Indice, signal, symbole et signe linguistique et non-linguistique








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Sémiologie et linguistique

TD 1

Sémiologie et linguistique avec différents exercices d'applications sur INDICE, SIGNAL, SYMBOLE et SIGNE linguistique et non-linguistique.

Langage, langue et parole.

QU’EST-CE QUE LE SIGNE LINGUISTIQUE ?

Quelques définitions essentielles à propos du signe.

Signe :

« Au sens plus général, tout objet, forme ou phénomène qui représente autre chose que lui-même. Ce sens général demande des subdivisions et l’on accepte le plus volontiers celles qui ont été données par Peirce : icône, indice et symbole (symbol ici a un sens différent du sens français).

Le signe linguistique est une des variétés du symbol. La définition de Saussure, combinaison d’un concept appelé signifié, et d’une image acoustique appelée signifiant, est la plus généralement acceptée. Les deux composantes sont étroitement solidaires, chacune n’ayant d’existence que par l’autre […] » Extrait du « Dictionnaire de la linguistique » dirigé par G. Mounin, 1974, PUF.
Indice :

L’indice est un signe immédiat. Une trace de pas, un bruit, un ciel rouge « lorsqu’un objet occurrent concret est relié à son signe désignatif par quelque action directe ou quelque réaction comme l’action du vent sur les ailes du moulin, alors le signe est un indice », C. S. Peirce. Le signe existe dans la nature tel quel. Il n’y a pas de code, de réflexion, ou de mentalisation. Il ne représente pas la chose ou le phénomène, il les manifeste en direct ou en propre. Dans une conversation, une intonation, une posture ou un regard constituent une couche indicielle.
Symbole :

Selon Peirce, il s’agit des signes qui excluent toute représentation par analogie. Une loi ou une habitude ne peut être reliées à leur signe que par l’interprétant du signe.

«  Les signes linguistiques sont des symboles en ce sens mais ils s’opposent aux autres symboles par leur caractère vocal (la représentation graphique n’étant qu’un relais), linéaire et articulé doublement. » Extrait du « Dictionnaire de la linguistique » dirigé par G. Mounin, 1974, PUF.
Signal :

« On appelle signaux des formes intentionnellement créées ou utilisées pour représenter, figurer, annoncer, avertir, etc., en opposition aux indices et symptômes qui représentent naturellement. Les signes linguistiques font en ce sens partie des signaux.

Les signaux non linguistiques s’organisent eux aussi en systèmes : panneaux routiers, signalisation ferroviaire, pavillons de marine, feux et fumées, par exemple. […]Les signaux peuvent être motivés (le Z des virages : ils ont alors un caractère iconique bien qu’ils restent conventionnels. » Extrait du « Dictionnaire de la linguistique » dirigé par G. Mounin, 1974, PUF.

POYSÉMIE DU MOT « SIGNE » :

Expressions où figure le mot « signe »

C’est bon /mauvais signe, donner signe de vie, manifester des signes d’impatience, le langage des signes, faire signe, signes de ponctuation, signe mathématique, signe d’un nombre, signes extérieurs de richesse,

Signe graphique, écrit, convenu, conventionnel, arbitraire. Signe naturel, imagé, iconique, typographique. Signe alphabétique, motivé, autonyme, diacritique. Signe X, +, -. Signe annonciateur, sacré, infaillible, précurseur. Signe avant-coureur, positif, négatif, révélateur. Signe clinique, pathologique. Signes distinctifs, caractéristiques, particuliers. Signes héraldiques, consacrés. Signes particuliers : néant. Signe d'appartenance, de ponctuation. Signe de tête affirmatif, négatif. Signe de vie. Signe de bravade, de mépris, de défiance (envers quelqu'un). Signe d'infection. Signes d'écriture. Signes de reconnaissance, d'impatience, de fatigue. Signes d'intelligence, de faiblesse. Signes extérieurs de richesse. Signes (extérieurs) de provocation, de richesse. Signes de ralliement. Signe de la main. Signe de la croix. Signes du zodiaque. Signes d'un malade. Signe des temps. Signe à deux faces. Signe auquel on reconnaît quelque chose. Signe qui représente, exprime, signifie quelque chose. Signe qui annonce, indique, désigne quelque chose. Signe qui montre, signale, dénote quelque chose. Signe qui fait savoir quelque chose. Signes qui se confondent aisément. Bon, mauvais signe. Système de signes. Arbitraire du signe. Signifiant, signifié, référent d'un signe. Courbures d'un signe. Langage des signes. Théorie, étude des signes. Articulation des signes dans la pensée. Circulation des signes dans la société. Décan des signes du zodiaque. Communication par signes. D'après certains signes. En signe d'humilité, d'admiration, d'approbation. En signe d'enthousiasme, de soumission, d'humiliation. En signe de fraternité, de menace, d'adieu, de deuil. En signe de consentement, de désespoir, d'indignation. En signe d'impuissance. Sous le signe de quelque chose, de la bonne humeur. Sous le signe de la reprise économique. C'est signe de beau temps. C'est signe qu'elle dit la vérité. C'est un signe ! C'est bon, mauvais signe. Quel est votre signe ? Acquiescer d'un signe de tête. Afficher des signes extérieurs. Combiner des signes. Communiquer par signes. Constituer un signe. Correspondre par signes. Croire aux signes. Déchiffrer des signes (écrits). Désigner par un signe. Donner signe de vie. Donner des signes d'impatience, de fatigue. Échanger des signes. Être le signe de quelque chose. Être bon, mauvais signe. Être formé de signes. Être né sous le signe du Scorpion, de Saturne. Être placé sous le signe du fantastique. Étudier des signes. Exprimer quelque chose par un (ou des) signe. Faire signe à quelqu'un. Faire signe à quelqu'un de faire quelque chose. Faire signe que non, que oui. Faire le signe de (la) croix. Faire un signe de la main. Faire un (ou des) signe à quelqu'un. Imprimer des signes (graphiques). Inférer un événement d'une signe annonciateur. Marquer d'un signe. Montrer des signes de quelque chose. Ne donner aucun signe de trouble, d'émotion. Ne pas (ou plus) donner signe de vie. Noter (un accent) par un signe. Observer des signes. Oraliser un signe (écrit). Provoquer un signe (clinique). Reconnaître un signe. Refuser d'un signe (de tête). Répondre par un signe. Représenter quelque chose par un signe. Reproduire des signes graphiques. Se courber en signe de soumission, d'humiliation. S'exprimer par des signes. Tracer des signes. Trouver un (ou des) signe (clinique). Utiliser un (ou des) signe.



RAPPORTS ENTRE LINGUISTIQUE ET SÉMIOLOGIE :

La sémiologie est l’étude de tous les systèmes de communication (linguistique et non linguistique), la linguistique est pour SAUSSURE : « la science qui étudie la vie des signes au sein de la société sociale ».

La linguistique fait donc partie de la sémiologie, c’est une branche de la sémiologie.

Autre approche : pour BARTHES, la sémiologie est une branche de la linguistique car « tout système de sémiologie se mêle de langage ».

S privilégie langage et société, fonction sociale du signe, communication.

B s’intéresse à la signification, aux modes de signifier. Le langage est le seul système de signes à l’aide duquel on peut parler d’autres systèmes de signes et donc de lui même.

LANGAGE, LANGUE ET PAROLE :

L’homme en général : faculté : LE LANGAGE = aptitude innée à communiquer au moyen de signes vocaux propre à l’être humain.

Le groupe social : produit : LA LANGUE = objet de la linguistique, instrument de communication (système de signes vocaux spécifiques aux membres d’une même communauté, système de règles), constitué en un système de règles communes à une même communauté.

L’individu, le sujet parlant : acte : LA PAROLE = ensemble des phénomènes liés à l’utilisation du langage et à la manière dont le locuteur l’utilise. utilisation individuelle du signe et du système linguistique par un sujet parlant.

INDICE, SIGNAL, SYMBOLE, SIGNE :

Substitution, représentation : on considère un élément A et un élément B, B est « mis pour » A, on utilise un élément B pour représenter A, on substitue B à A, B représente A.

Ex : l’élément B « + » représente l’élément A  qui est le processus de l’addition en mathématique.

Cette représentation de A par B n’implique pas nécessairement une intention communicationnelle, sans intention communicationnelle A est alors appelé INDICE, un indice est immédiatement perceptible, il nous informe sur un fait qui ne l’est pas.

 Indice : « fait immédiatement perceptible qui nous fait connaître quelque chose à propos d’un autre fait qui ne l’est pas » Prieto.

EX : Mounin : la représentation d’un ciel orageux est l’INDICE d’une pluie possible mais n’a aucune visée communicationnelle.

Avec une intention communicationnelle on parle alors d’un SIGNAL, dans l’exemple ci-dessus c’est la figure de gouttes de pluie dans les bulletins météo qui a une visée communicationnelle et est alors SIGNAL.

Signal : « fait qui a été produit artificiellement pour servir d’indice » Prieto.

L’intention de communiquer permet donc de distinguer entre INDICE et SIGNAL

Si dans un SIGNAL il y a un rapport entre la forme de A et ce que A représente

On parle alors de SYMBOLE, sinon on utilise le mot SIGNE.

Pour résumer, lorsque B est mis pour représenter A :

B est un INDICE s’il n’a pas fonction communicationnelle, il relève de l’observation.

Sinon c’est un SIGNAL.

On distingue alors à ce niveau entre SYMBOLE (il y a un rapport analogique entre A et B qui représente A, il existe un lien naturel, ex : la plupart des panneaux du code de la route) et SIGNE (pas de rapport analogique, pas de lien naturel), ex : les feux de signalisation routière, la couleur des drapeaux sur les plages…

elt B « mis pour » pour elt A

INDICE SIGNAL (diff : intention de comm)

SYMBOLE SIGNE NON LING SIGNE LING

(rapport analogique, lien naturel (pas de lien naturel

entre A et B) entre A et B)

Nuage avec éclair code routier virage drapeau rouge « canard »




Ce qui différencie un INDICE d’un SIGNAL est l’intention communicationnelle

Dans le SIGNAL on divise entre SYMBOLE et SIGNE :

Ce qui différencie un SYMBOLE d’un SIGNE est l’existence d’un rapport analogique, l’existence d’un lien naturel entre A et B.

Le signe linguistique est un signe particulier :

La spécificité du signe linguistique : Le signe linguistique, qui est donc à visée communicationnelle, a essentiellement pour spécificité d’être doté d’un contenu sémantique (un sens) et d’une expression phonique (des sons), le contenu sémantique est appelé le signifié et le contenu phonique le signifiant, les deux sont indissociables. Le lien entre signifié et signifiant est arbitraire mais nécessaire.

Exemples :

INDICE : rolls = indice de richesse, fumée= indice qu’il y a un feu.

L’indice peut devenir signal, voir ci dessus : rolls pour montrer la richesse, fumée pour l’élection du pape.

SIGNAL :

Colombe  message de paix.

Drapeau rouge interdiction, de même dans le code routier cercle rouge avec barre transversale.

Couleur bleu dans les forces armées neutralité : les casques bleus.

TD 2

EXO : Distinguer les phrases grammaticales mais qui n’ont pas nécessairement de sens, des phrases non grammaticales qui ont un sens :

Le chat aboie

Moi y en a vouloir des sous

Lui faire moi vachement rigoler

Une équipe de camélias a défoncé la pelouse de ma cuisine

Les filets de soles ont pris beaucoup d’oiseaux

Le lierre avale le vieux mur

Ma bicyclette s’étend sur le toit de la colline

Le type que pourtant je suis pour m’est rentré dedans question politique

En ce qui concerne les phrases grammaticales dépourvues de sens, tenter d’expliciter pourquoi elles n’ont pas de sens et essayer d’en trouver un en l’état, en imaginant un contexte particulier.

Puis modifier des mots pour qu’elles aient un sens.

ORAL/ECRIT :

Une langue se parle avant de s’écrire

L’écrit n’est pas un simple reflet de l’oral bien qu’il le code. L’oral sollicite l’oreille et la mémoire auditive, l’écrit sollicite l’œil et la mémoire visuelle.

Les différences apparaissent au niveau de l’acquisition, de l’expression et de la compréhension :

Les différences :

L’acquisition de l’oral est naturelle, celle de l’écrit se fait par l’enseignement.

Expression : à l’écrit on réfléchit, on peut s’arrêter longuement, revenir en arrière, corriger sans laisser de trace…

La vitesse : écrire est plus long que parler.

Pas d’exploitation de ton, de rythme, d’intonation à l’écrit

Pas d’utilisation du geste, de la mimique de l’expression du visage non plus.

Compréhension : à l’écrit (lecture) on peur revenir en arrière, ce qui est exclu à l’écoute d’un énoncé oral, on peut juste demander de répéter.

On lit plus vite que l’on écoute, on peut choisir sa vitesse de lecture, on ne peut pas le faire lors de la production (un peu) et surtout lors de la réception d’un énoncé oral.

Pour interpréter l’oral on utilise surtout des éléments du contexte et de la situation, contrairement à un texte écrit, on parle de cotexte à l’écrit.

Expression : phrases plus construites à l’écrit qu’à l’oral, ou plutôt différentes. On n’écrit pas comme on parle et cela ne relève pas seulement du niveau de langue :

Moins de phrases incomplètes à l’écrit

Davantage de mots outil à l’écrit (prépositions, conjonction

de subordination lors de phrases complexes, mots de liaisons entre les phrases etc.

pour résumer :

Les productions oral VS écrit sont différentes car les conditions de production sont différentes :

À l’écrit on utilise au maximum les possibilités de la langue, on ne peut passer sous silence la situation, on l’explicite davantage.

À l’oral on peut car le contexte, les gestes y pourvoient.

Phonétique et phonologie : concernent l’oral

Ce sont les deux domaines de l’étude des sons du langage

Il y a aussi la prosodie.

PHONÉTIQUE : « la science de la face matérielle des sons du langage humain ». Troubetzkoy

PHONOLOGIE : elle n’envisage «  en fait de son que ce qui remplit une fonction déterminée dans la langue ». Troubetzkoy

PROSODIE : accent, ton, rythme, quantité, intonation

Intensité, quantité, durée et hauteur du son

Hauteur (aigu/grave)

Intensité (fort/faible

Durée (long/court)

Phonétique et phonologie toutes deux envisagent le continuum de la chaine parlée en une succession d’unités minimales non segmentables resp. le son que l’on note entre crochets [ ] et le phonème / /. Phonologie : étude des segments, des productions phoniques sous l’angle de la fonction qu’elles jouent dans la communication langagière

Phonème : c’est une unité segmentale et discrète se présentant dans chaque langue en nombre restreint et fini, destinée à constituer, seule ou en se combinant en une succession, les signifiants, et par là, à distinguer les énoncés les uns des autres.

Phonétique : c’est l’ étude des possibilités phoniques de l’être humain

Exemple le R en français : plusieurs sons phonétiques en français mais un seul phonème

Identification des phonèmes : par paire minimale :

On segmente la chaine sonore, après la segmentation si l’on peut commuter deux elts x et y en obtenant deux sens différents, alors x et y sont deux phonèmes distincts

Porte et sorte [p] [o] [r] [t] [s] [o] [r] [t] /p/ et /s/sont deux phonèmes

À l’initiale, à l’interne, en finale :

Ex : part et bar /p a r/ /b a r/ à l’initiale

Apprit abri /a p r i/ /a b r i/ à l’interne

Cube pub /k y b/ /p y b/ en finale

exemples :

Canette/cadette, châssis / rassis, patte/pâte, pelle/père, bol/bosse, part/passe

TD3

NOTATION PHONÉTIQUE : VOYELLES ET CONSONNES PHONÉTIQUES DU FRANÇAIS EN API :

Les voyelles phonétiques :

Voyelles orales :

i u U

é E o

è F O

a A

Voyelles nasales :

C D I

B

les voyelles orales et leur prononciation:

[i] lit vie

[u] lu, vu pue

[U] loup vous sous

[é] été, les, dé

[E] vœu heureux

[o] lot pot veau

[è] lait verre père

[F] heurre leurre

[O] tort vol

[a] lave, patte

[A] pâte

Les voyelles nasales et leur prononciation:

[C] vin, brin

[D] un, brun

[I] long, bon

[B] lent, banc

et le e dit « muet » : ) (voir plus bas)

les semi voyelles ou semi consonnes ou glides :

[J] vieux [vJE] , ail [aJl], [J] est aussi appelé « yod »

[V] nuit [n V i], fuite [f V i t] 

[w] oui [wi], foi [fwa]

les consonnes phonétiques du français :

[b] bas, obus, robe, snob

[d]dé, dos, radis, addition, coude, sud

[f] faim, faux, défait, affaiblir, carafe, griffe, chef, neuf

[G] gnôle agneau montagne

[g] gala, gars, aigre, aggraver, bague, gang

[H] chat, achat, cache

[j] je, jamais, gel, gens, âge, rouge

[k] clef, képi, cas, écarte, accable, toque, sec, chic

[l] les, calé, allé, cale, balle, bal, bol

[m] ma, amer, immense, aime, femme, idem

[N] parking, smoking, meeting (emprunt à l’anglais, on ne le trouve qu’en finale)

[n] nez, anis, année, cane, canne

[p pas, épine, appât, tape, nappe, cap, cep

[R] ou [r] ré, rat, marée, arrêt, mare, barre, bar, pour

[s] sa seau lacé, assis, fasse, face, os, as

[t] tas ôter, attend, tante, natte, net

[v] voile, va, avez, neuve

[z] oiseau, zèbre, oser, azur, , rose, gaz

le e muet, instable, caduque, ‘

il fonctionne comme un « lubrifiant phonique » (Martinet)

le e muet ne se prononce plus obligatoirement en prose et en français oral standard à moins que sa suppression ne forme un groupe de trois  consonnes (imprononçables…). Il est donc prononcé en français standard lorsqu’il est précédé de plus d’une consonne et suivi d’une consonne. Par ailleurs dans « que » on le prononce et le note toujours !

Exemples :

Fredonné [fredoné]

Cheval [Hval]

Fille [fiJ]

Mais strie  [stri]

dans le bureau de papa  [dBlbUrodpapa]

lentement  [lBtmB]

voici une affreuse nouvelle  [vwasiunafrDznUvèl]

que me dites vous là  [kemditvUla]

c’est la triste vérité  [sèlatristevérité]

la terre est ronde  [latèrèrId]

il marche lentement[ilmarHelBtmmB]

il voit le petit chat[ilvwalpetiHa]

je me désole[jemdésol]

que c’est beau[kesébo]

que voulez-vous [kevUlévU]

l’homme que j’ai vu[lOmkejévu]

ce repentir [srepBtir]

coup de foudre [kUdfUdr]

quel funeste avis [kèlfunèstavi]

quelle nouvelle [kèlnUvèl]

LE GROUPE RYTHMIQUE (GR) :

C’est l’unité supérieure à la syllabe.

Quelle que soit la langue, les locuteurs ont tendance à segmenter un énoncé en petites unités de sens, afin de rendre leur discours intelligible : en prononçant une phrase ou une suite de phrases, on regroupe les mots qui forment un ensemble signifiant. Ainsi en français, la phrase se divise en GR repérables à l’oreille par les mouvements mélodiques montants et descendants portés par les syllabes accentuées à la finale de chaque groupe. Ces unités intonatives ou « mots prosodiques »  structurent  la phrase et aide l’auditeur à construire du sens.

Ordinairement, c’est une suite de 3 à 7 syllabes. Pratiquement, ce sont essentiellement des mots lexicographiques prononcés d’un élanen un seul mouvement mélodiqueet perçus comme un seul mot. Toutefois, la longueur des groupes rythmiques peut varier en fonction de la vitesse d’articulation, qui dépend du registre (dans le registre soigné, la longueur d’un groupe rythmique est, en moyenne, sensiblement plus petite que dans le registre courant ou familier), du type d’échange verbal (dans l’ordre décroissant: dialogue, lecture de texte journalistique, dictée ou cours magistral...)

Le GR est donc une suite de mots qui expriment une idée simple. Les mots secondaires (adjectifs, adverbes) pris isolément ne peuvent pas former un GR car un groupe rythmique forme un tout du point de vue du sens. Du point de vue syntaxique, la division en GR respecte l’analyse sémantico-syntaxique de la phrase. Les mots grammaticaux (articles, prépositions, pronoms atones ...) s’appuient sur le mot suivant avec lequel ils forment une unité phonique. Un GR à part peut être constitué par le groupe du sujet (s’il n’est pas restreint au pronom personnel atone, qui se lie alors au groupe verbal), par le groupe verbal (avec ou sans compléments du verbe, ce qui dépend de la longueur des groupes nominaux ou prépositionnels correspondants), par le groupe prépositionnel complément de phrase (circonstanciel ou modalisateur). Les groupes nominaux ou prépositionnels développés peuvent à leur tour se subdiviser en GR plus petits. Les propositions subordonnées (relatives, complétives ou circonstancielles) constituent pratiquement toujours un GR à part, souvent subdivisé, en fonction de sa longueur, en plusieurs GR.

L’ACCENT EN FRANÇAIS :

L’unité accentuelle en français est non pas un mot isolé, mais le groupe rythmique (appelé aussi groupe accentuel) qui, nous l’avons vu, est constitué d’une suite de mots essentiellement liés par le sens et la syntaxe.

La syllabe accentuée dans la chaîne parlée est toujours la dernière syllabe d’un groupe rythmique (=la dernière syllabe du dernier mot dans le GR). Toutes les autres syllabes d’un GR sont des syllabes non-accentuées

Attention: lors de la transcription des mots isolés, chaque mot est considéré comme un groupe rythmique en soi.

LA SYLLABE :

C’est une unité phonétique formée de consonnes et d’une voyelle qui se prononce d’une seule émission de voix.

 

On peut donc définir la syllabe comme un groupe de sons (voyelle et consonne), comme une combinaison élémentaire de la chaine parlée produite en une seule émission de la voix. 

En français, les syllabes se construisent obligatoirement autour d’une voyelle, qu’on appelle le noyau, qui peut être suivie ou précédée d'une ou de plusieurs consonnes. Il y a donc autant de syllabes qu'il y a de voyelles prononcées.

 

La syllabe française peut prendre plusieurs formes, la plus fréquente étant celle d'une consonne (C) suivie d'une voyelle (V), comme dans cas [ka], nid [ni].Voici les principales formes des syllabes françaises :

  

V (voyelle seule) : [o] eau

V + C : [OR] or T

C + V : [tu] tout

C + V + C : [bom] baume

V + CC : [arm] arme

CC + V : [gRa] gras

CC + V + C : [bRBH] branche

CC + V + CC : [trakt] tracte

CCC + V : [splB-did] splendide

CCC + V + C : [stROf] strophe

CCC + V + CC : [strikt] stricte, [striN] string

Il ne faut pas confondre syllabe phonétique (ou orale) et syllabe graphique (ou écrite). La première est un enchaînement de sons construits autour d'une voyelle phonétique, alors que la seconde s'appuie sur un découpage de lettres axé sur les voyelles graphiques. Le nombre de syllabes phonétiques ne correspond pas nécessairement au nombre de syllabes graphiques. Par exemple, le mot passerelle comporte 2 syllabes phonétiques [pas-rèl] mais 4 syllabes graphiques pas-se-rel-le; le groupe rythmique une belle chanson comporte 4 syllabes phonétiques [un-bèl-HB-sI] mais 6 syllabes graphiques u-ne-bel-le-chan-son. Une syllabe phonétique peut regrouper la fin d’un mot écrit et le début d’un autre comme par exemple dans trop aimable ro-é-

Quelques exemples :

Été é-é] V-CV

1e syllabe: composée d'une voyelle,

2e syllabe: composée d'une voyelle et d'une consonne (qui précède la voyelle);

parler  r-é] CVC- CV

1e syllabe: une voyelle entourée de deux consonnes,

2e syllabe: une voyelle précédée d'une consonne;

arbre [r-r] VC - CC

oui ] SV

une seule syllabe composée d'une semi-voyelle et d'une voyelle, qu’on note souvent S.

apparition --r-JO] V-CV-CV-CSV

1e syllabe: une voyelle seule,

2e syllabe: une voyelle précédée d'une consonne,

3e syllabe: " " " " " ,

4e syllabe: une voyelle précédée d'une semi-voyelle et d'une consonne.

Attention: la notion de la syllabe étant une notion phonétique, la division en syllabes concerne le langage articulé, et non pas le langage écrit! On divise en syllabes les unités phonétiques, transcrites en API, et non pas les mots grammaticaux écrits en lettres de l'alphabet ordinaire, ce qui d'ailleurs serait parfois impossible pour des raisons purement typographiques.

examen [é--C, les enfants [-B-B],

trop aimable ro-é-
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