Ministre de l’Ecologie, du Développement








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Dominique SAUVAIGO

39 chemin des Collettes

06800 – CAGNES SUR MER

Cagnes, le 11 février 2008


Monsieur Jean-Louis BORLO

Ministre de l’Ecologie, du Développement

et de l’Aménagement durables

Hôtel de Roquelaure

246 boulevard St Germain

75700 – PARIS


Monsieur le Ministre,
Fille de Suzanne SAUVAIGO, ancien député des Alpes Maritimes, je voudrais attirer votre bienveillante attention sur les faits suivants.
Depuis de nombreuses années, je suis concernée par la protection des animaux sauvages et notamment des hérissons.
En tant que membre de l’association « Le Sanctuaire des Hérissons », sis à Fouencamps, seule et unique association en France consacrée à la sauvegarde exclusive de ces mammifères, je suis intervenue en 2006 auprès de Monsieur Jérôme BIGNON, député de la Somme, afin qu’il transmette à Madame Nelly OLIN un projet de « Famille d’accueil pour hérissons » visant à permettre à des bénévoles, sous certaines conditions, de sauver et héberger ces petits animaux en vue de leur réinsertion dans la nature.
Malheureusement, Monsieur BIGNON, n’a pas jugé utile de s’intéresser à ce dossier.
Bien que l’espèce soit protégée depuis 1981, force est de constater que le hérisson se meurt progressivement et inexorablement.
De récentes statistiques mettent en lumière un déclin sérieux de la population. Près de 70% de ces animaux disparaissent chaque année du fait de l’homme :


  • destruction de leur habitat : disparition des haies et fourrés denses, abandon des bocages ;

  • intoxication par l’usage massif d’insecticides et de pesticides chimiques (surtout en France)

  • urbanisation, trafic automobile

  • nombreux périssent des suites de leurs blessures (usage de filets, débroussailleuses) ou de leurs brûlures (écobuage)…

  • non respect de la loi par les gens du voyage qui en consomment chaque année un très grand nombre

Ces constats sont inquiétants : actuellement, outre la sélection naturelle, 20% des petits meurent avant d’avoir quitté le nid et l’espèce a une espérance de vie d’environ seulement 2 ans. A peine 4 individus sur 1000 atteignent l’âge de 8/10 ans.
A ce rythme, le hérisson, animal préhistorique apparu il y a 60 millions d’années, va s’éteindre d’ici peu et ne sera plus qu’un simple souvenir pour les générations à venir.
La faune sauvage est étroitement dépendante des milieux naturels où elle se reproduit et s’alimente. Actuellement, les mesures prises dans le cadre de la protection du hérisson ne permettent pas de lutter contre le modernisme et la perte de son habitat même s’il n’est pas (encore) en voie de disparition
A l’heure où la préservation de notre environnement est primordiale, où la nature est de plus en plus menacée, où faune et flore sont en danger, reconnaître l’utilité – et la nécessité – des Familles d’accueil pour hérissons c’est éviter son inexorable disparition
Le hérisson est scientifiquement reconnu pour sa remarquable faculté d’adaptation et sa facilité d’entretien : il n’est pas exigeant et a peu de besoins. S’il a su – en réalité, il a du – s’intégrer aux zones semi naturelles et urbaines, il n’en est pas moins victime de la modernité et paie un lourd tribu à nos modes de vie. On assiste ainsi à une véritable hécatombe sur les routes et donc à une recrudescence d’orphelins incapables de s’alimenter seuls.
Dans sa Loi de Protection de la Nature (Nr.532), notre voisin européen, l’Allemagne, nous montre l’exemple :


  • 5ème partie : Exceptions




  • Article 21 : Habilitation générale. Etablissements scientifiques agréés par l’Etat et parcs animaliers. Animaux en détresse




  • Paragraphe 4 : Malgré les dispositions de l’article 8, paragraphe 2, et des articles 9 et 15, les particuliers sont à autorisés à accueillir des espèces protégées blessées, malades ou en détresse pour les soigner et les élever.


Le rôle de la Famille d’accueil est donc primordial. Elle peut ainsi :


  • assurer la survie des bébés orphelins (au printemps) ou tardifs (à l’automne) en leur offrant l’hébergement en attendant leur réhabilitation et leur réinsertion dans la nature ;

  • subvenir aux besoins des animaux trop faibles ou trop jeunes pour assurer seuls leurs subsistances ;

  • permettre à ceux qui n’ont pas le poids requis pour hiberner de passer l’hiver en toute sécurité ;

  • héberger les individus en convalescence de longue durée mais ne nécessitant aucun soin important

  • offrir protection et vie heureuse aux animaux définitivement handicapés du fait de leur blessures et donc inaptes à toute réintroduction en milieu naturel.


Je me permets d’insister sur l’urgence de ce dossier : l’homme ne pouvant influer sur le rythme des saisons, le retour imminent du printemps signifie également le retour des hérissons en détresse, affamés et épuisés par une longue hibernation, et le retour des bébés orphelins.
Je vous serais très obligée de bien vouloir examiner ma requête avec la plus grande bienveillance
Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma haute considération.

PROJET D’ADDITIF A LA CIRCULAIRE DU 17 MAI 2005:

POUR LA RECONNAISSANCE DES FAMILLES D’ACCUEIL

POUR HERISSONS


Vu les textes de la loi fixant les règles de fonctionnement des établissements qui pratiquent des soins sur les animaux non domestiques
Constatant le rôle essentiel des centres de soins pour la sauvegarde des espèces animales sauvages
Reconnaissant le nombre restreint d’établissements aptes au sauvetage des hérissons


1. Dispositions générales
Le présent projet a pour objet de démontrer l’utilité des familles d’accueil pour hérissons et la nécessité de leur reconnaissance
Il existe des établissements de soins qui, conformément aux textes en vigueur, recueillent, hébergent et soignent des animaux d’espèces non domestiques. Mais très peu d’entre eux se sont consacrés dans la sauvegarde de ce petit mammifère qu’est le hérisson.
Le hérisson se rencontre partout où il peut trouver nourriture et abri. Totalement protégé par la loi mais très vulnérable, il est gravement menacé par la disparition de ses zones de vie :
- des modifications de l’environnement ont entraîné la raréfaction ou même la disparition de son habitat : suppression des haies due à la modernisation de l’agriculture et l’élargissement des routes ; défrichements des terrains ; développement des réseaux routiers ; extension des villes et villages
- l’utilisation massive de pesticides a considérablement réduit les quantités de nourriture quand elle n’a pas contaminé celle qui persiste


2. Statistiques alarmantes
L’espérance de vie moyenne d’un hérisson est actuellement de 2 ans et force est de constater que seulement 4 de ces mammifères sur 1000 atteignent l’âge canonique de 10 ans. Les causes de mortalité sont multiples :
- 26% succombent à des intoxications chimiques

- 24% sont écrasés sur les routes

- 18% meurent de parasitisme

- 13% sont terrassés par l’épuisement et la faim

- 10% périssent par noyade, blessures, brûlures

- 9% sont victimes de leurs prédateurs
Ces chiffres sont d’autant plus inquiétants qu’ils font apparaître que plus de 70% des causes de mortalité sont le résultat du non respect de son mode de vie.


3. La « famille d’accueil »
Les centres de soins réellement spécialisés pour les hérissons sont malheureusement rares. De plus, ils sont tous confrontés au manque de place pour les accueillir : d’une part, il y a malheureusement de plus en plus d’animaux blessés ; d’autre part, on assiste à une recrudescence d’orphelins, incapables de subvenir à leurs besoins, à l’entrée de l’hiver.
A cela il faut ajouter ceux dont le handicap interdit toute réintroduction dans la nature et qui sont sauvegardés conformément à la circulaire du ministère de l’écologie et du développement durable du 12 juillet 2004 (NOR : DEVN0430281C) relative au suivi des activités des centres de sauvegarde pour animaux de la faune sauvage dans laquelle il est précisé : « il arrive que des animaux recueillis ne puissent être relâchés, en particulier en raison de leur incapacité physique suite à leurs blessures. Il est légitime que ces animaux ne soient pas euthanasiés et puissent être gardés en captivité »,
Beaucoup de cas ne nécessitent pas l’importante mobilisation en personnes, temps et argent des structures de soins. La majorité des animaux sauvés doit être simplement hébergée et nourrie. Ce sont :
- les hérissons trop jeunes pour hiberner

- ceux qui n’ont pu accumuler les réserves de graisses nécessaires à leur hibernation

- ceux affaiblis pour diverses raisons

- ceux en convalescence ne nécessitant aucun traitement lourd ou intensif

- ceux qui ne peuvent être réinsérés dans la nature du fait de leur incapacité physique (handicap , dentition altérée, hérissons borgnes, cécité…)
Pour tous ces cas, la famille d’accueil soulagera considérablement l’action des centres de soins qui pourront plus aisément se consacrer aux urgences, aux cas graves et aux soins intensifs. Elle sera à même de subvenir aux besoins peu exigeants de ces hérissons.
Par ailleurs, concernant plus particulièrement les spécimens présentant définitivement une infirmité, la circulaire du 12 juillet 2004 admet que « les animaux sauvages inaptes à leur réintroduction dans la nature peuvent être cédés à des établissements d’élevage ou de présentation au public ».
A priori, le hérisson ne présente aucun intérêt ni pour les établissements d’élevage puisqu’il n’est pas en voie de disparition, ni pour les établissements de présentation au public puisque c’est un animal nocturne.
En répondant à des normes bien précises, la famille d’accueil offrira hébergement et nourriture aux animaux susceptibles de retour à la vie sauvage et protection, et confort de vie à ceux qui devront rester en captivité du fait de leur handicap.


4. Règles précisant les conditions de détention des hérissons dans les familles d’accueil
Le hérisson est scientifiquement reconnu comme un animal facile ne nécessitant que peu d’installations
En aucun cas, la famille d’accueil ne doit être assimilée à un centre d’élevage, ni à un centre d’agrément, ni à un centre de soins. Elle est une ‘succursale’ de ce dernier.
Formée et gérée par le centre, sous le contrôle du vétérinaire attaché à l’établissement, lesquels exerceront une surveillance régulière, la famille d’accueil devra répondre aux conditions suivantes :


  • détenir les compétences requises pour que les hérissons soient traités avec soin




  • héberger les animaux dans des locaux calmes et compatibles avec leurs besoins biologiques et leurs aptitudes et capacités physiques




  • limiter les contacts afin d’éviter toute familiarisation avec les animaux susceptibles de réinsertion




  • accueillir un nombre limité d’individu : maximum 6


Chaque spécimen devra être accompagné d’un justificatif de maintien en captivité, clairement et précisément présenté dans un document rédigé par le responsable du centre de soins. Ce document sera visé par un vétérinaire ce qui assure un suivi de l’animal.
La famille d’accueil sera assujettie à une réglementation stricte :

- interdiction de vente des animaux

- interdiction d’élevage

- interdiction de cession
Dans le cas où la famille d’accueil ne pourrait ou ne serait plus en mesure d’assurer l’entretien des hérissons dans ses locaux, elle serait tenue de les restituer au centre de soins d’origine.
5. Conclusion
La famille d’accueil ne remet pas en cause le statut de protection de l’espèce. Son intérêt est de soulager les établissements de soins en hébergeant des hérissons momentanément incapables de pourvoir à leur survie dans le milieu naturel ou dont l’état physique les rend inaptes à toute possibilité de réadaptation et de réinsertion.
Le hérisson est un mammifère plutôt solitaire dont les mœurs sont méconnues. Grâce à la famille d’accueil, il sera enfin possible de mieux étudier et de mieux comprendre son comportement qui reste encore un mystère sur bien des points.
De son côté, le hérisson contribuera à l’écosystème local en obligeant la famille d’accueil à bannir l’usage de pesticides et d’insecticides chimiques


PAS DE REPONSE A CE JOUR
15 avril 2008

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