Emploi, chômage et marché du travail : définitions et mesures








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Analyse microéconomique des rigidités : les conséquences des asymétries d’information sur la fixation des salaires


Document 53 : théorie du salaire d’efficience et théorie du salaire implicite

La théorie du salaire d’efficience (Yelen et Akerlof 1984) inverse la causalité habituelle entre salaire et productivité. C’est le salaire qui influence la productivité. L’entreprise a intérêt à proposer un salaire supérieur au prix d’équilibre, notamment pour éviter le turn-over des salariés qui représente un coût pour l’entreprise. Le niveau de productivité serait ainsi supérieur.

Un salaire élevé peut également être une solution en présence d’asymétrie d’information : en amont, des prétentions salariales élevées peuvent constituer un signal de qualité positif envoyé par le salarié ; en aval, un salaire supérieur au salaire d’équilibre est pour l’employeur un moyen de réduire l’aléa moral et d’éviter les comportements de tire-au-flanc des salariés.

La théorie des contrats implicites suppose quant à elle que le contrat de travail contient une clause implicite d’assurance des travailleurs. Ceux-ci sont supposés avec une aversion pour le risque et chercher à s’assurer contre les fluctuations du revenu et de l’emploi. Le salaire est rigide parce qu’il remplit un rôle d’assurance.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 143


        1. Analyse microéconomique des rigidités : le rôle des syndicats et la défense des insiders


Document 54 : syndicats et défense des insiders

La rigidité persistante des salaires n’est possible que parce que les chômeurs involontaires ne sont pas en mesure d’offrir leur travail à des salaires inférieurs au salaire réel, parce que les entreprises ne sont pas prêtes à accepter de telles offres, ou parce qu’elles sont incapables de formuler de telles offres. (…) Les syndicats sont l’une des institutions les plus fondamentales et universelles des économies modernes. Ces organisations d’employés défendent les intérêts des travailleurs dans différents domaines. Elles font en général face à des associations d’employeurs tout aussi puissantes, comme le Medef en France. (…) La réalité du marché du travail est celle d’une négociation entre organisations représentatives des travailleurs et des employeurs. (… Au risque de simplifier,les deux objectifs économiques primaires des syndicats sont l’accroissement du salaire réel et la création d’emplois. (…) Pourquoi les syndicats imposent-ils une rigidité des salaires contre la volonté apparente des chômeurs ? L’une des raisons en est que les délégués syndicaux sont élus par les travailleurs employés, communément appelés « insiders ». Les chômeurs sont le plus souvent minoritaires au sein des syndicats. En outre, les travailleurs au chômage n’adhèrent souvent plus aux syndicats ou s’éloignent de leur gestion courante et deviennent des « outsiders ». Les syndicats finissent par ne représenter que ceux qui ont un emploi, négligeant les chômeurs. L’emploi potentiel de ces derniers est en quelque sorte sacrifié au bénéfice du relèvement des salaires réels des travailleurs employés.

Source : M.Burda et C.Wyplosz « Macroéconomie à l’échelle européenne », De Boeck, 2006, p.100

Document 55 : rigidités et pouvoir de négociation des salariés coalisés

La théorie insiders-outsiders répond à une question simple qui reste une énigme pour la microéconomie standard : pourquoi les chômeurs, offreurs de travail insatisfaits, ne parviennent-ils pas à se faire embaucher en lieu et place des travailleurs en se proposant aux employeurs à un salaire inférieur ? Une des explications possibles est que les travailleurs en place (les insiders) disposent d’un avantage sur les chômeurs (les outsiders) du fait de leur position dans l’entreprise. Cet avantage peut avoir diverses sources : organisations en syndicat, contrôle des embauches (closed shop), coût d’embauche et de recrutement (recrutement, formation), maîtrise des caractéristiques des postes de travail … Cet avantage permet alors aux insiders de maintenir les salaires à un niveau supérieur au salaire d’équilibre et de ne pas subir la concurrence directe des demandeurs d’emploi.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 143


        1. Analyse microéconomique des rigidités : la protection du travail accentue la segmentation du marché


Document 56 : la segmentation du marché du travail

Cette vision d’un marché du travail divisé en différents compartiments qui ne communiquent qu’imparfaitement est également celle des théories de la segmentation (Piore et Doeringer, 1971). Il n’existe non pas un, mais des marchés du travail ; certains sont régis non par les lois de l’offre et de la demande mais des règles et des procédures. On les appelle marchés internes par opposition aux marchés externes plus concurrentiels. Les marchés internes sont des marchés fermés dans lesquels les conditions d’emploi, de salaire, de carrière sont largement institutionnalisées.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 143
Document 57 : la protection de l’emploi segmente le marché du travail

Une législation rendant plus difficile les licenciements a un effet ambigu sur le volume de l’emploi. Elle réduit certes les destructions d’emplois, mais elle diminue aussi les créations, car les entreprises craignent de ne pouvoir à l’avenir, détruire les emplois non rentables protégés par cette législation. La protection de l’emploi est donc favorable à l’emploi si elle diminue plus les destructions que les créations d’emplois. Evaluer l’impact de la protection de l’emploi demeure donc une question principalement empirique. (…) En règle générale, les travaux empiriques mettent en évidence une corrélation, positive ou négative, entre « la rigueur » de la protection de l’emploi et le taux de chômage (…).

Les principales conclusions auxquelles ces travaux aboutissent sont les suivantes :

  • la rigueur de la protection de l’emploi n’a aucun effet significatif sur le taux de chômage ; ainsi, une protection de l’emploi plus rigoureuse ne contribue pas à diminuer le taux de chômage ;

  • une protection de l’emploi plus rigoureuse accroît la durée du chômage. Ce résultat provient de l’impact négatif de la protection sur les créations d’emploi. La protection de l’emploi ayant pour effet de réduire les créations et les destructions d’emplois sans avoir d’impact significatif sur le taux de chômage, il en résulte que les chômeurs ont moins de chance de retrouver un emploi, ce qui augmente la durée moyenne du chômage ;

  • une protection de l’emploi plus rigoureuse diminue le taux d’emploi (c’est-à-dire la proportion des personnes occupant un emploi parmi les personnes en âge de travailler) ;

Ce sont surtout les taux d’emploi des jeunes et des plus de 50 ans qui sont plus faibles dans les pays où la protection de l’emploi est plus rigoureuse. En définitive, une législation contraignante en matière de séparation apparaît plutôt défavorable à l’emploi, en particulier à l’emploi des personnes dont l’insertion dans le marché du travail est la plus difficile, comme les jeunes, les femmes et les plus âgés. (…)

Toutes les informations empiriques dont nous disposons indiquent que la législation actuelle évite temporairement certaines destructions d’emplois, mais grâce à un coût exorbitant qui dégrade les conditions financières des entreprises et réduit l’emploi total. Cela ne veut pas dire que la protection de l’emploi est inutile. Au contraire, mais elle est indispensable, mais elle doit prendre une forme radicalement différente.

Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.84

Document 58

La protection de l’emploi stabilise le revenu de certains salariés, mais au détriment d’un accroissement de l’incertitude pour les autres. Les licenciements économiques ne représentent qu’une très faible part des sorties de l’emploi. L’écrasante majorité des sorties de l’emploi sont dues à des fins de contrats à durée déterminée et des démissions. Les licenciements économiques ne comptent que pour environ 1% des sorties de l’emploi, même dans les années marquées par une conjoncture défavorable. La réglementation du licenciement économique ne concerne donc directement qu’une très faible proportion des départs de l’emploi. Les entreprises gèrent l’essentiel de leurs mouvements de personnel en jouant sur les CDD et les départs spontanés, liés aux démissions et retraites. (…) La législation actuelle protége les emplois des salariés dotés d’une certaine ancienneté, mais pousse les entreprises à utiliser abondamment les contrats à durée limitée. Elle accentue ainsi la segmentation du marché du travail, entre, d’une part des salariés protégés, ayant accès à des emplois stables, et d’autre part, des salariés contraints d’accepter des contrats à durée limitée et des chômeurs ayant, en moyenne, peu de chances de retrouver du travail rapidement. La protection de l’emploi améliore le bien-être des travailleurs protégés, mais dégrade celui des autres. Elle contribue à creuser les inégalités.

Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.84


      1. Frictions et difficultés d’appariement sur le marché du travail


Document 59 : les flux du marché du travail
Source : M.Burda et C.Wyplosz « Macroéconomie à l’échelle européenne », De Boeck, 2006, p.100
Document 60: la rencontre entre demandeur et offreur de travail prend du temps

A tout moment, il y a simultanément un très grand nombre de chômeurs à la recherche d’un travail et des employeurs ayant des postes vacants qui recherchent du personnel pour les occuper. Ainsi, en mars 2014, il y avait 3,35 millions de demandes d’emplois enregistrées auprès de Pôle Emploi. En 2002, le chiffre de demandeurs d’emploi était de 2,6 millions. Par ailleurs, les services du ministère du Travail publient chaque trimestre un « indicateur de tension », égal au ratio du flux d’offres d’emplois collectées par Pôle Emploi sur la même période. Entre 1998 et 2013, la valeur moyenne de cet indicateur a été de 0,64. Cela signifie que depuis 15 ans, chaque trimestre il y a approximativement 64 offres d’emploi enregistrées pour 100 demandes enregistrées. Devant ces chiffres, on pourrait penser qu’offres et demandes ne concernant pas les mêmes métiers, et la présence simultanée, en si grand nombre, de chômeurs et d’emplois vacants n’aurait rien d’étonnant. Mais tel n’est pas le cas. Il y a dans chaque famille professionnelle, même à un niveau de nomenclature détaillé, un nombre important de chômeurs qui cohabitent avec un nombre important d’emplois vacants. Prenons l’exemple des « techniciens et agents de maîtrise de l’électricité et de l’électronique ». selon les calculs du Centre d’orientation de l’emploi, l’indicateur de tension de cette catégorie s’élevait à 1,3 au 4ième trimestre 2012. Autrement dit, à cette date, il y avait chaque trimestre 13 offres d’emplois enregistrées pour 10 demandes dans la même catégorie. En revanche, dans la catégorie « ouvriers non qualifiés travaillant par enlèvement ou formage de métal », l’indicateur de tension atteignait 0,6. L’indicateur de tension est donc un bon indicateur des difficultés de retour vers l’emploi. Plus il est faible, plus le demande d’emploi risque de rester longtemps au chômage. (…)

Cette présence simultanée d’un nombre impressionnant d’emplois vacants et de chômeurs dans la plupart des métiers signifie qu’un appariement (c’est-à-dire la rencontre d’un employeur et d’un chômeur se concluant par une embauche) ne se réalise pas aussi simplement qu’on aurait pu l’imaginer. La raison en est que, aujourd’hui encore plus qu’hier, un appariement demeure très spécifique. Un technicien de l’électronique n’accepte pas n’importe quelle offre d’emploi entrant dans son domaine de compétence. De nombreux éléments guident son choix. La localisation de l’emploi bien sûr, mais aussi le salaire proposé, les conditions de travail, les horaires, la réputation générale de l’entreprise, les perspectives de carrières … réciproquement, un employeur recherchant un technicien de l’électronique n’embauche pas nécessairement la première personne se présentant à lui. Il peut tenir compte de l’expérience professionnelle, de l’adéquation entre les tâches qu’il voudrait voir accomplies et de ce qu’il croît être dans les possibilités du postulant, de sa plus ou moins grande disponibilité pour des opérations imprévues, de l’intégration dans le fonctionnement et les règles propres à l’entreprise, voire la sympathie ou l’antipathie qu’il ressent lors de ce premier contact.

Toutes ces informations ne sont évidemment pas connues au moment où le chômeur et l’employeur débutent leurs recherches respectives. Ces dernières visent précisément à révéler ces informations a priori cachée ou connues d’un seul des protagonistes. L’activité principale d’un chômeur est la quête d’informations et cette quête prend du temps, parfois même beaucoup de temps, vraisemblablement trop de temps. Ainsi, au mois de mars 2014, un demandeur d’emploi sort des fichiers de Pôle emploi en moyenne 277 jours après son inscription et cette durée s’élève à 462 jours s’il y a plus de 50 ans. (…) La longueur de ce délai traduit les nombreuses difficultés rencontrées par les chômeurs dans la recherche d’emploi. Il est frappant de constater que de nombreux employeurs déclarent aussi rencontrer des difficultés à recruter les personnels dont ils ont besoin. (…) Il est également intéressant de noter que 4% du total des offres déposées en 2012 ont été retirées faute de candidat. Il n’y a donc pas, en général, de pénurie d’emplois, mais il y a toujours des difficultés d’appariement. Ce qui n’est pas la même chose.

Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.84
Document 61: coût de la recherche et de la découverte d’information

La théorie économique a commencé assez récemment à s’intéresser à la recherche d’emploi et aux conditions de la réussite de l’appariement (le matching) entre offreurs et demandeurs de travail, condition du bon fonctionnement du marché du travail. (…)

La théorie du job search modélise le comportement de l’offreur de travail confronté à une information imparfaite sur les emplois disponibles et supportant des coûts de recherche (en temps, en argent …), coûts qui croissent avec la durée de recherche. La stratégie théorique du chômeur consiste alors à optimiser sa recherche d’emploi afin de trouver le meilleur emploi disponible pour lui. Stigler (1961) considère qu’il détermine un nombre maximal de recherches. Mortensen (1986) considère qu’il arbitre à chaque nouvelle offre d’emploi entre poursuivre sa recherche d’emploi ou accepter l’emploi qui ne correspond pas forcément à son objectif initial. (…)

La théorie du signal développée par Mickael Spence (1973) met l’accent sur le risque d’anti-sélection du fait de la méconnaissance par l’employeur potentiel de l’efficacité réelle des candidats à l’embauche. L’offreur de travail cherche alors à envoyer des signaux positifs sur sa productivité tandis que le demandeur cherche les indices lui permettant de distinguer les « bons » et les « mauvais » candidats. Le diplôme est un de ces signaux.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 145
Document 62: coût de la mobilité géographique

L’information n’est pas gratuite contrairement à l’hypothèse de CPP. Trouver un emploi prend du temps et suppose des coûts de recherche. Ces délais et ces coûts peuvent être encore plus élevés en cas de problème d’appariement entre offre et demande. Il s’agit de chômeurs qui pourraient trouver un emploi mais au prix d’un changement de région, de secteur ou de profession. Rappelons qu’à peu près 10000 emplois disparaissent chaque jour en France et que 10000 autres sont crées, mais dans d’autres entreprises, secteurs ou régions. (…) Il s’agit d’un chômage d’ajustement qui disparaît lorsque les offreurs se sont adaptés aux demandes de travail des employeurs. Mais plus problématique car trouver un emploi peut prendre beaucoup plus de temps et représenter des coûts importants.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 129-134
Document 63 : les indemnités chômage peuvent améliorer l’appariement

Ces théories qui analysent les conditions de l’appariement entre offreurs et demandeurs de travail changent radicalement le regard sur les systèmes d’indemnisations du chômage. En l’absence d’indemnisation du chômage, les offreurs seront amenés à interrompre plus rapidement leur recherche et à accepter un emploi ne correspondant pas forcément à leurs qualifications et compétences. Cette situation de mismatch est sous-optimale pour le travailleur comme pour la société puisque le capital humain est sous ou mal employé. L’existence d’un système d’indemnisation garantissant un revenu de remplacement pendant la recherche d’emploi contribue à améliorer l’efficacité du marché du travail dans sa fonction d’appariement des offres et des demandes de travail (Diamond, Mortensen et Pissarides en 1994). La question qui se pose est alors celle de la durée optimale d’indemnisation. Trop courte, elle conduit à un équilibre bas sur le marché du travail, trop longue elle augmente le coût de son financement pour la collectivité et peut favoriser un chômage volontaire au sens classique. (…) Les travaux sur la recherche d’emploi et l’appariement entre offreurs et demandeurs ont également amené à se pencher sur l’efficacité du système de prise en charge des chômeurs et d’accompagnement vers l’emploi. La politique du guichet unique (fusion ANPE et Unedic en 2008), le profilage du chômeur à travers une évaluation rapide de ses chances de retrouver un emploi et l’orientation vers un programme spécifique d’accompagnement vers l’emploi en sont des exemples.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 145


      1. Le chômage structurel (ou naturel)


Document 64: en conclusion

Les théories contemporaines du chômage ont permis d’aller plus loin que Friedman dans la recherche des causes du chômage naturel. Elles permettent d’expliquer les différences de taux de chômage entre différents pays et la persistance du chômage à un niveau élevé … En fonction, des caractéristiques et des imperfections du marché du travail, de son hétérogénéité, de la forme et des caractéristiques des institutions qui l’encadrent, des objectifs et des stratégies des différents acteurs … Chaque économie connaît un taux de chômage d’équilibre plus ou moins important et qui « bouge » pour reprendre l’expression d’Edmund Phelps.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 143
Document 65


Chômage structurel




Règles de fonctionnement du marché du travail : rôle des « institutions » qui jouent sur les incitations des AE =

- Droit du travail et condition de licenciement (cas des CDI)

- Niveau du salaire minimum

- financement de la protection sociale et importance du coin socio-fiscal

- revenus de transferts et protection sociale et salaire de réservation

Frictions / Appariement

- Recherche d’information

- Compétences demandées sur le marché du travail

- Mobilité géographique

Autres rigidités :

- Situation d’asymétrie d’information qui pousse le salaire réel au-dessus du salaire d’équilibre

- Pouvoir de négociation des syndicats



    1. L’explication macroéconomique du chômage




      1. L’existence d’un sous-emploi au sens keynésien provenant de l’insuffisance de la demande


Document 66 : chômage et sous-emploi dans le contexte de la crise des années 1930

Dans sa Théorie Générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936), Keynes propose une théorie du chômage involontaire qu’il distingue du « chômage classique ». du côté de l’offre de travail, le raisonnement classique est selon lui erroné car les travailleurs sont victimes d’illusion monétaire : ils réagissent aux variations de leur salaire nominal mais pas de leur salaire réel. (…) Au final, les ajustements de l’offre de travail à son prix sont freinés par ce mécanisme. Du côté de la demande, l’ajustement offre/demande de travail ne se fait pas automatiquement en situation de crise. Comme il l’écrit lui-même « il n’est pas très plausible d’affirmer que le chômage aux Etats-Unis en 1932 ait été dû soit à une résistance opiniâtre de la main d’œuvre à la baisse des salaires nominaux, soit à sa volonté irréductible d’obtenir un salaire réel supérieur à celui que le rendement de la machine économique pouvait lui procurer. Le volume de l’emploi connaît d’amples variations, sans qu’il y ait de changements apparents ni dans les salaires réels minima exigés par la main d’œuvre, ni dans sa productivité. L’ouvrier n’est pas plus intransigeant en période de dépression qu’en période d’essor, bien au contraire». (…) Bref, en période de récession, la demande de travail diminue et devient insuffisante pour employer des travailleurs dont l’offre est rigide à court terme. Le chômage keynésien est donc un chômage conjoncturel, un chômage de crise. (…) Le problème est que, si le chômage keynésien permet d’expliquer le chômage conjoncturel, il ne dit pas pourquoi certains pays, dont la France, connaissent depuis plusieurs décennies un chômage durablement élevé.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 135-136
Document 67 : la loi d’Okun et l’output gap

La récession qu’ont connue les pays développés à la suite de la crise financière de 207-2008 a fait nettement augmenter le chômage dans ces pays. Cette augmentation correspond bien à un chômage keynésien. La réaction des Etats de ces pays a d’ailleurs été typiquement keynésienne, utilisant des politiques de relance de la demande et de soutien à l’activité économique (on notera que cela ne sera plus le cas dans la zone euro après 2012). L’objectif est alors de faire remonter le PIB à son niveau tendanciel (la croissance potentielle peut se calculer comme la croissance moyenne) et de réduire ainsi l’output gap ; si elle est suffisante, la reprise d’activité fait repartir l’emploi et normalement baisser le chômage, selon la loi d’Okun, parle d’ailleurs également d’Okun gap.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 136
Document 68 : écart de production et variation du taux de chômage, l’exemple des Etats-Unis

Dans les années 1960, A. Okun avait établi une relation stable entre l’évolution du chômage et celle de l’écart de production : c’est la loi d’Okun. Il existe un lien entre à court - moyen terme entre les variations du chômage et le taux de croissance de l’économie : le niveau d’emploi s’éloigne du niveau de plein emploi si la croissance effective est inférieure à la croissance potentielle.
Source : J.Stiglitz « Principes d’économie moderne », 3ième édition, De Boeck 2008

      1. Distinguer chômage conjoncturel et chômage structurel 


Document 69 : distinguer chômage conjoncturel et chômage structurel

Le problème est que, si le chômage keynésien permet d’expliquer le chômage conjoncturel, il ne dit pas pourquoi certains pays, dont la France, connaissent depuis plusieurs décennies un chômage durablement élevé.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 135-136
Document 70 : le taux de chômage structurel peut évoluer au cours du temps

La notion de chômage naturel (Phelps, 1968 ; Friedman, 1968) va entraîner un changement de perspective. (…) Selon Friedman, le chômage naturel englobe et fait la synthèse de plusieurs types de chômage : chômage frictionnel (coût de collecte d’information), chômage d’inadéquation (coût de mobilité), chômage classique et volontaire … C’est le taux de chômage de long terme. Le changement de perspective est considérable : un chômage naturel de 6,8 ou 10% de la population active devient compatible avec une situation de « plein-emploi ». On peut vérifier cette conclusion en observant les courbes de Beveridge française et américaine depuis les années 1970. Ces courbes comparent les offres et les demandes de travail insatisfaites. On estime les premières par le taux de chômage et les secondes par un indicateur de difficulté de recrutement des entreprises. A court terme, il existe bien sûr une corrélation négative entre les deux variables : quand le chômage est élevé, les entreprises rencontrent moins de difficultés à recruter. Néanmoins, quand on observe les courbes de Beveridge sur le long terme en France, on constate qu’elles se déplacent vers la droite au cours des années 1970 et 1980 : les entreprises déclarent le même niveau de difficultés de recrutement alors que le taux de chômage sont bien plus élevés. A plus court terme, on retrouve la corrélation inverse entre chômage et pénurie de main d’œuvre, mais ces variations se font autour d’un taux de chômage structurel bien supérieur à ce qu’il était dans les années 1960. La diminution du chômage naturel observée aux Etats-Unis dans les années 1980 montre que celui-ci n’est pas une fatalité. Il peut être combattu mais pas par des politiques conjoncturelles de relance keynésienne.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 137-138

      1. Pourquoi le chômage structurel peut-il augmenter au cours du temps ?


Document 71 : du chômage conjoncturel au chômage structurel

Suite aux travaux de Blanchard et Summers (1987) un premier type d’explication va s’intéresser aux phénomènes d’hystérèse. (…) En cas d’hystérèse, suite au choc qui fait augmenter le chômage effectif (donc conjoncturel), le taux de chômage naturel augmente, entraînant une hausse durable du chômage … qui se maintient alors que la cause initiale a disparu. C’est le cas si le seul fait de tomber dans le chômage réduit l’employabilité d’une personne et partant ses chances de sortir du chômage. Si le chômage détériore le capital humain de la personne, les chocs conjoncturels peuvent créer un chômage qui se transforme en chômage structurel, durable.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 143
Document 72 : hausse de la durée individuelle de chômage et baisse de l’employabilité

Ceci souligne combien il peut être dangereux de laisser augmenter le chômage, celui-ci risquant alors de « s’enkyster » dans la société par tout un ensemble de cercles vicieux : perte d’employabilité, découragement, relégation des chômeurs dans des quartiers éloignés de l’emploi, où se cumulent les difficultés économiques et sociales. La politique économique doit donc être réactive, et ne pas laisser la situation de l’emploi se dégrader lors d’un retournement de conjoncture.

Source : Jérôme Gautié « Le chômage », La découverte, 2009
Document 73 : d’autres facteurs peuvent modifier le chômage structurel (le cas français)

Chômage structurel




Frictions / Appariement

- faiblesse de la mobilité géographique renforcée par l’accès croissant à la propriété

- faiblesse de la formation initiale (manque de jeunes diplômés)

- faiblesse de la formation continue

Règles de fonctionnement du marché du travail : rôle des « institutions » qui jouent sur les incitations des AE =

- création des CDD et segmentation du marché du travail

- hausse du salaire minimum qui produit un effet de substitution

- hausse des cotisations sociales

- hausse salaire de réservation

- CDI et conditions de licenciement

Autres rigidités :

- les insiders sont en CDI = l’évolution de leur rémunération ne dépend pas de l’évolution de la productivité du travail




      1. Le NAIRU et la frontière de l’arbitrage inflation-chômage


Document 74 : le Nairu délimite les deux types de chômage

Le chômage naturel est lié à la réinterprétation de la courbe de Phillips par Milton Friedman. (…) L’apparition de la stagflation dans les années 1970 contredit la lecture en terme d’arbitrage inflation-chômage puisque le chômage et l’inflation augmentent simultanément. L’interprétation de Friedman est alors qu’il n’existe pas une mais des courbes de Phillips. L’inflation s’auto-entretient, d’autant plus qu’elle dépend essentiellement des anticipations d’inflation future : il est possible d’avoir le même niveau de chômage avec des niveaux d’inflation différents. A long terme, le taux de chômage dépend du chômage naturel, la courbe de Phillips de long terme, « augmentée » des anticipations est donc verticale. Selon Friedman, la stagflation des années 1970 a deux causes : d’une part, une augmentation du chômage naturel qui déplace la courbe de Phillips de long terme vers la droite ; d’autre part, des réponses keynésiennes inadaptées à cette situation qui font augmenter l’inflation sans réduire le chômage de long terme. Dans ce contexte, le chômage naturel est interprété comme le niveau de chômage qui est compatible avec une inflation stabilisée. Toute tentative pour faire baisser le chômage en dessous de ce niveau naturel entraîne une accélération de l’inflation. C’est le NAIRU.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 140
Document 75 : au-dessous du Nairu, la lutte contre le chômage est inefficace et fait augmenter l’inflation

En effet, l’expérience américaine de la décennie 1960 avait montré que les politiques n’avaient pas réussi durablement à diminuer le taux de chômage en dessous d’un certain seuil, semblant relativement incompressible à moyen terme, de l’ordre de 4% à 5%. En revanche, elles semblaient responsables d’une augmentation continue du taux d’inflation au cours de la même période. Les politiques de plein emploi semblaient donc buter sur un taux de chômage « naturel ». Le qualificatif peut sembler étonnant, il s’oppose simplement à « monétaire » : c’est le taux de chômage insensible, à moyen terme, à une politique monétaire expansionniste. Conformément à la courbe de Phillips, cette dernière peut faire baisser le chômage à court terme en augmentant l’inflation, à condition que les salaires nominaux s’ajustent avec retard sur les prix : dans ce cas, les salaires réels vont baisser dans un premier temps, et les entreprises vont augmenter leur niveau d’emploi (leur demande de travail étant supposée d’autant plus importante que le salaire réel est faible). Cependant, dès que les salariés auront obtenu un rattrapage de leur salaire sur l’inflation, le salaire réel et donc l’emploi vont revenir à leur niveau initial. Le chômage retrouvera donc son niveau « naturel ». La seule façon d’essayer de maintenir le chômage à un niveau plus bas est d’accroître de nouveau l’inflation, mais l’effet ne peut être que de court terme, le temps que s’ajustent les salaires réels. En d’autres termes, le chômage ne peut être maintenu à un niveau inférieur à son niveau « naturel » qu’au prix d’une inflation non seulement plus élevée (comme l’indiquait Phillips) mais constamment croissante.

Source : Jérôme Gautié « Le chômage », La découverte, 2009, p. 42
Document 76 : le chômage conjoncturel = la part du chômage qui se situe au-dessus du Nairu 

En réalité, les politiques keynésiennes restent compatibles avec cette nouvelle représentation de la courbe de Phillips, mais doivent être réservées aux cas où le chômage dépasse son niveau naturel. Connaître le niveau du Nairu est donc primordial : c’est lui qui permet de savoir si le risque inflationniste existe ou non ; si le chômage est à son niveau d’équilibre ou s’il comporte une composante conjoncturelle qui peut être combattue par des politiques de relance. Selon E.Phelps « le taux de chômage moyen sur le long terme – disons une douzaine d’années environ – est rarement éloigné du taux naturel moyen sur la période ». Le taux de chômage naturel s’établirait en France autour de 9% de la population active, niveau très élevé, qui signifierait que le « plein emploi » des facteurs serait compatible avec la mise à l’écart de près de 10% des offreurs déclarés. Il est donc central de connaître les déterminants de ce taux de chômage naturel, et de comprendre pourquoi « il bouge », spécifiquement en Europe et en France depuis les années 1970.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 136-141

Document 77 : le Nairu, un concept introduit par James Tobin pour réhabiliter les politiques de lutte contre le chômage en stimulant l’activité

On peut en déduire de l’analyse friedmanienne qu’il existe un taux de chômage compatible avec une inflation stable, soit un taux de chômage qui n’accélère pas l’inflation, le non accelerating inflation rate of unemployement, le NAIRU. Dans l’esprit de James Tobin, qui introduit cette notion dans les années 1970, loin de rendre caduques les politiques keynésiennes (comme le voulait Friedman), le NAIRU va au contraire leur fournir un instrument précieux, en permettant de distinguer la part conjoncturelle du chômage de sa part structurelle. Le taux de chômage conjoncturel est simplement la différence entre le taux de chômage effectivement constaté et le NAIRU. Si cette différence est positive, les politiques conjoncturelles doivent intervenir jusqu’à ce que le chômage rejoigne le NAIRU, d’autant plus que, selon les économistes keynésiens, et contrairement à la conception friedmanienne du « chômage naturel » rien n’assure que l’économie revienne automatiquement au niveau du NAIRU.

Source : Jérôme Gautié « Le chômage », La découverte, 2009, p. 43

  1. La lutte contre le chômage et les politiques de l’emploi




    1. La diversité des politiques de l’emploi


Document 78 : les politiques de l’emploi sont présentes en France depuis les années 1950

Les politiques de l’emploi constituent un objet complexe. Leur définition n’est pas claire, et leur légitimité même est souvent mise en cause.

En effet, elles ne constituent pas une priorité dans une perspective keynésienne, où l’objectif de plein emploi est principalement du ressort des politiques macroéconomiques (…). Ce défaut de légitimité peut en partie expliquer les critiques permanentes dont elles font l’objet, et qui ont un caractère paradoxal, puisque ces interventions sont largement installées dans les outils des politiques publiques : indemnisation chômage, agences pour l’emploi, dispositifs de formation et de reconversion depuis les années 1950, préretraites, aides à l’emploi pour les publics en difficultés depuis la fin des années 1970 … (allègement des cotisations sociales depuis les années 1990). (…) Les politiques de l’emploi en France se sont principalement développées après le premier choc pétrolier face à la montée du chômage et à l’échec de la tentative de relance keynésienne de 1975.

Source : Christine Erhel « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ?, 2014, p.9-10
Document 79 : une définition « large » des politiques de l’emploi

En première analyse (selon la définition proposée par Jérôme Gautié, 1998) on peut considérer que les politiques de l’emploi comprennent l’ensemble des interventions publiques sur le marché du travail, visant à corriger les éventuels déséquilibres et/ou limiter les effets néfastes de ces derniers.

Cette définition, bien qu’elle soit large, marque la frontière avec les politiques macroéconomiques de lutte contre le chômage conjoncturel, qui ne concerne qu’indirectement le marché du travail : les politiques de l’emploi désignent plutôt des politiques structurelles. Elles incluent des mesures très diverses : interventions sur le coût du travail ; incitations fiscales à l’activité ; indemnisation du chômage ; préretraites ; mesures ciblées sur les chômeurs (formation, aide à la recherche d’emploi, stages ou emplois publics temporaires). Dans une perspective plus large, on peut également y introduire des dispositifs de réglementation du marché du travail (salaire minimum, règles de licenciement, temps de travail).

Source : Christine Erhel « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ?, 2014, p.9-10
Document 80 : le besoin d’harmoniser la définition des politiques de l’emploi pour faciliter les comparaisons internationales, vers une définition plus « restreinte »

Afin de mener à bien des comparaisons internationales en matière de politique publique de l’emploi, il est nécessaire de disposer d’une définition conventionnelle et harmonisée. La plus utilisée est celle que propose l’OCDE (…). Cette définition repose sur deux grands principes.

Tout d’abord, elle ne retient que les politiques dites ciblées, c’est-à-dire celles qui bénéficient à des groupes en difficulté sur le marché du travail, en particulier les trois catégories de bénéficiaires suivants : chômeurs, personnes en emploi mais menacées dans leur emploi, inactifs souhaitant entrer sur le marché du travail et désavantagés. Lorsque les dispositifs visent à accroître l’emploi global, sans distinction d’un type de bénéficiaires précis, ils sont qualifiés de mesures générales, et ne sont pas pris en compte. C’est le cas par exemple des mesures d’exonération de charges sociales en France qui visent à augmenter la demande de travail des entreprises, et bénéficient à tous les emplois. (…) De la même manière, les mesures d’incitation au travail par le biais de mécanismes d’impôt négatif (qui augmentent le revenu après impôt des ménages ayant de faibles revenus du travail, afin d’éviter les phénomènes d’enfermement dans l’inactivité) ne sont pas intégrées. En effet, là encore, ces dispositifs bénéficient à toutes les personnes ayant un emploi selon un critère de revenu. De plus, ils sont à la frontière entre politique de l’emploi et politiques sociales, leur fonction étant à la fois de lutter contre la pauvreté et d’inciter au travail. Enfin, certaines politiques sociales telles que le RMI (RSA) remplissent également une fonction de soutien du revenu en cas de chômage (pour les personnes n’ayant plus ou pas les droits à l’assurance chômage), mais elles ne sont pas intégrées à la dépense pour l’emploi puisqu’elles ne sont pas explicitement ciblées sur les chômeurs et concernent un public de bénéficiaires plus large.

La définition de l’OCDE est donc restrictive : elle exclut des modes d’intervention pourtant fréquents dans la plupart des pays de l’OCDE. (…)

Au sein des politiques de l’emploi prises en compte par l’OCDE, il est courant de distinguer entre deux grandes catégories de mesures : celles visant au maintien du revenu des chômeurs ou de certaines catégories de personnes inactives sont qualifiées de mesures passives ; celles ayant pour objectif d’augmenter l’emploi des bénéficiaires, leur niveau de formation, ou encore d’améliorer le fonctionnement global du marché du travail, sont considérées comme des mesures actives.

Source : Christine Erhel « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ?, 2014, p.9-10
Document 81: distinguer plusieurs « niveaux » et plusieurs types de politiques de l’emploi

Compte tenu de la difficulté à établir une définition simple des politiques de l’emploi, nous proposons de retenir une notion composite, comportant trois niveaux d’analyse. Dans un premier cercle, on fait figurer la définition stricte des politiques de l’emploi au sens de l’OCDE. Dans le deuxième cercle, on prend également en compte des mesures générales dont un objectif explicite est d’augmenter l’emploi en intervenant pour corriger un certain nombre de dysfonctionnement sur le marché du travail. dans le troisième cercle, on inclut les politiques n’ayant pas pour objectif central l’accroissement du niveau de l’emploi mais affectant néanmoins celui-ci (politiques macroéconomiques et droit du travail ou régulation de l’emploi).
Source : Christine Erhel « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ?, 2014, p.9-10


    1. Les politiques qui consistent à protéger les actifs et partager le stock de travail entre actifs




      1. Indemniser les chômeurs (une politique dite « passive » selon l’OCDE) pour lutter contre « l’insécurité sociale » (selon l’expression de Robert Castel)


Document 82 : Aider les chômeurs

Face à l’augmentation du chômage, la première réponse est une réponse sociale. Elle vise à rendre le chômage supportable par des mesures dites de traitement social : indemnisation des chômeurs, politiques de réduction de la population active (préretraites, …). Elles représentent une part non négligeable – près de 60% - des dépenses de la politique de l’emploi en France.

L’indemnisation du chômage remplit un rôle central, tant d’un point de vue social que d’un point de vue économique. En effet, elle permet d’une part d’éviter une chute trop brutale des revenus (et donc de la demande) en cas de récession et d’augmentation du chômage. D’autre part, elle est indispensable pour permettre d’obtenir le meilleur (ou le moins mauvais) appariement possible des offreurs et des demandeurs de travail.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 147
Document 83 : la place des indemnités chômage dans les politiques de l’emploi en France en 2009

En millions d’euros

2009

Services du marché du travail

4 873

Mesures actives

13 766

Formation professionnelle

6 855

Incitations à l’emploi

1 823

Emploi protégé

1 428

Création directe d’emploi

2 921

Aide à la création d’entreprise

738

Soutiens

27 085

Maintien et soutien du revenu en cas de perte d’emploi

26 789

Pré-retraites

296

Total

45 724

Dépendes totales en % du PIB

2,42%

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 149


      1. La protection de l’emploi : protéger les salariés en contrôlant les licenciements


Document 84 : la protection de l’emploi limite les licenciements

La protection de l’emploi regroupe les mesures (législatives, conventionnelles ou jurisprudentielles) qui visent à encadrer la rupture du contrat de travail. Depuis la fin des années 1990, l’OCDE a construit un indicateur de protection de l’emploi qui sert aujourd’hui de référence en la matière. Il s’agit d’un indicateur synthétique qui résume la protection dont bénéficient les salariés dans trois domaines : celui du licenciement individuel (règles définissant le caractère « abusif » ou non d’un licenciement), du licenciement collectif et enfin de la protection des travailleurs temporaires. (…) L’OCDE donne une valeur comprise entre 0 et 6, croissante avec la rigueur de la protection de l’emploi. La protection de l’emploi vise à protéger le travailleur dans une relation contractuelle potentiellement asymétrique donnant l’avantage à l’employeur. C’est ce qu’exprime la fameuse citation d’Henri Lacordaire « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit » (1848). L’objet de la protection de l’emploi est donc de limiter le risque d’arbitraire dans une situation, la rupture du contrat de travail, qui peut entraîner un préjudice important pour le travailleur se retrouvant sans emploi.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 143


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