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Investigation de la personnalité



Notes de cours retranscrites d’après enregistrement par : Valérie Coppola, Valérie Hart, Delphine Quidousse.
Attention : nous déclinons toute responsabilité pour les erreurs éventuelles contenues dans ces notes.
Bon courage :)


25-09

  1. La relation clinique



  1. Introduction



Pour aborder ce chapitre, nous allons d'abord essayer d'envisager ce qui la fonde, la structure, ce qui nous permet de l'appréhender, et surtout de l'organiser, de la structurer, de la proposer à l'autre.
Puis, on pourra aussi réfléchir sur ce qui fait la différence entre une relation banale, quotidienne, qui nous permet de rencontrer les gens, et ce qu'il y a de spécifique dans une relation clinique.
Rencontrer les gens est une disponibilité mise en partage, qui est le propre d'une rencontre. C'est se mettre en disponibilité à l'autre, et réciproquement.
La psychologie ne peut pas expliquer le social, mais elle permet sans doute de décrypter, de saisir, d'analyser ce qui, dans le social, provient de cette autre réalité qui n'est pas la réalité sur laquelle on s'entend habituellement, à savoir la réalité commune, de tous les jours. Cette réalité est difficile à envisager. Entre ce qui est perçu d'une réalité et ce qu'il en est ensuite représenté, ces représentations qui constituent, sur le théâtre mental, dans l'épaisseur psychique de chacun (qui peut être fine et rigide ou épaisse et souple), il y a une différence. L'épaisseur psychique va faire le travail essentiel de transformer les choses, la réalité, les représentations elles-mêmes. Le psychisme fonctionne comme un metteur en scène qui joue et rejoue des scènes, si ce n'est que dans le psychisme, nous sommes à la fois le metteur en scène, le régisseur, l'acteur, le scénariste, le dialoguiste, etc.
Ce qui se passe chez certains, c'est qu'à un certain moment, tous ces personnages ne sont pas présents. Par exemple, les moments psychotiques de la vie, où la personne semble disjoncter, être en rupture, pourraient se metaphoriser comme l'individu a l'impression qu'il n'est plus le metteur en scène, l'acteur, etc. de ses pensées, de sa réalité intérieur, qu'il y a quelqu'un qui l'habite, qui le dirige de l'intérieur.
Cette notion fait référence à "l'inquiétante étrangeté de l'autre", venant de l'expérience personnelle de Freud, qui, dans un train, quand la porte de son compartiment s'ouvre, il est surpris de voir quelqu'un, alors qu'il se voit lui-même dans un miroir. On peut avoir cette inquiétante étrangeté vis-à-vis de soi-même, qui nous amène à nous demander "est-ce que c'est bien moi?, est ce que c'est bien moi qui ai fait ceci, qui pense cela?". On est tout à coup inquiet de ce qui transparaît de nous. Cette inquiétante étrangeté, c'est parfois aussi se sentir tout à coup vécu de l'intérieur par quelqu'un qui ne serait pas moi.


Dans ce théâtre du double interne, on est continuellement en train de chercher son unité à travers sa diversité. Quand, en essayant de maintenir son unité, sa totalité, son intensité, on en vient à se voir diversifié dans ces miroirs polymorphes qui sont ceux de tous nos doubles, que l'on connaît:


  • le moi et le non-moi: est-ce que c'est bien moi qui vis ceci? "Pince-moi, je rêve"




  • l'actif ou le passif: suis-je en train de vivre quelque chose, ou suis-je vécu par ça?




  • Le moi masculin et féminin: le deuil de la bisexualité nous amène à construire notre identité sexuelle, symbolique: être un homme, être une femme, et à rencontrer tous les avatars que le travail psychique, dans ça confrontation à l'autre, au monde, aux structures symboliques de la culture, devra surmonter


Toutes ces confrontations représentent un théâtre du double, qui consiste à se dire "dans tous ces miroirs internes, c'est à la fois moi, et ce n'est pas moi". Ici encore, on retrouve le travail de l'identité (être même et différent, pouvoir au même moment, dans un même lieu, à propos de mêmes représentations, se sentir, se vivre, se représenter comme même, dans le sens des appartenances, et différent, dans le sens de l'originalité, la rupture, la fracture, le fragment).
Depuis longtemps, nous avons été habitués à penser de façon scientifique, sur la base de statistiques. Le test du train et de l'obus nous montre que la façon dont nous percevons le monde peut se faire avec de l'expérience ou de la théorie, ou peut-être encore autre chose. Il est difficile d'expliquer par la théorie et l'expérience le fait de croire que l'obus va tomber derrière le canon. Théoriquement, c'est facile à expliquer, par la composante des forces. Ceux qui disent que l'obus tombe derrière l'obus ne se réfèrent pas à leur expérience, puisque lorsqu'on lance quelque chose à la verticale dans le train, cette chose n'atterrit pas sur la gueule du type derrière nous! Quel est le style de représentation, de fonction mentale que ces gens utilisent pour dire une chose pareille?
Bref, la perception du monde n'est pas limitable à une variable, à une composante. Ce n'est pas que de la perception. En fait, nous avons des représentations avant d'avoir des perceptions. On n'est pas uniquement dans un cerveau tabula rasa, où il n'y aurait rien, puis on ouvrirait les yeux et hop, ça commence à s'activer. Il y a, dans un processus de relation à la mère psychologique, quelque chose qui fait que, avant que de pouvoir percevoir, on est investi, et de ce fait, il y a des traces qui se présentent dans le psychisme de l'individu.



  1. Présupposés du cours



Notre présupposé de départ sera que les objets n'existent pas en soi. Chaque individu doit construire le monde dans lequel il vit. La première chose qui va se passer est la réflexion sur la construction de l'objet chez l'enfant, chez l'individu. Il ne suffit pas de sentir, de percevoir, il y a un travail de représentation.
Le deuxième présupposé est "tu existes, donc je suis". Le monde et l'objet ne peuvent pas se construire en dehors d'une relation à l'autre, en dehors d'un lien.
L'expérience du miroir nous permet de comprendre comment on construit l'objet, le monde, l'autre. Toute cette construction ne peut se faire qu'en parallèle avec la construction du lien, donc de la relation. C'est à travers cela que la clinique va nous intéresser.
Nous allons nous demander ce qu'est la clinique. La clinique est le fait de savoir comment l'autre construit un objet dans un type de lien, de relation que nous aurons à décrypter. Ce n'est que ça.
Nous allons fonctionner selon une logique primaire, qui fonctionne par déplacement et la condensation, comme la pensée onirique. C'est pour cela que la métaphore, la métonymie, la poésie sont propres à cette pensée primaire. Certaines personnes peuvent lire dix fois un poème et ne jamais rien y comprendre, parce qu'il faut y mettre de soi, contrairement à un discours secondaire, où on met son réseau intellectuel. C'est l'attitude d'un prof de math qui explique quelque chose plusieurs fois de la même façon alors qu'on lui a dit qu'on ne comprenait rien.


  1. Les techniques utilisées



  • l'observation: regarder comment l'autre établit des relations avec des objets, avec nous (premier objet concerné par la relation). Ce n'est pas seulement regarder, mais c'est aussi entendre, sentir à différents niveaux (odorat)




  • l'entretien: trouver des moyens, des outils, des lieux et des temps où l'on peut échanger l'un à l'autre, et vice-versa. On n'échange pas que de la parole, mais aussi du langage. C'est aussi à travers le corps que l'on s'entretient.




  • Les médiateurs: on peut les utiliser dès lors qu'il y aura un espace relationnel suffisamment élaboré. On introduit des objets intermédiaires, médiateurs, qui vont nous aider au-delà, et surtout en deçà du langage à entrer en relation avec des personnes qui n'ont pas acquis le langage. Ces objets médiateurs peuvent être présents dans la pièce, ou systématisés, comme des jouets, de la plasticine, de quoi dessiner, des matières quelconques, et des choses plus élaborées, comme le test, l'outil construit en vue d'obtenir un cadre pour trouver les réponses à ce que nous observons. Chaque jour, nous passons par des médiateurs pour entrer en contact avec les autres, par exemple si on demande à quelqu'un qu'on ne connaît pas "t'as pas du feu?", c'est un moyen d'entrer en contact.


Il n'existe pas d'autres techniques.


  1. Plan du cours




  1. Qu’est-ce qu’une relation clinique ? quels sont les éléments qui vont nous permettre de penser la clinique ? qu’est-ce que penser la clinique ?


Ceci va s’appuyer sur deux éléments précités : la construction de l’objet et la construction du lien. André Green a sort i un livre chez Odile Jacob, qui s’appelle « penser la clinique » (lire les deux premiers chapitres). Il y insiste sur l’approche de l’intrapsychique dans la clinique, c’est-à-dire le fait de saisir ce qu’il en est de cette réalité psychique. L’intrapsychique, c’est comprendre ce théâtre intérieur. C’est ce qui nous différencie des approches expérimentalistes, dans le sens où nous postulons l’existence d’une réalité interne, qu’il n’y a pas qu’une réalité externe qui implique les réactions de l’individu, mais qu’il y a aussi une réalité interne, qui peut être autonome de l’individu, et pas nécessairement au sens pathogène du terme. Cette réalité interne, cet intrapsychique, Green l’associe à ce qu’il appelle « l’intersubjectif ». Nous allons explorer ce qu’est l’intersubjectif, dans le cadre d’une relation clinique. On ne va jamais y trouver de l’objectivité. L’individu y est forcément non-objet. Rencontrer quelqu’un, c’est le confronter à notre subjectivité, et nous confronter à la sienne. Même les scientifiques sont très subjectifs. Lorsque l’on parle d’objectivité, ce n’est jamais que de la subjectivité sur laquelle on s’est mis d’accord. En tant que cliniciens, nous considérons que notre intrapsychique est impliqué dans la construction du savoir, alors que le cognitiviste se dit qu’il est le regard objectif sur une expérience qu’il a programmé lui-même et dont il maîtrise les variables.
Lorsque quelqu’un viendra faire une thérapie chez nous, notre intra-psychique sera interpellé, impliqué, nous devrons jouer plusieurs rôles pour la personne, être un contenant de lien. Le souci sera de gérer ce contre-transfert, ces mouvements que nous aurons dans certaines situations, face à certains objets, dans certains types de fantasmes, de savoir jusqu’où on peut rester un clinicien et ne pas devenir quelqu'un qui va reproduire quelque chose qui lui est propre. Le clinicien doit rester un creux structurant pour l’autre. Dans cette partie du cours, nous allons essayer de saisir ce qu’est un temps clinique, un lieu clinique, une relation clinique



  1. Compréhension de la construction de l’objet, et la construction du lien.


Nous allons essayer de faire un ramassage d’une série de concepts que nous avons déjà travaillé, tantôt dans la psychologie du développement, tantôt dans le cours de la théorie de la personnalité, et autres. Nous allons essayer de ramener une réflexion basée sur un concept emprunté à Melanie Klein, qui est la « position », différente de la stadologie (où le développement se fait en escalier : il faut poser le pied sur une marche pour arriver à la suivante), et qui se rapproche du concept de position militaire, sur un terrain (je peux avancer jusque là, puis me retrancher, puis repartir sur un autre mode). C’est une possibilité qui nous est donnée de fonctionner sur des modes différents, sans pour cela être pris par ce mode, et sans devoir le faire de manière graduelle. Nous verrons quatre grandes positions : autistique (les premiers moments de la vie), parano-schizoïde, dépressive, oedipienne (qui nous permet de saisir l’oedipianisation, et donc l’accès à une identité symbolique, et à un processus réel d’autonomie, permettant de s’appuyer sur une série de dimensions symboliques culturelles différenciées, élargies, qui permettent à l’individu de se construire de manière différente).
Dans cette partie du cours, nous verrons donc une méthodologie générale qui nous permettra de comprendre ce qui se passe dans ce lieu clinique que nous aurons mis en place en termes de relations, de communications, de contrat et de cadre.


  1. Comment peut-on dysfonctionner dans les positions ?


Notre hypothèse de travail sera que la pathologie serait peut-être une façon de se fixer définitivement sur une position et de ne plus pouvoir la quitter, de s’enkyster sur des modes de fonctionnement qui ne seraient plus que répétitifs, et qui ne pourraient plus se relancer, s’appuyer, se diversifier sur d’autres modes, relevant d’autres positions. C’est-à-dire que nous sommes tous des autistes, des schizophrènes, des paranoïaques, des mélancoliques, des obsessionnels, des phobiques, des hystériques, et éventuellement des individus normaux. En effet, nous sommes tous capables de fonctionner sur certains modes. La question du normal et du pathologique est traversée par trois axes : la capacité d’adaptation, d’intégration, et d’autonomisation. le pathologique se posera alors comme à travers la question d’une structure de fonctionnement, la question d’un mode de fonctionnement (c’est-à-dire une somme de défenses, de processus), mais aussi la question d’un environnement. Bien entendu, la notion de déviance, de pathologie, de normalité, sera liée à un emboîtement, à une articulation de ces trois niveaux, qui feront que, l’information des positions étant ce qu’elle est, l’on pourra saisir que très souvent, la pathologie avérée d’un sujet est quelque chose qui tend à se répéter, soit parce que la structure prend beaucoup de place, soit parce que l’environnement devient contraignant, aliénant, soit parce qu’à ce moment là, les modes défensifs se reproduisent beaucoup plus qu’ils ne se diversifient, et que l’individu a tendance à reproduire, à l’infini, toujours les mêmes comportements, qui l’enkystent, qui le sclérosent dans un mode de fonctionnement qui finit par ne plus être acceptable par une des dimensions qui sont les siennes. Par exemple, l’environnement le rejette, ou ses mécanismes de défense croulent, ou encore, la structure se fracture, se décompose, créant ainsi une décompensation de personnalité, qui se fait toujours sur le mode même sur lequel les structures étaient organisées (un cristal a des lignes de fractures initiales. Quand il tombe, il se brise toujours sur ces lignes de fracture)
Le mécanisme de défense a toujours deux versants : un versant actif, qui construit la personnalité, qui la structure, qui lui donne des possibilités de s’autonomiser, de s’intégrer. ce même mécanisme de défense, reproduit systématiquement, devient un versant négatif, où l’individu, ne fonctionnant plus que sur ce mode-là, en vient à se décaler, à se désadapter, à se désintégrer par rapport à l’environnement, voire par rapport à sa propre structure (il brûle, utilise toute son énergie vitale, toute sa libido pour faire fonctionner ce mécanisme de défense). Il n’y a plus de possibilité de diversification, et l’approche des situations qu’il doit traiter.
Une thérapie ne changera jamais la personnalité du patient. La phrase qui dit « avant, j’étais névrosé, j’ai fait 10 ans de psychanalyse, et maintenant je sais que je suis névrosé, et je vis avec », est très réaliste par rapport à ce qui se passe vraiment. Parfois, néanmoins, un effet magique, comme un médicament, peut se produire dans une thérapie. Mais cet effet magique ne peut se produire qu’une fois.
La clinique, c’est d’avoir, dans cette unité, cette continuité, qui peut être atteinte, perturbée à certains moments, des choses qui seront de l’ordre du symptôme, de la souffrance ou des deux, qui viendront s’exprimer chez des sujets. Ceux-ci en viendront à faire allégation, demande à quelqu’un pour les aider, les sauver, les guérir de ces choses. Ils peuvent aussi venir pour comprendre, ou pour pouvoir avoir un lieu à eux où ils sont écoutés en ce qu’ils sont et pas simplement pour ce qu’ils pourraient être.



  • Développement du médiateur projectif


Ce sont les techniques projectives. Il existe trois grandes méthodologies : l’observation, l’entretien, les tests, notamment projectifs.
Il y a, dans les techniques projectives, toute la dimension relationnelle à l’expérimentateur. Dans la production du sujet il n’y a pas de choses produites indépendamment de la personne qu’il a en face de lui et de la relation qu’il a avec cette personne.



  1. La construction de l'objet


Il est difficile de sortir du mode de pensée qui dit que 1+1 = 2. En psychologie, 1 + 1 = 1, 2, ou 3. On y voit les trois stades de l'identité:

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