Pour parler de la Fête de la Pentecôte, IL faut commencer par la Fête de Pâques








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date de publication04.02.2018
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LES DEUX PENTECÔTES

Pour parler de la Fête de la Pentecôte, il faut commencer par la Fête de Pâques.

LA PÂQUE1 JUIVE

C’est l’événement fondateur du peuple juif : les juifs étaient esclaves en Egypte, obligés de faire un travail très dur, fabriquer des briques, toute la journée, pour le Pharaon2. Mais, à un certain moment, Dieu envoie Moïse, qui, après plusieurs tentatives apparemment infructueuses, arrive à les libérer. Mais le peuple, après s’être enfui, se retrouve à un certain moment face à un obstacle apparemment insurmontable, alors qu’il est poursuivi par les armées égyptiennes conduites par le Pharaon : la mer des roseaux lui barre la route. La destinée des Juifs est inéluctable : ou ils vont mourir noyés, ou ils vont mourir tués. Et, pourtant, à ce moment précis, quand il semble qu’il n’y a plus rien à faire, Dieu ouvre la mer en faisant souffler un fort vent provenant d’orient (Ex 14,21), et le peuple peut passer la mer à pieds secs, alors que les Egyptiens seront terrassés par les flots de la mer qui retournera sur eux.

LA TRAVERSÉE DU DESERT

Après cet épisode, le peuple se retrouvera dans le désert, et il marchera pendant cinquante jours. En ce temps, Dieu leur donnera chaque jour la manne, image de la Parole de Dieu, qui sort de sa bouche, et qu’Il nous donne chaque jour pour qu’on puisse vivre.

LA PENTECÔTE JUIVE

Au bout des cinquante jours, le peuple arrive au mont Sinaï, et, là, Moïse reçoit les Dix Commandements3, et la Loi toute entière. Et le peuple, avant que Moïse monte sur la montagne pour recevoir les Dix Commandements, dit : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous (le) ferons » (Ex 19,8). Et, après les avoir reçus, il répète : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous (le) ferons et nous (l’)écouterons. » (Ex 24,7).

C’est pourquoi, les Juifs fêtent la remise des Dix Commandements à Moïse par la Fête de la Pentecôte4, ou « Shavouot5 ». Mais, ce qui se passera, après cet épisode, et même après l’installation dans la terre Promise, c’est que le peuple n’arrivera pas à respecter les Dix Commandements.

Avec l’exil à Babylone, il y aura une réflexion théologique sur ce qui est arrivé au peuple, et la partie la plus illuminée du peuple juif et de ses théologiens commence à comprendre que les Dix Commandements instruisent sur ce qu’il faut faire, mais ils ne donnent pas la force de le faire. Quand Jésus Christ arrive, environ six siècles après l’exil, on attend avec ferveur l’arrivée du Messie, nouveau David, mais aussi nouveau Moïse. Un Messie qui détruise le péché du peuple et qui donne la force d’accomplir les Dix Commandements, c’est-à-dire d’aimer Dieu (première table) et son prochain (deuxième table).

LA PÂQUE DE JÉSUS-CHRIST

La Pâque de Jésus-Christ est l’accomplissement de la Pâque juive : en effet, on a dit que la Pâque, pour le peuple d’Israël, a été le passage de la mer des Roseaux à pieds secs, et donc, par conséquence, le passage de la mort (ils seraient morts tués ou noyés, comme on l’a dit dans le premier paragraphe) à la vie. Mais le Christ, Lui, il est réellement passé par la mort, en acceptant la croix et en transformant le supplice de la croix dans le plus grand acte d’amour que l’homme puisse accomplir : pardonner à ses ennemis pendant qu’ils le tuaient. Et cet amour sur la croix - instrument de supplice qui avait été conçu non seulement pour amener les ennemis au désespoir, mais aussi à la haine de l’ennemi – a été tellement plus fort de la mort que la mort n’a pas plus le tenir en son pouvoir ! C’est pourquoi cet Amour a été ressuscité !

L’image de la mort et de la résurrection que le peuple juif avait esquissée au moment du passage de la Mer des Roseaux a été portée à son accomplissement total par Jésus, qui est réellement passé par la mort, pour aboutir à la résurrection.

APRES LA PÂQUE, APRES LA RÉSURRECTION

Mais on sait très bien que, après la résurrection, les disciples, malgré les apparitions du Christ ressuscité, continuent à nourrir des doutes et, surtout, à avoir peur de ceux qui s’étaient opposés à Jésus. L’esprit du ressuscité n’est pas passé en eux. Et, puisque la peur de l’ennemi et l’amour à ce même ennemi sont incompatibles, cela démontre qu’ils n’étaient pas encore passés à l’amour à l’ennemi, c’est-à-dire à l’accomplissement des Dix Paroles.

L’ASCENSION

Un tournant va avoir lieu 40 jours après la résurrection. Jésus monte au ciel, promet qu’ils recevront une force (qu’ils n’ont pas) qui vient d’en haut, et les invite à ne pas quitter Jérusalem (Lc 24,49).

LA PRIÈRE DES APÔTRES

Et les onze apôtres, quoiqu’un petit peu éberlués par ce qui venait de se passer au moment de la montée de Jésus au ciel (Ac 1,10), rentrent dans la ville de Jérusalem, montent dans la chambre haute (le Cénacle) où ils avaient célébré l’Eucharistie avec Jésus, et s’adonnent à la prière, avec, aussi, la mère de Jésus.

LA PENTECOTE CHRÉTIENNE

Ce climat de prière continue jusqu’à la veille de la Pentecôte, là où, par tradition, tous les hommes juifs à partir de l’âge de 14 ans environ se réunissaient (et se réunissent encore aujourd’hui) pour passer toute la nuit à scruter, travailler la Torah, les premiers cinq livres de la Bible, pour s’immerger concrètement en ce don que Dieu avait fait au peuple par l’intermédiaire de Moïse. Et les apôtres, qui étaient des Juifs pieux, eux aussi ont fait de même. Et, le matin de la Pentecôte, à 9H00 du matin (la 3e heure, selon les horaires romains), à l’heure de la réunion matinale pour la prière, reçoivent l’Esprit Saint.

Mais, ce qui est intéressant, c’est la manière par laquelle ils ont reçu l’Esprit Saint, qui reproduit d’une manière différente mais semblable ce qui s’était passé au Mont Sinaï :

  • là, le Seigneur Dieu était descendu dans le feu (Ex 19,18)

  • au Cénacle, l’Esprit Saint, qui est Dieu, descend sous forme de langues de feu (Ac 2,3)



  • là, s’était produit un grand bruit : coups de tonnerre et son de trompe (Ex 19,16)

  • au Cénacle, se produisit un grand bruit qui fut entendu dans la ville de Jérusalem, tant que beaucoup de gens se rassembla (Ac 2,2.6)



  • Au Sinaï, le peuple tremblait (Ex 19,16)

  • A Jérusalem, la multitude est confondue face à ce qui était arrivé (Ac 2,6)

L’OUVERTURE AUX NATIONS

Mais, par rapport au don des tables au mont Sinaï, il y a une nouveauté : alors que, par la réception du Décalogue et de l’entière Torah, le peuple d’Israël s’est d’une certaine manière séparé des autres nations - qui ne se reconnaissaient pas dans l’amour de Dieu et du prochain - pour pouvoir approfondir et comprendre jusqu’au bout le sens profond des Dix Paroles, au moment de la descente de l’Esprit Saint sur les apôtres sous forme de langues de feu, le nouvel Israël s’ouvre à toutes les nations. En effet, l’Esprit Saint, qui descend sous forme de langues de feu, donne aux apôtres de parler de manière à se faire comprendre par ceux qui parlent d’autres langues que la leur.

LE DÉPASSEMENT DE LA DISPERSION DE BABEL

Donc, l’Esprit saint c’est l’ouverture : l’Eglise qui s’ouvre au monde et qui dépasse la division qui avait suivie à l’échec de la construction de la Tour de Babel (Gn 11). Là, on avait voulu mettre en place une union forcée, basée sur l’imposition des mêmes idées6, mais qui étaient, finalement, l’imposition des idées des plus forts (un peu comme la monoculture dont la société d’aujourd’hui souffre), et qui servaient aux plus fort à se faire un nom, c’était-à-dire à montrer leur force au monde entier7. Mais cette union artificielle ne dure pas, elle amène à la discorde (cf. Gn 11,7-9).

L’AMOUR QUE LES APÔTRES REçOIVENT : LE BRAS HORIZONTAL ET VERTICAL DE LA CROIX

Ici, les apôtres reçoivent la force de l’amour de Dieu, la force de l’Esprit Saint, qui est l’amour que le Père et le Fils se donnent réciproquement dans la Trinité depuis toute éternité8. Cet amour s’est réalisé parfaitement sur terre au moment de la croix, où Jésus n’a pas retenu pour Lui cet Amour (Ph 2,6), mais il l’a redonné aux hommes en acceptant de se faite tuer et en pardonnant à ses bourreaux (Lc 24,34). Et la démonstration que cela signifiait redonner à son Père l’Amour qu’Il Lui avait donné, c’est que, à la fin de son agonie, il remet l’Esprit dans les mains de son Père (cf. Lc 24,46). D’une certaine manière, le bras horizontal et le bras vertical de la croix se rejoignent. Quand Jésus pardonne aux hommes, c’est le bras horizontal : il embrasse tous les hommes, du moment que, d’une certaine manière, les deux tendances de l’époque, la religieuse et la païenne, s’étaient coalisées contre Lui. Mais dans cette accolade est aussi compris tout péché, parce qu’il pardonne à ceux qui le tuent, donc il peut tout pardonner. Mais, quand Il redonne l’Esprit à son Père, c’est le bras vertical : la mission est accomplie, Jésus a continué à aimer jusqu’au bout. L’Esprit peut retourner au Père. C’est cet Amour que les Apôtres reçoivent le jour de la Pentecôte : pleins de peur, ils étaient renfermés dans le Cénacle ! Mais, dès que l’Esprit arrive9, l’Amour de reconnaissance envers le Seigneur, qui leur donne de vivre Sa résurrection, est tellement fort qu’ils n’ont plus peur d’être arrêtés, et, même, ils ont maintenant tellement d’amour même pour les hommes qui avaient contribué à condamner Jésus pendant la fête de Pâque (et qui étaient revenus à Jérusalem pour la Pentecôte), qu’ils n’ont pas hésité à sortir et à ouvrir leur bouche pour annoncer le pardon et la conversion. C’est encore le bras vertical et le bras horizontal de la croix qui se rejoignent : ils reçoivent l’amour d’en haut, par l’Esprit Saint, et ils le redonnent, horizontalement, aux hommes. Le fait d’avoir la Vie à l’intérieur d’eux-mêmes leur donne de pouvoir aimer : et l’amour chasse la peur, qui est, en effet, incompatible avec l’amour.

Le résultat, c’est que ceux qui avaient fait condamner Jésus ont eu le cœur transpercé (Ac 2,37) et se font baptiser : les Actes des Apôtres nous racontent que « s’adjoignit, ce jour-là, environ trois mille âmes » (Ac 2,41).

L’Eglise commence sa route, par ce miracle de l’amour du Christ qui permet que le péché de ces hommes, de l’avoir tué, soit aussi la cause de leur salut. Sans ce péché, Jésus n’aurait pas eu l’opportunité de pardonner à ces persécuteurs, qui n’auraient pas pu être sauvés. Et nous non plus !

1 Mot qui dérive de l’hébreu Pessah, et qui veut dire sauter. Les Juifs, on le verra, au moment de la Pâque ont « sauté » la mer des Roseaux. Ils ont, d’une certaine manière, sauté la mort.

2 Il n’est pas inutile, ici, de souligner que les Pères de l’Eglise, notamment Origène, ont affirmé que l’esclavage d’Egypte est l’image de l’esclavage du péché ; les briques, l’image des péchés que nous faisons, et qui nous font souffrir ; le Pharaon, image du diable nous pousse à commettre des péchés, en sachant que cela nous rendra malheureux. Comme on peut le voir, c’est une image très existentielle du péché qui en sort, et non pas une image moraliste : le péché comme situation concrète de l’homme qui le plonge dans la tristesse et le désarroi, comme un mal qu’on se fait à soi-même.

3 Littéralement : « Dix Paroles » (sous-entendu : Dix Paroles de Vie).

4 Terme d’origine grecque qui signifie : « cinq dizaines » - c’est-à-dire cinquante - à cause des cinquante jours qui se sont écoulés entre la traversée de la mer des Roseaux et le don des Dix Commandements à Moïse.

5 C’est le nom hébreu de la fête de la Pentecôte. Shavouoth signifie « semaines ». Et, en effet, la remise à Moïse du Décalogue a eu lieu sept semaines (+ un jour, le jour de la traversée) après le passage de la mer des Roseaux. Et, puisque, pour les Juifs, sept est le nombre de la perfection, sept semaines, c’est-à-dire sept fois sept, est le sommet de la perfection. Par-là, on veut aussi dire que la remise des Dix Commandements est le parachèvement, l’accomplissement parfait de la traversée de la mer des Roseaux, donc de la Pâque.

6 Le livre de la Genèse, au début de cet épisode, dit que « la terre entière avait une lèvre unique et des paroles uniques ».

7 Cette démonstration de puissance s’était faite par la construction d’une  « tour dont le sommet pénètre les cieux » (Gn 11,4). Acte qui pourrait s’apparenter à la construction de la statue d’or de la part de Nabuchodonosor, devant laquelle tout le monde était obligé de s’incliner. Ce n’est pas par hasard qu’aujourd’hui on retourne à ces démonstrations de puissance.

8 On pourrait synthétiser ce concept comme ça : PF : le Père donne tout son amour (l’Esprit Saint) à son Fils, et le Fils ne retient rien pour lui-même, mais il redonne tout cet amour à son Père.

9 L’Esprit arrive aussi grâce à la prière et à l’étude de la Torah : étude fait, dans le cas des apôtres, à la lumière de tout ce que Jésus leur avait transmis pendant son ministère publique, et, surtout, pendant les apparitions après sa résurrection. Au cours de ces dernières, comme il est arrivé dans le cas des disciples d’Emmaüs, il dit clairement que toute l’Ecriture parlait de Lui et particulièrement de sa mort et résurrection – cf. Lc 24,27.


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