Emploi, chômage et marché du travail : définitions et mesures








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Module 4 : Déséquilibres, régulation et action publique

Partie 1. Les déséquilibres macroéconomiques et financiers
Chapitre 2. Le chômage : évolution et analyses



  1. Emploi, chômage et marché du travail : définitions et mesures




    1. L’emploi, un rapport de travail institutionnalisé en pleine transformation


Document 1 : qu’est-ce que le travail ?

L’étude historique montre que la conception moderne du travail a émergé récemment. La société antique ou de l’Ancien Régime avait une vision négative du travail, notamment manuel, dénué de dignité sociale. Les travailleurs manuels étaient situés en bas de la hiérarchie sociale. Si certaines professions garantissent sous l’Ancien Régime une position sociale, c’est parce qu’elles sont réservées aux couches supérieures (charges, états et métiers jurés) et qu’elles garantissent l’appartenance communautaire à une corporation fermée. Le travail indigne, c’est le travail salarié comme le rappel Robert Castel.

L’invention du travail, pour reprendre l’expression de Michel Freyssenet (1993), c’est l’invention du rapport salarial, c’est-à-dire le développement et la généralisation progressive à partir du 18ième siècle d’une relation contractuelle entre le travailleur et son employeur. Selon Castel, le travail sous l’Ancien Régime est soit un travail réglé (par des corporations et des états), soit un travail forcé. On peut certes trouver un « proto-salariat », tout comme on peut trouver des « poches » de capitalisme avant la révolution industrielle : commis et clercs dans les villes, ouvriers agricoles se louant à la journée … Le salariat existe et même se développe quantitativement mais il reste marginal par rapport aux formes d’activités légitimes. C’est bien à partir du 17ième siècle et surtout du 18ième siècle, que le salariat se développe et devient central, au sens où il devient le principe d’organisation de l’économie et de la société. Une activité industrielle se met en place qui embauche par contrat et contre rémunération des individus. La disparition des terres communautaires et la modernisation de l’agriculture développent également le salariat agricole. Un marché du travail émerge permettant la rencontre entre offreurs et demandeurs de travail. On sait que la Loi Le Chapelier a en France dissout les corporations en 1791 permettant le développement d’un marché du travail libre. En réalité, le contrat de travail est largement asymétrique : le rapport de force est en défaveur des travailleurs-offreurs de travail, d’autant plus que les syndicats sont interdits. La liberté du marché s’apparente à la liberté « du renard libre dans le poulailler libre » (K.Marx et F.Engels dans le Manifeste du parti communiste, 1848). Marx et Engels considèrent que les ouvriers sont les esclaves de la classe bourgeoise, n’ayant que la liberté de choisir à quel bourgeois individuel ils devront se vendre. Karl Polanyi (1944) considère également que la caractéristique centrale de la société capitaliste est d’avoir marchandisé le travail, la terre, la monnaie, marchandises fictives (thèse du désencastrement de l’économie vis-à-vis de la société).

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 10
Document 2 : l’évolution du travail depuis le 19ième siècle

On sait que les conditions de travail et de salaire pouvaient être effroyables au 19ième siècle. Ce siècle est celui de la « question sociale » marqué par la paupérisation de masse et la conflictualité sociale. La fin du 19ième et surtout le 20ième vont être ceux de la reconnaissance progressive du droit du travail, encadrant et protégeant le salariat (temps de travail, conditions de travail, protection de l’emploi puis sécurité sociale …). Pour reprendre R.Castel, le travail passe de la logique de tutelle sous l’Ancien Régime à celle du contrat au 19ième siècle et enfin au salariat-statut au 20ième siècle. Le travail représente le cœur d’une société salariale où il est la condition normale des individus, leur ouvrant et leur garantissant, à eux et à leur famille, des droits (systèmes d’assurances sociales), une identité, une position sociale et un statut.

Source : Denis Anne et Yannick L’Horty « Economie de l’emploi et du chômage », Cursus A.Colin, 2013, p. 10
Document 3 : la notion d’emploi

L’utilisation fréquente du concept d’emploi par les économistes apparaît après la crise économique de 1929. Cet intérêt nouveau peut être symbolisé par la Théorie Générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie publiée en 1936 par Keynes.

L’entre-deux-guerres est en effet caractérisée par une profonde mutation des sociétés occidentales. Les relations de travail, contrairement à la situation du 19ième siècle, sont de moins en moins individualisées. L’Etat, par la mise en place progressive d’un droit du travail et de la protection sociale, et les syndicats confèrent aux rapports de travail une dimension de plus en plus collective et organisée.

L’emploi est défini par D.Gambier et M.Vernières comme « la combinaison des éléments sociaux et juridiques qui institutionnalisent la participation des individus à la production de biens et services socialement valorisés ». cette définition implique que l’étude des normes, des règles et des institutions est au cœur de l’analyse de l’emploi. Par ailleurs, cette analyse ne serait se limiter aux seuls salariés ; les travailleurs indépendants sont également pris en compte. (…)

Document : Dictionnaire d’économie, A.Colin p.281
Document 4 : distinguer travail, salariat et emploi

Ancien régime : Corporation de métier (travail réglé) ou travail forcé

Le travail sous la logique de la tutelle



Libérer le travail de la tutelle



Le travail sous la logique du salariat-contrat

Révolution : Après 1789 (nuit du 04 août) et 1791 (Loi d’Allarde et Le Chapelier) = Contrat entre individus « libres »



Libérer le travail de la précarité : émergence de la citoyenneté « sociale »




Le travail sous la logique du salariat-statut

Fin 19ième / début 20ième : développement du droit du travail et droits sociaux fondés sur l’activité salariée = essor de la société salariale = notion d’emploi plutôt que de travail (l’emploi c’est le travail institutionnalisé)


Document 5 : la diversification des formes d’emploi

Aujourd’hui les normes d’emploi et les règles sociales existant en matière d’emploi (législation du travail, mode de gestion de la main d’œuvre par les firmes, modalités de l’action syndicale …) évoluent. (…) Mais après une période où s’est imposé le concept homogène d’emploi, s’ouvre une nouvelle étape qui exige de prendre en compte la diversité des formes d’emplois : l’extension du salariat, s’est poursuivie, mais à travers diverses formes (…) on voit émerger une participation à l’activité productive qui est moins institutionnalisée.

Document : Dictionnaire d’économie, A.Colin p.281
Document 6: les transformations de l’emploi et ses conséquences (c’est moi qui mets en gras)

Dans la société salariale, on pouvait parler sans équivoque de citoyenneté sociale dans la mesure où des droits inconditionnels avaient été attachés à la situation professionnelle. Ce statut de l’emploi qui constituait le socle de cette citoyenneté, assurant un couplage fort droits-protection (droits du travail – protection sociale). Depuis les années 1970, on observe un effritement de ce couplage. (…)

Face à ce que l’on présente parfois comme un champ de ruines, il faut rappeler quelques évidences : (…) même s’il n’est plus quasi hégémonique, le rapport travail – protection est toujours déterminant (près de 90% de la population française en comptant les ayants droits est couverte à partir du travail, y compris dans les situations hors-travail comme la retraite ou le chômage).

C’est donc bien autour de l’emploi que continue de se jouer une part essentielle du destin social de la grande majorité de la population.

Mais la différence avec la période antérieure, c’est que si le travail n’a pas perdu son importance, il a perdu de sa consistance, d’où il tirait l’essentiel de son pouvoir protecteur.

La mise en mobilité généralisée des situations de travail et des trajectoires professionnelles place l’incertitude au cœur de l’avenir dans le monde du travail.

Source : R.Castel « L’insécurité sociale » La république des idées, 2003, p. 79-85
Document 7 : évolution des formes de l’emploi et évolution des formes de la protection sociale

Si l’on prend au sérieux cette transformation, elle donne la mesure du défi qui doit aujourd’hui être affronté : est-il possible d’associer de nouvelles protections à ces situations de travail caractérisées par leur hypermobilité ? Il me semble que la voie privilégiée à explorer est celle de la recherche de nouveaux droits capables de sécuriser ces situations aléatoires et d’assurer les trajectoires marquées par la discontinuité. (…) Aujourd’hui, on assiste de plus en plus à une fragmentation des emplois, non seulement au niveau des contrats de travail à proprement dits (multiplication ders formes atypiques) mais aussi à travers la flexibilisation des tâches de travail. Il en résulte une multiplication de situation de hors-droit, ou de situations faiblement couvertes par le droit, ce qu’Alain Supiot appelle « les zones grises de l’emploi » : travail à temps partiel, intermittent, travail « indépendant » mais étroitement subordonné à un donneur d’ordre, nouvelles formes de travail à domicile, ….Il semble donc que la structure de l’emploi, dans un nombre croissant de cas, ne soit plus un support stable suffisant pour accrocher des droits et des protections qui soient, eux, permanents.

Une réponse à cette situation consisterait à transférer les droits du statut de l’emploi à la personne du travailleur. Ainsi se trouverait rétablie continuité des droits à travers la discontinuité des trajectoires professionnelles (…). D’où la nécessité d’organiser les transitions entre emploi et perte d’emploi, de ménager des passerelles entre deux états qui ne se traduiraient pas par une perte de ressources et une dégradation du statut. Les « droits de tirage sociaux » préconisé par A.Supiot s’inscrivent dans cette logique. (…) La formation au changement est appelée à prendre une place prépondérante. (…) Il s’agirait d’instaurer un véritable droit à la formation des travailleurs qui les doterait tout au long de leur parcours des savoirs et qualifications nécessaires pour faire face à la mobilité.

Source : R.Castel « L’insécurité sociale » La république des idées, 2003, p. 79-85


    1. La population active en France : quelques données empiriques




      1. La population active par âge, sexe, taux d’emploi ou d’activité …


Document 8 : la population active, qui est actif ?

Document 9 : type de contrat en fonction de l’âge (2012)

Document 10 : type de contrat selon l’âge, le sexe et la PCS
Document 11

Population active

Totale

Statut emplois

Secteurs

Ages

Sexes




30 millions

89% salariés

77% CDI

Services

Tranche intermédiaire

Hommes surtout sur tranche intermédiaire


Document 12 : les formes d’emploi


Emplois typiques (CDI temps plein)

Emplois atypiques


A durée déterminée

A temps partiel



Temps partiel volontaire

Temps partiel subi


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