Synthèse de la Doctrine exposée 96








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II. LE MOYEN-ÂGE


Déjà se forment des écoles qui élaborent et synthétisent les éléments de spiritualité épars dans les ouvrages des Pères. Nous indiquerons donc les auteurs des principales écoles.

1° L'Ecole bénédictine

A l'abbaye du Bec, en Normandie : S. Anselme, (1033-1109), dont les Méditations et les Prières sont pleines d'une piété à la fois dogmatique et affective, P. L., CLVIII, 109-820, 855-1016 ; Cur Deus homo, P. L., CLVIII, 359-432, où l'on trouve de solides considérations sur l'offense infinie causée à Dieu par le péché et la vertu des satisfactions du Christ.

A l'abbaye de Citeaux : S. Bernard, (1090-1153), dont la piété affective et pratique a exercé une immense influence sur tout le Moyen Age : Sermones de tempore, de sanctis, de diversis, in Cantica Canticorum ; De consideratione ; Tr. de gradibus et humilitatis et superbiæ ; Liber de diligendo Deo, P. L., CLXXXII-IV.

Au monastère de Rupertsberg, près de Bingen : Ste Hildegarde, († 1179), Liber divinarum operum, P. L., CXCVII.

Au monastère de Helfa, en Saxe : Ste Gertrude-la-Grande, (1256-1301), Ste Mechtilde de Hackeborn, († 1298), et Mechtilde de Magdebourg, († 1280) ; leurs Révélations, caractérisées par une piété simple et affective, manifestent une tendre dévotion au Sacré-Cœur 2.

Au monastère d'Alvastra, en Suède : Ste Brigitte, (1302-1373), dont les Révélations décrivent d'une façon vive et réaliste les mystères et surtout la Passion de Notre Seigneur (éd. de Rome en 1628).

Au monastère de Castel, Haut-Palatinat : Jean de Castel, De adhærendo Deo, longtemps attribué au B. Albert le Grand ; De lumine increato, 1410.

En Italie, S. Laurent Justinien, (1380-1455), réformateur des congrégations italiennes et du clergé séculier, a écrit plusieurs ouvrages de spiritualité pratique : De compunctione et complanctu christianæ perfectionis ; De vita solitaria ; De contemptu mundi ; De obedientia ; De humilitate ; De perfectionis gradibus ; De incendio divini amoris ; De regimine prælatorum (t. II des Opera omnia, Venise, 1751).

En Espagne, Garcia de Cisneros, († 1510), qui, dans son Ejercitatorio de la vida espiritual, trace un programme de vie spirituelle.

2° L'Ecole de S. Victor, dont les trois principaux représentants sont :

Hugues, († 1141), De sacramentis christianæ fidei, De vanitate mundi, Soliloquium de arrha animæ, De laude caritatis, De modo orandi, De amore sponsi ad sponsam, De meditando (P. L., CLXXVI).

Richard, († 1173), Benjamin minor seu de præparatione ad contemplationem, Benjamin major seu de gratia contemplationis, Expositio in Cantica Canticorum (P. L., CXCVI).

Adam, († 1177), Sequentiæ (P. L., CXCVI), le poète de l'Ecole.

Tous les trois partent du symbolisme de l'univers pour aller à Dieu par la contemplation.

3° L'Ecole dominicaine :

spiritualité basée sur la théologie dogmatique et morale, faisant corps avec elle, et conciliant la prière liturgique et la contemplation avec l'action et l'apostolat : Contemplari et contemplata aliis tradere.

S. Dominique, (1170-1221), fondateur de l'Ordre des Frères Prêcheurs, élabora ses Constitutions d'après celles des Prémontrés, en vue de former des prédicateurs savants, capables de défendre la religion contre les adversaires les plus doctes.

Albert le Grand, (1206-1280), Commentarii in Qionysium Areopagitam, In quatuor libros Sentent., Summa theologiæ, De sacrificio missæ.

S.Thomas, le Docteur angélique (1225-1274), a traité excellemment toutes les questions importantes d'ascétique et de mystique dans ses divers ouvrages, surtout dans la Somme théologique, les Commentaires sur S. Paul, sur le Cantique des Cantiques, sur les Evangiles, l'opuscule De perfectione vitæ spiritualis, et l'Office du S. Sacrement, si plein de piété doctrinale et affective. Ces textes divers ont été distribués dans un ordre logique par Th. de Vallgornera, Mystica theologiæ D. Thomæ, Barcinonæ, 1665, et Augustinæ Taurinorum, 1889 et 1911.

S. Vincent Ferrier, (1346-1419), De vita spirituali, vrai petit chef-d'œuvre, dont S. Vincent de Paul faisait son livre de chevet, trad. par le P. Rousset, 1899, et le P. V. Bernadot, 1918.

Ste Catherine de Sienne, (1347-I380), Le Dialogue, dont la meilleure traduction est celle du P. Hurtaud (Paris, Lethielleux, 1913) ; Lettres, trad. par E. Cartier, 1860. La Sainte exalte la miséricorde divine, qui nous a créés, sanctifiés, et se manifeste jusque dans les châtiments qui tendent à nous purifier. La meilleure édition des Œuvres complètes en italien est celle de Girolamo Gigli, Sienne, 1707.

Maître Eckart, O. P., († 1327), dont il ne reste que des fragments qui ne permettent pas de reconstituer sa doctrine, et dont plusieurs propositions furent condamnées après sa mort par Jean XXII (Denzinger, n° 501-529).

Tauler, († 1361), auteur de Sermons qui, par leur doctrine élevée et enrichie de comparaisons, frappèrent vivement ses contemporains ; trad. latine de L. Surius ; trad. française du P. Noël, O. P., en 8 vol., chez Tralin, Paris ; éd. critique allemande de Vetter, 1910. Les Institutions n'ont pas été rédigées par lui, mais contiennent un résumé de sa doctrine ; nouvelle édit., Paris, 1909.

B. Henri Suso, O. P., († 1365), dont les œuvres ont été publiées en allemand par le P. Denifle : Die Schriften des heiligen H. Suso, et en français par le P. Thiriot : Œuvres mystiques de H. Suso, Gabalda, Paris, 1899.

4° L’Ecole franciscaine,

à la fois spéculative et affective, partant de l'amour de Jésus crucifié pour faire aimer et pratiquer joyeusement les vertus crucifiantes et surtout la pauvreté.

S. François d'Assise, (1181-1226), Opuscula, éd. critique de Quarracchi, 1904.

S. Bonaventure, (1221-1274), outre ses œuvres théologiques, a composé beaucoup de traités ascétiques et mystiques, recueillis au t. VIII de l'éd. de Quarrachi, en particulier : De triplice via (appelé aussi Incendium amoris), Lignum vitæ, Vitis mystica ; l'Itinerarium mentis ad Deum et le Breviloquium, rangés parmi les œuvres théologiques (t. V éd. de Quarracchi) contiennent d'excellents aperçus ascétiques et mystiques.

L’auteur inconnu des Meditationes vitæ Christi, ouvrage longtemps attribué à S. Bonaventure, mais écrit par un de ses disciples, a exercé une grande influence au Moyen Age, en traitant d'une façon affective les mystères de Notre Seigneur et surtout de sa Passion.

David d'Augsbourg, († 1271), Formula novitiorum de exterioris hominis reformatione, de interioris hominis reformatione, édition Quarracchi, 1899.

Bse Angèle de Foligno, († 1309), Le livre des visions et instructions, trad. par E. Hello, nouvelle éd., Paris, Tralin, 1914 : décrit spécialement la transcendance de Dieu et les souffrances de Jésus.

Ste Catherine de Bologne, (1413-1463), enseigne, dans Les sept armes spirituelles contre les ennemis de l'âme, des moyens très pratiques pour triompher des tentations.

5° L'Ecole mystique flamande

a pour fondateur le B. Jean Ruysbroeck, (1293-1381), Œuvres trad. du flamand par les Bénédictins de l'Abbaye de S. Paul de Wisques ; les principales sont : Le Miroir du Salut éternel, Le Livre des sept clôtures ou des renoncements, L'Ornement des noces spirituelles : l'un des plus grands docteurs mystiques, profond et affectif, dont le langage parfois obscur a besoin d'être interprété.

On peut considérer comme ses disciples les Frères de la vie commune et les Chanoines réguliers de Windesheim moins spéculatifs, mais plus pratiques et plus clairs. Parmi eux signalons :

Gérard Groot, († 1384), auteur de divers opuscules de piété.

Florent Radewijns, († 1400), Tractatulus devotus de extirpatione vitiorum et de acquisitione verarum virtutum.

Gérard de Zutphen, De ascensionibus ; De reformatione virium animæ, 1493.

Gerlac Peters, (1378-1411), dont l'œuvre principale est le Solitoquium, imprimé à Cologne en 1616 sous le titre de Ignitum cum Deo colloquium ; trad. française récente par Dom E. Assemaine, sous le titre de Soliloque enflammé, St Maximin. La doctrine est analogue à celle de l'Imitation.

Thomas a Kempis, (1379-1471), auteur de divers opuscules très pieux, où l’on retrouve les idées et parfois les expressions de l’Imitation : Soliloquium animæ, Hortulus rosarum, Vallis liliorum, Cantica, De elevatione mentis, Libellus spiritualis exercitii, De tribus tabernaculis. Aujourd'hui la plupart des auteurs lui attribuent la paternité de l'Imitation, ce livre le plus beau qui soit sorti de la main d'un homme, puisque l'Evangile n'en vient pas ; et cette opinion nous paraît très probable.

Jean Mombaer ou Mauburne, auteur du Rosetum exercitiorum spiritualium (1494), où il traite des principaux points de la spiritualité et en particulier des méthodes de méditation.

6° L'Ecole carthusienne compte six auteurs principaux :

Hugues de Balma (ou de Palma), qui a vécu pendant la seconde moitié du XIIIe s., est très probablement l'auteur de la Theologia mystica longtemps attribuée à S. Bonaventure.

Ludolphe de Saxe ou le Chartreux, (1300-1370), composa une Vie de Notre Seigneur, qui eut une influence extraordinaire sur la piété chrétienne ; c'est un livre de méditation plutôt qu'un livre historique, enrichi de pieuses réflexions tirées des Pères.

Denys le Chartreux, le Docteur extatique, (1402-1471), a composé de nombreux ouvrages (44 vol. in-4°, nouvelle éd. commencée en 1896 par les Chartreux de Montreuil-sur-mer), entre autres, des traités ascétiques : De arcta via salutis et contemptu mundi, De gravitate et enormilate peccati, De conversione peccatoris, De remediis tentationum, Speculum conversionis ; des traités mystiques : De fonte lucis et semitis vitæ, De contemplatione, De discretione spirituum, sans parler de ses Commentaires sur S. Denys.

Jean Lansperge, († 1539), célèbre par sa dévotion au Sacré-Cœur ; son principal ouvrage Alloquium Christi ad animam fidelem, rappelle l'Imitation. Les Chartreux de Montreuil ont réédité ses Opuscula spiritualia.

L. Surius, (1522-1578), perfectionnant l'œuvre de A. Lippomani sur les vies des Saints, publia six vol. in-fol. De probatis Sanctorum historiis, où il fait preuve de plus de piété que de critique historique.

Molina le Chartreux (1560-1612), Instruccion de Sacerdotes (Instruction des prêtres) ; nombreuses éditions et traductions ; Exercicios espirituales..., où il traite de l'excellence et de la nécessité de l'oraison mentale.

7° En dehors de ces écoles

Pierre d'Ailly, (1350-1420), De falsis prophetis (t.1 des Opera omnia de Gerson), éd. Ellies du Pin, Anvers, 1706.

Gerson, (1363-1429), a traité presque toutes les questions ascétiques et mystiques d'une façon à la fois doctrinale et affective : Le livre de la vie spirituelle de l'âme ; Des passions de l'âme ; Les tentations ; La conscience scrupuleuse ; La prière ; La Communion ; La Montagne de la Contemplation ; La Théologie mystigue spéculative et pratique ; La perfection du cœur, etc. Il a un charmant petit traité De parvulis ad Christum trahendis et des Considérations sur S. Joseph, ayant été l'un des premiers à promouvoir la dévotion à ce Saint.

W. Hilton, († 1396), Scala perfectionis, trad. anglaise The scale of perfection, par R. P. Guy.

Julienne de Norwich, en Angleterre († 1442), Revelations of divine love (Révélation de l'amour divin), nouvelle édition, Londres, 1907.

Ste Catherine de Gênes, (1447-1510) : Dialogue entre l'âme et le corps, l'amour-propre, l'esprit et l'humanité de Notre Seigneur ; Traité du Purgataire, très remarquable, trad. de Bussière, Paris, Tralin.
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