Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani








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Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani.

Les Sciences Politiques étaient tout ce qui permettait de gouvernement rationnellement d’un pays. Ajd on parle de LA science politique, corpus constitué, savoir cumulatif, régulé par des institutions des écoles des paradigmes.

L’objet de la SP est la politique. Science constituée par son objet plus que par sa méthode. Implications politiques elles-mêmes car désenchantement du politique, mise à jour des contraintes normatives de l’action publique (ou contraintes institutionnelles).

Elle est elle-même politisée : différentes écoles, différentes influences, problématiques et conceptions différentes du politique. Donc scientificité ambiguë.

  • La politique comme doux commerce, amitié des hommes VS politique selon Schmidt comme distinction de l’ami et de l’ennemi, comme état de guerre. La démarche est différente en fonction des hypothèses.

I/ Politique et science politique

  1. La politique n’est pas réductible à l’Etat.

  • La politique dépasse l’Etat, construction sociale et historique, agencement institutionnel et territorial d’exercice de l’action publique.

  • Aujourd’hui encore des sociétés sans Etat. (voir Pierre Clastres)

  • La politique intéresse toutes les sociétés où il y a du pouvoir. Ecole américaine : objet de la science politique est la lutte pour le pouvoir. Or définition trop extensive qui dilue la définition du politique. La lutte pour le pouvoir est l’un des aspects de la vie politique.



  1. La politique n’est pas extensible à toutes les formes de pouvoir.

  • Le pouvoir du chef de train lorsqu’il contrôle le billet, le pouvoir patriarcal, le pouvoir du preneur d’otages etc : cela est discuté. Il n’est pas évident que tout rapport de pouvoir, d’influence, d’incitation etc soit un rapport qu’on peut qualifier de politique.



  1. La politique est une qualification des relations sociales :

Les phénomènes politiques sont des phénomènes sociaux. Les activités humaines n’ont pas de significations préétablies valables en tout temps pour tout lieu et tout homme. Signification sociale donnée par un contexte. Codage des relations sociales opéré dans un contexte d’interactions conflictuelles et rapports de force : « cela est politique ». Cela explique pourquoi le caractère politique n’est pas immédiatement repérable : la définition de chacun en change.

Le critère du politique est le fait qu’à un moment donné un problème se politise. La politisation est l’objet de la science politique : qu’est ce qui fait que le SIDA est devenu un pb politique (= problème public). Or cette politisation est le résultat d’interactions, de rapports de force et de conflit entre ceux qui plaident pour le changement et ceux qui plaident pour le maintien. Qui politise ?

  • Les gouvernants, mais pas seulement. Au contraire souvent euphémisation de la violence politique et naturalisation des faits sociaux (émeutes de banlieues considérées comme délits de droit commun cad comme relevant de la police et pas de la politique)

  • Les gouvernés, les entrepreneurs sociaux : société civile, associations, particuliers. Il faut toutefois que cette question se traduise en revendications, passe à travers la représentation politique.



  1. Le critère du politique :

Bref tout cela est un processus, le fruit d’une rencontre entre des déterminations subjectives : les groupes sociaux ont chacun leur conception du caractère politique ou non de telle question, des intérêts divers et souvent antagonistes. Chacun plaide pour que sa représentation du problème soit la meilleure. Le politique est la rencontre de ces différentes versions, de ces rapports de force. Phrase de J. Leca : la détermination concrète du politique surgit dans le conflit entre déterminations subjectives du politique entre différentes groupes et dans la détermination objective du rapport de forces qu’ils représentent chacun à un moment donné.

Conclusion : on ne sait pas a priori où se trouve et en quoi consiste la politique. On sait que c’est ce qui concerne le contrôle des conflits au sein de la société. Il est vrai que la fonction principale du pouvoir politique est d’arbitrer les conflits entre différentes conceptions du monde (notion d’intérêt général > pérennité et unité de la société). Pouvoir politique = médiateur de la société. Importance donc de légitimer le pouvoir qui doit apparaître normal presque naturel. Voire légitimer les différences pour conserver une unité sociale pas forcément juste.

Curseur entre la guerre civile et la concorde absolue ? Degré de politisation = curseur. Tout conflit dans une société doit faire l’objet d’une procédure d’ordonnancement, de mise en scène (théâtre !) de tel sorte que les risques d’éclatement de la société soient prévenus.

II/ La science politique entre sociologie et philosophie

  1. La construction sociologique de l’objet politique :

Science politique = science sociale donc repose sur épistémologie de la sociologie (faits empiriques, discours positif).

  • Rupture avec le sens commun (cad la familiarité avec l’objet à étudier dans lequel nous sommes pris, le fait social (et donc politique)). Bachelard nous parle de « rompre avec toute familiarité avec l’objet » de telle sorte qu’un autre, à ma place, parviendrait aux mêmes conclusions (idée du gobelet). « Traiter les faits sociaux comme des choses » Durkheim. Sociologue = entre philosophe et homme de la rue.

  • Construction de l’objet

    • L’objet social n’est pas l’objet sociologique, lequel est construit par le chercheur (Asiles, de Goffman, interactionnisme symbolique). Montée en généralité : analogie avec prisons, couvents, institutions d’enfermement, institutions « totales ».

  1. Explication et compréhension :

  • L’explication cherche à rendre compte grâce à l’outil statistique qui permet une montée en généralité, une objectivation des histoires individuelles. Approche nomologique qui cherche la consécution cad les liens de causalité comme sciences de la nature. But = mettre en évidence des lois (les riches votent à droite, etc)

  • La compréhension, plutôt Max Weber, repose sur l’analyse des significations que les individus attribuent à leurs actions. Modèle herméneutique qui recherche le sens des faits produits par les acteurs sociaux ainsi que les valeurs qu’ils mobilisent. Reconstituer les motivations. (pourquoi les riches votent à droite, quelles valeurs y mettent-ils, voir analyses de Pinçon et Charlot). La société est alors la rencontre de ces significations, des « univers symboliques » antagonistes ou complémentaires (Berger et Luckmann).



  1. Présupposés de la démarche sociologique :

  • L’homme est un animal social, modelé par des groupes, « milieu pré-individuel ».

  • Les groupes sociaux se différencient et transmettent leurs caractéristiques d’une génération à l’autre (culture). Le « savoir intuitif » du groupe est transmis (Sapir). Ce que vise la sociologie est l’existence des groupes et non pas des individus, leur évolution et la transmission des règles des valeurs.

  • L’homme n’est pas toujours et partout le même. Nature VS Culture, « lois naturelles », trope du « contre-nature », des « droits de l’homme ». Position psychanalytique. La sociologie rappelle le caractère acquis de la culture, réponse à des nécessités différentes, exemple de la famille différente partout : chez les Nuers, chez les Tibétains (polyandrie avec les frères).

  • Les rapports entre groupe entrainent des rapports de concurrence, de contrôle et de domination.



  1. La prise en compte de la dimension normative du social et du politique :

  • La sociologie à ses débuts à une visée normative. Destutt de Tracy etc, commet faire une société avec des individus ?



  1. Jugement de valeur (VS neutralité axiologique) et rapport aux valeurs (compréhension wébérienne).

  • Jugements de valeurs légitimes selon Léo Strauss : ce qu’il y a d’insupportable dans l’approche scientifique du sociologue empiriste c’est précisément la suspension du jugement de valeur (exemple du camp de concentration, pb du relativisme selon Lévi-Strauss).

  • La théorie politique prend en compte les répertoires qui ordonnent le légitime et l’illégitime.

  • La théorie politique permet de saisir les cadres normatifs de l’action, cad la distinction de légitime et d’illégitime dans le cadre de l’action politique, cad dans le jeu des acteurs, qui donnent une table du pensable et de l’impensable, du faisable de l’infaisable etc. Ces répertoires normatifs sont l’objet de cette branche de la SP qu’est la théorie politique. Ils sont forgés, polémiqués, argumentés, contextualisés, blabla contextes culturels. Luc Boltanski, De l’amour et de la justice.

  • Mise à jour des cadres de pensées dans lesquels s’inscrivent les processus politiques :

    • Exemple des théories de la participation et de la mobilisation.

    • Exemple des liens entre chômage et comportement politiques : sur un plan normatif aucune idéologie politique disponible ne donne de légitimité à un individu sans travail, ni libéralisme, ni socialisme, ni catholicisme : le travail est toujours l’accomplissement de la nature humaine. Le sans-travail ne pourrait pas se penser dans le jeu politique.

    • Exemple des théories de la représentation : un « mandat » qui n’est plus impératif et qui pose la question de la liberté du représentant vis-à-vis du représenté. Inhérent à cette intuition moderne concernant les mots et les choses, le langage et le monde, qui conduit à considérer que le signe est arbitraire et que l’essence des choses et la réalité de ce qu’est le monde est inatteignable justifie les théorie de la représentation.



  1. Le contexte culturel de la science politique :

  • Ordre ancien et ordre moderne.

    • Pour les anciens : recherche du Bien objectif, de la meilleur manière de vivre ensemble en tant qu’animaux politiques. Sorte de co-naturalité entre l’objet politique et son observateur.

    • La moderne objective, rompt et se distancie, critique bref suspend le jugement de valeur et ne s’interroge pas sur le meilleur régime. Or comme Latour le dit « nous n’avons jamais été moderne » et aucun ouvrage de science politique ne peut prétendre que le totalitarisme est meilleur que la démocratie.

  • Le politique et la politique.

    • La politique comme activité spécialisée, avec institutions, professionnels, champs de savoir. Approche moderne.

    • Le politique comme dimension inhérente aux relations sociales.

III/ La diversité des approches.

Différentes manières d’approcher la réalité politique et d’articuler un raisonnement autour de la politique.

  1. Le paradigme de la croyance.

Le plus ancien et le plus stable dans l’histoire de la pensée politique.

Pour qu’il y ait autorité, légitimité et obéissance il faut une sacralisation du pouvoir cad qu’il doit être séparé et la grande division des sociétés est le sacré et le profane (Eliade). Manière ancienne de considérer le pouvoir, légitimation de Louis XIV, mécanismes de sacralisation du pouvoir iconographiques, législatifs etc. Le pouvoir n’a en lui-même aucune force si ce n’est celle de l’arrière monde (les dieux et les ancêtres).

Lalala légitimité qui repose sur la coutume la croyance la continuité.

Modernité :

  • Durkheim analyse une société comme un rassemblement religieux, considère le drapeau et l’hymne national comme des totems dans une société primitive : ce qui tient les individus entre eux est la croyance dans la sacralité du tout par rapport à l’intérêt de chaque partie.

  • L’étude des idéologies comme des religions séculières avec tous les éléments liturgiques. Plus qu’une simple analogie. Les phénomènes de masse sont du même ordre que les phénomènes de croyance religieuse ?

  • L’explication des comportements politiques par les croyances et les valeurs. Question à poser pour déterminer une orientation politique : « allez-vous à la messe », la religion comme variable prédictive.



  1. Le paradigme de la domination

  • Weber : Etat avec monopole de la contrainte physique légitime sur un territoire. Modernité de l’appareil d’Etat.

  • La politique n’est que rapports de force, de contraintes etc.

  • Bourdieu : intériorisation de l’habitus qui rendent normales ou « naturelles » les différences de statut et de pouvoir bref légitiment les inégalités dominant/dominés.

  • La politique est toujours une violence même euphémisée dans la pensée politique jusqu’à Weber. Elle ensemencerait tous les rapports politiques.



  1. Le paradigme de l’intérêt

Ecole du rationnal choice.

  • Intuition de la modernité politique : contrat social etc. Approche sociologique.

  • Approche de « l’individualisme méthodologique » : la société résulte de l’agrégation d’actions individuelles mues par l’intérêt des acteurs.

  • Problème de l’infalsifiabilité d’une telle théorie : même l’altruisme serait intéressé.

Séance 2 : Société et politique.

Les rapports société – politique ne sont pas « naturels » à penser. Qui l’explique ? Comment ? Pourquoi ces rapports défaillent-ils au moment ou le politique n’est plus reconnu par la société. Interrogation ou non sur la nécessité d’un contrôle étatique de la société : peut-il y avoir un ordre social ne recourant pas à une spécialisation du politique et un appareil d’Etat ?

Introduction :

  • La spécialisation de la fonction politique est pratiquement une exception dans les sociétés modernes occidentales. Dans sociétés primitives difficile de repérer le lieu du pouvoir, lequel est diffus, et l’ordre social est créé par le partage d’un certains nombres de valeurs, mythes, savoirs.

    • Même dans les sociétés grecques, de l’empire chinois (pensée confucéenne, ordre social = ordre cosmogonique, cad maintient de l’ordre naturel, le politique n’est pas identifiable comme un lieu de coercition et de commandement car tout le monde obéit aux lois du ciel aux prescriptions naissant de l’état communautaire de ces civilisations)On est bien loin des considérations modernes de l’intérêt, de l’association libre et choisie. Le politique n’est là que pour rappeler l’ordre et veiller à la codification de la vie sociale, obtenue non pas par la coercition d’un appareil d’Etat mais par une socialisation suffisamment prégnante pour faire des membres de la sociétés des observants du politiques et du religieux.

    • l’empire Maurya en Inde, moment où le système des castes est le plus visible le plus englobant. Ce système fonctionne comme une armature de stabilité sociale avec place assignée, ordre social cosmogonique, connaissance de chacun de sa place ses devoirs ses possibilités d’actions. Brahmanes chargés de veiller aux respects de ces places, à l’harmonie cosmico-sociale. Pas d’activité politique spécialisée, d’instance de commandement réclamant l’obéissance mais communauté intégrée en laquelle la croyance religieuse partagée permet l’obéissance. Pas d’identification d’un pouvoir donc pas d’ambivalence respect/haine.

    • La communauté musulmane. Impossible de distinguer l’obéissance due au religieux de celle due au politique. Lecture uniforme et unitaire de l’obligation. Le calife n’a d’autorité que dans la mesure où il respecte le prophète et se conforme aux dictées sacrées.

  • La question de la spécialisation de la politique est une question de la modernité (qui commence à la fin du moyen âge, voir Norbert Elias). Le pouvoir tel que nous le connaissons avec ses instances d’arbitrage n’intervient que lorsque la société se complexifie de telle manière que des intérêts trop divergents apparaissent et que tout ça doit être tenu.

  • Autonomie du politique = invention de l’Etat. Mais on peut aussi considérer que d’autres sociétés connaissent la naissance d’un centre politique avant un Etat. Mais que ce centre tienne l’ordre social est propre à la modernité.



  1. Le contrôle des conflits :

Politique = régulation conflictuelle (dès qu’on peut déterminer des groupes aux intérêts divergents) soit par intégration (quand les parties prenantes partagent suffisamment de valeurs et d’intérêts résoudre le conflit par exemple dispute de couple) soit par exclusion (ostracisme). Arbitrage et médiation, atteinte d’un « seuil » minimal d’entente pour ne pas avoir d’explosion social, bref, maintien de l’unité (le Un étant une question politique notamment pour Claude Lefort).

  1. Autonomisation du politique :



  • Sociétés traditionnelles : confusion des rôles.

  • Sociétés modernes : spécialisation des rôles. Invention d’un champ spécifique reconnu comme occupé par la question du pouvoir et de la régulation de la société par celui-ci.



  1. Facteurs de l’autonomisation du politique selon Max Weber :

Il s’interroge sur l’apparition de l’état et du politique comme sphères autonomes. Facteurs :

  • A la fin du MA multiplication des guerres entre les seigneurs féodaux entrainant pillages et désagréments etc fait naître un désir de paix civile qui est obtenu par le pouvoir du suzerain sur ses vassaux, cad l’érection d’un pouvoir central qui en premier lieu interdit les guerres privées cad monopolise l’exercice de la violence légitime pour pacifier la société de manière interne.

  • L’invention de la bureaucratie et de la rationalisation. Au départ les serviteurs et la cour du Roi, ceux qui l’entourent et l’assistent etc. A mesure que le pouvoir central devient de plus en plus important naît une classe bureaucratique qui va progressivement s’autonomiser à l’égard de la personne du souverain. C’est la naissance de la légitimité légale-rationnelle qui se substituera peu à peu au « fait du Prince ». Si cette classe apparaît à un moment donné c’est parce que l’économie capitaliste commence de se développer et permet de développer les surplus nécessaires à cette classe économiquement non productive.

  • Avènement des régimes parlementaires fin 18ème début 19ème. Pourquoi : avec l’avènement des régimes parlementaires, cad procédures de représentations, de nouveaux rôles apparaissent : membres de partis, parlementaires, électeurs (et opinion publique ?), et professionnalisation de la politique (blabla critique de classe).
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