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Notes de Sally + Amaru
Le travail à faire est de ramener du contenu, du sens et pas du relationnel car dans cette surenchère, on est en plein dans du relationnel. Ce qui se perd là-dedans, c’est l’attention vis-à-vis de l’autre ; ainsi on oublie de quoi on parle et à qui on parle. On passe à la trappe le contenu et l’interlocuteur. L’intérêt de la communication est tangible, évidente, mais quand on se perd dans une communication, on en perd le contenu et l’individu à qui on parle.


  1. Clinique relationnelle



Dans une clinique, se préoccuper de la fonction psychique ne répond pas aux logiques de la communication. Pourquoi ?

Ex : la clinique de la détermination. Winnicott appelait cela la « clinique de l’informe ».

Il observe une relation entre un bébé et une puéricultrice hongroise (Emmi Pitler). L’enfant a un objet en main et le lâche. Elle ne va pas ramasser l’objet, elle va laisser cette situation dans un silence : il s’agit d’une contenance sans interaction, c’est-à-dire qu’elle ne réagit pas comme si le fait de laisser l’objet tomber un objet était une forme d’interaction. L’enfant va lui-même reprendre l’objet et recommencer l’expérience. Il reproduit alors un schème comportemental.
Il s’agit de l’observation d’une activité libre et spontanée de l’enfant.

La péricultrice souligne que ce qui lui semble important dans ces expérience est son attitude émerveillée = attitude de contenance, de présence non intervenante mais bien de présence et de prévenance. C’est une attitude « en creux ».
Cette expérience s‘est passé dans une crèche où se trouvaient des enfants présentant le syndrome de l’hospitalisme de Spitz (carence d’investissement affectif, malgré des réponses « professionnelles » aux besoins).
Suite à ces activités décrites ci-dessus, on a observé une régression des syndromes dépressifs, grâce à cet « émerveillement ». Ce qui a préoccupé Spitz est l’absence d’investissement du bébé. L’attitude de la péricultrice laisse à ces enfants présentant ce symptôme (repli sur soi, voir schizophrénie et débilité mentale) un espace d’action permettant une fonction de résilience.
On peut se demander s’il y a là juste une attitude d’émerveillement permettant à l’enfant de faire un expérience qui est la première amorce d’une expérience d’appropriation et de séparation (c’est-à-dire que je prend l’objet puis je m’en sépare pour me le réapproprier).
Cette situation est une prémisse d’une activité symbolique par association libre de l’enfant. L’importance pour l’adulte est d’être là à ne rien faire d’autre que de regarder cet autre, ne rien faire d’autre qu’être là pour cet autre. On parle du temps de l’informe et de l’indétermination car on impulse rien ni vis-à-vis de l’objet ni vis-à-vis de l’enfant.

Il n’y a pas d’activation, ni de gestes de l’adulte. « Il n’y a pas d’accès à la pensée, à la symbolisation si avant il n’y a pas un temps creux ». C’est important. En fait ce qui est important de comprendre c’est que pour qu’il y ait de l’activité, il faut de la non activité, pour qu’il y ait du « plus », il faut qu’il y ait avant du « neutre ».
Ce temps neutre, négatif, « en creux » serait nécessaire à l’amorçage de la parole, à l’activation de la part de l’enfant. La pensée s’origine dans du négatif.


L’enfant se trouve dans une situation où il n’a pas de contrainte sur lui. A ce moment, peut se mettre en place un cadre portatif (holding de Winnicott). L’adulte est là pour soutenir, garantir ce cadre et ne pas laisser tomber le bébé = capacité de l’adulte à ne pas intervenir en plus de son soutien. C’est créer une atmosphère d’élément contenant dans laquelle une expérience va pouvoir être découverte.
L’enfant ne reçoit aucune injonction, on le laisse découvrir spontanément ses premiers actes symboliques.
Une relation clinique, ce sera, pour nous, pouvoir être un élément portable qui va soutenir l’autre, mais en étant là pour l’autre, en lui permettant de goûter le plaisir d’être contenu. Cette dimension est à la base de ce qu’on va construire dans notre compréhension de ce que nous allons construire. Il s’agit d’être là sans rien faire, rien dire c’est-à-dire être là pour l’autre, pour rien d’autre que la relation avec l’autre. Permettre le plaisir d’être contenu.
Quelle que soit la société, l’individu a besoin de se retrouver dans les relations de qualités qui vont construire ce qu’il va devenir. L’adulte représente donc un contenant, un cadre pour l’enfant qui va permettre à ce dernier de faire cette expérience.


  • Le jeu du squiggle


Dans l’observation d’enfants présentant ce syndrome, on va se placer dans une consultation d’enfant. Winnicott propose pour cela le jeu du Squiggle (gribouillis). Il s’agit d’une réflexion clinique qui se théorise sur ce qu’est la relation clinique et donc la relation tout court.
Winnicott dit : « je dit à l’enfant que je ferme les yeux et que je laisse courir le crayon sur m’enfant en disant que ce sont des scraboutcha. Après je lui dis que ce sera à toi de jouer et de transformer mon dessin. Ensuite on change les rôle ». Il fait cela pour introduire la relation avec l’enfant, qui doit le transformer en dessin.

Ce que Winnicott met en place est l’utilisation d’un double médiateur : le scraboutcha et la parole qui l’accompagne.
Il demande à l’enfant de transformer le scraboutcha : il s’agit des processus capables de transformer. Pour retransformer nos expériences vécues, il faut d’abord se représenter ces expériences. Ensuite, on va modifier ces représentations symboliques. Cela ne pose pas de problèmes car on est capable de modifier dans notre tête la réalité mais ce n’est pas pour cela que le monde est modifié également.
Donc Winnicott propose à l’enfant de transformer le dessin à partir du crayon. Mais a coté de cela, Winnicott introduit le changement des rôles. Un autre concept important est l’idée de Jeu, « on va jouer ». Mais qu’est-ce que le jeu ? Ce que Winnicott propose à l’enfant est bien un jeu car il n’y a pas de règles et on fait appel à la créativité de l’enfant (les gribouillis n’ont pas de sens en soi mais on propose à l’enfant de créer du sens). Il s’agit d’une mise en relation avec une position de bilatéralité qui casse l’image de l’autre qui a le savoir, le pouvoir (l’adulte, le professeur,…)
C’est faire de l’informe, une forme ; faire du non symbolique, du symbolique. C’est une mise en commun de quelque chose de l’ordre du symbolique.
Le gribouillis n’a pas de sens, et on propose à l’enfant d’en donner. Puis, on parle autour, et c’est une mise en relation, où le thérapeute se met lui aussi en jeu dans une mise en commun. La thérapie c’est jouer à quelque chose, c’est un jeu.


Pourquoi va-t-on en thérapie ? parce qu’on ne sait plus jouer. On a besoin de relancer ses fonctions psychiques, si on est aliéné, si on est devenu l’objet (le jouet) d’un autre joueur (ou de nous-mêmes). Ce sont des rapports d’emprise, de destruction, etc. La thérapie devient alors un lieu d’espoir pour pouvoir rejouer
Etre thérapeute, c’est prendre des risques : c’est la capacité à être présent, à se taire même quand on a envie de dire des trucs, à être sincère et à faire attention à l’autre. Winnicott là se met en jeu. Il ne s’agit pas de jouer à faire semblant mais les scènes psychiques sont des scènes pour jouer.
Le jeu = la capacité à se représenter, ce n’est donc pas la réalité.

Le squiggle est aussi un travail d’entrée dans sa vie.
Dans le playing de Winnicott, il n’y a pas de notion de game (=règles du jeu).

Le game = est un jeu métajeu, un jeu socialisé, avec des règles (ex : enfants qui discutent des règles pendant toute la récréation)
Dans le playing, c’est plus libre, on fait ce qu’on veut.
Le vrai joueur ne connaît pas les règles du jeu, il aime juste se mettre en jeu, en risque. Les joueurs addict sont des joueurs qui savent plus sortir du jeu car on ne peut ni perdre ni gagner au jeu car il n’y a pas de règles. Pour le joueur addict ce qui est important c’est la tension du jeu, le besoin, le manque qui l’excite. gagner ou perdre ne compte pas, c’est la mise en jeu qui compte. Il s’agit d’une excitation superficielle (il en va de même pour la drogue). La mise en jeu va jusqu’à la mise en jeu de soi : c’est une manière de gérer ses pulsions de vie et de mort.
Winnicott aborde le coté positif du jeu : le fait que l’enfant va construire du symbolique à partir du jeu à l’autre. Il s’agit du phénomène de « trouver-créer » = ce n’est pas le fait de donner mais plutôt celui d’aller à l’encontre du principe de donner et de recevoir. Le plus important c’est la présence. Donc ce n’est pas le principe de « je donne, tu donnes » mais plutôt l’idée que la qualité de la relation passe par la présence. Winnicott appelle ça l’espace d’illusion.
C’est le prototype de ce qui se passe dans toutes les situations : on envoie un gribouillis à l’autre qui va le décrypter et nous en renvoyer un autre. Il y a une mise en partage d’une production illusoire (le gribouillis). On met en partage du symbolique.
Un relation dans la métaphore du jeu est une relation vraie, d’amour : une relation où les deux personnes acceptent de jouer. La relation continue tant que les personnes acceptent de jouer. Dans ce jeu, il y a des résidus (les enfants, la maison,…).
Dans ce jeu, il y a des risques d’intimité, de livrer à l’autre quelque chose. La position de dépréciation va être investie = qui est une défense par rapport à la possibilité de se faire recouvrir par une relation qu’il juge déjà comme négative.
La mémoire est un game car il y existe des règles de contenu, une méthodologie.

Winnicott veut recréer cet espace premier. Ce type de situation met en place une autre question importante dans la relation qui est la question de la séparation. Accepter de mettre quelque chose en commun, c’est d’abord accepté de se séparer de quelque chose. C’est pouvoir se séparer de sa production, la laisser à l’autre pour que celui-ci la transforme.
Le squiggle, c’est aussi l’apprentissage de la séparation : il faut donner à l’autre quelque chose de soi :


  • le symbole n’est pas la chose

  • ce que je pense de moi, ce n’est pas moi. Et l’autre, va-t-il le recevoir ?


C’est la capacité d’accepter de se dire que le symbolique ce n’est pas moi, ni l’autre, ni la réalité. Donc s’engager dans une relation où l’autre va transformer ce qu’on lui donne est possible si l’on accepte la question de la séparation. La question de la séparation est quelque chose qui fait sans cesse le comportement ; il faut donc sans cesse jouer.
Bref, le sens, le symbolique ne peut pas se dégager de la séparation. L’espace d’entre deux, l’espace transitionnel, n’appartient pas à l’un, mais à l’un et à l’autre. c’est le troisième espace (le premier et le deuxième étant l’espace interne et l’espace externe. Qui n’appartient ni à l’espace interne ni à l’externe mais bien aux deux en même temps.
Ce travail de l’illusion par rapport à la séparation nous ramène aussi à la désillusion. Se trouver créer c’est aussi se trouver détruire ou trouver quelque chose détruit. Dans se trouver créer, il y a aussi l’idée de pulsion de mort c’est-à-dire qu’en le créant on va aussi l’attaquer.
Le concept d’objet malléable (Milner): capacité de certains objets de pouvoir les travailler, les manipuler.
Cet objet doit avoir certaines caractéristiques :


  • C’est un objet qui peut supporter la création symbolique ainsi que les attaques symboliques. Il doit être indestructible. Pourquoi ? Sinon c’est l’enfant qui se détruit car l’objet n’est pas encore différent de lui et donc si l’objet est détruit, c’est en fait lui qui est détruit. L’objet doit donc survivre à cette destruction pour que l’enfant puisse y survivre également. Ex : la pâte à modeler est un exemple d’objet indestructible. L’objet malléable est magnifique car fait travailler la séparation, la destruction mais aussi l’union, l’indestructibilité.




  • Cet objet doit aussi être sensible sensoriellement, dans le sens de rester modifiable, répondre à toutes les modalités de travail qu’on va avoir avec lui. Cet objet n’est pas un objet à soi. C’est l’amorce du symbolique.




  • Il doit pouvoir prendre toutes les formes tout en restant lui-même. Il s’agit de son indéfini transformation. C’est la notion de permanence.




  • Son inconditionnelle disponibilité :il est toujours là pour se faire trouver, détruire, reconstruire,…Il est disponible à tout.




  • Son animation propre c’est-à-dire sa capacité propre à s’animer et donc à son caractère vivant. Il prend vie sous la créativité de l’autre mais aussi il possède sa propre animation. C’est une matière qui n’est pas un prolongement simple de l’individu car il garde sa permanence et son animation. Il devient une possibilité de lieu, de relation.


Pour résumer : (important)

il y a l’espace entre deux

il y a la notion de jeu

une première symbolisation à travers le trouver-créer

puis nous avons la destruction-construction

Tout cela met en place la pensée dans sa capacité à transformer dans la relation.

23-10
Au dernier cours, nous avons vu comment on peut établir une relation, à partir du « squiggle », et par l’expérience de la puéricultrice hongroise, qui se mettait dans une position de contenance, sans devoir intervenir. C’est quelque chose de fondamental dans la manière d’aborder une relation clinique.
L’attitude assez classique des psychologue est une attitude d’intervention, de faire agir, d’envoyer un stimulus, pour obtenir une réponse. On a vu la communication avant la relation, pour montrer l’attitude totalement différente entre les deux. La tentation est grande, pour un psychologue dans une situation relationnelle, d’intervenir, d’entrer, de pénétrer. Nous avons une structure fantasmatique qui nous pousse à entrer, à pénétrer dans l’univers de l’autre, et aussi qui nous pousse à envoyer de la stimulation, ou du questionnement.
Des gens reviennent assez inquiets de chez leur psychanalyste, car celui-ci ne leur a rien dit. Cette attitude est associée à un questionnement sur la présence même du psychanalyste, comme si la notion de présence devait se traduire immédiatement par une notion d’intervention. Il faut souligner ce fait, car un des risques de la psychologie clinique est d’être confronté à des cliniciens interventionnistes, des activistes, qui ne puissent pas se poser là autrement qu’en marquant par le verbe ou l’attitude comportementale quelque chose de l’ordre de « je suis là pour quelque chose, et ça doit se traduire par du verbe, du langage, du comportement ».
Ex : psychologue qui veut toucher, agiter un enfant qui ne parle pas, pour essayer de mettre en actes quelque chose de l’ordre d’une forme de relation qu’il projette comme étant celle qui doit se passer, et éventuellement cette difficulté, cette incapacité, ce qui doit traduire son angoisse d’être simplement là, face à l’autre et pour l’autre, avec une espèce de position de principe au départ, que c’est de la réalité interne de l’autre dont il est question, et pas de l’espace communicationnel.
Il faut qu’il y ait une possibilité offerte enfin à l’autre de pouvoir investir son intériorité, contenu par la présence bienveillante de ce clinicien qui est là, pour pouvoir enfin oser investir son intériorité, et éventuellement la traduire à l’autre à défaut de la traduire à soi.
La puéricultrice qui regarde l’enfant lâcher un objet, et qui, plutôt que de rentrer immédiatement dans un scénario de jeu qui est ce fameux jeu de la spatule (reprendre l’objet pour lui donner), laisse le temps suspendu, pour permettre à l’enfant d’aller chercher lui-même l’objet, et mettre en jeu quelque chose de l’ordre d’une forme de psychomotricité qui est de tenir, lâcher, reprendre, tenir, lâcher, etc. Si dans ce jeu, initié par l’enfant, qu’il s’approprie et se représente (puisqu’il va le reproduire), on peut comprendre que tout cela est dû avant tout à la présence et à la qualité de présence de la puéricultrice, c’est quelque chose d’essentiel.

Ça traduit le fait que le psychisme de l’autre a besoin d’un contenant extérieur, mais pas forcément d’une activation externe. L’importance de pouvoir jouer ce rôle de contenant externe, c’est la possibilité offerte à cet autre, à ce sujet, de devenir sujet, donc de s’approprier, éventuellement par le langage, mais d’abord par son intériorité, quelque chose qui se met en acte à partir de lui, et qui n’est pas simplement qu’une réponse communicationnelle. La nuance est essentielle et importante. Elle sépare deux types de psychologies :


  • une psychologie de l’activisme, du stimulus-réponse, du cognitif, qui présente un schéma de fonctionnement du psychisme lié à l’intervention de l’autre




  • une psychologie qui parie sur la capacité de l’intériorité du sujet à amorcer des représentations, et qui reste disponible à l’enclenchement relationnel (qui n’est pas immédiatement militante du comportement).

Winnicott, dans la mise en place du jeu du « squiggle », suscite quelque chose qui est beaucoup plus développé, mais qui revient au même : mettre en place deux intériorités dans un jeu, dans le jouer (playing), qui va faire que les deux intériorités vont mettre en commun des illusions.
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