Emploi, chômage et marché du travail : définitions et mesures








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    1. Quel bilan pour ces politiques de l’emploi ?




      1. Les indemnités chômage peuvent produire des trappes à chômage : salaire de réservation et chômage volontaire


Document 91 : qui est concerné par les indemnités chômage ?

Les droits des chômeurs français sont communément dépeints par les paramètres extrêmes du régime : accès dès 4 mois de travail, 24 mois d’indemnisation, allocation maximale dépassant 6000€. Cette description est impressionnante, mais elle donne une vue très biaisée de la réalité, ce qui conduit à préconiser des réformes inappropriées : en vérité seulement 43% des chômeurs sont indemnisés par l’assurance, (…) et 7 chômeurs sur 10 sont finalement indemnisés moins de 12 mois. 90% des chômeurs indemnisés touchent une allocation inférieure à 2000€ bruts.

La réalité des taux de remplacement effectifs dont bénéficient les chômeurs est bien différente de la caricature très théorique que forment les paramètres extrêmes mis bout à bout : le taux de remplacement des chômeurs français est dans la moyenne européenne et comparable à celui de l’Allemagne (cf. graphique ci-après). La vraie différence c’est qu’en France l’assurance chômage fournit environ 80% de leurs revenus aux chômeurs, car l’Etat les aide très peu. En Allemagne, les pouvoirs publics assurent 50% des ressources des chômeurs, et 70% au Royaume-Uni.

Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/et-ailleurs-se-passe-comment-systeme-indemnisation-chomeurs-francais-est-vraiment-trop-genereux-bruno-coquet-2551035.html#VJiZbCDb1bhgPxOE.99

Document 92 : les indemnités chômage s’articulent avec d’autres instruments pour limiter la perte de revenus des chômeurs
Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/et-ailleurs-se-passe-comment-systeme-indemnisation-chomeurs-francais-est-vraiment-trop-genereux-bruno-coquet-2551035.html#VJiZbCDb1bhgPxOE.99
Document  93: les indemnités chômage assurent un coussin contra-cyclique

Lorsque le chômage augmente, une partie de la réaction des politiques de l’emploi est automatique, notamment sous l’effet de l’augmentation du montant des allocations chômage versées. Toutefois, lors de la crise de 2007-2008, un certain nombre de pays sont allés au-delà de ces ajustements automatiques et ont pris des mesures temporaires visant à améliorer la couverture par l’indemnisation du chômage dans une optique de soutien au revenu et de lutte contre la pauvreté (assouplissement des critères d’accès à l’assurance chômage, augmentation de la durée d’indemnisation). Ce type d’intervention est surtout important dans les pays où la générosité des allocations chômage est faible, comme les Etats-Unis (…). En France, la durée d’indemnisation a été maintenue, mais des mesures temporaires ont été adoptées afin d’améliorer la prise en charge des chômeurs en fin de droits en 2010.

Source : Christine Ehler « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ?, 2014, p.88

Document 94: au niveau microéconomique, les AE au chômage réalisent un arbitrage


Calcul de l’actif au chômage



Percevoir salaire ?

Percevoir allocation chômage ?


Il existe un « salaire de réservation » = il faut que le salaire obtenu compense au moins les pertes de revenus lié à la suppression de l’indemnité chômage et aux coûts d’exercice de l’activité professionnelle lorsque l’on choisit de travailler




Plus le coût d’opportunité à reprendre une activité professionnelle est élevée, plus la probabilité de rester au chômage augmente

« L’allocation chômage, cause du chômage permanent » (Jacques Rueff durant la grande crise des années 1930)


Document 95 : deux questions


La durée des indemnités est-elle désincitative ?

Le montant des indemnités (ratio de remplacment) est-il désincitatif ?



Document 96 : que disent les travaux empiriques sur cette question ?

En moyenne lorsque le ratio de remplacement augmente de 1%, la durée du chômage augmente dans une fourchette comprise entre 0,3% à 1,6%.

De même, une hausse d’une semaine de la durée maximale d’indemnisation induit une augmentation de la durée moyenne de chômage comprise entre 0,1 et 0,4 semaine.

L’observation du comportement des chômeurs au moment où ils perdent le droit à l’assurance chômage livre aussi des renseignements complémentaires. (…) Le retour à l’emploi s’accélère à l’approche de la fin des droits à l’allocation chômage.

Plus généralement, il est possible de dégager trois enseignements principaux :

1) une forte diminution de l’allocation chômage pousse une partie des chômeurs à retrouver rapidement un emploi. Une partie des chômeurs ne cherche donc pas véritablement un emploi ou n’accepte les offres qu’à la fin de la période donnant droit au versement de cette allocation ;

2) l’impact positif de la perte de l’allocation chômage sur le retour vers l’emploi est plus marqué pour les individus les plus qualifiés, qui perçoivent les rémunérations les plus élevées ; (…)

3) une partie des chômeurs ne retrouve pas d’emploi après le 14ième mois, alors que l’allocation chômage a été considérablement diminuée. (…) Il existe donc une proportion importante de chômeurs ayant peu de chances de retrouver un emploi, indépendamment du niveau de l’allocation chômage.

Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.134

Document 97 : fin de la période d’indemnisation et retour à l’emploi

Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.134
Document 98: la durée de l’indemnisation peut jouer sur la qualité des emplois trouvés (améliore l’appariement O/D)

Si l’allongement de la période d’indemnisation augmente la durée du chômage, il est possible que la contrepartie soit une amélioration de la qualité des emplois trouvés. C’est effet positif a été identifié aux Etats-Unis. Dans ce pays, les différents Etats ont des réglementations prévoyant des durées maximales d’indemnisation spécifiques à chacun d’entre eux, ce qui permet de comparer les conséquences de la longueur de la durée d’indemnisation sur les emplois trouvés. Mario Centeno a ainsi montré qu’une augmentation de la durée d’indemnisation de 10% des prestations versées aux chômeurs augmentait la durée de présence dans l’emploi trouvé d’environ 2 semaines. Cet effet positif semble particulier aux Etats-Unis. En règle générale, les recherches sur ce thème concluent plutôt à une absence d’impact de la durée potentielle d’indemnisation sur la qualité des emplois trouvés. (…) Ces enseignements soulignent la grande hétérogénéité de la population des chômeurs. Il y a sans doute des chômeurs qui profitent du système et d’autres qui le subissent. Or les personnes qui ne cherchent pas activement un emploi le font au détriment des autres. Si elles sortaient plus vite du chômage, il serait possible de mieux indemniser les personnes les plus démunies pour une même dépense totale. Plutôt que d’affamer les chômeurs, il faut chercher à élaborer un système juste et efficace.

Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.134
Document 99 : les indemnités chômage, quelles conséquences sur l’emploi ?

Conséquences positives

Conséquences négatives

Prise en charge des nouveaux chômeurs après choc négatif = maintien de la demande globale = effet stabilisateur automatique ;

Objectif social de l’indemnité chômage : éloigner le chômeur de la pauvreté

Augmente le temps de recherche d’emploi = permet une meilleure recherche d’information = appariement de meilleure qualité (niveau de satisfaction dans l’emploi plus important)

La hausse du ratio de remplacement et de la durée d’indemnisation fait augmenter le temps au chômage = augmente le coût des indemnités versées

L’effet est d’autant plus important que le salaire de réservation est élevé = plutôt un comportement d’actifs qualifiés ; peu d’impact sur les actifs peu qualifiés

Analyse macro

Analyse micro

Analyse micro du chômage volontaire




      1. La protection de l’emploi freine la dynamique de destruction créatrice des emplois


Document 100: les effets de la protection de l’emploi sur le chômage

Son effet sur le chômage est (…) ambigu. La protection de l’emploi limite les licenciements et réduit donc a priori le chômage. Mais elle peut également freiner l’embauche en désincitant l’employeur à embaucher aujourd’hui une personne qu’elle aura des difficultés à licencier demain si l’activité se réduisait.

L’effet positif domine a priori chez les seniors qui ont un emploi : les travailleurs âgés, représentant un coût élevé en cas de licenciement et étant proches de la retraite, bénéficient de la protection de l’emploi. Le volume de l’emploi peu qualifié étant sensible à la conjoncture, les travailleurs à faible qualification sont également protégés.

L’effet négatif serait surtout perceptible pour les nouveaux entrants sur le marché du travail (les jeunes) et les ré-entrants (notamment les femmes).

Un deuxième effet possible de la protection de l’emploi est une préférence supérieure des employeurs envers les contrats de travail temporaires plutôt que pour les emplois durables, plus coûteux pour eux. Les travailleurs non qualifiés, plus aisément substituables, risquent également d’être plus fréquemment embauchés en contrat précaire, revers de la médaille de la protection dont bénéficient ces travailleurs lorsqu’ils disposent d’un contrat durable. (…)

Le graphique suivant le confirme partiellement : le taux d’emplois précaires est corrélé faiblement mais positivement avec la rigueur de la protection de l’emploi.
Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 151
Document 101 : le sentiment d’insécurité est plus élevé dans les pays où la protection des emplois est plus élevée

Cet état de fait peut par ailleurs expliquer l’apparent paradoxe qui montre que le sentiment d’insécurité dans l’emploi est globalement inférieur dans les pays où la protection de l’emploi est la plus faible : le sentiment d’insécurité s’appuyant sur le dualisme du marché du travail et la crainte de tomber dans le segment périphérique où l’emploi est moins protégé. Ce paradoxe de la protection de l’emploi qui protège certains salariés mais accroît l’insécurité pour d’autres explique l’historique des politiques publiques en la matière.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 151

Document 102: les freins à la dynamique de destruction-créatrice des emplois

Pierre Cahuc et Francis Kramarz considèrent que la protection de l’emploi en France a les mêmes conséquences que la limitation à certains marchés (par le diplôme, la licence …) et réduit le niveau d’emploi global. La protection de l’emploi gène le processus dynamique de destruction créatrice des emplois.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 151
Document 103: la protection de l’emploi, quelles conséquences sur l’emploi ?

Conséquence positive

Effet négatif

Le CDI protège les individus de la perte de leur emploi = réduit la destruction d’emplois

Le coût du licenciement avec les CDI est donc élevé : conséquence, les employeurs privilégient les contrats « moins coûteux » en terme de rupture/fin : ils vont rechercher les contrats qui leur assurent au moindre coût la flexibilité numérique dont ils ont besoin (ajuster le volume de l’emploi au carnet de commande)

Le CDI protège d’autant plus que l’ancienneté ou la qualification (les salaires) des salariés sont élevés = le coût du licenciement est plus important

Les nouveaux entrants et les moins qualifiés sont les plus susceptibles d’obtenir ce type de contrat (puisque par définition, ces contrats ne concernent pas les CDI)

Le CDI protège également les salariés les moins qualifiés dont l’emploi est très sensible à la conjoncture

Le marché du travail se segmente (Piore & Doringer) et se dualise : entre des actifs protégés (CDI) et des actifs peu protégés (qui cumulent emplois précaires et inactivité/chômage + salaires précaires) ;

En résumé, plus la partie dominante des emplois est protégée (les insiders), plus la partie minoritaire des emplois devient précaire et sert de variable d’ajustement (les outsiders) ;

Cette dualisation produit un sentiment d’insécurité car le coût de la perte d’un emploi est élevé puisque la perte du CDI peut faire basculer dans le groupe des « outsiders »



Document 100: certaines institutions du marché du travail freinent le processus de destruction créatrice

Protection de l’emploi (CDI)

Professions dont l’accès est réglementé (taxis …)

Limiter les destructions d’emplois

Limiter les créations d’emplois

Conséquence : limiter le processus de destruction créatrice qui est le reflet de l’adaptation continue des entreprises aux exigences de la compétition sur le marché



      1. Les politiques malthusiennes : une analyse en termes de « stock fini » des emplois qui ne correspond pas à la dynamique permanente de création-destruction des emplois


Document 104 : les pré-retraites et l’abaissement de l’âge de départ à la retraite ne font pas baisser le taux de chômage

Comme l’on montré de nombreux travaux, un accroissement même brutal de l’offre de travail est en grande partie absorbé par le marché du travail et se traduit par une augmentation de l’emploi sans hausse proportionnelle du chômage. Les interactions entre offre et demande de travail sont plus complexes qu’une simple addition entre termes indépendants ou Population active = Emploi + Chômage.

Si le raisonnement malthusien était valide, les politiques visant à réduire l’activité, notamment des seniors devraient permettre d’observer une décrue du chômage, notamment des plus jeunes, dans les pays qui les ont mises en place. Or, c’est plutôt l’inverse que l’on observe : les pays où les taux d’activité des seniors sont importants connaissent en moyenne des taux d’emploi des jeunes et des femmes supérieurs aux pays dans lesquels l’activité des plus de 50 ans est réduite.

Pour reprendre l’image du « banquet de la nature » (T.Malthus), l’erreur du raisonnement malthusien est d’oublier que la quantité de nourriture disponible dépend largement du nombre de convives présents car ceux-ci sont également cuisiniers du banquet.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 34
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