Emploi, chômage et marché du travail : définitions et mesures








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L’évolution des formes d’emploi et l’essor des emplois « atypiques »


Document 13 : évolution de la part des CDD et de l’intérim dans l’emploi total

Document 14




CDI en pourcentage total de l’emploi salarié

CDD en pourcentage total de l’emploi salarié

Hommes

94% à 88%

4% à 8%

Femmes

92% à 86%

6% à 12%


Document 15 : évolution de la part des contrats courts en % des embauches
source : lexpress.com

Document 16
Source : Conseil d’orientation pour l’emploi « Emplois durablement vacants et difficultés de recrutement », septembre 2013
Document 17 : évolution du temps partiel et du sous-emploi


Document 18: caractéristiques des emplois « atypiques » : à durée déterminée ou temps partiel (notamment sous-emploi)




En fonction de l’âge

En fonction du secteur (privé /public)

En fonction de la PCS

Emploi hors CDI

50% chez les moins de 15-24 ans

contre 10% chez les 25- 49 ans

Plus dans le public que dans le privé !

6% chez les cadres contre 32% chez les ONQ




Dans total emploi

En fonction du sexe

Temps partiel subi = « sous-emploi »

Emploi à temps partiel

18%

30% des femmes contre 7% des hommes

12% des employés contre 6% en moyenne




      1. Ne pas confondre le stock d’emplois et les flux d’emplois


Document 19: l’évolution du stock d’emplois dans les secteurs marchands à partir du solde des variations trimestrielles
source : journaldunet.com
Document 20 : l’évolution du solde trimestriel des emplois entre 2009 et 2013
Source : http://www.trendeo.net/2013/09/18/france-septembre-2013-une-economie-a-la-cape/
Document 21 : pour connaître l’évolution du solde, il faut connaître l’évolution du total des créations et des suppressions d’emplois
Source : http://www.trendeo.net/2013/09/18/france-septembre-2013-une-economie-a-la-cape/
Document 22 : ne pas confondre création nette et création totale d’emplois

Total emplois détruits

Total emplois créés



Solde

(création nette ou destruction nette d’emplois


Document 23 : remarque méthodologique, comment mesurer les emplois détruits et créés ?

L’évolution des créations et des destructions d’emplois soulève des problèmes délicats.

La démarche habituelle consiste à utiliser un échantillon d’entreprises dont on observe les effectifs à deux dates bien précises (01 janvier au 31 décembre par exemple). Si, entre ces deux dates, une entreprise augmente ses effectifs, on comptabilise cette augmentation comme autant de création d’emplois. A l’inverse, si entre ces deux dates, une entreprise diminue ses effectifs, cette diminution est comptabilisée comme autant de destructions d’emplois.

Le taux de destruction est égal au nombre total de destructions divisé par le stock moyen d’emplois de toutes les entreprises de l’échantillon sur la période. (…)

Cependant, cette méthode sous-estime les créations et les destructions d’emplois, car elle néglige les destructions et les créations résultant des variations brèves de l’activité. Elle néglige aussi les modifications de structure des emplois au sein des entreprises, qui peuvent, par exemple, détruire des emplois d’ouvriers et créer des emplois de cadres tout en conservant un effectif constant. Les contributions qui ayant estimé ces créations et ces destructions d’emplois supplémentaires suggèrent qu’elles sont importantes.

Leur pris en compte conduit à un taux de destruction annuel de l’ordre de 15%. A la fin de l’année 2013,la France compte 15,9 millions d’emplois dans le secteur marchand non agricole, ce qui donne environ 2,4 millions d’emplois détruits chaque année, soit approximativement 10 000 par jour.

Source : P.Cahuc et A.Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p. 15
Document 24 : les flux d’emplois sur le marché du travail

En France, tous les ans, 2,4 millions d’emplois disparaissent. Ramenée à l’échelle quotidienne, l’ampleur du « carnage » est impressionnante : chaque jour ouvrable, la France perd 10 000 emplois ; 10 000 par jour, c’est l’emploi d’une ville comme Fécamp, c’est 7 par minute. A ce rythme, il n’y aura plus aucun emploi en France dans moins de sept ans ! Voilà des chiffres qui pourraient facilement convaincre n’importe qui, de bonne foi mais partiellement informé, de l’inéluctable fin du travail. Heureusement, ce point de vue oublie une moitié de l’histoire.

La moitié omise est pourtant tout aussi intéressante. Elle se résume en une phrase : chaque jour, la France créé 10 000 emplois. Tout compte fait, la vérité est beaucoup plus déconcertante que la banale fin du travail si souvent annoncée. Les créations et les destructions d’emplois sont gigantesques et, bon an mal an, parviennent à s’équilibrer. Ainsi en 2002 en France, la croissance nette de l’emploi (différence entre créations et destructions) a été de 60 000 emplois, soit 0,4% des effectifs. L’année 2002 n’a pas été exceptionnelle, elle reflète assez bien la situation moyenne du marché du travail depuis plusieurs décennies. Entre 1970 et 2000, l’économie française a détruit, chaque année, approximativement 15% de ses postes de travail … et en a créé 15,5% de manière à assurer une croissance nette de l’emploi de 0,5% par an. (…) Une rupture dans cette évolution s’est produite à la suite de la crise des subprimes. L’économie française a détruit plus d’emplois qu’elle n’en a créé pendant deux années consécutives, mais les pertes nettes d’emplois sont restées faibles. En 2008 et 2009, elles ont représenté 0,5% et 0,8% de l’emploi total. En 2010, la tendance s’est inversée et la création nette d’emplois s’est de nouveau élevée à 0,5%. Elle est restée proche de zéro en moyenne les trois années suivantes.

Source : P.Cahuc et A.Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p. 15-16
Document 25 : distinguer flux nets et flux totaux du solde de l’emploi

Total des flux (créations + destructions)/2 = 15% total des emplois

Création emplois : embauches

Destruction emplois : fin cdd, licenciements, démissions


Flux total de création

Flux total de destruction




Solde des flux de création et de destruction

Moins de 1 % total des emplois



Document 26 : plus de 2,6 millions d’emplois créés en 2012
Source : Conseil d’orientation pour l’emploi « Emplois durablement vacants et difficultés de recrutement », septembre 2013

    1. Le chômage : définition, mesure et évolution




      1. L’apparition de la catégorie « chômeur » dans la population active au début du 20ième siècle


Document 27 : l’apparition du « chômage »

Le chômage n’a pas toujours existé. C’est au 19ième siècle que le vocable prend son sens moderne, amenant progressivement une reconnaissance du chômage comme problème économique appelant une réponse des pouvoirs publics. Depuis, l’appareil statistique et administratif permet une mesure précise, même si elle reste entourée d’un « halo » de situations intermédiaires. (…)

Le chômage signifie jusqu’au 19ième siècle toute situation de non travail, sans précision quant à ses causes. Au 19ième, le chômeur prend son sens moderne de personne sans emploi en recherchant un. Ce chômage n’a de sens que dans la société salariale qui se développe (…). Dans une société où un individu doit trouver un employeur pour subvenir à ses besoins, ne pas trouver d’emploi met en péril cet individu et sa famille. Le chômage est donc dès l’origine un problème à la fois économique, social et politique.

D’un point de vue administratif, jusqu’au recensement de 1896, il n’existe pas de catégorie « chômeur » en France. Les individus qui sont dans cette situation sont comptabilisés soit comme « sans profession », soit dans « population non classée ». (…) Dans le recensement de 1896, pour être comptabilisé comme chômeur, la période sans emploi ne doit être ni trop courte, ni trop longue. Trop courte, il ne s’agit pas de chômage, mais du délai nécessaire pour passer d’un emploi à un autre (…). Trop longue, le chômeur n’en est plus un et devient un « inactif ». On trouve ici toute la particularité du chômeur : comme d’autres pauvres, il est sans ressource, amenant à mobiliser des politiques publiques pour le soutenir et l’assister. Mais lui est valide et il est couramment soupçonné de profiter de cette assistance, amenant à distinguer « le bon pauvre » et le « mauvais pauvre ». Ainsi au 19ième siècle, en Angleterre, les workhouses accueillent les personnes sans ressources mais les contraint à y vivre enfermées et à travailler pour y bénéficier de l’aide sociale. Robert Castel cite également un exemple hollandais extrême dans lesquels les pauvres sont enfermés dans des caves inondées où ils doivent écoper pour mériter leur pain … sous des formes moins brutales, les sociétés contemporaines restent confrontées à cette particularité du chômage : le définir et le mesurer soulève des problèmes techniques (comment mesurer objectivement une recherche d’emploi ?) mais aussi politiques et moraux sur la considération et le traitement à apporter aux chômeurs.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 122


      1. Comptabiliser le nombre de chômeurs : Insee ou Pôle emploi


Document 28 : les mesures du chômage par l’INSEE et le Pôle emploi

Il y a en France deux sources statistiques principales sur le chômage :

- « l'enquête emploi » de l'Insee, qui mesure le chômage au sens du Bureau international du travail (BIT).

- les statistiques mensuelles du Ministère du travail, élaborées à partir des fichiers de

demandeurs d'emploi enregistrés par Pôle emploi ;

Du fait des conventions retenues, les chiffres du chômage diffèrent selon les organismes et certaines personnes sans emploi n’apparaissent pas dans les statistiques dont on dispose.

Les critères du BIT utilisés par l’INSEE

La définition du chômage du BIT est fondée sur trois critères. Sont chômeurs les individus qui, au cours de la période de référence (une semaine) sont :

- sans travail ;

- disponible pour travailler

- à la recherche d’un travail, c’est-à-dire qui ont pris des dispositions spécifiques au cours d’une période récente spécifiée pour rechercher un emploi,

L’Insee recense le chômage conformément aux critères du BIT, à l’occasion de l’Enquête emploi. Celle-ci est trimestrielle.

Les chiffres de Pôle Emploi

Pôle emploi fournit un indicateur de suivi conjoncturel du chômage, à partir des demandes d’emploi enregistrées dans les fichiers de l’ANPE. Les DEFM (demandeurs d’emploi en fin de mois) recensent ainsi les personnes inscrites à la fin d’un mois donné. Ces DEFM sont classés en 5 catégories. Ces 5 catégories permettent un suivi précis des personnes inscrites à Pôle emploi mais contrairement à des données d’enquêtes comme celle de l’Insee, il s’agit de données administratives, sur la base de critères d’inscription (et de radiation) élaborées par une administration. Ces données sont donc très sensibles à la politique de lutte contre le chômage, qui en ciblant telle ou telle catégorie contribue à « modifier » les contours des demandeurs d’emploi (on peut par exemple penser que lorsque l’application du critère de recherche d’emploi effective se renforce cela conduit à radier certains « chômeurs » des listes de l’ANPE – ceux dont l’administration juge les efforts de recherche insuffisants).
Document 29 : Les catégories de DEFM de Pôle emploi

Catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;

Catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ; Catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois) ; Catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie...), sans emploi ;

Catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).

Source : http://travail-emploi.gouv.fr
Document 30 : la mesure du chômage est conventionnelle, illustration

Les critères de classement restent conventionnels : la définition des démarches correspond à une recherche d’emploi à évolué en 2007 dans le cadre d’une harmonisation européenne. Désormais le fait d’être inscrit (…) dans une agence de placement ne suffit plus à être déclarée en recherche active d’emploi. Ce changement de définition à fait sortir à l’époque plus de 200 000 personnes du chômage au sens du BIT en France. Au total, l’adoption de la définition européenne du chômage en 2007 a fait baisser de 0,7 point le taux de chômage français.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 123


      1. La multiplication des emplois atypiques produit un halo autour du noyau dur des chômeurs


Document 31 : le halo du Chômage

En principe, on peut classer facilement un individu comme « actif » ou « inactif » et parmi les actifs, la distinction entre détenteurs d’un emploi et chômeurs répond à des critères apparemment simples. Mais les transformations du marché du travail depuis une vingtaine d’années ont conduit à l’apparition de situations individuelles nouvelles proches des frontières entre les situations d’inactivité, d’emploi et de chômage.

A la suite de J. Freyssinet, il est courant aujourd’hui d’évoquer le « halo du chômage » pour désigner les individus en situation de sous-emploi ou se déclarant chômeurs et « gravitant » autour du noyau dur des chômeurs au sens du BIT.

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