Emploi, chômage et marché du travail : définitions et mesures








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Partager le stock de travail : la logique « malthusienne » de lutte contre le chômage


Document 85 : il faut « faire de la place » pour faire baisser le nombre de chômeurs

En période de chômage, limiter la croissance de la population active peut apparaître comme une solution de bon sens pour le combattre. Il suffirait d’agir soit directement sur la population active, par exemple en contrôlant les flux migratoires, soit sur les comportements d’activité de la population en réduisant les taux d’activité.

On peut inclure dans cette perspective les politiques visant à réduire l’activité des seniors (les pré-retraites par exemple), des jeunes (en retardant l’entrée dans l’activité) ou des femmes (en favorisant leur retrait d’activité lorsqu’elles ont des enfants). Parmi ces exemples, seules les pré-retraites relèvent explicitement des politiques de l’emploi, qu’on appelle alors politiques passives, par opposition aux politiques actives de l’emploi qui cherchent à transformer les capacités des personnes, leur capital humain, et non pas à agir sur le volume de la population active.

Le principe de ces politiques passives est simple : faire sortir de l’activité certaines personnes pour « faire de la place » à d’autres et notamment aux nouvelles générations entrant sur le marché du travail déjà saturé. Ces politiques visent à combattre le chômage en réduisant la population active sont dites malthusiennes. (…)

Dans cette approche, la population active doit s’adapter à l’activité économique. Autrement dit, l’optique malthusienne considère que la demande de travail (le volume de l’emploi) est exogène ou du moins indépendante de l’offre de travail (la population active). Si l’on accepte ce postulat, il est clair que toute augmentation de la population active ne peut qu’accroître le chômage. Pour reprendre la métaphore de Malthus « Au grand banquet de la nature, il n’y a pas de couvert mis pour lui. La nature lui commande de s’en aller, et ne tardera pas à mettre elle-même cet ordre à exécution ». (…)

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 34
Document 86: résumé, les politiques passives selon l’OCDE

Indemnisation des chômeurs

Pré-retraites (politique passive au sens de l’OCDE)

Document 87 : L’évolution de la place des politiques « passives » de l’emploi en France depuis 1975, le poids déclinant des incitations au retrait d’activité
Source : Christine Erhel « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ?, 2014, p.33
Document 88: une autre solution pour « faire de la place » , le partage du temps de travail

Le raisonnement malthusien a une autre traduction en matière de politique publique. Ce sont les politiques dites de partage du travail. L’idée est attrayante, notamment en période de chômage : il s’agit, en réduisant la durée du travail, de travailler moins pour travailler tous.

Cette diminution peut prendre plusieurs formes : abaissement de la durée légale, développement du temps partiel, baisse de l’âge effectif de départ à la retraite … L’objectif est d’enrichir le contenu de la croissance en emploi, c’est-à-dire de faire qu’un même montant d’activité génère plus d’emploi. Si l’on raisonne toutes choses égales par ailleurs, la baisse de la durée du travail doit entraîner mécaniquement une augmentation de l’emploi. L’arithmétique est simple et repose sur une règle de trois : (…) on vérifie que si l’activité et le niveau de productivité horaire sont donnés, une baisse de la durée du travail de 10% augmente l’emploi de 10% et enrichit donc le contenu en emploi de l’activité économique. (…)

Son point commun avec les politiques passives comme les pré-retraites est de chercher à partager la pénurie ; la différence est qu’il vise néanmoins à créer des emplois, même s’il s’agit d’emplois à temps partiel ou réduit.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 36
Document 89: les enjeux de la réduction du temps de travail depuis la révolution industrielle

Avant la Révolution française, les corporations ouvrières imposaient des règles aménageant de longues périodes durant lesquelles le travail salarié était proscrit : absence le dimanche et le lundi suivant la paie, nombreuses pauses quotidiennes, travail à temps partiel durant les récoltes, restriction du travail des enfants … il y avait ainsi 164 jours chômés en France au 17ième siècle. Les lois d’Allarde et le Chapelier (1791) ont supprimé les corporations et permis aux employeurs de fixer la durée du travail. le temps de présence des ouvriers sur leur lieu de travail a alors augmenté considérablement pour atteindre 4500 heures par an au début du 19ième siècle alors que les agriculteurs travaillaient encore entre 1800 et 2000 heures par an deux siècles avant. Dans un tel contexte, la réduction du temps de travail est devenue l’enjeu de luttes sociales récurrentes. Les progrès furent lents, parfois même freinés par des retours en arrière. Ainsi, la journée de repos hebdomadaire qui avait été instituée en 1814 fut supprimée par voie légale en 1880. Elle avait de nombreux adversaires, inquiets des conséquences néfastes de l’oisiveté des ouvriers, de la baisse de la production et de la fermeture des pâtisseries le dimanche. La journée de repos n’a été définitivement acquise qu’en 1906. La journée de 8h et la semaine de 48h sont imposées en 1919, tandis que les 40h et les deux semaines de congès payés datent de 1936. Les troisième, quatrième et cinquième semaines de congés payés sont instaurés en 1956, 1963 et 1982. La durée hebdomadaire légale du travail passe à 39h en 1982 et enfin 35h en 2000 pour les entreprises de plus de 20 salariés (en 2002 pour les entreprises de moins de 20 salariés). Historiquement la volonté de réduire le temps de travail avait pour principal objectif de rendre plus acceptable la condition ouvrière. Il se doublait parfois d’un combat militant pour une autre organisation de la société dans laquelle le travail n’occuperait plus une place prépondérante. Mais à la fin des années 1970, face à la montée du chômage de masse, la motivation essentielle de la réduction du temps de travail devint le partage des emplois pour faire baisser le chômage. Les gouvernements Mauroy et Jospin utilisèrent explicitement cet argument lorsqu’ils réduirent la durée du travail par voie légale en 1982 et 2000. En présentant son plan pour l’emploi en 1981, pierre Mauroy n’hésitait pas à déclarer que « la réduction du temps de travail constitue de loin la mesure la plus efficace contre le chômage ».

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.48-62
Document 90 : résumé, les politiques de l’emploi qui visent à protéger les salariés et à « partager le stock d’emplois existants »

Protéger les salariés


Partager le stock de travail

Protection de l’emploi

Assurance chômage

Protéger les salariés contre la perte de l’emploi car relation salariale est asymétrique (nature du contrat de travail)

Protéger les salariés contre l’insécurité sociale (Castel) : indemnités chômages

Soit en retirant certains actifs du marché du travail : pré-retraites



Soit en partageant le temps de travail

= gérer la pénurie du travail (RTT)




Politiques dites « passives » au sens de l’OCDE



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