de finance.

Jean-Marc Ewald ajoute que l’attente des Français vis-à-vis de l’entreprise grandit. Le dictat imposé par les financiers avec des résultats au trimestre est de plus en plus refusé par les entreprises, et c’est bien ! Il faut arriver à une prise de conscience généralisée.

L’économie est-elle déconnectée de la réalité humaine ?

Cette question s’adresse à Agnès Paillard qui répond par la négative. Selon elle, chacun doit faire son travail. L’économie et le politique doivent chacun jouer leur rôle.
Les entreprises exercent-elles une pression sur le politique ?

Agnès Paillard répond qu’avec les outils de notre société, il faut trouver des leviers pour que tout se passe bien et soit cohérent.
L’économie serait menée par la logique financière plutôt qu’industrielle, n’est ce pas plutôt le contraire ?

Emeric d’Arcimoles répond que dans son groupe Turbomeca, il a connu une situation où la logique financière préconisait des restructurations. Mais il a ressenti qu’il pouvait être responsable d’un cataclysme social, alors il a fait le choix de l’industrie et de l’investissement humain plutôt que le choix des financiers.

Alain Claus rétorque en disant qu’il n’a pas le même cycle de production et que dans son cas, il doit répondre très vite aux attentes de la logique financière.

Pour Jean-Marc Ewald, il faut faire moins de dégâts au niveau humain ; il affirme qu’en discutant avec les salariés, on peut réussir.

Philippe Marcel rappelle que son groupe, Adecco, fonde sa réussite sur le développement du capital humain, ce qui est à la fois très intéressant et difficile.
Qui paie la différence entre 3% de croissance et les 15 à 20% de profits demandés par les financiers ?

Cette question s’adresse à Jacques Baratier. Celui-ci répond que tout le monde sait bien que demander 15 à 20% de rentabilité économique à une entreprise est une absurdité. Cela n’est que rarement réalisable. Si les entreprises essaient de réaliser cet objectif, les dirigeants négligent alors les investissements et/ou le progrès social et/ou la recherche.

Il ajoute qu’aujourd’hui, la logique de nos entreprises (surtout dans l’industrie) est basée sur la quantité. La loi qui fonde le libéralisme est alors la suivante : se fournir le plus possible en matières premières pour produire le plus possible. Il faut absolument agir autrement, notamment à cause du problème énergétique. Il faut un changement du libéralisme.
Le débat se poursuit alors et se conclue sur la question de la place de l’homme au cœur de l’entreprise. Pour réussir ce pari, il faut plus de communication entre les individus. Ainsi, les hommes se sentent mieux intégrés, plus impliqués, et le travail ne peut qu’être plus performant.
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