Emploi, chômage et marché du travail : définitions et mesures








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Les politiques qui cherchent à stimuler la demande et l’offre de travail et leur appariement


Document 115 : stimuler demande et l’offre de travail et faciliter l’appariement

Pour qu’un chômeur reprenne un emploi, il faut un emploi vacant, il faut aussi un chômeur qui accepte cet emploi et il faut qu’ils se rencontrent. Les politiques de l’emploi doivent donc jouer sur les deux côtés du marché du travail (offre et demande) et sur leur appariement. On appelle ces politiques des politiques actives de l’emploi.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 148
Document 116 : en cas de chômage keynésien, la création d’emplois dépend davantage des politiques de relance que des politiques structurelles

Pour qu’un chômeur retrouve un emploi, encore faut-il que cet emploi existe. En période de ralentissement économique, l’insuffisance de la demande de biens restreint la production et donc la demande de travail et les possibilités d’embauche. Un chômage keynésien involontaire apparaît alors. Même si les systèmes d’indemnisation ont leur utilité face à ce type de chômage en permettant d’éviter la spirale baisse de l’activité /hausse du chômage/baisse de l’activité … La réponse à ces chocs conjoncturels dépend davantage de politiques keynésiennes de relance sur les marchés des biens (consommation et investissement) que de politiques spécifiques de l’emploi.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 153

      1. Stimuler la demande de travail : favoriser la création d’emplois




        1. Une politique ciblée vers des populations « en difficulté » sur le marché du travail : les contrats aidés (une politique « active » au sens de l’OCDE)


Document 113 : les contrats aidés

Les emplois aidés correspondent à un premier type de ces politiques actives. Il s’agit d’emplois s’appuyant sur des contrats spécifiques, dérogatoires au droit du travail, offrant aux employeurs des avantages et des incitations particulières. Il peut s’agir de subventions, d’exonérations de certaines cotisations sociales, d’aides à la formation …. Ces emplois sont en général ciblés sur des publics particuliers comme les jeunes ou les chômeurs de longue durée, les bénéficiaires de minima sociaux …. Certains emplois aidés sont réservés au secteur non marchand, d’autres aux entreprises du secteur marchand.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 153
Document  117 : évolution du nombre de contrats aidés entre 1990 et 2012 (attention ce document n’intègre pas la politique des contrats d’avenir menée à partir de 2012 par F.Hollande = 500 000 contrats)
Source : Christine Ehler « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ?, 2014, p.114
Document 118 : l’évolution des dispositifs de contrats aidés en France

En France, près d’une centaine de dispositifs se sont succédé depuis la fin des années 1970. Ils ont (ou avaient) pour objectif d’améliorer l’employabilité des personnes sans travail. Cette expression peut élégante mais assez évocatrice fait référence à tous les facteurs susceptibles d’influer sur les perspectives de retour à l’emploi des chômeurs. Ainsi, tous ces programmes cherchent principalement à accroître la formation théorique ou pratique, donner ou redonner des habitudes de travail et accumuler de l’expérience professionnelle. Dans le maquis des dispositifs (…) on distingue les aides à l’emploi dans le secteur non marchand et les aides à l’emploi dans le secteur privé marchand. (…) Dans le secteur non marchand, qui regroupe principalement les collectivités territoriales, le secteur public et les associations 1901, les dispositifs les plus courants consistent à créer des emplois d’une durée limitée accessibles à des publics en difficultés. (…) Les « emplois jeunes » fut une des mesures emblématiques du gouvernement Jospin. Les employeurs potentiels étaient les établissements publics, les associations, la police nationale et le ministère de la Justice. (…) Pendant 5 ans, l’employeur recevait une aide équivalente à 80% du SMIC, charges comprises. Le dispositif fut supprimé en 2002 par J.P.Raffarin. Les « emplois d’avenir » créés par F.Hollande en 2012 se situent dans la même logique que celles des « emplois jeunes ». Ils sont cependant mieux ciblés puisqu’ils sont en principe destinés aux jeunes sans emplois ou peu qualifiés. L’employeur, s’il appartient au secteur non marchand reçoit une aide équivalent à 75% du Smic brut pendant une durée ne pouvant excéder 3 ans.

On regroupe sous la rubrique « Aides à l’emploi dans le secteur marchand » toutes les subventions versées aux entreprises privées pour la formation et l’embauche de publics particuliers. Entre dans cette catégorie les abattements généraux de charges sur les bas salaires. (…) En dehors de ces abattements généraux, le dispositif qui couvre le plus grand nombre de bénéficiaire est le contrat unique d’insertion dans le secteur marchand (CUI-CIE). (…) Il a succédé au contrat d’initiative emploi (CIE) qui existait depuis 1995 en gardant à peu près les mêmes caractéristiques. Le secteur marchand perçoit aussi des subventions par le biais de l’apprentissage. Ces contrats d’apprentissage sont destinés principalement aux jeunes de 16 ans à 25 ans et durent de 1 an à 3 ans. Ils associent une activité professionnelle à un enseignement dispensé dans l’entreprise et dans un centre de formation.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.202


        1. Une politique « générale » qui vise à modifier le fonctionnement du marché du travail : la baisse du coût du travail (salaire minimum/ cotisations sociales)



Document 119 : évolution de l’écart SMIC/Salaire médian en France

Document 120 : SMIC en % du salaire médian, comparaisons internationales


Document 121 : salaire minimum et chômage, la métaphore du cycliste

Le salaire minimum peut donc être bénéfique ou néfaste à l’emploi. (…) Ainsi, les augmentations du salaire minimum survenues aux Etats-Unis à la fin des années 1980 et au début des années 1990 n’ont pas eu d’impact négatif sur l’emploi. c’est tout à fait possible s’il l’offre de travail des ménages réagi favorablement à la hausse des rémunérations.(…) Une métaphore cycliste résume assez bien ce débat. Un marché du travail où existe un salaire minimum ressemble au franchissement d’un col à vélo. Dans la montée, chaque coup de pédale supplémentaire vous rapproche du sommet, dans la descente, chaque coup de pédale supplémentaire vous en éloigne. Il s’agit avant tout de savoir si le peloton des travailleurs est dans la montée ou s’il a entamé la descente.

Depuis plus de 40 ans, l’évolution du salaire minimum est très différente en France et aux Etats-Unis.
En France, le salaire minimum n’a cessé d’augmenter depuis le début des années 1970, tandis qu’aux Etats-Unis sa valeur est plus faible en 2012 qu’en 1970 ! au cours de cette période, le pouvoir d’achat d’une heure payée au SMIG ou au SMIC a été multiplié par deux et demi, tandis qu’aux Etats-Unis, le pouvoir d’achat d’une heure payée au salaire minimum fédéral a diminué. Ces évolutions divergentes amplifiées par l’augmentation des cotisations sociales en France, aboutissent aujourd’hui à des coûts du travail de la main d’œuvre peu qualifiée très différents. En France en 2012, le coût moyen du travail au niveau du salaire minimum atteint 14 dollars contre 8 dollars aux Etats-Unis. L’écart est si considérable que l’on est en droit de se demander si les Etats-Unis et la France sont du même côté de la montagne. Les premiers se trouvant du côté du col où les hausses du salaire minimum peuvent créer des emplois, tandis que la seconde se trouve dans la descente où ces mêmes hausses ont cessé depuis longtemps d’avoir un effet bénéfique. (…) Les augmentations du coût du travail au niveau du salaire minimum se traduisent en France par une diminution de l’emploi peu qualifié (pas aux Etats-Unis).

Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.84
Document 122: quand l’objectif social du SMIC devient un frein à l’embauche des moins qualifiés

Pour que le SMIC soit un instrument de redistribution des ressources au bénéfice des travailleurs les moins favorisés, il faut maîtriser son impact sur le coût du travail. Sinon, le SMIC peut avoir des conséquences opposées à celles recherchées : il peut accroître les inégalités en empêchant les personnes les moins qualifiées d’accéder à un emploi.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.90
Document 123 : mais la baisse du SMIC peut entraîner une hausse du chômage volontaire !

L’Horty et Anne ont recensé toutes les aides sociales que les individus peuvent avoir compte tenu de leur situation familiale ; ils comparent alors ces aides au montant d’un emploi payé au SMIC ; on en déduit graphiquement que si le SMIC, la désincitation à la reprise d’activité augmente.
Source : Dennis Anne et Yannick L’Horty, étude Insee 2009
Document 124: la baisse du SMIC, des résultats ambigus

Conséquences positives

Conséquences négatives

Création emplois pour salariés les moins qualifiés (atteindre un objectif emploi)

Augmenter les incitations à ne pas travailler (création d’emplois mais les actifs ne sont pas prêts à les accepter)

Amélioration de la compétitivité prix des entreprises françaises (atteindre un objectif compétitivité)

Baisse de la protection des salariés, hausse de la pauvreté chez les travailleurs, notamment ceux à temps partiels subis (working poors) ; l’objectif social du SMIC n’est plus atteint


Document 125: baisser le coût du travail sans toucher au SMIC ? les réductions de cotisations sociales

La feuille de paie n’est pas toujours une ennemie de l’emploi. Elle peut lui être favorable. Aujourd’hui, en France, le coût du travail au niveau du salaire minimum est un frein à l’emploi des travailleurs les moins qualifiés. Les allègements de charges sociales permettent de maîtriser ce coût tout en préservant le pouvoir d’achat du Smic.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.90
Document 126: la baisse des cotisations sociales, mesurer l’impact sur le marché du travail

Cas général (à gauche) ; En présence d’un salaire minimum qui produit du chômage involontaire (à droite)
Source : Christine Erhel « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ? 2014 p.13 et 14
Document 127 : les politiques d’exonérations de charge sociale (patronales)

Constater que le coût du travail exerce un impact négatif sur l’emploi ne signifie pas qu’il faut nécessairement baisser le salaire. La différence entre le coût du travail supporté par l’entreprise et le salaire net perçu par un employé provient des « charges sociales », c’est-à-dire des cotisations salariales et patronales qui servent à financer les dépenses de santé, les retraites et les allocations chômage. Il est donc possible de réduire le coût du travail sans diminuer le salaire en réduisant les cotisations sociales. Une politique de ce type, ciblée sur les bas salaires, a débuté en 1993 sous le gouvernement d’Edouard Balladur. Elle s’est poursuivie avec Alain Juppé entre 1995 et 1996. Le point de sortie du dispositif se situait alors entre 1,1 et 1,3 fois le SMIC. Puis de 1998 à 2002, les allègements « Aubry » ont fixé le point de sortie à 1,7 fois le SMIC pour les entreprises ayant réduit leur temps de travail. Enfin, les allégements « Fillon » instaurés progressivement de 2003 à 2006 ont fixé un point de sortie à 1,6 SMIC en 2006 (…). Le 4 décembre 2008, N.Sarkozy annonçait la mise en place du dispositif « zéro charges » qui permettait aux entreprises de moins de 10 salariés de bénéficier d’exonérations de cotisations patronales pour toute embauche d’un salarié rémunéré en dessous de 1,6 SMIC réalisée avant le 31 décembre 2009.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.88
Document 128 : les politiques d’allègements de cotisations sociales (ciblées)

Depuis les années 1990, les politiques d’allègements de cotisations sociales ciblées sur les bas salaires absorbent une part croissante de la dépense pour l’emploi, pour un budget global de plus de 20 milliards d’euros par an. Depuis 1993, les réformes ont pour l’essentiel conduit à élargir le nombre de bénéficiaires ainsi que le montant des exonérations. Ces allègements cherchent à augmenter l’offre d’emploi pour des travailleurs payés au voisinage du SMIC en réduisant le coin salarial. A ce niveau de salaire, la demande de travail est réputée plus élastique au coût du travail. Les allègements sont ciblés sur les bas et moyens salaires et prennent la forme de réductions de cotisations patronales. (…) Cela conduit à réduire le salaire super-brut (le coût du travail) sans augmenter le salaire net perçu par le travailleur.

Le nombre d’emplois créés par ce type de mesure est difficile à évaluer : il doit prendre en compte cet effet sur les salaires, l’existence d’éventuels effets de substitution (entre emplois bénéficiant de ces allègements et les autres), effet d’aubaine (embauche qui aurait été effectuée dans tous les cas), impact sur le financement de la protection sociale … globalement, l’effet est positif. La plupart des évaluations ont mesuré l’impact du dispositif mis en place par A.Juppé en 1995 et trouvent autour de 300 000 emplois créés ou sauvegardés pour 5 milliards d’euros d’exonération. (…) Comme le dispositif actuel est moins ciblé sur les bas salaires (que celui de Juppé), on peut estimer qu’une suppression pure et simple des allègements héritées de la réforme Fillon de 2003 pourrait détruire entre 450 000 et 600 000 emplois.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 143


        1. Stimuler la création d’entreprise et les auto-entrepreneurs (une politique « active » au sens de l’OCDE)


Document 129

Le soutien à la création d’emploi par les ménages eux-mêmes constitue également une piste. En tant qu’employeurs d’abord : les services à la personne constituent un réservoir d’emplois potentiels. Deux secteurs sont essentiellement concernés : l’aide aux personnes âgées et l’aide aux couples bi-actifs. (…) Les politiques publiques cherchent à encourager ces emplois et notamment à réduire l’activité informelle. (…) Les individus peuvent également créer leur propre emploi. Le soutien à la création d’entreprise pour les chômeurs est une politique déjà ancienne. La France a plus récemment créé un nouveau statut d’entreprise : l’auto-entreprise. (…) Ce statut a connu un succès important : le seuil du million d’autoentreprises créées depuis janvier 2009 a été atteint en janvier 2012. Elles représentent plus de la moitié des créations d’entreprise.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 143

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