Emploi, chômage et marché du travail : définitions et mesures








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Document 105: l’augmentation soudaine du nombre d’actifs ne fait pas augmenter le chômage, l’exemple des rapatriés d’Algérie (1962)

La seconde moitié du 20ième siècle a connu de nombreuses vagues migratoires provoquées par des évènements politiques brutaux. Ces mouvements de grande ampleur, difficilement prévisibles, offrent l’occasion d’observer précisément les conséquences d’un apport massif et soudain de main d’œuvre. (…) Ces diverses expériences dégagent un enseignement important : dans une économie suffisamment réactive, les variations de la taille de la population, si soudaines et importantes soient-elles, ont un impact faible sur le chômage et les salaires. (…) En réalité, le capital ne s’adapte pas instantanément lors de la venue d’un nouvel immigrant. Il faut un certain temps pour que les moyens de production et les infrastructures puisse s’adapter à un flux important et inattendu de main d’œuvre. Une augmentation de la population active, qui entraîne une raréfaction du capital par tête, peut alors se traduire par une diminution de la productivité des résidents. Cette réduction de productivité entraîne elle-même des baisses de salaire, ou du chômage si les salaires ne peuvent pas diminuer. La faculté qu’ont certains pays à pouvoir adapter rapidement leurs moyens de production et leurs infrastructures est donc la clef de l’intégration économique .

Les accords d’Evian, proclamant l’indépendance de l’Algérie furent signés en mars 1962 (…). Près de 900 000 rapatriés affluèrent alors en France durant la seule année 1962 et choisirent de s’installer pour une écrasante majorité d’entre eux, dans les départements du Sud. (…) Environ 400 000 français en âge de travailler furent rapatriés d’Algérie. Alfred Sauvy raconte l’angoisse qui saisit alors certains membres de la Commission des comptes de la nation. L’un d’eux avait en effet noté que le nombre d’emplois vacants enregistrés atteignait péniblement les 35 000. Il en avait conclu que le nombre de chômeurs s’accroîtrait inexorablement de la différence, soit 365 000. Dans les mois et les années qui suivirent, rien ne vint confirmer ces sinistres présages.

(…) Jennifer Hunt (Université de Montréal) a évalué l’impact de l’immigration de 1962 sur les personnes résidents en métropole. Pour cela, elle a comparé l’évolution du chômage et des salaires dans les 86 départements français métropolitains entre 1962 et 1967. (…) Elle a pu montrer que les départements ayant accueilli le plus de rapatriés ont des taux de chômage très peu différents des autres. Elle a calculé que l’arrivé de 10 travailleurs rapatriés en 1962 s’est traduite en 1967 par 2 chômeurs de plus parmi les résidents. Elle a aussi calculé que le salaire moyen est au maximum 1,3% plus faible en 1967 par rapport à ce qu’il aurait été à cette même date si les rapatriés étaient restés en Algérie. (…)

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.48-62
Document 106 : l’exemple des migrations en Allemagne durant les années 1990

Les conflits en Bosnie et du Kosovo du début des années 1990 déclenchèrent aussi une importante vague d’immigration en direction de nombreux pays d’Europe. (…) Par exemple, l’Autriche a accueilli 100 000 réfugiés bosniaques entre 1992 et 1995. J.Angrist et A.Kugler (MIT et Université de Barcelone) (…) trouvent qu’en moyenne un accroissement de 10% de la part de la population étrangère dans la population active induit une baisse de l’emploi des résidents comprise entre 0,2 et 0,7 point de %. L’impact de l’immigration sur l’emploi des résidents est globalement limité. Mais cette étude n’en reste pas à cette estimation moyenne. Elle a aussi pu montrer que l’impact de l’immigration n’est pas le même dans tous les pays d’accueil et qu’il dépend, en particulier, de la législation régissant les modalités de licenciement et les barrières à l’entrée sur les marchés des produits. L’impact de l’immigration sur l’emploi des résidents est d’autant plus négatifs que les coûts de licenciements et les barrières à l’entrée sur les marchés des produits sont élevés. (…)

La chute du mur de Berlin a provoqué de vastes mouvements de population. Au cours de la seule année 1990, 397 000 personnes en provenance principalement de pays de l’ex-URSS, de Pologne et de Roumanie arrivèrent en Allemagne. En l’espace de 15 ans, près de 3 millions de personnes ont émigré vers ce pays. Le plus souvent, les immigrants ont été répartis aléatoirement à travers les régions allemandes par l’administration afin d’assurer une répartition harmonieuse de la population. (…) A.Glitz a analysé l’impact de cette vague migratoire : il a trouvé qu’elle avait augmenté le chômage de manière très marginale mais qu’elle n’avait eu aucun effet sur la distribution des salaires.

L’analyse de l’impact des migrations sur le marché du travail contredit formellement l’idée selon laquelle le nombre des emplois serait donnée, indépendante de la taille de la population en âge de travailler. C’est plutôt l’idée contraire qui se rapproche le mieux de la réalité : le nombre des emplois rejoint plus ou moins vite le nombre de personnes désirant travailler.

Ce constat n’est pas étonnant au regard de la description du fonctionnement du marché du travail où il apparaît que l’emploi est le fruit d’une recomposition permanente et massive de l’appareil productif. Dans un contexte où des millions d’emplois sont créés et détruits chaque année, il serait surprenant que le nombre d’emplois soit une donnée intangible, indépendante des mouvements de population.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.48-62
Document 107: une analyse erronée du fonctionnement du marché du travail dont l’application peut servir des causes dangereuses

L’idée selon laquelle l’économie d’un pays, et a fortiori l’économie mondiale, contient un nombre fixe d’emplois ou d’heures de travail, devant être partagés d’une manière ou d’une autre est fausse. Elle peut conduire à des conséquences (…) nocives quand elle sert à justifier le retraite des mères ou des pères de famille de la population active (grâce par exemple en France à l’allocation parentale d’éducation). Elle devient même dangereuse lorsqu’elle conduit à penser que chasser les bras superflus (les juifs dans l’Allemagne nazie par exemple) redonnera du travail aux résidents autochtones.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.48-62

Document 108 : la critique des politiques « malthusiennes »

Objectif ?

Gérer la pénurie de travail car le stock de travail est donné : toute hausse de l’offre de travail doit se traduire par un « débordement » = des chômeurs

Validations empiriques ?

La hausse soudaine de la population active ne fait pas augmenter le chômage !

France 1962 (cf A.Sauvy)

Allemagne 1993 et 2015

Le nombre d’emplois rejoint rapidement le nombre de personnes qui désirent travailler

La baisse d’une partie de la population active ne fait pas baisser le chômage :

Développement des pré-retraites en France et montée du chômage durant les années 1980/1990




Mais une remarque : plus les institutions sont « rigides » moins la capacité à intégrer la hausse de la population active est forte (cas français)





Document 109 : RTT et compétitivité des entreprises, les créations d’emplois sous condition

A première vue, l’idée selon laquelle la baisse de la durée du travail est un moyen de partager les emplois aller de soi : dans un monde où la production des entreprises serait une donnée intangible, il faudrait un nombre fixe d’heures de travail pour atteindre ce niveau de production. Il suffirait alors que chacun travaille moins longtemps pour que les entreprises embauchent des personnes supplémentaires. (…) Mais nous ne vivons pas dans un tel monde. L’environnement est incertain et une proportion massive des emplois se redéploie sans cesse entre les entreprises. (…) L’impact de la réduction du temps de travail sur l’emploi dépend de la manière dont elle affecte leur compétitivité. Les pouvoirs publics en sont conscients, ainsi les lois Aubry ont accordé aux entreprises réduisant leur temps de travail de généreuses baisses de charges. Elles comptent actuellement pour moitié dans le total des allègements de cotisations sociales. (…) Reste à savoir si la réduction du temps de travail favorise la compétitivité. Ce peut être le cas si elle incite les entreprises à adopter une organisation plus performante et si elle pousse les salariés à travailler plus efficacement, sans trop accroître le coût de la main d’œuvre.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.48-62
Document 110: impact théorique de la RTT sur l’emploi, un effet positif sous certaines conditions




Impact réduction du temps de travail avec compensation pleine des salaires




Si la RTT ne s’accompagne pas d’une hausse de la productivité ou des allègements de cotisations sociales

Si la RTT s’accompagne d’une hausse de la productivité ou des allègements de cotisations sociales

Pourquoi ?

La hausse du coût horaire (35h payées 37h) n’est pas compensée par des subventions ni par davantage de productivité du travail ; les entreprises se retrouvent à payer 35h au tarif de 37h = le coût unitaire salarial augmente = l’emploi n’augmente pas car choc d’offre négatif

La hausse du coût horaire (35h payées 37h) est compensée par des allègements de cotisations sociales

Les accords de RTT sont négociés avec une flexibilité organisationnelle accrue = + de productivité du travail

Conséquence : le coût salarial unitaire n’augmente pas et peut même diminuer = l’emploi augmente car choc d’offre positif


Document 111 : comment expliquer les créations d’emplois après la mise en œuvre des lois sur les 35h ?

Les évaluations réalisées après la mise en place des lois Aubry convergent sur un chiffre de 300 000 à 350 000 emplois créés grâce aux lois Aubry (entre 1998 et 2002), le débat portent ensuite sur les explications de cet effet : logique de baisse du coût du travail du fait des allègements des charges sociales et de la flexibilité obtenue ou logique du partage du travail ? On pourrait même ajouter : amélioration du contexte macroéconomique et reflux du chômage.

Source : Christine Ehler « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ?, 2014, p.114
Document 112 : les effets de la RTT, les cas allemands et français

Seules les études empiriques sont susceptibles de nous indiquer si la réalité s’est confirmée à ce scénario. (…) En Allemagne, des réductions de la durée conventionnelles du travail ont été négociées au niveau des branches dans les années 1980 et 1990. La durée hebdomadaire conventionnelle moyenne dans l’industrie est passée de 40h en 1984, à 38,8h en 1988 et 37,7h en 1994. (…) Les diminutions de durée conventionnelle du travail négociées entre les partenaires sociaux se sont réalisées avec une compensation salariale mensuelle à peu près totale et sans effet positif sur l’emploi, alors que l’objet initial était pourtant le partage du travail et donc la création d’emplois. (…)

En France, le passage aux 35h a été encadré par les lois Robien (1996) et Aubry (1998-2000). De nombreux observateurs créditent ces lois d’un succès appréciable sur le front de l’emploi : elles auraient créé 350 000 emplois entre 1998 et 2002. Mais la vraie question est de connaître ce qui revient à la réduction du temps de travail et ce qui revient aux autres éléments (aides et subventions, modération salariale, réorganisation du processus de production) dans cette hausse de l’emploi. Raphael De Coninck aboutit à la conclusion que la réduction de la durée légale n’est pas responsable de ces créations d’emplois. Il exploite le fait qu’en 2000 la durée légale est passée de 39h à 35h pour les entreprises de plus de 20 salariés. Il compare alors l’évolution de l’emploi entre 2000 et 2001 des entreprises ayant juste au dessus de 20 salariés (obligées de réduire leur durée légale) et celles ayant moins de 20 salariés (pas encore concernées par la loi). (…) Il trouve que l’emploi dans les entreprises obligées de passer aux 35h a crû moins vite que dans les autres restées aux 39h. il attribue ce résultat au maintien du salaire hebdomadaire dans les firmes passées au 35h. La hausse du coût du travail aurait ainsi réduit la profitabilité de ces dernières.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.48-62
Document 113 : les conséquences sur l’emploi des politiques de RTT, résultats des études empiriques




En Allemagne (années 1980-1990)

En France : lois Aubry

Conséquences quantitatives sur l’emploi et la baisse du chômage

Aucune (effet neutre)

+ 350 000 emplois

Débat ?




Mais débat : étude de De Coninck «  l’emploi dans les entreprises obligées de passer aux 35h (+ de 20 salariés) a crû moins vite que dans les autres restées aux 39h (moins de 20 salariés) ».

Il impute la hausse des emplois à la conjoncture et estime même que la RTT a conduit à créer moins d’emplois là où elle s’appliquait


Document 114 : résumé, conséquences positives et négatives des politiques de soutien aux revenus des chômeurs, de protection des salariés face aux licenciements et de partage du travail

Indemnisation chômage (montant et durée)

Protection emploi

Politique de partage du travail

Impact positif

Impact négatif

Impact positif

Impact négatif

Impact positif

Impact négatif

Baisse de l’insécurité sociale ;

Effet macroéconomique stabilisateur ;

Amélioration de l’appariement O/D



Trappe à chômage (chômage volontaire) notamment pour les salariés les plus qualifiés

Limite les licenciements

Segmente et dualise le marché du travail

Davantage de temps libre ;

Recherche flexibilité organisationnelle (donc productivité)

La demande de travail n’est pas indépendante de l’évolution de l’offre de travail ;

Débat autour des 35h




Les salariés peuvent avoir tendance à refuser certains emplois = impact négatif sur l’offre de travail / poids sur les comptes de l’assurance chômage




Les entreprises ne sont pas incitées à créer des emplois et/ou multiplient les embauches à durée déterminée = impact négatif sur la demande de travail et le niveau de vie d’une partie de la population active









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