Emploi, chômage et marché du travail : définitions et mesures








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Document 138 : trois sources de difficultés d’appariement entre l’offre et la demande de travail

Coût de prospection

Spatial mismatch

Skill mismatch

Solution : création ANPE (Pôle emploi)

Solution : faciliter la mobilier géographique et les déplacements professionnels

Solution : faciliter la formation des adultes et améliorer la formation initiale




    1. Quel bilan pour les politiques qui visent à réduire les déséquilibres sur le marché du travail ?




      1. Bilan des politiques visant à augmenter la demande de travail

        1. Les contrats aidés : des aides efficaces mais qui sont concentrées sur les situations les moins nombreuses (aides au secteur marchand)


Document 139 : les aides à l’emploi dans le secteur marchand sont les plus efficaces

Face à l’ampleur des dépenses et au nombre impressionnant de bénéficiaires, il est essentiel de savoir à quoi servent les aides à l’emploi. (…) Une grande partie de l’administration et des élus (…) considèrent que toute personne placée dans un dispositif d’aide à l’emploi doit être comptée comme une victoire dans la lutte contre le chômage ou la pauvreté. (…) Cette façon de présenter le bilan d’une mesure de politique de l’emploi en affichant simplement le nombre de bénéficiaires devrait être bannie, car elle fait croire que l’efficacité de la mesure se confond précisément avec le nombre de gens qui en bénéficient. L’information pertinente est celle qui donnerait une indication sur ce que deviennent plus tard les bénéficaires. (…) La question à laquelle il faudrait pouvoir répondre pour juger de l’utilité d’un dispositif est la suivante : que seraient devenues les personnes concernées si elles n’avaient pas bénéficié du dispositif ? (…) Barbara Sianesi s’intéresse à l’efficacité des 6 principaux programmes existant en 1994. Pour cela, elle a constitué un échantillon de 30 800 individus entrés pour la première fois au chômage en 1994 dont elle a reconstitué le parcours professionnel pendant 5 ans, jusqu’à novembre 1999. Elle compare le parcours moyen d’une personne ayant bénéficié d’un programme en 1994 avec le parcours moyen qu’aurait eu cette personne si elle n’avait pas participé à ce programme. Elle trouve que, comparées à la moyenne des parcours des simples chômeurs n’ayant participé à aucun programme, les chances de retour vers un « emploi régulier » sont sensiblement plus faibles pour les personnes ayant bénéficié d’un emploi temporaire dans le secteur public et pour celles ayant bénéficié d’une formation en dehors d’une entreprise. Ce résultat peut sembler étonnant puisqu’il signifie que bénéficier d’une emploi dans le secteur public ou bénéficier d’une formation en dehors de l’entreprise diminue en moyenne les chances de retour vers l’emploi régulier. La raison est vraisemblablement que ces programmes n’augmentent pas les capacités de ceux qui les suivent et qu’ils envoient en conséquence un mauvais signal aux employeurs potentiels. Une étude particulièrement détaillée sur les programmes en vigueur en Allemagne au début des années 2000 aboutit à la même conclusion. (…) Les bénéficiaires sont en fait stigmatisés par leur passage dans ce type de dispositif qui n’accroît pas leurs capacités.

Les programmes de formation en entreprise et de remplacement temporaire d’un employé dans le secteur public s’en sortent mieux : ils offrent à peu près les mêmes chances de retour à l’emploi que le chômage simple !

En revanche, les subventions à l’emploi dans le secteur privé donnent des résultats spectaculaires. Comparé au chômage simple, ce dispositif augmente de 40 points de pourcentage les chances de retrouver un emploi pratiquement dès la sortie du dispositif.

Dans l’ensemble, les subventions à l’emploi privé dominent nettement toutes les autres mesures. Elles sont suivies par les remplacements temporaires.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.210
Document 140 : une étude plus récente de la DARES confirme ces résultats

Depuis 2002, la DARES suit en parallèle, un groupe de bénéficiaires des principaux dispositifs de la politique de l’emploi et un groupe témoin constitué de personnes éligibles à ces dispositifs, présentant les mêmes caractéristiques observables que le groupe des bénéficiaires en termes d’âge, de sexe, de niveau de formation et d’ancienneté au chômage, mais qui n’ont pas participé au programme. Les résultats de ces trois dispositifs sont les suivants :
Le CIE est l’ancêtre de l’actuel contrat unique d’insertion dans le secteur marchand. Le CES était un CDD de 3 à 12 mois dans le secteur non marchand. Le SIFE est un stage (de 100 à 700 heures) dans une entreprise ou un organisme du secteur marchand.

On constate que les deux dispositifs d’aide à l’emploi dans le secteur marchand, le stage d’insertion et de formation à l’emploi (SIFE) et le contrat initiative emploi (CIE) améliorent la situation des bénéficiaires.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.210
Document 141: un dispositif coûteux

Les aides à l’emploi, qu’elles soient publiques ou privées, coûtent cher et touchent beaucoup de monde. Chaque dispositif important compte des centaines de milliers de bénéficiaires et coûte des milliards d’euros. ainsi, dans le projet de loi de finances pour 2014, le budget prévu pour les contrats uniques d’insertion dans le secteur non-marchand est de 2,2 milliards d’euros pour un effectif de 340 000 personnes. Le budget pour les emplois d’avenir devrait s’élever à 1,2 milliard pour environ 150 000 bénéficiaires. Les emplois aidés non marchands concernés par ces deux seuls dispositifs coûteraient donc 3,4 milliards d’euros et toucheraient 490 000 personnes. A titre d’illustration, ces deux dispositifs représentent près de la moitié du budget prévu en 2014 pour le ministère de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie et près de 5 fois celui des sports.

Pour ce qui concerne les emplois aidés dans le secteur marchand, la dotation prévue pour les contrats uniques d’insertion est beaucoup plus modeste puisqu’elle s’élève à 165 millions d’euros et ne devrait profiter qu’à 40 000 bénéficiaires. Le déséquilibre entre les aides au secteur marchand et non marchand est flagrant.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.203
Document 142: les contrats aidés, des instruments contra-cycliques

Au niveau macroéconomique, ces contrats aidés dans le secteur non marchand peuvent exercer une fonction contra-cyclique et éviter de trop fortes hausses du chômage en période de ralentissement de la croissance. Cette fonction était précisément celle des emplois publics temporaires dans le modèle suédois traditionnel.

Source : Christine Ehler « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ?, 2014, p.114
Document 143: les contrats aidés et les effets d’aubaine dans le secteur marchand

Les subventions à l’emploi privé sont les mesures qui supportent les effets de déperdition les plus importants, alors qu’ils sont nettement moindre dans le sectur public ou non marchand. Sur la base des enquêtes menées auprès des entreprises dans les années 1980, la DARES estimait que, pour 100 entrées dans une mesure de subvention, 10 seulement correspondaient à des emplois qui n’auraient pas été créés en l’absence du dispositif.

Source : Christine Ehler « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ?, 2014, p.114
Document 144: les contrats aidés, des résultats globalement décevants




Contrats aidés

Objectif

s’attaquer au chômage des actifs les moins « employables »

Exemples

« Emplois jeunes » Gvt Jospin 1997-2002

« Emploi d’avenir » Pdt Hollande depuis 2012

Conséquences

Conséquences positives

Conséquences négatives




Réduit le coût du travail des moins « employables » ; change les places des chômeurs dans la file d’attente

Politiques coûteuses ;

Très peu efficaces sur les contrats dans le secteur non-marchand qui sont les plus nombreux : effet de stigmatisation / absence d’amélioration du capital humain ;

Des effets d’aubaines important dans le secteur privé (10% des emplois créés seulement)  ;



        1. La baisse du coût du travail par l’allègement des cotisations sociales : un dispositif efficace mais associé à un risque de trappe à bas salaires


Document 145 : l’efficacité des politiques d’exonération de charges sociales

L’efficacité de ces politiques en matière d’emploi ne fait guère de doute. L’étude la plus complète et la mieux documentée a été réalisée par Brunon Crépon et Rozenn Desplatz en 2001. (…) Ils estiment que les exonérations de cotisations patronales introduites en 1995 et 1996 ont sauvegardé environ 460 000 emplois à la fin 1997. Ces exonérations ont créé principalement des emplois non qualifiés, mais aussi des emplois qualifiés, tant dans le secteur de l’industrie que dans celui des services. la hausse de l’emploi non qualifié était attendue ; en revanche, celle de l’emploi qualifié peut surprendre. Deux phénomènes se conjuguent pour expliquer la hausse de l’emploi qualifié. D’une part, l’embauche de travailleurs peu qualifiés contribue à améliorer l’efficacité des travailleurs qualifiés qui peuvent déléguer une partie de leurs tâches. D’autre part, la réduction du coût du travail peu qualifié améliore la rentabilité globale des entreprises en bénéficiant des allégements de charges. Leur compétitivité s’améliore, elles gagnent des parts de marché et recrutent donc à la fois des travailleurs qualifiés et non qualifiés. (…)

Les évaluations de Bruno Crépon et Rozenne Desplatz ne tiennent pas compte du financement des exonérations de charges. Or, on ne peut a priori exclure que les prélèvements supplémentaires nécessaires à ce financement finissent par peser sur les créations d’emplois et annulent les bénéfices des allègements de charges. Ce risque est faible car les allégements de charges créent beaucoup d’emplois. Il en résulte de nouvelles rentrées fiscales et des économies au titres des allocations chômage et des minima sociaux. A terme, les gains réalisés grâce à ces créations d’emplois peuvent ainsi compenser les prélèvements requis par la mise en œuvre des allègements de charges. Selon les évaluations disponibles, le coût budgétaire de ces mesures (égal à la différence entre les gains réalisés et les prélèvements requis) serait faible.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.88
Document 146: l’efficacité du dispositif « zéro charges »

Pour juger de l’efficacité du dispositif « zéro charges », il faut aussi avoir une évaluation de son coût. Pour cela, on doit d’abord noter qu’une grande partie des embauches auraient eu lieu en l’absence de ce dispositif, (…) Pour cette raison le coût par emploi créé est nettement supérieur à la subvention perçue qui est de 861 euros par mois. (…) Le coût par emploi créé est évalué à 11 800 euros, soit environ 60% du coût du travail annuel pour un emploi au niveau du salaire minimum. Ce coût est brut. Il ne prend pas en compte les économies réalisées grâce à la création d’emplois. Or, ces économies sont importantes : la somme des réductions des transferts sociaux et des cotisations perçues est du même ordre de grandeur que le coût brut, soit 12 000 euros pour un salarié rémunéré au SMIC. Le coût net de création d’emploi par « zéro charges » se situe donc aux alentours de zéro.

Source : Source : Pierre Cahuc et André Zylberberg « Les ennemis de l’emploi. Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion, 2015, p.89
Document 147: distinguer coût brut et coût net de la baisse des cotisations sociales

L’évaluation des baisses de cotisations sociales sur les bas salaires demeure très controversée. Même si les effets mesurés sont toujours positifs, l’impact de l’ampleur est très variable d’une étude à l’autre. (…)

Dans une étude de 2013, le ministère du Travail retient une fourchette de nombre d’emplois créés ou sauvegardés de 200 000 à 400 000, soit un coût brut par emploi entre 20 000 et 40 000 euros et un coût net (incluant les gains en cotisations sociales et les moindres dépenses d’indemnisation chômage et de minima sociaux) de 8000 à 28000 euros.

Source : Christine Ehler « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ?, 2014, p.115
Document 148 : la baisse des cotisations étant plafonnée, elle fabrique une « trappe à bas salaires »

Parmi les effets défavorables, ce dispositif pourrait avoir contribué à accroître la « trappe à bas salaires » puisqu’il induit une incitation pour l’employeur à ne pas augmenter les salaires au-dessus du seuil de l’exonération, compte tenu du caractère dégressif de l’exonération. (…) Si l’on prend en compte non seulement l’emploi, mais également la qualité de l’emploi (qualification, salaire) il existe donc des doutes importants sur l’efficacité globale du dispositif d’exonérations de cotisations sociales. Toutefois, les baisses de charges apparaissent aujourd’hui comme une composante d’une politique de soutien à la compétitivité des entreprises tout autant que comme une politique de l’emploi : c’est à ce titre qu’elles sont en voie d’extension et constituent un élément clé du Pacte de Responsabilité présenté en 2014.

Source : Christine Ehler « Les politiques de l’emploi », Que sais-je ?, 2014, p.116
Document 149 : la baisse des cotisations sociales, des résultats ambigus

Conséquences positives

Conséquences négatives

Création emplois pour salariés les moins qualifiés (atteindre objectif emploi) – c’est l’argument essentiel défendu par Cahuc et Zylberberg

Coût pour la collectivité : les cotisations sociales sont prises en charge par l’Etat (entre 20 et 30 milliards par an) ; le coût net est cependant nettement inférieur au coût brut (entre 8000 et 28000 euros par emploi)

Amélioration de la compétitivité prix des entreprises françaises (atteindre objectif compétitivité)

Les employeurs ont tendance à bloquer les salaires pour ne pas dépasser le palier à partir duquel l’exonération disparaît : ce qui crée une « trappe aux bas salaires » ; conséquence : le plafond d’exonération joue donc un rôle important dans la réalisation de cette trappe.

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