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    1. toute communication présente deux aspects : le contenu et la relation, tel que le second englobe le premier, et par suite, est une métacommunication (suite).


l y a un intérêt, au sens de la vie quotidienne, et de la relation clinique, à se mettre dans une position d’écoute vis à vis de l’autre, à savoir la question de sur quoi l’autre réagit-il ? sur le contenu ? sur la relation ? si il réagit sur le relationnel, c’est probablement un indice qu’il est préoccupé par la relation, et qu’il est en train de s’y situe, par rapport à nous, et que l’intervention est tout d’abord une intervention de nous, et pas une intervention en soi.



    1. la nature d’une relation dépend de la ponctuation des séquences de communication entre partenaires.


Cet axiome souligne le caractère séquentiel d’une communication. Quand on parle d’une ponctuation, c’est au sens d’une syntaxe ponctuante, qui permet à l’autre de respirer quand il lit, mais aussi pour que l’autre trouve un rythme et du sens. La ponctuation a donc deux fonctions :


  • rythmer la parole et la lecture :


Philippe Soler écrivait des livres sans aucune ponctuation. Quand on se trouve face à cela, c’est évident que notre travail est un travail de ponctuation. Dans l’exercice littéraire éventuel, ça devient intéressant, puisqu’on redonne à l’autre le souci de ponctuer. La question de la lecture souligne que l’écrivain écrit pour l’autre, et que l’autre ne lit pas nécessairement le livre que l’écrivain a écrit, mais qu’il lit le livre qu’il est en train de lire, qui n’est pas forcément le livre que l’écrivain a voulu écrire. L’exercice textuel tel que Soler l’avait proposé, avaient déjà mis en place avant (ex : Céline, qui utilisait beaucoup les points de suspension, ce qui faisait apparaître des moments de suspension dont on ne sait pas si ce sont des moments de suspension, ou de prolongation de quelque chose).
Beaucoup de patients parlent comme écrit Soler, nous sommes amenés à mettre la ponctuation nous-mêmes. Un des problèmes qui peut apporter des problèmes dans la vie est l’incapacité de se raconter son histoire, de produire du sens historique. Ça ne va pas de soi, de raconter son histoire. Ecrire un journal intime, c’est un lieu de notre intimité qu’il ne faut pas oublier. Il faut toujours avoir un rapport à soi en termes de connaissance, mais aussi un rapport à son intime, à ce qu’on pense, à ce qu’on n’ose pas penser, mais qu’on pense quand même, à ce que l’on n’ose pas dire, penser, transmettre.
L’écriture est un dire retenu. Il faudrait massacrer la formule « les paroles s’envolent, les écrits restent ». Il faudrait dire l’inverse. Les vraies paroles, dites à la personne à qui on les adresse, restent. Ecrire « je t’aime » à quelqu’un, ça s’envole, mais le dire une fois en corps à corps, ça reste.

La relation clinique, c’est ce lieu particulier de l’intime, où la parole va devoir s’énoncer, se dire, sortir.

Ce qui se passe souvent en psychothérapie, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de paroles, mais par contre, il y a des causeries, etc. Quand on va en thérapie, on se demande ce qu’on va dire au psy, et on s’entraîne, on se dit que l’on va parler de ça ou ça, mais ce sont des paroles déjà entendues, que l’on ressort. Mais la parole vraie, celle que l’on ne sait même pas qu’on la port en nous, mais qui un jour va sortir, peut-être banalement dans la vie de tous les jours, elle va s’énoncer à l’autre dans une relation à l’autre.
Cette parole sera investie, elle viendra, dès lors qu’elle sera entendue, acceptée, et reprise par l’autre, dans une interprétation, dans une paraphrase, créer des moments forts.
L’écriture est une forme de parole retenue, qu’on se réapproprie, que l’on reprend souvent comme objet narcissisant (oh qu’est-ce que j’écris bien, je suis fier de cette formule, mon écriture est pas mal, surtout avec cette encre). Il y a quelque chose dans la page blanche de terriblement narcissisant. Ex : le mémoire. C’est un exercice comme un autre, mais l’angoisse de la page blanche (le moment où l’on ne doit pas simplement restituer sur une feuille le cours d’untel à propos d’une question qu’il pose pour réussir son examen), correspond au moment où il faut sortir de nous quelque chose qui correspond à une recherche, à une élaboration nouvelle d’un savoir. Là, on sait que l’écriture n’est pas banal, que c’est narcissique. La page blanche est un étrange miroir qui nous renvoie à notre impuissance, à notre incapacité, à notre dépression (je ne serai jamais capable, qu’est-ce que j’écris mal). Si on a lu plein de bouquins de gens qui écrivent très bien, on se demande comment on pourrait oser foutre sa petite crotte là-dessus. Cette angoisse apparaît avant de sortir ce texte, qui est tout banalement un exercice comme un autre.
L’écriture n’est pas seulement retenue narcissiquement, mais aussi dans l’adresse à l’autre que l’on veut en faire. Or, écrire, c’est souvent écrire pour quelqu’un.
Dans cette dimension, la notion de ponctuation n’es pas aussi banale que ça. Elle est multifonctionnelle, elle souligne le sens que l’on veut mettre dans ce que l’on dit. Si la ponctuation n’était pas là, on pourrait lier des mots qui ne devraient pas être liés. La virgule, par exemple a une grande importance dans la lecture, le point aussi. Il est difficile de mettre un point, car on a encore beaucoup de choses à dire sur un sujet.


  • - Ponctuer la séquence dans une conversation :


Cette notion de ponctuation, que l’on retrouve dans la syntaxe, dans la ponctuation grammaticale, au sens de la communication, prend une articulation dans la communication, qui souligne quand un individu parle, quand il s’arrête, quand l’autre parle, etc. Il y a des effets de séquences, de successions de séquences, qui induisent une notion de causalité.
Exemple :
Séquence rétrospective de causalité coupable :


  • ce qui se passe maintenant, c’est parce que tu n’as pas fait ça avant

  • oui, mais si je n’ai pas fait ça, c’était parce que tu n’avais pas fait autre chose encore avant

  • mais si on remonte si loin, cette chose là, je m’en rappelle bien, mais c’était toi qui n’avais pas fait ça


ETC


Ce petit jeu de renvoi à l’autre d’une culpabilité qu’on voudrait le voir porter sur un constat de quelque chose de lamentablement là, entre ces deux personnages, et dont personne ne veut reconnaître la responsabilité, souligne les effets séquentiels. Ils s’organisent sur une ponctuation de renvoi symétrique de l’un à l’autre.

Dans une relation clinique, la ponctuation est importante. On peut tout dire à l’autre, mais il faut savoir ce qu’on dit. Il faut être certain que dans la séquence, on maîtrise la ponctuation, et qu’on sache notamment utiliser analytiquement ce que le patient répond à la question que l’on pose. Si le patient dit, sur le mode relationnel, « pourquoi vous ne me croyez pas ? », et qu’on répond « mais si, qu’est-ce qui vous fait penser à ça ? », on perd la maîtrise de la séquence, dans la mesure où on est pris dans une relation qui construit de l’emprise sur l’autre, parce qu’on serait pris en faute. Ce n’est pas que quand on est clinicien on ne fait pas de faute, mais si on se sent fautif, et qu’à la moindre intervention de l’autre sur un renvoi de ce qui serait la responsabilité de quelque chose que le patient ne peut assumer lui même, on devient une éponge qui prend tout ça. La relation et la communication qui va s’établir entre les deux personnages, va faire que l’on sera tout sauf un psychologue. On sera un punching-ball, un écran de projection, une poubelle dans laquelle le patient va constamment déverser, et que l’on prendra sur le mode masochiste, ou paranoïaque, en lui disant « écoutez, si c’est comme ça, allez voir mon collègue à côté, etc. ».
Si on ne sait pas contrôler les séquences dans la communication, et que vient se coupler à cela un certain malaise lié à des choses que l’on ne peut pas entendre ou que l’on entend difficilement, face auxquelles on ne peut pas se resituer, ça va enclencher des relations qui seront tout sauf des relations cliniques. Comment peut-on faire travailler l’autre sur des choses par rapport auxquelles on est nous-mêmes en pleine souffrance. C’est pour cela que l’on refuse parfois des patients, ou qu’on se fait superviser, ou encore que l’on passe la main. Exemple : le film « la chambre du fils », où un psychanalyste dont le fils est mort, et qui a des patients qui lui parlent de choses semblables, et qui finit par se reprendre en mains car il sent l’autre défaillant.
Dans la relation clinique, il y a une attention a avoir à propos de la ponctuation. Non pas dans un exercice de pouvoir, mais dans un exercice de compréhension, et même de la maîtrise de la ponctuation. Le psychologue sait qu’il commence une séquence, même si il sait aussi qu’il était déjà dans cette séquence avant. La relation au psy ne commence pas au moment où on rencontre le patient physiquement.
Ce que Winnicott appelait l’objet subjectif, il est conçu, il est représenté, puis il vient se confronter à la perception de l’objet. la notion de représentation et de perception sont très voisines, mais il ne faut pas les assimiler, les mélanger.
L’effet de séquence peut se retrouver dans la vie quotidienne. Par exemple, quand on voit quelqu’un qui promène son chien, on pourrait se dire que c’est le chien qui initie la séquence, en « demandant » à sortir. Il y a des phénomènes de séquences qui sont tellement pris dans une séquence qu’il est très difficile de les ponctuer. Or, une des problématique de la communication est quand on ne sait plus ponctuer, quand on ne sait plus faire que constater des effets de séquence, et à fortiori, quand ces effets de séquence tournent sur eux-mêmes, quand on ne sait plus quel est le sens de la séquence. Quand la séquence fait souffrir, quand elle pose problème, une ponctuation met en place un pouvoir important à la personne qui s’autorise à métacommuniquer. La métacommunication est un enjeu de pouvoir. C’est pour cela que les couples de psychologues sont difficiles à vivre, car ils veulent s’emparer de la métacomunication sur l’autre.
« ton comportement est indigne d’une psychologue, comment peux-tu réagir comme ça ? tu ne te rends pas compte que tu es en train de projeter sur moi des choses que tu ne peux pas assumer ? » Ca devient insupportable pour l’autre.
« tu parles d’où, toi ? avec ta mère dont tu ne sais pas te dégager, et tu vas chez maman tous les samedis soirs »
le problème de la réappropriation de la séquence est typiquement présente dans la reprise d’une métacommunication. La métacommunication, c’est comme si, tout à coup, on voulait reprendre la ponctuation des séquences, en les interprétant, en les décrivant, en les paraphrasant.
Mais en fait, le pouvoir n’est que quelque chose de dérisoire, c’est pour cela que souvent, on en vient à la violence physique pour obtenir le pouvoir, parce que le pouvoir symbolique est très complexe. Avoir le pouvoir des mots sur les gens, c’est très complexe. Quand quelqu’un nous fait la leçon, et que tout à coup, on lui fout une baffe, ses mots n’ont plus beaucoup de pouvoir. C’est pour cela que la notion d’accès a pouvoir symbolique chez l’individu est quelque chose qui caractérise l’humain, et qu’il doit défendre. C’est pour cela que dans nos sociétés, c’est dangereux de dénigrer le pouvoir symbolique au point de ne plus le reconnaître. Il nous permet de se mettre d’accord symboliquement sur les choses, et de reconnaître que, symboliquement, l’autre a un pouvoir et que je suis sous sa soumission. Quand ce système ne marche plus, on revient à un règne animal beaucoup moins ritualisé, et c’est souvent la loi de la force qui revient.



    1. les humains possèdent deux modes de communication : le digital et l’analogique.


c’est ce qu’on peut associer au verbal et au non verbal.


  • Le digital


c’est tout ce qui passe par le langage, qui s’articule sur une sémantique et une syntaxe symbolique, dont le sens est symbolique. Quand on lit un texte et qu’on voit une virgule, c’est symboliquement que l’on comprend ce qu’implique la virgule.


  • L’analogique


C’est le langage du corps, c’est le langage qui ne s’appuie pas sur des indices symboliques, mais ce n’est pas pour cela qu’il n’est pas symbolique. Il est au plus près de l’analogique, c’est à dire de « faire comme ». On pourra remarquer, et l’anthropologie nous le montre tant qu’on veut, que dans les langages analogiques, il y a des différences, des dissonances, et que certains mouvements du corps ne veulent pas dire la même chose dans une culture que dans une autre.
En quoi, dans notre situation clinique, ça devient un outil ? dans l’observation et l’entretien. Il faut pouvoir être attentif à cette double dimension de la communication, pouvoir à la fois entendre ce qui est lié au langage symbolique, mais aussi de voir, d’observer, de respirer, tout ce qui a trait au langage du corps et de l’analogique. si quelqu’un est nerveux, il peut transpirer, et il peut puer.
Dans quel but doit-on faire attention à ces deux types de langage ? Pour voir quel est le langage privilégié, par exemple. Certaines personnes parlent peu, ne savent pas parler, croient qu’ils s’expriment mal, d’autres n’ont aucun langage corporel (gens figés). On peut voir dans quelle mesure la personnalité qu’on a en face de soi s’exprime sur ce double registre, ou au contraire, si il y en a un qui est éteint par rapport à l’autre. Il est aussi intéressant de savoir comment ces deux modes de communication sont utilisés selon les situations, dans quelle mesure, quand on aborde des sujets difficiles, des émotions, des affects, des évocations de situations dans lesquelles la vie affective est venue s’exprimer, comment les canaux ont été utilisés.
La vie affective s’exprime d’abord à travers le corps (ex : quand on est émotif, et que les larmes nous monte aux yeux).

C’est analogiquement qu’on peut exprimer ses sentiments. Mettre des mots sur les sentiments, ça a toujours l’air d’être à côté. Il y a de personnalités qui viennent nous parler avec une grande froideur de leurs sentiments, avec des mots qui peuvent nous toucher, mais qui ne les touchent pas. Ce sont par exemple les obsessionnels, qui ont un mécanisme d’isolation, qui isole l’affect de la représentation. C’est à dire isoler le sens que l’on donne à un affect, pour qu’il n’envahisse plus, et qu’on puisse en contrôler le sens.
Il faut aussi être attentif à l’adéquation des choses. Il y a des gens qui racontent des histoires tristes en riant. On ne rie jamais autant qu’aux enterrements. C’est sans doute un problème de stress. La contorsion de l’affect dans ce cas, fait que l’affect ne peut pas se faire, et il vient s’exprimer sur un mode insupportablement inadéquat. C’est donc l’adéquation entre la façon dont on énonce quelque chose et la façon dont le corps accompagne cet énoncé, et comment quelque chose d’analogique peut se traduire dans les mots. On peut aussi observer les antinomies de ça. Il y a des gens qui disent « oh tout va bien, je suis content de te voir » et dont le corps se resserre, qui se referment sur eux-mêmes.
Si ces deux langages sont des langages ils ont quand même des différences. Si on accepte que le langage est toujours un langage performatif pour les deux types. Dans le caractère syntaxique et sémantique, il y a des différences :


  • le digital est pauvre sémantiquement. Par exemple, c’est très difficile de dire ce que l’on ressent. Il y a des choses dont les mots ne peuvent pas traduire le sens, l’existence, la nuance. « quand on a dit je t’aime à quelqu’un, qu’est-ce qu’on peut encore dire après ? ». Il y a des choses insupportables de ce point de vue là : « est-ce que tu m’aimes ? » « oui » « oui, mais comment ? ». Là, ça commence à se compliquer : la moindre nuance que l’on peut y mettre est insupportable pour l’autre (ex : je t’aime bien). Sémantiquement, le digital contient peu de mots, par contre, analogiquement, pour autant qu’on ait un corps suffisamment souple, on peut tout représenter. Le corps dit les émotions, on peut tout dire avec le corps. Le mime peut faire vivre tous les objets sans parler. L’analogique est le seul langage commun qu’on a avec les animaux.




  • Le digital est très riche syntaxiquement. Au niveau digital, on ne peut pas ne pas communiquer, sauf quelques-uns qui ont des logiques secondaires un peu en difficultés. Le comportement n’a pas de contraire. On peut faire une double négation, que l’on peut traduire par une affirmation, et la double négation a toujours du sens. Par contre, analogiquement, c’est impossible de faire tout cela.


Ex : Raymond Devos qui est engagé pour ne rien faire sur scène. Quelqu’un dans la salle lui demande ce qu’il fait, et il lève les épaules. C’est difficile de mimer quelqu’un qui ne fait rien ! il finit par crier « mais je ne fais rien, et je ne sais pas comment le faire ! ».
Devos montre la logique d’un langage auquel le thérapeute est souvent confronté, c’est à dire la métaphore, quel est le sens et la logique des mots. Devos joue avec la logique du langage et la sémantique qui produit massivement du sens. Tous les sketches de Devos montrent combien le langage est un piège pour la pensée. Quand on parle aux gens, on se piège continuellement (ex : quand on se dit qu’on n’aurait pas dû dire ça à telle ou telle personne). La logique de l’écriture, si elle n’est pas respectée, donne un sens qui en vient à ne plus avoir de sens. Ce sont des choses que l’on peut décrypter dans l’entretien.


Il faut être attentif au fait que des choses, parfois, doivent traduire certains éléments qui ne peuvent pas s’énoncer dans le digital. La parole doit parfois respecter le silence. C’est pour cela que dans une relation clinique, en termes de pouvoir assumer cette position face à l’autre, c’est d’abord pouvoir assumer le silence. Le silence est difficile, car il n’existe pas.

C’est peuplé de bruits, de discours, de mots, qui ne sont pas énoncés sous forme de langage.

Ce moment dans une relation, quelle qu’elle soit, où rien ne peut se dire, où quelque chose est en train de se vivre intérieurement, où on est seul face à sa vie pulsionnelle, face à son intériorité mentale, face à son théâtre interne, et tout ça face à l’autre, et de ne pas paniquer, de ne pas devoir enclencher l’interactionnel. c’est pouvoir rester avec soi-même, ce n’est pas évident. Avec le GSM, on ne sait plus suspendre un tant soi peu quelque chose de son intériorité, que l’on est en train de penser. On doit immédiatement le dire à l’autre.
Le silence, c’est plein de bruits. Il faut d’abord accepter que l’autre fasse du bruit et que l’on ne l’entend pas, et qu’on ne se sente pas obligé de parler de notre bruit à l’autre. Il faut savoir le respecter dans le sens où il faut savoir l’accepter. C’est ce que les gens critiquent : 3000 balles la séance, et il ne dit rien ! Mais ce n’est pas du silence.
Ce n’est pas facile d’être dans du silence, avec qui que ce soit. Dans un silence, on est tout de suite repris par son intériorité, par des choses qui reviennent dans ces moments de silence. Il faut savoir favoriser ça chez l’autre. si l’autre veut bien se sentir là-dedans, il faut un minimum qu’il sente que l’autre est à l’aise dans ce silence. Il ne faut pas qu’il souligne le silence, ou qu’il dise « à quoi tu penses ? », car c’est très intrusif.
C’est le rôle du psychologue d’être attentif à ne pas s’introduire de cette façon dans le silence de l’autre. Il faut le permettre et le respecter
Le langage analogique est souvent repris avec certains types de personnalité qui n’ont pas accès au langage : autistes, psychotiques, névrosés, angoissés, dépressifs… quand on va dans un pays étranger où on ne connaît pas la langue, on devient mime, avec des gestes qui vont nous permettre d’établir un lien avec la personne. Les gens qui n’ont pas eu accès aux instances symboliques du langage fonctionnent quand même. C’est toute la difficulté qu’ont des adultes à vivre avec des petits enfants qui ne parlent pas : moi je ne sais pas parler aux enfants, parce que, tant qu’ils ne parlent pas, j’ai l’impression de ne pas communiquer avec eux. C’est dénier toute une partie de la communication (la sensorialité, le regard, le toucher, le contact…)
Il faut aussi être attentif à tous les objets médiateurs, qui devront relancer les différentes formes de langages, analogiques ou digitaux.



    1. toute forme de langage est symétrique ou complémentaire, selon qu’il se fonde sur l’égalité ou la différence.



C’est un aspect logiquement évident. Dans ce qu’il en est du rapport dans une communication, on peut être sur le même pied de communication, comme si on communiquait d’égal à égal. Le premier élément à mettre en place est la différence entre le statut et la fonction sociale, culturelle, politique, religieuse, systémique, et ce qui va se passer dans la communication.
La notion de statut de pouvoir de quelqu’un par rapport à un autre est une chose qu’on va mettre sur le versant systémique social. Ce qui se passe dans la communication langagière, qu’elle soit analogique ou digitale est une autre chose. C’est de cela dont nous parlons maintenant en termes de symétrie. La communication symétrique, c’est donc une communication qui est sur le même pied, où chacun se parle d’égal à égal. La communication complémentaire, c’est quand, dans la communication, on traduit quelque chose qui est de l’ordre de la différence.
Ex : la demande : poser une question à l’autre, c’est se mettre dans une position basse par rapport à l’autre, notamment une position de non-savoir dans la communication, et lui demander.

D’office, la demande met l’autre en position haute. Quelqu’un qui vient demander de l’aide, se met en position basse. C’est assez difficile, surtout si on a une position sociale haute. Quelqu’un qui a une position sociale haute aura peut-être beaucoup de difficultés à se mettre dans une position basse dans la communication. Un patron n’ira pas forcément demander à un ouvrier ce qui ne va pas dans son entreprise, car son statut de patron est incompatible dans ses représentations mentales avec le fait qu’il puisse se mettre dans une communication à un niveau bas, et de mettre quelqu’un qui est bas socialement au niveau haut.
C’est le complexe du roi : le roi des belges est le personnage qui est le plus haut dans la société belge. Or, le protocole de la cour interdit qu’on pose une question au roi. On ne peut pas se mettre en position basse par rapport au roi, et lui, il ne peut se mettre qu’en position basse, si il ne veut pas rester dans le silence. C’est pour ça qu’ils ont toujours l’air d’avoir l’air con à demander plein de choses aux gens.
Il faut que les deux types de communications puissent alterner doublement. Pour qu’une complémentarité fonctionne, il faut que les protagonistes puissent alterner les positions haute et basse, sinon, on tombe dans une pathologie de la communication complémentaire, à savoir qu’on va créer là une situation sociale à partir d’une relation. Ce sera toujours la même personne qui sera en position haute et basse. Dans l’éducation, c’est important : permettre aux enfants de poser des questions, et il faut que les parents posent aussi des questions, qu’ils mettent leurs enfants dans une position haute. Sinon, la relation parent-enfant sera toujours une relation qui, socialement, va se construire, à partir de la communication, sur une inégalité. La question de l’identité à l’adolescence va devenir importante. Les parents seront toujours en position haute, et le fait d’assumer sa propre identité engendrera, relationnellement, une série de difficultés de s’assumer, etc.


La position symétrique n’est pas idéale. Si on est en symétrie, on fait souvent l’impasse sur la connaissance, puisqu’on ne peut plus poser de questions. Si on veut toujours être sur le même pied d’égalité que l’autre, ça peut vouloir dire qu’on ne se pose jamais de questions. C’est typiquement le rapport de pouvoir. Ex : le patronat d’un côté, et les syndicats de l’autre, et ce sont des enjeux de pouvoir.
Vatzlavik, dans « la communication et sa pathologie » parle d’enchère symétrique : on surenchérit sur l’égalité. très souvent, on surenchérit sur du vide. On fait comme si on savait, pour pouvoir se maintenir sur un pied d’égalité :


  • tu sais ce qui se passe là bas ?

  • bien entendu !


mais aucun des partenaires ne sait ce qui se passe. Autre exemple : les conversations de surenchère culturelle : tu as lu le dernier untel ? oui oui bien sûr… alors que personne ne l’a lu. On fait comme si, pour être dans une situation symétrique.
Généralement, c’est un rapport de pouvoir, qui peut devenir problématique, comme par exemple dans les relations patronat – syndicat. Il faut remettre en place un processus, où contraints dans un jeu de rôle, on amène les uns à poser des questions aux autres, et les autres à poser des questions aux premiers. Après, on inverse les rôles, les patrons doivent dire ce qu’ils feraient à la place des syndicalistes, et vice versa. On réinstalle comme ça quelque chose de tout à fait essentiel, c’est à dire le contenu, qui était passé à la trappe à cause de la surenchère. On finit par discuter sur rien, on ne sait plus pourquoi on discute ! (ex : les couples qui se disputent : ils ont eu tellement d’effets de séquences et de surenchère symétrique, qu’ils ne savent plus pourquoi ils se disputent. Ils ne veulent pas céder, mais ils ne savent pas à quoi.)

Le fait de ramener du contenu est positif, car les vraies décisions ne peuvent se prendre qu’à propos de choses réelles, tangibles, qui ont du sens. Ce qui faut éviter, c’est de remettre de la sauce sur le relationnel, car on est en plein dans le relationnel au sens symétrique. Il faut aussi relancer un jeu de la complémentarité en forçant les deux groupes à alterner les questions. On peut alors réinjecter dans ces processus relationnels quelque chose qui va être le souci du contenu, et une forme d’habitude de poser des questions à l’autre et de s’y intéresser, car cet intérêt de l’autre est perdu.
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