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Qu’est-ce qui va se passer dans cette relation à ce moment là, paranoschïzoïde ?
PARANO : c’est la projection d’un mauvais objet. Ce mauvais objet est à la source de la paranoïa. Cet objet externe est un objet persécuteur.
SCHIZOÏDE : c’est le clivage. C’est construire un bon moi partiel négatif et un bon moi partiel positif à partir d’un objet partiel positif et d’un objet partiel négatif. Pour le bébé, tant que la séparation n’est pas encore faite, ce clivage de l’objet, va correspondre à un clivage du moi : il aura un bon moi et un mauvais moi. Il aura un objet interne moi bon et un objet interne moi mauvais. Comme il ne peux pas concevoir un objet à la fois bon et mauvais ; ce clivage fait que sa personnalité ( son moi) est lui-même clivé.
Ca nous aiderai bien parfois de nous cliver de cette manière. On peut penser à Jecill et MR Hide. Cette image littéraire de ce personnage qui la nuit est une personne et le jour une autre. Personnage qui ne sait pas qui est le personnage de la nuit quand il est du jour, et, qui ne sait pas qui est le personnage du jour quand il est de nuit. Cette situation où l’on pourrait faire des choses sans être responsable quand on est sur l’autre versant du moi. C’est cela la notion du clivage. Cette notion du clivage que nous utilisons tous. A partir du moment où l’on ne veut pas être responsable d’un événement que l’on a fait mal. C’est une forme de travail de clivage. C’est comme si on essayait de se dire : « mais, ce n’est pas moi cela ! ». Le clivage, c’est la partie du moi qui ne connaît pas l’autre partie du moi. C’est cette partie du moi qui n’a pas de lien avec l’autre partie du moi. Le clivage, c’est rompre les liens. Dans, le clivage, il y a aussi un travail de la pulsion de mort qui est utilisé là, dans un sens non pas destructeur ; mais dans un sens organisateur. La pulsion de mort coupe les liens entre le bon et le mauvais objet partiel ; entre le bon et le mauvais moi partiel. Tout cela, dans un contexte de relation où l’autre ( = la mère) doit être capable d’imaginer, de penser cela. Surtout, imaginer parce que le danger ici, c’est de faire penser la mère à cela. C’est en cela que les bouquins de psychologie, à l’attention des mères, ce sont des choses insupportables. Pourquoi ? parce que ce sont des constructions faussaires de ce que devrait être une mère. La caricature de cela, c’est une mère qui va frustrer volontairement son enfant parce que c’est écrit dans le bouquin. Ca veut dire qu’elle fait surtout fonctionner sa pensée rationnelle. Ce n’est pas pour autant qu’elle peut imaginer à partir de ce qu’elle sent et ressent. Selon le prof : « on ne peut jamais être que la mère qu’on est ; rien d’autre ». La meilleure façon d’être une mère ; c’est d’être la mère qu’on est ; avec tous les risques qu’il y a à être la mère qu’on est pour le bébé qui est là. Toute l’artificialité actuellement de psychologiser tout cet aspect là comporte des risques majeurs.
La mère dans la position parano-schizoïde va de plus en plus favoriser les bonnes expériences. Pourquoi ? pour favoriser l’intériorisation de ces bonnes expériences ; pour favoriser la construction d’un moi liant et lié. Pour faire en sorte, que le caractère gratifiant, liant, résonant de la personnalité soit de plus en plus intériorisé. Donc, ce phénomène va stabiliser chez l’enfant quelque chose qui doit être là dés le départ : le narcissisme primaire. Le narcissisme primaire est cette force psychique assurante et rassurante pour le bébé qu’il existe. C’est ce premier sentiment de toute puissance, d’omnipotence, d’existence. Ce sentiment vient de l’autre. C’est l’autre qui donne cette assurance fondamentale. C’est là que les notions de HOLDING de WINNICOTT sont importantes. Cette notion de maintenance fondamentale qui donne une assurance, un plancher au bébé. Son psychisme a un plancher, il est posé sur quelque chose. C’est ce qui donne une première sûreté à son psychisme. Et puis, l’enfant va avoir tendance à utiliser certains autres mécanismes de défenses. On a déjà parlé de la projection et du clivage. Mais, il y a deux autres mécanismes qui vont arriver. L’un d’eux, qui est tout à fait dans le prolongement de l’identification adhésive dont nous avons parlé. Pour rappel, l’identification adhésive, c’est reproduire une sensation dans laquelle on existe. Ici, c’est l’identification projective. Cela veut dire que l’on va s’identifier au bon objet en introjetant les bonnes expériences. Il y a là un prolongement de l’adhésivité puisque ce sont dans les bonnes sensorialités à la mère et les bonnes projections de la pulsion de vie avec elle, que l’on va constituer quelque chose de l’ordre d’une stabilité du moi psychique. On s’identifie à l’objet sur lequel on projette. C’est cette identification projective qui est à la base de tout ce qu’on appelle : l’empathie. L’identification projective, c’est le terrain de l’empathie. Croire que l’on sent ce que l’autre vit, c’est le propre de l’identification projective. Je sens ce que l’autre vit parce que je suis comme lui : je m’identifie projectivement.
On reviendra là-dessus quand on parlera des techniques projectives parce que c’est ça les techniques projectives. Ce mécanisme inconscient premier qui fonctionne tout le temps et, qu’éventuellement, la technique projective va susciter. « Raconter moi une histoire à partir de cette image que je vous donne ». On se projette dans les personnages de cette image. On se projette de manière identificatoire : « je sens ce que vit ce personnage ». C’est quelque chose que l’on projette de soi sur le personnage. Il faut se dire que ce personnage sur la feuille, ce n’est pas un personnage vivant, et, il n’est pas forcément malheureux. Si on dit que le personnage est malheureux, c’est parce qu’on est empathique à ce moment là avec ce type de sentiment, avec ce type de représentations. En fait, on projette sur ce personnage. Donc, ça c’est un premier mécanisme important qui vient en plus de la projection et du clivage. L’identification projective, c’est la construction de sa première identité à partir de la projection.

Le deuxième mécanisme de défense c’est versus introjection. Cette notion d’intériorisation, d’introjection des bonnes expériences qui seront aidé éventuellement par un mécanisme de déni. Ce mécanisme, on le retrouve dans la psychose. Le déni, c’est dénier le mauvais objet partiel pour pouvoir intérioriser, intégrer le bon objet partiel. Ce travail d’intériorisation peut aller jusqu’à dénier l’objet mauvais. Par exemple : « le mauvais sein, ça n’existe pas ! ». Le déni, c’est un travail sur la réalité. Comme cette réalité, n’est pas encore forcément une réalité externe, ce déni est dangereux. Pourquoi ? Parce que ça veut dire qu’on dénie une partie de soi. En plus, cela vient aider le clivage au niveau du moi. Jecill et MR Hide ne se connaissent pas parce qu’ils ont un déni l’un vis-à-vis de l’autre.
Pour résumer :

On a quelque chose de l’ordre d’un flou,

Il y a quelque chose qui tout d’un coup est projeté qui est de l’ordre d’un mauvais objet partiel qui va construire un futur objet extérieur partiel. Il y a en même temps un clivage qui va se passer avec le bon objet interne et le bon objet externe. Cette projection va commencer petit à petit, à mettre une différence entre l’interne et l’externe.

C’est en cela que le mécanisme de projection est un premier mécanisme constituant pour le psychisme ; puisque c’est à partir de ce mécanisme que va se constituer la différenciation entre un monde interne et un monde externe. Au départ, cela ne préexiste pas. Même si dans la réalité, quand on regarde une mère et son bébé, on sait très bien qu’il y a un bébé et, qu’il y a une mère. Au niveau psychique, cette séparation n’est pas forcément faite. Ce qu’on appelle parfois : la matrice psychique de la mère, c’est quelque chose qui est proche de la matrice physique, c’est-à-dire, quelque chose qui ne fait pas la différence. C’est quelque chose qui est fusionné ; et en tous cas, qui n’est pas liée. La fusion, ce n’est pas du lien. Dans la fusion, il n’est pas possible d’identifier un lien. Tous les liens sont mêlés. C’est indifférencié. Or, là (?), il y a une première différenciation. Puis, il y a quelque par, une double introjection. A travers des expériences, on introjection le bon sein, on introjete le mauvais sein. Et, on essaie d’augmenter l’attitude positive de la mère, d’augmenter les expériences positives pour augmenter la stabilité, la stature narcissique primaire du bébé dans l’assurance d’une bonne constitution. Ce clivage peut s’aider éventuellement à ce moment là, d’un déni qui va avoir des effets à deux niveaux :


  • Dénier le mauvais par rapport au bon

  • Amener tout doucement à sortir de cette position parano-schizoïde. A savoir, la première chose qui sort : une différenciation entre l’interne et l’externe. La deuxième chose qui se constitue, c’est une unification de l’objet et unification du moi. Donc, la fonction structurante de la position parano-schizoïde est double. Il faut mettre en place une différenciation interne – externe ; et en même temps, il faut constituer un premier objet total et un premier moi total.


Ces différenciations qui resteront très fragiles. La fixation à cette position, c’est une fixation à travers une série de mécanismes de défenses qui seront de l’ordre de la projection, du déni, du clivage. C’est-à-dire tous les mécanismes qui caractérisent le fonctionnement de la structure psychotique.
Comment cette unification va t- elle se faire ?

Cette unification va se faire dans une attitude de la mère. La mère va évoluer et va remplir le rôle de « mère suffisamment bonne ». C’est : tenir – activer – présenter l’objet du monde extérieur à l’enfant. Donc, il s’agit de faire rentrer l’enfant dans les expériences au monde et à l’autre. On peut assez facilement se représenter des mères qui laissent tomber leurs enfants, réellement au sens : je l’abandonne. On laisse l’enfant à l’adoption, on l’abandonne. Ce qui est peut-être pire ; ce sont les mères qui gardent leurs enfants tout en les abandonnants. Cela signifie que ces mères n’ont aucunes ou très peu d’attention pour leur enfant. Et puis, il y a aussi ces mères qui éventuellement fonctionnent sur un mode un peu pathogène ( des mères psychotiques) et qui vont être incapables de gérer leur pulsions agressives vis-à-vis du bébé. On aura alors des maltraitances d’enfants. Suite à l’affaire Vilmain où un enfant avait été noyé, Marguerite Duras a écrit un article dans Libération dans lequel elle disait : « La mère avait forcément FORCEMENT tué l’enfant ». Ce qu’elle voulait dire là était tout à fait clair pour les psychologues mais un peu moins pour les lecteurs : c’est comme si elle accusait la mère. Ce que Marguerite Duras soulignait dans son : « forcément forcément », c’est que la mère à des pulsions de mort vis-à-vis de son enfant.
Le fameux fantasme de Freud qu’il analyse dans ces textes sur la perversion en 1919 : « on bât un enfant », c’est typiquement ce fantasme là. On tue un enfant. La mère doit être capable de gérer ses pulsions agressives. Elle doit être capable d’imaginer qu’elle puisse tuer son enfant. Mais, il faut aussi se rendre compte de ce que cela représente de se représenter comme un criminel potentiel. Or, quelque part, le travail qui est nécessaire à la mère, indépendamment d’être suffisamment bonne et dans suffisamment bonne il y a déjà quelque chose. La mère doit accepter dans ce paradoxe de la séparation et de l’attachement, qu’être suffisamment bonne, c’est ne pas être toute bonne. Or ce désir de mère et les pressions qu’elle peut supporter, c’est d’être à tous prix une bonne mère ( c’est-à-dire une mère au sens 2ème topique freudienne des idéalités)

Des idéalités qui deviennent éventuellement tyranniques pour la mère et dont le moi va être tyrannisé par ce statut de mère. On peut ainsi comprendre le problème des mères à redevenir femme. Il y a un débat interne entre les idéalités intériorisées ( et éventuellement tyranniques) et le fait d’un moi qui veut investir au sens du plaisir, au sens de ce qu’il est réellement.
Donc, la mères doit être suffisamment bonne mais ensuite, elle va devenir pare – excitation. Elle va devenir cette fameuse mère de WINICOTT qui va devoir parer aux excitations du monde extérieur et aux excitations du monde intérieur. Parer aux excitations du monde extérieur mais aussi aux excitations du monde intérieur. Quand l’enfant est envahi par ses pulsions de mort associées à ces excitations liées aux besoins primaires d’appétence, de nécessité, etc., elle va devoir se représenter ce qu’il se passe. Elle doit savoir se représenter ce qu’elle doit faire à ce moment là. C’est en cela qu’elle joue une fonction de pare – excitation. Elle pare comme un pare-choc aux excitations du monde interne comme du monde externe. C’est lié à une capacité de penser de cette mère et aussi lié à une capacité à imaginer. Par exemple : lors d’observations de mères avec leur bébés ( avec la vidéo), il y avait une mère qui donnait le bain à son bébé. Dans, la pièce, il y avait du linge qui pendait à sécher. On voit qu’il y a une relation intense entre le bébé et la mère au niveau des regards. La mère lui parle, le tripote. Elle active son bébé en le nettoyant. Elle a à côté de cela, une série d’activités relationnelles qui mettent du lien avec le bébé. Et, on voit ce bébé activé qui cherche le regard de sa mère, qui cherche la voix de sa mère. Ce bébé est attaché à sa mère. Et puis, apparaît dans cette séquence, la grand-mère (des emmerdeuses en général). Elle arrive, et elle vient déranger cette mère. La grand-mère veut que la mère la suive hors de la pièce. On sent que la mère est embarrassé, qu’elle ne veut pas quitter son bébé. Mais, elle s’en va. En fait, elle ne s’en va pas, mais, elle quitte le regard du petit. A ce moment là, on voit le bébé qui se fige. C’est assez flagrant. Il était activé dans ce rapport à l’autre, dans cette espèce de miroir liant. Tout d’un coup, il se fige. Et, il se fige sur les éléments blancs ; et, il reste figé là-dessus. Il se rattache à quelque chose. ; c’est la position autistique, il faut se rattacher à quelque chose. On existe dans quelque chose parce que l’autre est parti. L’autre n’est pas parti physiquement ; mais pour le bébé, l’autre est parti puisqu’il n’y a plus d’activations. Et puis, la mère qui est une mère suffisamment bonne, elle envoie paître la sienne, et, elle revient. C’est à ce moment là qu’on voit que c’est une mère assez exceptionnelle. Elle voit que son enfant n’est plus avec elle et qui fixe quelque chose. A ce moment elle tourne son regard vers le linge que le bébé fixait. Puis, elle se ramène vers l’enfant, reprend son regard en lui disant : « ah , tu regardais les petits nuages blancs !! ». Cela, c’est la capacité à imaginer. Cela signifie que la mère parvient à penser la rupture, et ce qui est venu éventuellement, ce à quoi elle donne du sens dans la rupture.

L’enfant n’est pas encore un poète capable d’entendre la poésie de Victor Hugo ou d’un autre. Ce n’est pas le problème des petits nuages blancs. Mais, la traduction que représente les petits nuages blancs, ça traduit une chose essentielle. C’est que la mère a été attentive au moment de rupture ; qu’elle est revenue préoccupée par ce que son enfant faisait à ce moment là ; et, qu’elle a liée pour cet enfant, les phénomènes de la rupture. Quand on commence à faire cela ; c’est qui fait que des gens vont dire à l’autre : « Ecoute, je ne serais pas là à cette heure là, je reviens, il y a quelque chose au frigo, etc ». C’est cela que la mère est en train de faire ; c’est de dire, : « il y a quelque chose au frigo ». C’est mettre des liens. Cela signifie que les ruptures ne sont plus des ruptures ; mais ce sont des événements auxquels on peut donner du sens. La mère en donnant du sens à cet élément de vide qu’était cette fixation aux linges, souligne toute l’attention qu’elle a et la capacité qu’elle a, à penser que son enfant s’est retrouvé dans le vide. Elle remplit après coup ce temps par du sens. Cela, c’est ce qu’on peut appeler une capacité à imaginer ; c’est-à-dire toujours à penser le lien. Or, c’est ce qu’on doit faire en tant que psychologue. Un clinicien, il ne fait que cela. Dans l’intersubjectif, il doit penser et imaginer le lien. La thérapie, elle ne se passe pas en séance ; ça se passe entre les séances. Donc, si on ne pense pas le lien, si on n’imagine pas le lien, si on n’active pas la fantasmatique dans cette relation vis-à-vis de cet objet privilégié avec lequel vous êtes contractuellement liés alors c’est évident que l’on travaille comme une mère capable d’imaginer. Et, ensuite, dans une capacité à penser.

C’est ce qu’on appelle : représenter. Être capable de travailler nos capacités à représenter ; non pas comme source de vérité ou de science mais simplement comme étayage possible pour entrer dans un entre-deux d’illusions partagées.
Elle va, troisièmement, essayer de jouer une fonction importante qui va permettre :

  • La différenciation interne-externe

  • L’unification de l’objet.


Cette mère va donc remplir une fonction importante comme la fonction de soutenance, de holding, comme la fonction de pare-excitation : elle va jouer cette fameuse fonction dépolluante. C’est ce qu’on appelle la mère dépolluante. Cette activité de dépollution, on pourra la traduire comme : faire passer une pulsion de mort en une pulsion de vie. Donc, elle va essayé de dépolluer de l’aspect destructeur pour amener de l’aspect de construction. Cela ne correspond pas à faire un déni du destructeur mais justement à activer le psychisme dans sa fonction première, essentielle, totale, générale ; à savoir, sa capacité à transformer. Notre réalité psychique, ce n’est rien d’autre qu’une capacité à transformer. C’est pour cela que le prof n’est pas d’accord avec les cognitivistes quand ils disent que le psychisme, c’est essentiellement pour percevoir. Selon le prof, le psychisme est là pour transformer. ; c’est pour créer d’autres représentations que celles issues de nos perceptions. La force du psychisme, ou en tous cas, son étalement, son ouverture, sa richesse, c’est sa capacité à transformer. Et notamment au départ cette capacité de transformer les pulsions de mort ( et les fonctions Bêta) en pulsions de vie (pulsions liantes). C’est la mère qui doit faire cela. Cela nécessite chez la mère cette capacité à identifier cette pulsion destructrice. Cela nécessite chez la mère cette capacité à se représenter son agressivité vis-à-vis du bébé.
La transformation est le fait de créer d’autres représentations, notamment celles issues de notre perception. La force du psychisme, son ouverture, sa richesse, c’est sa capacité à transformer.
Il peut transformer des pulsions de mort, des fonctions bêta (selon Bion) en des fonctions liantes. C’est la mère qui doit faire ça. Ça nécessite chez elle la capacité à identifier cette pulsion destructrice, à se représenter son agressivité vis à vis de son bébé, à accepter (sans justifier ou agir), à transformer le fait qu’à un certain moment, il lui pompe l’air et qu’elle veut le foutre à la poubelle. Si on veut pouvoir imaginer, représenter chez l’autre cette question destructrice, il faut que l’on puisse aussi la représenter chez nous.

Ex : un bébé commence à agresser le mauvais objet. Il mord le sein de sa mère, le prend agressivement, car la pulsion est destructrice. Puis ça continue. Le bébé a ensuite une attirance vis à vis des trous. Prenons l’exemple de l’enfant qui envoie un gnon à sa mère, qui en plus, a mal. Quelle réaction aura-t-elle ?


  • elle frappe l’enfant, lui donne une fessée, ou une autre agression. C’est une réaction qui ne va rien aider, mais renforcer le clivage, c’est pas admis.




  • ‘maman n’aime pas un bébé qui frappe, bébé est méchant’, elle le rejette aussi. En se posant et en investissant l’idéalité (le bébé doit être idéal).




  • Elle prend la main du bébé, lui regarde, lui explique que ça fait mal, lui ouvre la main et caresse sa joue avec la main du bébé, en lui disant qu’on peut aussi faire doudou. C’est une mère dépolluante. Pourquoi ?


Avant qu’il y ait un schème mental qui se mette en place, il faut qu’il y ait un schème sensori-moteur qui soit activé. Cette mère active quelque chose, au sens de l’intériorisation, qui est de l’ordre du passage d’un geste destructeur agressif, à un geste liant et constructif. Ce petit schéma nous montre la fonction dépolluante d’une mère.
Elle peut imaginer qu’il faut aider l’enfant à comprendre que ce qui est destructeur peut être abandonné au profit de ce qui est constructif, et donc de faire en sorte que le psychisme puisse accepter une pulsion de mort, et qu’en plus, sa fonction est de la transformer en pulsion de vie.
Ça permet l’unification du moi et de l’objet. La fonction de dépollution est une fonction qui permet à l’enfant de se représenter, à partir de sa fonction de transformation psychique, qu’un objet peut être à la fois mauvais et bon. C’est-à-dire que sa mère est à la fois un objet qui gratifie et frustre. Mais c’est insupportable de penser qu’on peut être à la fois bon et mauvais. On a envie de fonctionner par le déni, en disant qu’on est bon, beau, riche, intelligent. Ça permet la tolérance, c’est à dire l’acceptation du fait que l’autre a un psychisme différent du nôtre, qu’il peut être en accord ou en désaccord avec nous, qu’il puisse être comme on attend qu’il soit et aussi différent de ce qu’on attend qu’il soit.
C’est dans la position parano-schizoïde que ça s’amorce.
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